Arts du spectacle

  • Le Théâtre et son double

    Antonin Artaud

    • Payot
    • 20 Février 2019

    Transformer le théâtre, c'est aussi révolutionner notre vie. Publié en 1938, alors qu'il vient d'être interné, «Le Théâtre et son double» est un recueil de conférences, articles et lettres dans lequel Artaud entend "briser le langage pour toucher la vie". Il y développe notamment, en deux célèbres manifestes, son concept de "théâtre de la cruauté". Il y défend la dimension sacrée du théâtre, la prééminence du langage du corps sur le texte, et accorde au metteur en scène ("maître de cérémonies sacrées") plus d'importance qu'à l'auteur. Il y montre aussi que le théâtre est comme une seconde réalité, une "réalité virtuelle". Cette édition est complétée par un avant-propos de l'éditeur, ainsi qu'un dossier sur la réception de l'oeuvre, une synthèse biographique, la bibliographie des livres d'Artaud et quelques pistes de lecture

  • En 2000, Marcel Bozonnet, alors directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, demande à Olivier Py un texte théorique sur l'art théâtral, destiné aux apprentis acteurs. C'est sous forme d'une pièce en forme de manifeste que la réponse advient et elle ne s'adresse pas qu'aux jeunes acteurs : l'auteur y défend avec lyrisme la puissance du langage, contre l'injonction de la technicité et de l'utilitarisme du monde moderne. Un titre qui s'empare du débat toujours actuel autour du texte dramatique et de la figure de l'auteur de théâtre contemporain.  

  • Théâtres en présence

    Joël Pommerat

    • Actes sud-papiers
    • 23 Novembre 2016

    Auteur et metteur en scène, Joël Pommerat éclaire ici en quelques brefs écrits plusieurs aspects fondamentaux de son rapport au théâtre : compagnonnage au long cours avec les mêmes acteurs, les mêmes collaborateurs ; écriture et mise en scène comme deux indissociables temps de création ; quête d'un "laisser-être" des corps et des personnalités sur un plateau, dans la seule exigence du sens. Joël Pommerat ne conçoit son évolution que dans une relation au temps, celui qui relie les êtres. Il prend le temps de sentir "le poids des choses", "le présent de la scène".

  • Pina Bausch

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    • Actes sud
    • 23 Mai 2018

    Neuf ans après la première édition de cet ouvrage, Guy Delahaye poursuit son hommage à Pina Bausch en complétant celui-ci d'une trentaine de photographies. Un livre touchant et complet sur la grande chorégraphe allemande témoignant également de la rencontre entre ces deux grands artistes.

    [...] Tout le Tanztheater de Pina Bausch est dans la porosité du visible et du et du refoulé, du chaste et du grotesque, images qui insistent dans l'entre-deux du rêve de la conscience, danse de nos images mentales. Les photographies de Guy Delaha saisies dans le vif des représentations du Tanztheater Wuppertal, sont autant de précipil d'une fièvre à laquelle Pina Bausch et ses fabuleux interprètes ont donné le corps d'une aventure démesurée, épique et humaine. "C'est beau quand on voit vivre quelqu'un", remarquait simplement Pina un jour qu'elle demandait à ses interprètes "une chose avec [leur] souffle". Contre l'asphyxie du sensible, des images viennent ici respirer, elles quittent déjà les pages qui les contiennent pour poursuivre leur libre voyage dans la mémoire.
    Jean-Marc Adolphe

  • Le théâtre et la peur

    Thomas Ostermeier

    • Actes sud
    • 3 Février 2016

    Textes et entretiens sont réunis ici par Geroges Banu pour mettre en lumière et retracer de la façon la plus exhaustive qui soit le travail, considérabe et majeur dans la scène contemporaine mondiale, de Thomas Ostermeier - un des plus grand metteur en scène de sa génération.

