Arts et spectacles

  • « À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera ? » Inspiré par Ralph Waldo Emerson et son Nature, Henry David Thoreau (1817-1906) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans une forêt, près du lac Walden. Installé dans une cabane de 1845 à 1847, il ne marche pas moins de quatre heures par jour.

    Pour l'auteur de la Désobéissance civile, farouchement épris de liberté, c'est bien dans la vie sauvage - sans contrainte - que réside la philosophie. Par cet éloge de la marche, exercice salutaire et libérateur, Thoreau fait l'apologie de la valeur suprême de l' individu. Conférence donnée en 1851, De la Marche constitue un bréviaire indispensable de l'éveil à soi par la communion avec la nature.

  • Cette année, nous fêtons les 100 ans de la naissance de Michel Audiard. On le sait peu, mais l'auteur des «Tontons flingueurs »ou de «Mélodie en sous-sol »est celui qui a le plus adapté Georges Simenon au cinéma. Entre 1956 et 1961, il a collaboré à pas moins de six films tirés de l'oeuvre de l'écrivain belge, le père de Maigret, auquel il vouait une grande admiration, le tenant pour "le plus grand romancier vivant". Ce volume donne à lire les scénarios de trois de ces adaptations, dont Audiard fut à la fois le coscénariste et le dialoguiste : «Le Sang à la tête» (1956) de Gilles Grangier, «Maigret tend un piège» (1958) de Jean Delannoy et «Le Président» d'Henri Verneuil (1961). Trois films qui ont Jean Gabin pour acteur principal, à l'époque où Michel Audiard était son dialoguiste attitré et où l'acteur était devenu l'interprète simenonien par excellence.

  • Pendant vingt-cinq jours, dans la pluie, le vent et le froid, en l'absence de tout sentier, François Garde et ses compagnons ont réalisé la traversée intégrale de Kerguelen à pied en autonomie totale. Une aventure unique, tant sont rares les expéditions menées sur cette île déserte du sud de l'océan Indien aux confins des Quarantièmes rugissants, une des plus inaccessibles du globe.Cette marche au milieu de paysages sublimes et inviolés, à laquelle l'auteur avait longtemps rêvé, l'a confronté quotidiennement à ses propres limites. Mais le poids du sac, les difficultés du terrain et du climat, les contraintes de l'itinérance, l'impossibilité de faire demi-tour, n'empêchent pas l'esprit de vagabonder. Au fil des étapes, dans les traversées de rivière, au long des plages de sable noir, lors des bivouacs ou au passage des cols, le pas du marcheur entre en résonnance avec le silence et le mystère de cette île et interroge le sens même de cette aventure.

  • Une nouvelle version prestige de cette histoire de l'humanité écrite par Ernest H. Gombrich, l'historien de l'art le plus vendu au monde.
    Ce livre réalise le tour de force de raconter en 300 pages l'histoire du monde à tous les publics, à commencer par celui des grands enfants. Dans cette édition mise à jour, la nouvelle préface, émouvante, écrite par sa petite-fille Leonie Gombrich, retrace la genèse étonnante de ce livre hors du commun.
    «  J'aimerais préciser, écrivait Gombrich, que cet ouvrage ne prétend pas et n'a jamais prétendu se substituer à un livre d'histoire, dont les visées pédagogiques sont bien différentes. J'aimerais que mes lecteurs l'abordent en toute décontraction et suivent le fil de l'histoire sans se sentir tenus de prendre des notes ni de retenir des noms et des dates. Je leur promets aussi qu'il n'y aura pas d'interrogation.  » Gageure réussie. Ernst Gombrich s'adresse aux lecteurs en les tutoyant, comme un grand frère parlerait à ses cadets. Il leur pose une question simple  : quels épisodes du passé ont eu une influence sur leur vie et sur l'humanité en général et quels sont ceux dont on se souvient le mieux  ? Il part du principe que ses lecteurs savent réfléchir par eux-mêmes et ne les encombre   pas d'explications simplistes inutiles. Dès qu'il le peut, il présente des personnages historiques représentatifs de leur temps et, surtout, il raconte les faits dans leur continuité, comme s'il ne s'arrêtait pas de parler, insufflant ainsi au récit un sens du rapprochement et de la contemporanéité des événements de l'histoire. Un ouvrage formidable pour se familiariser avec une matière parfois aride.
     

