• Qui a été confronté à la justice ou s'intéresse aux affaires judiciaires a parfois le sentiment d'une gigantesque loterie.
    D'un juge à un autre, d'un tribunal à une cour d'appel, l'appréciation des faits fait pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Au fil des affaires de moeurs, d'endettement, d'animaux domestiques récalcitrants, de picrocholines querelles de voisinage ou de grands scandales publics, Pascale Robert-Diard déshabille les juges, avec ironie et légèreté. Elle révèle, à travers leurs dilemmes et leurs combats, la part insoupçonnée d'humanité de ces personnages emblématiques de la justice.
    Que les justiciables soient précaires, stars du football, du cinéma ou de la politique, Pascale Robert-Diard démontre l'existence d'une « part du juge », véritable marge d'imagination et de création. Plongez-vous dans cette série de chroniques mordantes : elles retracent l'évolution de la justice face aux moeurs et offrent un panorama inédit de la société française.

  • Prononcé à l'Assemblée constituante le 12 septembre 1848 lors de la discussion sur l'adjonction d'un article ouvrant un « droit au travail » au projet de nouvelle constitution, ce discours retentissant demeurait jusqu'à présent enfoui dans la compilation des innombrables interventions du député Tocqueville au sein de ses OEuvres complètes : accompagné de ses éclairantes notes préparatoires, il est pour la première fois l'objet d'une publication spécifique.
    Ce texte révèle un Tocqueville inattendu, non plus le sociologue et historien mais un acteur profondément engagé dans les affrontements idéologico-politiques consécutifs à la Révolution de 1848 : un orateur et polémiste talentueux aussi peu « académique » et « modéré » que possible, proposant ici un condensé de sa philosophie politique.
    C'est une contribution initiale et majeure à un débat de fond qui demeure d'actualité, où Tocqueville expose cursivement les raisons de son opposition tranchée au « droit au travail » et sa logique ; formules choc : son adoption ferait de l'État « le grand et unique organisateur du travail », « le maître et possesseur de chaque homme », le « propriétaire unique de chaque chose ».
    C'est aussi l'occasion de découvrir Tocqueville farouche adversaire du socialisme inspirant un tel droit ;
    Autres formules choc : le socialisme est « une attaque directe contre la propriété et la liberté individuelles », « une nouvelle formule de la servitude humaine ».

  • 1913-2013, cent ans de législations protectrices du patrimoine en partie façonnées par la loi de 1913 sur les monuments historiques. Modifiée et complétée à maintes reprises, elle demeure un des dispositifs majeurs du Code du patrimoine. Le droit des monuments historiques a été initié par la loi du 30 mars 1887 qui a dessiné les premiers contours de la servitude de conservation. La loi du 31 décembre 1913 en généralise l'application, introduisant une figure nouvelle qui transcende la question de la nature publique ou privée de la propriété. En retracer la genèse permet de mieux comprendre la révolution juridique et patrimoniale qu'elle introduit et de révéler la part d'héritage : celle des textes précédents, dont celui de 1887, et du chemin qui conduit à l'adoption d'une loi nouvelle et aussi celle de l'administration en charge des monuments historiques et des sociétés savantes.
    Cette étude est aussi l'occasion d'explorer les principaux apports de la loi, d'en révéler l'esprit, d'en exposer les principes, les techniques et les méthodes. Il s'est agi, également, de mieux cerner l'influence des législations étrangères qui ont inspiré le législateur et d'aborder la question de l'expérience coloniale de même que l'imprégnation du droit international par la notion de monument historique.

  • 100 images qui ont fait scandale invite à redécouvrir des affiches de cinéma, des pochettes de disque, des oeuvres d'art contemporain, des clichés truqués, des publicités, des jeux vidéo ou encore des dessins de presse, ayant tous fait l'objet de condamnations, d'anathèmes, d'autodafés, de manifestations, de débats et autres formes d'émois. Emmanuel Pierrat, avocat spécialiste de la censure, propose un parcours érudit mais accessible, joyeux et tragique, à travers une centaine d'images relatives à la sexualité, la religion, la politique, le pouvoir, la science ou encore la santé. Des fesses de Polnareff aux campagnes de Benetton, des illustrations de L'Assiette au beurre à celles de Charlie Hebdo, en passant par Picabia, ce sont autant d'histoires d'images et d'artistes édifiantes, servies par une plume alerte et une iconographie parfois oubliée ou à jamais inscrite dans notre imaginaire collectif.

  • « La Justice n'est pas cette divinité dont chacun se réclame à moins qu'il ne l'implore, selon la place qu'il occupe dans le prétoire [...] Certes le coupable doit être puni, la victime reconnue, les droits de la défense assurés et l'ordre public garanti. Mais la réalité est un peu plus complexe. » C'est de cette réalité que nous parle Luc Frémiot. De la vie hors les murs qui envahit les tribunaux. Celle qui, d'une manière ou d'une autre, nous concerne. Cela donne tour à tour des scènes de théâtre de boulevard dans le prétoire, ou de quoi mesurer l'angoisse d'une femme à qui son compagnon violent impose un macabre « thriller » parce qu'elle veut le quitter.
    Et, grâce à ce talent de conteur, mine de rien, nous découvrons sans nous ennuyer une seconde tous les aspects inconnus de l'appareil judiciaire ! De la fiabilité relative des témoignages aux curieuses raisons qui font parfois récuser un juré en passant par la folle course à l'acquittement de certains avocats, l'influence dangereuse des médias, et les grandes sacrifiées du système : les victimes. Sans compter des pages bouleversantes sur les violences intrafamiliales, encore trop négligées sous prétexte qu'elles relèvent de l'intimité.
    Un livre brillant mais sans effets de manches, qui nous fait réfléchir sur la société et cette humanité dont nous faisons partie.

  • La notion de bien relevant du patrimoine mondial soulève des problématiques assez largement inédites par rapport aux procédures françaises de protection du patrimoine culturel. Les notions de patrimoine mondial et de « valeur universelle exceptionnelle » appliquées au Val de Loire peinent à se construire juridiquement et ce alors même que les procédures de protection ne manquent pas. Le plan de gestion adopté en 2012 risque de s'insérer avec difficulté dans les dispositifs existants.

    Avec le soutien du laboratoire Collectivités publiques de l'université d'Orléans.

  • Explique en quoi consiste la liberté d'expression en France, inscrite depuis la Révolution dans la Déclaration des droits de l'homme, et dont le principe, corollaire de la démocratie, garantit le pluralisme des opinions. L'auteur donne des exemples afin de la comparer avec ce qu'il est possible ou non d'écrire, de dessiner ou de dire dans d'autres pays

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