  • Avec Joël Pommerat t.2 ; l'écriture de ça ira (1) Fin de Louis

    Marion Boudier

    • Actes sud-papiers
    • 20 Mars 2019

    En abordant la Révolution française, Joël Pommerat s'est demandé « comment écrire une histoire dont on connaît déjà la fin ? ». Cette question est aussi la gageure de tout article génétique : comment éviter que la description et l'analyse a posteriori ne se muent en justifications ex-post ? Quelle est la bonne distance au passé, historique ou créatif ? Pour éviter l'écueil téléologique, Joël Pommerat a choisi de redécouvrir au jour le jour cette période historique en commençant avant l'événement 1789.

  • Poésie des troubadours ; anthologie

    Collectif

    • Points
    • 24 Septembre 2009

    La littérature de Langue d'oc diffuse en Europe la fin'amor, appelée plus tard « amour courtois », et la poésie des troubadours constitue un art lyrique majeur et fondateur.
    Issus de tous Les milieux, les troubadours louent la nature, chantent l'amour et la joie d'être au monde, évoquent le néant, la fin des temps et la société de leur époque. Cette anthologie, dirigée et préfacée par Henri Gougaud, rassemble une quarantaine de poètes occitans parmi les plus importants et les plus représentatifs de cet art des troubadours, mêlant chansons et poèmes à la fois courtois et savants, populaires et inventifs.

  • Absence et présence du texte théâtral

    Joseph Danan

    • Actes sud-papiers
    • 20 Juin 2018

    Dans cet essai critique, Joseph Danan fait le bilan des mutations en cours du texte dramatique. Si l'objet textuel a été transfiguré par la scène au cours des dernières décennies, tour à tour "matériau" ou simple "partition", l'auteur constate qu'il cristallise les tensions d'un monde théâtral en quête de sa définition univoque.

  • Danser Pina

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    • Textuel
    • 15 Novembre 2018

    Qui de mieux pour évoquer l'oeuvre de Pina Baush que les fidèles danseurs de sa compagnie, le Tanztheater Wuppertal? Les récits de vingt-quatre d'entre eux incarnent la figure mythique de la danse contemporaine, aussi secrète qu'adulée. Les sublimes images de Laurent Philippe permettent de revivre toute l'oeuvre: solos, duos, trios, tableaux.

  • Chaillot, palais de la danse

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    • Somogy
    • 3 Octobre 2018

    Chaillot, aujourd'hui Théâtre national de la Danse, s'affirme depuis ses origines comme un acteur majeur du monde culturel. Lieu de spectacle emblématique né lors de l'Exposition universelle de 1878, emblème du style Art déco suite à sa reconstruction en 1937, Chaillot a accueilli la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948 par les Nations unies, avant de se réinventer à l'aube du XXIe siècle.

    Rassemblés sous la conduite des historiens Pascal Ory et Pascal Blanchard, une quarantaine d'auteurs et de grands témoins nous font découvrir cette institution du spectacle vivant : ses oeuvres, son théâtre populaire, et surtout les femmes et les hommes qui ont fait, et font encore aujourd'hui, toute sa renommée, toute sa singularité. Une immersion inédite dans ce qui est devenu le Palais de la Danse. Une iconographie exceptionnelle, au service d'un jeu permanent entre art et histoire, créativité et destin.

  • Cent ans, c'est passé si vite

    Gisèle Casadesus

    • Le passeur
    • 11 Juin 2014

    « Quand je serai grande, je serai comédienne et j'aurai des enfants », déclare Gisèle Casadesus, dès son plus jeune âge. Ses proches s'attendrissent, sans se douter qu'elle aura bientôt transformé ses rêves en une vie de rêve. Née en 1914 dans une famille de musiciens, elle trace son parcours personnel dans le sillon de l'Histoire. Depuis le Conservatoire et la Comédie-Française, en passant par le cinéma et la télévision, elle a côtoyé les plus grands noms du monde du spectacle. « Mademoiselle » est aujourd'hui devenue une magnifique arrière-arrière-grand-mère qui monte encore volontiers sur un plateau.
    Explorant les coulisses du siècle passé, des deux guerres mondiales aux nombreux bouleversements sociétaux et technologiques, ce dictionnaire amoureux personnel raconte la comédie humaine du théâtre et de la vie, et le destin d'une grande famille d'artistes. Une écriture à l'image de son auteur : pleine de finesse et d'un subtil humour, d'un grand amour de la vie et d'une foi profonde, sans jugements de valeur, et d'une curiosité insatiable du monde.
    Lire Gisèle Casadesus, c'est partager un thé chez elle, à son invitation, se laisser bercer par sa douceur naturelle et goûter à une joie de vivre communicative. Un livre qui rend joyeux !