  • L'historien et théoricien de l'art D. Arasse envisage le rôle que jouent les détails des tableaux et leurs statuts dans la peinture européenne des débuts de la Renaissance à la fin de l'impressionnisme.

  • Avec l'enthousiasme, l'audace et l'érudition qui ont fait le succès d'On n'y voit rien, Daniel Arasse invite son lecteur à une traversée de l'histoire de la peinture sur six siècles, depuis l'invention de la perspective jusqu'à la disparition de la figure.
    Évoquant de grandes problématiques - la perspective, l'Annonciation, le statut du détail, les heurs et malheurs de l'anachronisme, la restauration et les conditions de visibilité et d'exposition - mais aussi des peintres ou des tableaux précis, il fait revivre avec perspicacité et ferveur plusieurs moments clés, comme Léonard de Vinci, Michel-Ange, le maniérisme, ou encore Vermeer, Ingres, Manet. Son analyse se nourrit constamment d'exemples concrets - La Madone Sixtine de Raphaël, La Joconde, la Chambre des époux, de Mantegna, Le Verrou de Fragonard... - avant de conclure sur quelques aspects de l'art contemporain.
    Le lecteur retrouvera le goût de mieux voir de grands épisodes de la peinture, grâce à une approche sensible et ouverte. Toujours il sera surpris, réveillé, entraîné dans un véritable enchantement d'intelligence et d'humour.
    Ce livre est la transcription de vingt-cinq émissions proposées par l'auteur sur France Culture pendant l'été 2003.

  • Le Caravage par le détail

    Stefano Zuffi

    • Hazan
    • 26 Octobre 2016

    Quatrième volume d'une collection où l'oeuvre d'un maître ancien célèbre est commentée, à partir de détails significatifs, par un historien de l'art et spécialiste réputé.- L'ouvrage s'articule autour des thèmes caractéristiques de l'oeuvre du Caravage, tels les natures mortes, les gestes, les cinq sens, le corps, les portraits, etc.- Toutes les oeuvres auxquelles des détails ont été empruntés sont reproduites en totalité, accompagnées de leurs données techniques.- Une biographie et une bibliographie succinctes complètent l'ouvrage.

  • Le livre, ce grand livre, est une reconsidération totale de l'acteur. Il dépouille l'interprète de ses vanités. Il le dévêt de ses clinquants. Il analyse sans pitié ses faux prestiges. Il détruit le cabotinage. Les milliers de spectateurs qui vont au théâtre le soir, à New York comme à Moscou, à Rome comme à Paris, à Berlin comme à Londres, ignorent que ce qu'ils admirent ici ou là sur la scène, depuis le jeu de l'acteur jusqu'à la tenue des groupes, vient souvent de la leçon de Stanislavski. Il n'est pas de comédien authentique qui n'ait, un jour ou l'autre, emprunté sciemment ou non quelques-uns des sentiers de cette analyse. »

  • Après Les Femmes qui écrivent vivent dangereusement et Les Femmes qui aiment sont dangereuses, Laure Adler revient avec un nouvel et passionnant ouvrage sur les femmes artistes.
    Explorant les archétypes et les codes de l'histoire de l'art, elle analyse, à travers leurs oeuvres d'art, le lent basculement des femmes vers l'autonomie artistique et la reconnaissance du travail de création, trop longtemps laissée aux seuls mains et signatures des hommes.
    Cet ouvrage dresse le portrait passionnant d'une cinquantaine de ces artistes, depuis la Renaissance avec Artemisia Gentileschi, jusqu'à nos jours avec Yoko Ono, Orlan, Annette Messager, Marina Abramovic, Sophie Calle, en passant par les incontournables Sonia Delaunay, Niki de Saint-Phalle, Berthe Morisot ou Frida Kahlo.

  • Quatrième volume de la collection "Savoir & faire", cette encyclopédie est consacrée à l'extraordinaire diversité des textiles à travers le monde. Des premières traces préhistoriques jusqu'aux "textiles intelligents", elle offre au lecteur un panorama complet de l'usage historique et actuel des fibres naturelles, artificielles et synthétiques.

