• Oedipe roi

    Sophocle

    Le roi de Thèbes découvre l'amère vérité : la peste sur sa ville a pour origine un parricide suivi d'un inceste. Aveuglé par cette avalanche de vérités, oedipe se crève les yeux et se condamne à l'exil. Sans doute la pièce la plus célèbre de Sophocle, ici dans une nouvelle traduction.
    La ville de Thèbes est ravagée par la peste. D'après les oracles, cette malédiction vient du meurtre non élucidé de l'ancien roi, Laïos. Le nouveau roi, oedipe, s'engage à mener une enquête pour découvrir et punir les coupables. Hélas, l'investigation révèle qu'oedipe est lui-même le coupable qu'il cherche... Quelques années auparavant, les oracles avaient prédit à Laïos que son fils le tuerait puis épouserait sa propre mère. A la naissance d'oedipe, Laïos l'abandonna à la mort pour conjurer ce funeste destin. Mais le nouveau-né fut recueilli par Polybe, roi de Corinthe, et sa femme Mérope qui l'élevèrent comme leur propre enfant. Quand il attint l'âge d'homme, oedipe quitta Corinthe. En chemin, il rencontra, Laïos, qu'il prit pour le chef d'une bande de voleurs et qu'il tua. Arrivé à Thèbes, il vint à bout du Sphinx qui assiégeait la ville et obtint la main de la reine veuve, Jocaste, en réalité sa mère biologique. Lorsqu'il comprend qu'il a bel et bien assassiné son père et que sa femme-mère s'est pendue, oedipe, au comble de la souffrance, se crève les yeux et demande à être exilé, abandonné à son sort maudit.
    Le projet Sophocle est une collaboration entre l'auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad et le poète Robert Davreu, le premier ayant commandé au second la traduction en français des sept tragédies de Sophocle. La nouvelle traduction de Robert Davreu et la vision résolument contemporaine de Wajdi Mouawad donnent une dimension inédite au tragédien grec.
    PERSONNAGES : 7 hommes, 1 femme et le choeur des vieillards de Thèbes.

  • Entre Grecs et Égyptiens, c'est une longue histoire qui n'a cessé de s'écrire à travers le temps. Ce volume réunit les oeuvres de quatre figures majeures de ce dialogue fondamental : Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, dans des traductions nouvelles, qui ont visité l'Égypte à des époques différentes, entre le Ve siècle av. J.-C. et le Ier siècle de notre ère, et Chérémon d'Alexandrie, philosophe stoïcien, historien et sociologue avant l'heure, qui rend cet échange possible en usant vis à vis des trois premiers d'une sorte de droit de réponse. Son témoignage inédit apporte un éclairage essentiel sur les sources premières de la double histoire dont les continents européen et africain sont issus.
    L'ensemble des textes ici rassemblés ne donne pas seulement une connaissance ethnologique précieuse sur l'Égypte. Il permet de mieux percevoir l'histoire de cette rencontre décisive entre une Grèce éblouie et sceptique qui crut voir dans la terre du Delta son premier grand modèle, et une Égypte à la fois plurielle et égocentrique qui abrita le foyer le plus éclatant et inattendu du multiculturalisme d'Alexandrie.
    La richesse d'une telle confrontation entre deux univers distincts, dotés de peu de dénominateurs culturels communs mais non dénués de convergences religieuses, offre l'une des plus curieuses et fascinantes introductions à la vie égyptienne dans l'Antiquité, de ses croyances et de ses savoirs et de la place irremplaçable qu'ils occupent dans le patrimoine de l'humanité.

  • L'Énéide

    Virgile

    Enée fuyant Troie en flammes avec son père sur les épaules, le périple sur la mer déchaînée, la passion et le sacrifice de Didon, la descente aux Enfers...
    Les images de l'Enéide, puissantes et tragiques, hantent notre culture. Cette épopée où l'histoire s'unit à la légende, où les divinités, les nymphes, les oracles se mêlent aux vicissitudes des hommes, n'est pas seulement le récit sublime de la fondation de Rome. Vaste fleuve de langage charriant la guerre, l'amour, la mort et le désir de surpasser le destin, l'Enéide est d'abord une leçon d'humanité.