  • Carolyn Carlson, de l'intime à l'universel

    Thierry Delcourt

    • Actes sud
    • 2 Septembre 2015

    De l'intime à l'universel est un essai biographique et thématique de Thierry Delcourt sur la chorégraphe, danseuse, calligraphe, poète et pédagogue Carolyn Carlson. Après quatre ouvrages de l'artiste elle-même parus aux éditions Actes Sud, l'auteur explore l'univers créatif de la chorégraphe et pose un regard extérieur à la fois sur son oeuvre et sur son processus de création, tous deux liés à sa vie et à son environnement.
    Ce premier essai consacré à Carolyn Carlson, mondialement reconnue grâce à cinquante années de création ininterrompue, respecte une chronologie biographique s'appuyant sur les lignes de force qui se dégagent de ses productions ; la plus importante, et peut-être la plus singulière, est la notion de poésie visuelle. Les thèmes traités se rapportent non seulement à la créativité de l'artiste, mais aussi à son existence et à ses sources d'inspiration :
    Artistes favoris, peintres, poètes et philosophes.
    L'auteur nous livre également ses entretiens avec divers collaborateurs présents et passés de Carolyn Carlson, depuis ceux qui ont suivi et accompagné son enseignement jusqu'aux directeurs, producteurs, et administrateurs qui l'ont côtoyée. Le tout s'accompagne de photographies de famille et de documents personnels qui ont guidé la création de la chorégraphe, notamment ses archives déposées depuis peu à la bnf.

  • Avec Joël Pommerat ; un monde complexe

    ,

    • Actes sud-papiers
    • 4 Novembre 2015

    Depuis vingt-cinq ans, Joël Pommerat, avec la compagnie Louis Brouillard, cherche à rendre le réel à son plus haut degré de vérité et d'intensité en scène. Cet essai, très documenté par Marion Boudier, fait entendre tous les enjeux du metteur en scène, et les replace dans une démarche évolutive, dans un contexte esthétique, historique et politique.

  • Tous les soirs

    Laure Adler

    • Actes sud
    • 15 Juin 2016

    D'où vient le désir de théâtre ? Et comment le transmettre à des jeunes qui, peut-être, ne l'ont jamais approché ? Laure Adler propose, à travers un récit dans lequel s'invite la parole d'une dizaine de créateurs, de penser cette question.
    Tous les soirs, en faisant entendre les voix de Claude Régy, Krzysztof Warlikowski, Ariane Mnouchkine, Angélica Liddell, Krystian Lupa, Bob Wilson, Anne Teresa de Keersmaeker et Tiago Rodriguez, invite le lecteur à un voyage sentimental et artistique dans l'univers de ces hommes et de ces femmes qui ont su renouveler les formes de leur art. Les bouleversements qu'impliquent leurs esthétiques et leurs engagements, parce qu'ils changent notre rapport au monde et aux autres, sont présentés par Laure Adler comme autant de témoignages des pouvoirs du théâtre.

