Antiquité

  • Les dix livres d'architecture du plus célèbre des architectes latins, Vitruve, sont un classique incontournable depuis des siècles.
    Vitruve vécut au Ier siècle avant notre ère, dédia son livre à Auguste. Il semble avoir servi comme ingénieur militaire en Espagne et en Gaule, et serait mort en 26 av. J.-C. De architectura constitue l'unique témoignage théorique qui nous soit parvenu de l'Antiquité sur l'art de composer et de bâtir les édifices.

  • Ce volume aborde un domaine où les connaissances ont le plus progressé ces dernières années : celui de l'habitat, demeures des villes et de la campagne, palais et villas du domaine impérial. Les différentes sections retracent la genèse et l'évolution des formes et cherchent à comprendre les modalités de la diffusion d'un art de vivre dont les caractères essentiels présentent du détroit de Gibraltar aux rives de l'Euphrate, d'étonnantes similitudes malgré la diversité des substrats et des traditions. Troisième édition de ce manuel devenu un classique.

    [Du début du III siècle av. J.C. à la fin du Haut-Empire.]

  • Pourquoi un livre de plus sur la Grande Pyramide et le Complexe funéraire de Kheops ? Tout n'a-t-il pas déjà été dit ?
    La conception architecturale et la construction de la Grande Pyramide et/ou les messages occultes dont elle serait porteuse ont fait l'objet d'une foule de publications.
    Cette étude est celle d'un architecte qui propose une thèse sur la méthode conceptuelle de l'architecture de la Pyramide et de l'ensemble du Complexe funéraire y compris le groupe du Sphinx. Selon Antoine Laget, cette méthode a été mise en oeuvre dans le cadre d'un projet global conçu par le prince Khoufou (Khéops) lui-même, terminé lors de son accession au trône et réalisé avant son décès.
    La conception n'implique que les savoirs et outils de l'époque attestés par l'égyptologie ainsi que l'utilisation du tracé régulateur et d'une numération spécifique. L'auteur démontre que Khoufou utilise les principes d'un procédé qui sera fixé beaucoup plus tard par les architectes grecs et ceux de la Renaissance pour la conception de nombreuses oeuvres.