  • Tout Homère

    Homère

    Sous la direction d'Hélène Monsacré, directrice du Département des Sciences humaines des Éditions Albin Michel et qui a publié, notamment, Les Larmes d'Achille (1984, 2010).
    Avec les contributions de Victor Bérard, Manon Brouillet, Eva Cantarella, Michel Casevitz, Adrian Faure, Xavier Gheerbrant, Giulio Guidorizzi, Jean Humbert, Christine Hunzinger, Pierre Judet de La Combe, Gérard Lambin, Silvia Milanezi, Hélène Monsacré et Heinz Wismann.

  • Thucydide d'athènes vécut la guerre du péloponnèse (431-404 av.
    J.-c.) comme citoyen, comme général, comme exilé (en 424) qui ne revint dans sa patrie qu'après sa défaite, enfin comme historien qui dit avoir perçu dès l'origine que ce conflit entre deux coalitions dirigées respectivement par athènes et sparte serait l'événement majeur de l'époque. thucydide est le créateur de la raison historique. comme la raison grecque en général, la raison historique est fille de la cité.
    Elle est fille aussi du gigantesque essor intellectuel qui soulève la grèce du ve siècle, avec la médecine hippocratique, l'enseignement des sophistes et l'activité des orateurs, singulièrement périclès. l'histoire politique se modèle, chez thucydide, sur cette création majeure du ve siècle qu'est la tragédie athénienne. athènes connaît, comme les héros tragiques, la grandeur et la chute. thucydide est l'historien de la raison et de la déraison dans l'histoire, il est le peintre de la tragédie d'athènes.

  • Après la conquête des Gaules, César doit justifier sa politique extérieure aux yeux de ceux qui, à Rome, l'accusent d'avoir livré bataille à des peuples inoffensifs à seule fin d'étancher sa soif de gloire. Avant de se porter candidat à un second consulat, il doit s'expliquer et couper court aux médisances et aux intrigues. Tel est le dessein de sa Guerre des Gaules : faire connaître à l'opinion romaine les glorieux épisodes d'une non moins glorieuse conquête.
    « À son arrivée, César fut reconnu à la couleur de son vêtement de bataille, et les Gaulois qui, de la hauteur, le voyaient venir avec la cavalerie et les cohortes dont il s'était fait suivre, commencèrent l'attaque. Une grande clameur s'élève des deux côtés et se répète dans tous les ouvrages. Nos soldats ayant lancé leurs javelots, mettent l'épée à la main ; en même temps notre cavalerie apparaît derrière l'ennemi, qui voit d'autres cohortes approcher encore. Alors ils lâchent pied, s'enfuient et vont tomber dans notre cavalerie qui en fait un grand carnage. Sédulius, général et premier citoyen des Lémovices, est tué ; Vercassivellaune, l'Arverne, est fait prisonnier alors qu'il fuyait ; soixante-quatorze enseignes sont prises et portées à César. De ce grand nombre d'ennemis il y en eut bien peu qui rentrèrent dans leur camp. Ceux de la place forte, qui virent le massacre et la fuite de l'armée de secours, perdirent toute espérance et rappelèrent leurs troupes qui attaquaient nos ouvrages. À cette nouvelle, les Gaulois qui étaient dans le camp, l'abandonnèrent à la hâte. Si nos troupes n'avaient pas été harassées par les continuels mouvements et les combats de cette journée, elles auraient pu détruire la totalité de cette armée gauloise. Vers minuit, notre cavalerie fut envoyée à leur poursuite ; elle atteignit leur arrière-garde et en tua ou fit prisonniers un grand nombre ; les autres se sauvèrent dans leurs cités. » Dans une collection qui se propose de rendre accessibles aux jeunes lecteurs de grandes oeuvres littéraires, voici une traduction révisée de « La Guerre des Gaules », abrégée de manière à laisser intacts le fil du récit, le style et le rythme de l'auteur. Une chronologie de la vie de César et de ses campagnes, un glossaire, une carte des tribus gauloises et de la marche des armées romaines viennent compléter le texte.
    Traduction révisée d'après Perrot d'Ablancourt.
    Abrégé par Jean-François Ménard.
    Illustrations de Jean-Marie Ruffieux.