  • Dictionnaire amoureux ; de Shakespeare

    François Laroque

    • Plon
    • 11 Février 2016

    Grâce à son génie de la poésie et du théâtre, Shakespeare, simple fils de gantier, se sera bâti un monument pour l'éternité. Alors, où trouver les raisons d'un succès qui, loin de se démentir, s'est désormais élargi aux dimensions du monde ? Dans sa passion, sans l'ombre d'un doute. Passion de la poésie et théâtre de la passion. Avec Shakespeare nous gravissons jusqu'au vertige le grand escalier de l'histoire. Avec Shakespeare, le sublime n'est jamais loin dans ces moments pleins de bruit et de fureur où se succèdent et s'entremêlent l'horreur, le pathétique et le rire. Richard III, Hamlet, Macbeth, Falstaff, Cléopâtre n'ont pas fini de nous fasciner, ni la musique de sa langue de nous enchanter.
    Si d'aucuns semblent persuadés que Shakespeare n'était pas Shakespeare mais Sir Francis Bacon, le comte d'Oxford, ou la reine Élisabeth Ière, libre à eux de continuer à chercher les clés du mystère. Mais nous ne nous détournerons pas ici de l'essentiel. Loin de ces débats d'arrière-garde, l'amoureux comme l'enseignant passionné que je suis de son théâtre et de ses poèmes s'est principalement efforcé au gré de ce vagabondage festif de faire partager son plaisir grâce à la saveur unique que peut procurer une oeuvre qui, quatre siècles plus tard, n'a décidément pas pris la moindre ride.

  • Le sacre du printemps

    ,

    • L'arche
    • 19 Avril 2012

    Il y a des mythes dans l'histoire de la danse et la création du Sacre du printemps de Stravinsky par les Ballets russes de Diaghilev figure parmi eux. Juste avant la Première Guerre mondiale, la création en 1913, au Théâtre des Champs-Élysées, fut un scandale retentissant qui marqua le début de la danse moderne, du moins celle du XXe siècle. Parce que le scandale fut si éclatant, la chorégraphie de Nijinski tombait presque dans l'oubli et devenait, à tort, secondaire. La musique de Stravinsky, en revanche, s'imposa et fut interprétée par d'autres chorégraphes célèbres, parmi eux Martha Graham et Maurice Béjart. En 1975, dans la pluvieuse ville de Wuppertal, Pina Bausch relevait le défi.
    " C'est une série de cérémonies de l'ancienne Russie ", a précisé le compositeur. " Le Sacre du printemps ne comprend pas d'intrigue ", ajouta-t-il. C'est exactement ce qu'on sent quand on regarde la captation du mythique spectacle de Pina Bausch. Il y a un centre autour duquel se déroule l'action. Il fait chaud, la tension entre hommes et femmes est palpable et quelqu'un doit consentir à un sacrifice. Mais qui ? Une femme, mais laquelle ?
    La distinction entre Pina Bausch et les chorégraphes antérieurs fut là : ses danseurs et danseuses dansent jusqu'à la frontière de l'épuisement. Vêtus de peu, la terre noire leur colle à la peau. Oui, jusqu'au point où ça commence à faire mal. Un document unique des débuts de Pina Bausch, un enregistrement authentique d'une des chorégraphies les plus marquantes du XXe siècle.

  • Qu'est-ce que la dramaturgie ?

    Joseph Danan

    • Actes sud-papiers
    • 7 Juin 2017

    «Qu'est-ce que la dramaturgie ? Poser cette question aujourd'hui, ce n'est pas seulement tenter de définir une notion dont on sait à quel point elle est fuyante pour qui cherche à s'en approcher : c'est affronter à un état du théâtre ce que l'on a cru savoir : du drame, de l'action - du théâtre même. Qu'en est-il de la dramaturgie quand le théâtre est tenté d'expulser le drame de la sphère ? Quand l'action se délite et se dénigre au point de paraître s'annuler ? Quand le théâtre se fait danse, installation, performance ?» C'est en ces termes que Joseph Danan pose les bases de ses réflexions, dans un essai riche de références et de questions fondamentales sur cette notion en constante expansion, qui concerne tout spectateur et tout lecteur intéressé par l'évolution du théâtre contemporain.