  • « J 'ai l'honneur de déposer sur le bureau de l'Académie de la part de son auteur, madame Catherine Jolivet-Lévy, l'ouvrage qu'elle a rédigé en collaboration avec madame Nicole Lemaigre-Demesnil qui a pour titre La Cappadoce, un siècle après Guillaume de Jerphanion, édité chez Geuthner. Il se compose d'un volume de texte de 382 pages et d'un volume de 283 planches comprenant des cartes et des photographies toutes en couleurs. Il comprend aussi une clé USB qui contient le texte et les planches du livre de notre confrère G. de Jerphanion1, Une nouvelle province de l'art byzantin. Les églises rupestres de Cappadoce publié à Paris entre 1925 et 1942 et épuisé depuis longtemps. Signalons le soin avec lequel le texte et les planches, toutes en couleurs, ont été composés et imprimés grâce aux éditions Geuthner, éditeurs du livre de Jerphanion. L'ouvrage ne concerne que le secteur de la Cappadoce traité par Jerphanion , soit la région d'Ürgüp, et laisse volontairement de côté, pour ne pas outrepasser les possibilités éditoriales, les régions du Hasan Dagi (à l'ouest), de Nigde (au sud) et de Kayseri (à l'est), qui font néanmoins l'objet d'une bibliographie et d'une cartographie. «Objet éditorial insolite», en lieu et place d'une réimpression dObjet éditorial insolite», en lieu et place d'une réimpression du livre qui sert de matrice avec mise à jour, ce qui était le projet initial, jugé hors de prix, et qui explique la forme prise par l'ouvrage. Le parti a donc été de reprendre chapitre par chapitre, au fil des pages du livre-source, dont le numéro s'affiche en marge, et d'y insérer en outre sous forme de complément dans chaque chapitre les églises découvertes depuis, étudiées par d'autres ou par elles-mêmes, y compris celles qu'elles ont examinées récemment et qui sont en cours d'étude. Elles respectent ainsi l'ordre géographique et la numérotation des églises choisie par Jerphanion au prix, tant sont nombreuses les églises découvertes depuis la publication de l'opus de notre confrère, d'une extension de leur numérotation et l'addition de sous-numérotations alphabétiques, qui permettent d'unifier des identifications, diverses selon les chercheurs, et de les systématiser par ensemble micro-régional, offrant un report plus facile sur les cartes. Cette mise en ordre n'est pas l'un des moindres intérêts de cet ouvrage.Les auteures ont contrôlé sur place les églises déjà décrites par Jerphanion, qu'elles ont presque toutes retrouvées, à l'exception de celles dont la destruction est assurée ou probable, et leurs inscriptions ont été soigneusement revues sur place. Elles ont aussipris en compte, comme nous venons de le dire, l'ensemble des apports des recherches postérieures à Jerphanion, elles aussi passées au crible. Au corpus de base viennent doncs'ajouter 250 nouveaux monuments signalés en fin de chaque chapitre après lescorrections ou enrichissements apportés à la description des églises découvertes par Jerphanion. Ces nouvelles découvertes sont l'autre grande richesse de ce livre, d'autant que certaines sont inédites ou peu connues comme la vallée de Devrent, (p. 142-146), les environs de Nevsehir (vallée de Cat et environs de Nar, p. 161-168), ainsi que les églises 1 Élu membre de l'AIBL en 1947 (voir l'éloge funèbre prononcé par le président del'AIBL en 1948, M. Clovis Brunel, paru dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1948, fascicule IV, p. 439-442).
    Sélection d'ouvrages présentés en hommage lors des séances 2016 de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.www.aibl.fr2 explorées notamment par la mission turque Peker-Uyar dans la vallée de Dere köy (p. 237-257), les églises Soganli 26-32 (p. 281-286) ou encore les salles monastiques découvertes autour de GeyikliKilise dont un magnifique réfectoire (p. 287 et pl. 270.1)2. Le bilan de ce livre montre la solidité des analyses de Jerphanion : sa chronologie des églises a bien résisté à plus de soixante-dix ans de recherches malgré le désaccord persistant de chercheurs allemands fidèles aux arguments d'E. Weigand qui veulent attribuer aux XIIe et XIIIe s ièclesles peintures de Karanlik Kilise et des églises à colonnes de Göreme que MmeJolivet-Lévy, comme Jerphanion, place dans une fourchette allant du milieu au troisième quart du XIe s iècle. Le nombre des églises des IXe-XIe siècles estnaturellement le plus important, correspondant, pour une large part, à la réoccupation de l'Anatolie après la fin des campagnes de conquête et de razzias islamiques. Les églises de type «archaïque», comme les appelait Jerphanion, témoignent dans leurs fresques d'un milieu artistique moins fermé et moins traditionnaliste qu'il ne le croyait. Les églises antérieures sont bien attestées et peuvent indiquer une certaine continuité de peuplement, même si leurs dates entre le VIIe et le IXe s iècle restent disputées. Quant aux églises du XIIIe siècle datées (Archangelos [1212-1218], Stratilates [1256-1257]) ou clairement reconnaissables par leur style (Güzelöz n° 5, seconde phase du triconque d'Ortaköy) dont Jerphanion avait déjà saisi l'importance, elles témoignent du maintien d'une communauté chrétienne sous régime seldjoucide, qui partage un langage pictural commun à la Méditerranée orientale de cette époque. Jerphanion avait privilégié l'étude des églises et de leurs peintures, Mme Jolivet-Lévy a porté une plus grande attention aux installations liturgiques, auxcommanditaires, à l'identification de certains ateliers. Elle a pris soin aussi de répertorier les salles et les tombes qui les accompagnent, ainsi que toutes les formes d'habitat (bibliographie sur les villes-refuges notamment), les installations agricoles (pressoirspar exemple) même si les destructions diverses de ce milieu fragile et la regrettable rareté des fouilles ne permettent pas toujours de restituer les complexes monumentaux dans leur continuité et l'habitat rupestre ou construit de cette région. Elle appelle (p. 299-302) à «une étude globale de la région à l'époque byzantine». Dans les pas de Jerphanion, dont elle suit ligne à ligne le livre en complétant et renouvelant sa documentation, elle offre «un outil de travail» remarquable, bien conçu pour offrir l'aide la plus intelligente aux chercheurs. » Jean-Pierre SODINI

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