  • Depuis le texte fondateur de Vasari, l'histoire de l'art avait tenu dans l'ombre le travail des femmes peintres. À partir des années 1960, les Feminist Studies et les Gender Studies ont permis de mettre à mal cette tendance et de redécouvrir des artistes majeures dont le travail avait été injustement occulté au profit de celui de leurs homologues masculins.
    Du fait de leur isolement et de leur faible nombre tout autant que des interdits et des obstacles qui furent opposés à leur formation comme à leur carrière, l'étude des femmes peintres a engagé Martine Lacas à se poser certaines problématiques qui leur sont propres : dans quelles familles sont-elles nées ? comment se sont-elles formées ? quelles stratégies ont-elles développées pour légitimer leur statut d'artiste et leur production ? Mais aussi qu'est-ce que le fait d'être femme a changé quant au choix des sujets et de leurs interprétations, quant à l'affirmation de soi par l'oeuvre et dans l'ouvre ?
    Pour répondre à ces questions, Martine Lacas s'appuie sur l'étude des ouvres de ces femmes peintres du XVe à l'aube du XIXe siècle, parmi lesquelles on compte Elisabeth Vigée Le Brun, Artemisia Gentileschi, Sofonisba Anguissola ou Adélaïde Labille-Guiard, dont le genre a déterminé et détermine encore la réception, la fortune critique et l'appréciation esthétique.

  • Ce texte est probablement le plus connu de Walter Benjamin. Le philosophe y traite, notamment à travers l'exemple du cinéma et de la photographie, de la perte de l'authenticité et de l'originalité qui caractérisent la culture de masse, de la destruction de l'espace intérieur rendue possible par l'usage de la caméra, et de ce qu'il a appelé, dans une formule restée célèbre, " le déclin de l'aura ", l'aura étant le fait d'être unique, lié à un lieu précis, et inscrit dans l'histoire. Ce faisant, c'est de notre monde actuel qu'il nous parle.

  • Si une part de l'oeuvre érotique de Tomi Ungerer est bien connue du grand public - on pense au Fornicon, à l'Erotoscope, à Totempole, ou encore aux dessins sur le vif des prostituées de Hambourg - celle-ci est souvent marquée par une volonté de dénoncer la mécanisation des corps ou les rapports de force sociaux. Ce Kamasutra des grenouilles est l'occasion de faire connaître en France un érotisme plus léger et rabelaisien, s'éloignant de l'érotisme noir et interprétant joyeusement les positions du Kamasutra indien.
    Impertinent, ironique et drôle, ce bestiaire érotique sait amuser et émoustiller avec grivoiserie et gaité.

  • Dominique Bona Berthe Morisot Cette jeune femme en noir, au bouquet de violettes, aux yeux profonds, que peint Manet dans les années 1870, c'est Berthe Morisot. Elle garde sur son visage altier comme un secret. Un modèle parmi d'autres ? Non : la seule femme du groupe des Impressionnistes. Berthe Morisot, née dans la province française en 1841, fille de préfet, peint et expose parmi ce clan d'hommes, ceux qui sont encore des réprouvés sans public, des réfractaires à l'art officiel : Manet, Degas, Monet, Renoir. Ardente mais ténébreuse, douce mais passionnée, aimant la vie de famille mais modèle et amie - et qui sait ? peut-être davantage - d'Edouard Manet dont elle épouse le frère : il y a une énigme dans les silences et les ombres de Berthe Morisot.
    Dominique Bona, puisant aux archives inédites, fait tournoyer la fresque de l'Impressionnisme : de Giverny aux plages normandes, de Mallarmé rédigeant des billets doux pour Méry Laurent ou Nina de Callias aux lavandières qui posent pour Renoir, de la sanglante Commune de Paris au règne de la bourgeoisie corsetée, des salles du Louvre aux ateliers de la bohème.
    Dominique Bona peint ici le portrait subtil d'une artiste qui inventa sa liberté.

  • Transformer le théâtre, c'est aussi révolutionner notre vie. Publié en 1938, alors qu'il vient d'être interné, «Le Théâtre et son double» est un recueil de conférences, articles et lettres dans lequel Artaud entend "briser le langage pour toucher la vie". Il y développe notamment, en deux célèbres manifestes, son concept de "théâtre de la cruauté". Il y défend la dimension sacrée du théâtre, la prééminence du langage du corps sur le texte, et accorde au metteur en scène ("maître de cérémonies sacrées") plus d'importance qu'à l'auteur. Il y montre aussi que le théâtre est comme une seconde réalité, une "réalité virtuelle". Cette édition est complétée par un avant-propos de l'éditeur, ainsi qu'un dossier sur la réception de l'oeuvre, une synthèse biographique, la bibliographie des livres d'Artaud et quelques pistes de lecture