  • «L'Art de la guerre» de Sunzi (Ve siècle av. J.-C.) est le premier traité de stratégie connu au monde. Stratège militaire du début de l'époque des royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), l'auteur favorise la stratégie indirecte. Classique du genre, sa compréhension dépasse le domaine militaire et peut être étendue à la plupart des domaines de l'activité humaine. L'Occident en prit tardivement connaissance à partir du XVIIIe siècle. Quant à «L'Art de la guerre» de Sun Bin (milieu du IVe siècle av. J.-C.), on croyait ce texte perdu depuis plus d'un millénaire. Jusqu'à la découverte, en avril 1972, de lamelles de bambou, dans un tombeau des Han de l'Ouest à Yinqueshan, dans le district de Linyi, province du Shandong. Elles portaient non seulement le texte de «L'Art de la guerre» de Sunzi, mais aussi celui de «L'Art de la guerre» de Sun Bin. Elles permirent de distinguer les deux auteurs, leur originalité, et de prendre enfin connaissance de l'oeuvre disparue.

  • Dominer la souffrance et s'en défendre grâce à la raison et à la parole - en faisant appel à toutes les ressources de la rhétorique - est au centre de la pensée de sénèque qui rassemble, dans ses consolations, les grands thèmes de la méditation antique sur la douleur et la mort.
    Au cours de son exil en corse ordonné par l'empereur claude qui l'accuse d'intriguer contre lui, sénèque adresse à sa mère, helvia, sous forme de consolation, une réflexion sur l'exil et sur le bonheur véritable. la seconde consolation, destinée à marcia, une femme qui vient de perdre son fils, est une méditation sur le deuil et sur l'ultime recours que peut être la mort face à la tyrannie. ces deux textes sont un irremplaçable témoignage de l'art avec lequel les stoïciens savaient affronter la souffrance et la mort.

  • Métamorphoses

    Ovide

    Les Métamorphoses d'Ovide (43 av. J.-C.-17 ap.) sont pour la poésie latine une sorte de livre des records, de longueur (11995 vers évoquant ou narrant 250 métamorphoses en quelque 150 épisodes), mais aussi de variété des genres, des styles et des procédés narratifs. Couvrant toute l'histoire du monde, du chaos originel au temps d'Auguste où écrit le poète, sorte d'oeuvre-univers dont la structure labyrinthique fait un véritable et fascinant palais des mirages, « Légende dorée » ou « Vatican du paganisme », « Mille et une nuits de l'Antiquité » elles s'ouvrent sur un récit de la Genèse et s'achèvent, après un long et passionnant prêche philosophique prononcé par Pythagore (569-475 av. J.-C.), sur la promesse de divinisation de l'empereur régnant et d'immortalité du poète, après avoir offert au lecteur, sans jamais l'ennuyer, une profusion de récits épiques et de contes burlesques, édifiants, émouvants ou galants, dont la postérité n'a cessé de recycler les inépuisables joyaux.
    Olivier Sers a traduit Ovide, entreprise sans précédent, vers pour vers, en alexandrins classiques restituant fidèlement le phrasé et la frappe poétique des hexamètres latins. Pour la première fois le lecteur moderne des Métamorphoses est placé dans la situation même du lecteur antique.