  • Le theatre postdramatique

    Lehmann Hans-Thies

    • L'arche
    • 27 Août 2002

    Avec la fin de la " galaxie gutenberg ", le texte écrit - et donc le dialogue fixé comme élément constitutif de la représentation - s'avère remis en question.
    Le mode de perception se déplace : une perception simultanée et aux perspectives plurielles remplace une vision linéaire et successive. au même titre que le théâtre dans ce qu'il a de pesant et de compliqué, la lecture lente est menacée de perdre son statut, au regard de la circulation lucrative d'images animées.
    Dans cet ouvrage, le lecteur trouvera descriptions et analyses sur le théâtre postdramatique, sur ces nouvelles formes de théâtre qui depuis quelques décennies ont su se créer une place importante parmi la production théâtrale.
    Au lieu de représenter une histoire avec des personnages qui apparaissent et disparaissent en fonction de la psycho-logique de la narration, ce théâtre est fragmentaire et combine des styles disparates. il s'inscrit dans une dynamique de la transgression des genres. la chorégraphie, les arts plastiques, le cinéma et bien sûr, les différentes cultures musicales, le traversent et l'animent.
    A partir d'une description du théâtre international, les présentes réflexions sur l'écriture scénique contemporaine englobent également les démarches poursuivies en france qui, par ses avant-gardes historiques (jarry, artaud, le surréalisme, le théâtre de l'absurde), est intimement liée à ce mouvement.

  • Entre théâtre et performance : la question du texte

    Joseph Danan

    • Actes sud-papiers
    • 29 Juin 2016

    Dans la continuité de Qu'est-ce que la dramaturgie ? - publié en mai 2010 dans la même collection -, Joseph Danan soulève, dans ce nouvel essai, la question de la place et de l'avenir du texte théâtral face à des spectacles-performances de plus en plus présents sur la scène contemporaine. L'occasion de redéfinir ce qu'est l'art de la performance à travers des artistes majeurs, d'Antonin Artaud à Romeo Castellucci, et de mettre en relief l'avenir de l'écriture théâtrale.
    Joseph Danan mène une triple activité d'écrivain, d'enseignant et de dramaturge auprès du metteur en scène Alain Bézu. Il est professeur à l'Institut d'études théâtrales (Sorbonne Nouvelle - Paris III) où il enseigne la dramaturgie contemporaine. Ses dernières pièces sont éditées chez Actes Sud-Papiers. Son dernier essai, Qu'est-ce que la dramaturgie ?, a été publié chez Actes Sud-Papiers en 2010, et plus récemment L'Atelier d'écriture théâtrale en compagnie de Jean-Pierre Sarrazac (Actes Sud- Papiers, coll. «Apprendre», 2012).

  • Anne Teresa De Keersmaeker ; Rosas 2007-2017

    Collectif

    • Actes sud
    • 8 Octobre 2018

    Après Pina Bausch et Carolyn Carlson, cette grande monographie propose une perspective unique du travail de la chorégraphe belge mondialement renommée, Anne Teresa de Keersmaeker. Ce livre présente les photographies d'Ann Van Aerschot qui fut également l'assistante artistique de la chorégraphe durant de nombreuses années. Textes de Christian Dumais-Lvowski.

  • Une répétition du sacre

    Pina Bausch

    • L'arche
    • 3 Juin 2013

    Lors du tournage de son film La Plainte de l'impératrice, Pina Bausch apprend que la danseuse interprétant le rôle de la victime dans Le Sacre du printemps est tombée malade. La représentation étant prévue pour le lendemain, Pina Bausch interrompt aussitôt son tournage pour organiser une répétition spéciale et préparer Kyomi Ichida pour ce rôle. Quelques membres de l'équipe du tournage se rendent également dans la salle. Ils profitent de cette occasion pour filmer la séance de travail en cours. Pas à pas, geste après geste, Pina Bausch fait évoluer Kyomi Ichida d'une étape à l'autre dans cette scène-clé de l'oeuvre. Le calme, la concentration qui accompagne cette répétition, sont exemplaires. Quant à la beauté et l'originalité des propositions chorégraphiques de Pina Bausch, elles s'expriment avec une force extraordinaire.