  • Paris gothique

    ,

    • Picard
    • 7 Octobre 2020

    Aucun foyer mieux que Paris n'incarne le foisonnement de l'architecture gothique sur les quatre siècles de son histoire, depuis ses prototypes conçus dans le second quart du XIIe siècle jusqu'aux grandes églises du XVIe siècle. Malgré les pertes, son patrimoine compte encore bien des monuments sur lesquels se fondent les grandes articulations de l'art gothique. Ainsi, dans cet ouvrage, dernier né de l'une des collections phares des éditions Picard "Les monuments de la France gothique", trente-six notices monographiques consacrées aux principaux monuments intègrent les résultats des recherches les plus récentes, qui renouvellent l'image de Paris, la ville aux cent clochers, mais aussi la ville close, celle des palais royaux et princiers, celle dont les vestiges de l'habitat dorment sous nos pieds, dans les caves.

  • Étrange de se demander ce que font mes proches au moment même où je les prends en photo depuis l'espace... C'est sous un angle délibérément artistique que Thomas Pesquet a souhaité envisager ce beau livre. En effet, au-delà de sa mission scientifique, c'est un artiste d'une rare sensibilité qui s'est révélé au grand public 6 mois durant. Un photographe hors pair. Le sujet, lui, ne s'était encore jamais montré à la fois si distant et si proche, riche de tant de nuances. La Terre, notre planète, notre fragile et ultime bien commun, comme une femme coquette s'est dévoilée au fil des jours sous de très multiples atours : d'étendues désertiques en parcelles cultivées par l'homme, d'îles émergeant de mers azuréennes en mégalopoles parées de leurs éclats nocturnes ; nous sommes restés saisis par l'infinie variété de ses reliefs, l'étendue de sa palette de couleurs. Sous l'oeil de Thomas Pesquet, la Terre n'était plus seulement une oeuvre d'art, elle était le chef-d'oeuvre absolu.
    TERRE(S), donc, tant elle apparaît plurielle, tour à tour minérale et végétale, aride et aquatique, sauvage et domestiquée, déserte et surpeuplée.
    Inclassables paysages surgis au fil de la mission Proxima et desquels l'ouvrage conserve l'ordre chronologique, plus propice que tout vain classement thématique à la restitution de cette impression de variété.
    Mais aussi la façon la plus fidèle de conserver, jour après jour, heure après heure, le périple de l'ISS tel que l'ont suivi des millions d'internautes !


    Un livre unique !
    Et parce que Thomas représentait aussi nos couleurs, 3 jaquettes différentes seront proposées en librairie :
    Une bleue, une blanche, une rouge !

  • Le portrait dit des Époux Arnolfini a été peint par Jan Van Eyck en 1434 : énigmatique, étrangement beau, sans précédent ni équivalent dans l'histoire de la peinture... Cet ouvrage offre un voyage au coeur de ce tableau, qui aimante par sa composition souveraine et suscite l'admiration par sa facture. Touche après touche, l'auteur décrypte les leurres et symboles semés par l'artiste sur sa toile, à l'image d'un roman policier à énigmes. Alors le tableau prend corps, son histoire se tisse de manière évidente et les personnages qui nous regardent dans cette scène immuable prennent vie devant nous...

  • Alors que l'on célèbrera début 2016 les 25 ans de sa disparition, Gainsbourg est partout. Et plus qu'hier, car hier il était en avance. Christophe Marchand Kiss éclaire les intrications de la vie et de l'oeuvre grâce à une iconographie confiée par la famille et les proches, exclusive et attachante.

  • L'objet que se donne la peinture chinoise est de créer un microcosme, « plus vrai que la Nature elle-même » (Tsung Ping) : ceci ne s'obtient qu'en restituant les souffles vitaux qui animent l'Univers ; aussi le peintre cherche-t-il à capter les lignes internes des choses et à fixer les relations qu'elles entretiennent entre elles, d'où l'importance du trait. Mais ces lignes de force ne peuvent s'incarner que sur un fond qui est le Vide. Il faut donc réaliser le Vide sur la toile, entre les éléments et dans le trait même.

    C'est autour de ce Vide que s'organisent toutes les autres notions de la peinture chinoise ; celles-ci forment un système signifiant auquel François Cheng est le premier à appliquer une analyse sémiologique. Son commentaire est enrichi par d'amples citations et des reproductions.

  • De la grande pyramide de Gizeh au Guggenheim Museum à Bilbao en passant par la Sagrada Família à Barcelone et l'opéra de Sydney, cet ouvrage explore, à travers 50 monuments emblématiques, les styles, les éléments architecturaux et les matériaux qui font l'histoire de l'architecture.

  • il est de ces photographes qui ne cherchent pas la notoriété, ni le succès commercial malgré une certaine aptitude à l'image appliquée.
    né à pittsburgh, il délaisse vite ses études pour rejoindre new york au tournant des années 1940-1950. dans ce lieu de création intense où se croisent et s'expérimentent des recherches venues des horizons européens et américains, il rencontre rothko et les expressionnistes abstraits, faurer et smith. il découvre la street photography et le travail d'henri cartier-bresson. mais ses images de rue sont d'une extrême originalité et ne témoignent d'aucune influence directe.
    il impose sa maîtrise de la couleur dans des vues citadines non conventionnelles dans lesquelles les reflets, les transparences, la complexité des cadrages, les effets de miroir se marient à une technique très particulière des émulsions pour écrire une forme unique de pastorale urbaine.

  • Entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, Madrid, la Suisse et l'école du Louvre à Paris, Martine Franck, belge d'origine, a connu des années de formation et d'études qui ont forgé sa vision transculturelle du monde et de sa diversité. De là, peut-être, son aptitude naturelle à appréhender l'universalité des conditions mais aussi, dans l'acception sartrienne du terme, la spécificité des situations.
    La photographie, qu'elle commence à pratiquer dans sa vingt-cinquième année, comble et exacerbe cette disposition aux voyages, à l'observation et aux enquêtes. Dès cette période s'engage aussi son indéfectible complicité avec Arianne Mnouchkine et le Théâtre du Soleil dont elle partagera photographiquement les aventures en en construisant la mémoire visuelle. Après avoir été l'assistante de plusieurs photographes, elle entame une carrière de photographe indépendante et publie régulièrement dans la presse internationale avant de rejoindre Magnum en 1980.
    Si l'on évoque parfois le classicisme de son style, c'est pour en souligner l'évidente rigueur comme l'exigence formelle qui s'y déploie. C'est dans ses célèbres portraits d'artistes, d'intellectuels ou de moines tibétains (univers avec lequel elle entretient de longue date une proximité revendiquée), et dans ses paysages d'Inde ou d'Irlande que s'affirme cette sérénité construite qui semble signer sa manière.
    Réservée, elle confesse dans une correspondance avec l'écrivain John Berger : " J'ai souffert d'être timide... parler aux gens me coûtait ; tenir un appareil m'a donné une fonction, une raison d'être quelque part comme témoin " et précise : " L'appareil est en lui-même une frontière, une barrière telle qu'on la brise constamment pour se rapprocher du sujet. " Cette pudeur, adossée à une forte conviction, confère à ses reportages humanitaires - on pense par exemple à son exemplaire collaboration avec l'association Les petits frères des pauvres - une dimension particulière où Martine Franck, en évidente empathie avec les êtres qu'elle photographie, nous les restitue dans la digne plénitude de leur humanité.


  • Le Centre Pompidou poursuit la relecture des oeuvres majeurs du 20ème siècle et consacre une vaste exposition à Francis Bacon.

    La dernière grande exposition française de cet artiste eut lieu en 1996, au Centre Pompidou. Plus de vingt ans après, « Bacon en toutes lettres » réunit des peintures de 1971 - année de la rétrospective que lui consacrent les galeries nationales du Grand Palais - à ses dernières oeuvres en 1992.

    L'exposition du Centre Pompidou s'attache aux oeuvres réalisées par Bacon durant les deux dernières décennies de son oeuvre. Elle comporte soixante tableaux (incluant 12 triptyques, ainsi qu'une série de portraits et d'autoportraits), issus des plus importantes collections privées et publiques. De 1971 à 1992, (date du décès du peintre), la peinture est stylistiquement marquée par sa simplification, par son intensification. Ses couleurs acquièrent une profondeur nouvelle, il use d'un registre chromatique inédit, de jaune, de rose, d'orange saturé.

    Le propos du catalogue traite tout particulièrement du puissant lien entre les oeuvres de Bacon et la littérature. En outre, les triptyques font l'objet d'une présentation exceptionnelle sous forme de dépliants, permettant de prendre conscience de leur impact visuel et de leur parenté, sous un angle littéraire inattendu.

    Commissaire : Mnam/Cci, Didier Ottinger

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