  • Rien n'est plus difficile que de décrire des gestes, des pas, des couleurs, des sons, leurs relations, leurs continuités. C'est pourtant la tâche de celui qui essaie de comprendre le « système » esthétique de Pina Bausch. Pas étonnant donc que la plupart des ouvrages qui visent son oeuvre débordent d'images et se contentent de fournir des arguments lapidaires. Il y a dans la personne de Pina Bausch ce mélange de fragilité et de force. « La force la plus grande est un profond désir », a-t-elle un jour déclaré. La douceur de son regard surprend. La simplicité de ses gestes, le ralenti de ses jeux de mains ouvrent sur une danse qui n'est pas une chorégraphie imposée de l'extérieur. La création de ses pièces est proche de l'enseignement socratique, elle fait naître la danse de l'intérieur des danseurs. Elle leur permet de laisser émerger le mouvement, dont il faut découvrir l'origine en soi-même. Ainsi ses oeuvres puisent dans des ressources qui, jusque-là, restaient inexplorées ou étaient taries. Il y a dans la personne de Pina Bausch ce mélange de fragilité et de force. « La force la plus grande est un profond désir », a-t-elle un jour déclaré. La douceur de son regard surprend. La simplicité de ses gestes, le ralenti de ses jeux de mains ouvrent sur une danse qui n'est pas une chorégraphie imposée de l'extérieur. La création de ses pièces est proche de l'enseignement socratique, elle fait naître la danse de l'intérieur des danseurs. Elle leur permet de laisser émerger le mouvement, dont il faut découvrir l'origine en soi-même. Ainsi ses oeuvres puisent dans des ressources qui, jusque-là, restaient inexplorées ou étaient taries. Brigitte Gauthier présente, au cours de cette étude, l'émergence de ce mouvement dansé si typique de Pina Bausch. Son travail part du souvenir des textes d'Ervin Goffman (1922-1982) sur la dramatisation de l'expérience quotidienne. Goffman a essentiellement travaillé sur les lieux d'interaction entre les individus. Il existe des seuils entre nos différentes activités, ces moments de passage d'un état à un autre. C'est là où le lien surgit. C'est là où la méthode de Goffman peut nous aider à comprendre cette oeuvre unique qu'est celle de Pina Bausch.

  • Entrées clownesques

    Tristan Remy

    • L'arche
    • 13 Juin 1997

    Avant la publication de cet ouvrage, personne ne s'était avisé de noter les personnages, les jeux de scène, les arguments et les lazzi propres à une forme théâtrale particulière : les entrées clownesques.
    Tout comme au xviiie siècle thomas gueulette avait recueilli le texte des parades que l'on interprétait alors, par tradition orale, sur les tréteaux, tristan rémy, historien du cirque, a noté, parfois sous la dictée de leurs interprètes, quelque cent cinquante entrées clownesques dont les plus typiques constituent, avec un texte introductif, le présent ouvrage. ainsi se trouve fixée la partie la plus traditionnelle d'un répertoire que tous les comiques du cirque (bouffons, grotesques, clowns, mimes, pitres, burlesques) ont enrichi depuis cent ans.
    Et nul doute que les apprentis clowns, amateurs ou professionnels, en l'utilisant à leur tour, contribueront eux aussi à son développement.

  • " On n'arrête pas de réduire - jusqu'à ce que ne restent que des choses petites, simples. " Réduire sans rapetisser. Même la langue. Nombre de paroles et de phrases sont devenues superflues. Ce sont des images qui les remplacent.
    Lorsqu'au début des années 1980 ce livre paraissait en Allemagne, longtemps avant les Histoires de théâtre dansé, Pina Bausch n'était connue que des initiés. Certes, quelques-uns de ses spectacles avaient fait sensation mais peu de personnes anticipaient l'influence profonde que son travail artistique allait exercer sur le théâtre du monde entier.
    Raimund Hoghe fut à l'époque son dramaturge - son conseiller, son porteur d'idées, celui qui contrôlait et enrichissait le travail de jour en jour. Son journal et les photos de Ulli Weiss témoignent d'un processus de création, en l'occurrence de Bandonéon, qui est devenu familier au théâtre - entrer en répétition sans texte ou livret établi et construire la " pièce " pas à pas en fonction des contributions des danseurs et de tous ceux qui participent au travail. Ce livre est une source inestimable pour comprendre le travail de Pina Bausch. De même les photos de Ulli Weiss : leur beauté n'a pas pris une ride. Plus que jamais on comprend pourquoi cette compagnie, avec ses talents, pouvait conquérir le monde entier et exercer jusqu'à aujourd'hui toute son influence.

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