  • De la nature

    Lucrèce

    Dans cet unique exposé systématique de la doctrine épicurienne, Lucrèce nous enjoint à guérir le mal de vivre par la promesse du néant et à soigner notre angoisse par la contemplation des lois d'un monde fruit du hasard, où rien ne se perd ni ne se crée. Composer un traité de physique en vers enluminés de poésie et de beauté, de désespoir et de gaité, tel est le pari réussi du poète philosophe. Lucrèce a réussi à conjoindre deux incompatibles, l'explication et la célébration et s'est autorisé ce prodige immanent, une matière se faisant verbe parce que le verbe se fait matière. Ainsi ne craint-il pas d'établir une analogie entre la nature et son poème.

  • Dis-moi Muse, la colère d'Achille, les tourments d'Enée, la naissance du monde, les crimes d'OEdipe et les châtiments des dieux : la mythologie est un ciel infini et ses étoiles, dont nul ne sait si elles sont mortes ou vivantes, continuent de nous éclairer et de nous faire rêver. Elle occupe des pans entiers de notre imaginaire et des rayons entiers des bibliothèques.

  • Comment vivre avec la mort d'un enfant ? Dans ces pages empreintes d'émotion Plutarque, dont deux fils sont déjà morts, invite son épouse à surmonter le chagrin de la perte de leur fille de deux ans avec une constance et une sobriété admirables. Plus qu'une simple compassion, la consolation antique se présente comme un exercice spirituel : une exhortation à la maîtrise de soi. Cette nouvelle traduction est l'occasion de redécouvrir cette perle de la littérature qui n'a d'égale que les célèbres «Consolations» de Sénèque. Préface de Maxime Rovere.

  • De Pline, Buffon écrit avec admiration, au fronton de sa propre histoire naturelle, qu'il « a travaillé sur un plan bien plus grand que celui d'Aristote : il a voulu tout embrasser, et il semble avoir mesuré la nature et l'avoir trouvée trop petite encore pour l'étendue de son esprit ». Le monumental livre de Pline n'est pas seulement l'un des documents les plus précieux que l'Antiquité nous ait laissés, il est surtout le signe d'une érudition bien singulière dans un tempérament parfaitement original. Nous ne saurons jamais avec certitude ce qui motiva cet homme de guerre et d'État à l'écriture d'une oeuvre dont l'esprit se pose au contraire de ce qui semble devoir constituer sa situation. Et l'on ne cessera jamais non plus de s'émerveiller face à l'étrangeté d'un livre qui non seulement recueille si vastement la totalité, traitant d'astronomie, de physique, de géographie, d'agriculture, de commerce, de médecine, d'histoire, de minéralogie, de botanique, d'art, de théologie ou de philosophie, mais également pose sur l'univers qu'il a rendu visible un regard de satiété dont ressort constamment la conclusion que les dieux sont pauvres et que cette totalité où ils habitent ne suffit pas.
    L'émerveillement sincère devant tant d'objets, d'animaux, de parfums, de pierreries, de faits d'armes, de pays, de coutumes, de doctrines, de cultures et de cultes s'accompagne chez Pline d'une autre sincérité : celle d'une conscience d'homme ressentant la capacité du mystérieux recul dans lequel elle envisage la totalité et ses parties, s'y impliquant ou, précisément, bâtissant dans la neutralité l'encyclopédie du monde. Derrière l'entreprise gigantesque de Pline ressort non pas seulement la singulière richesse d'un contenu, mais la pensée qui s'en est détachée.
    Au I er siècle de notre ère, Pline vient à la fois offrir la plus belle des encyclopédies R il reste aujourd'hui le seul auteur à rapporter certains phénomènes ou à constituer la source de nombreux faits R et donner expression à la conscience qu'elle ne se réduit pas à la totalité, si vaste soit-elle. L'Histoire naturelle est ce livre étrange et magistral qui dit d'un seul geste le contenu du savoir dans la condition de l'homme : tenant au creux de sa main l'univers entier qu'il transmet à tous, il est traversé en même temps par un souffle marginal, en qui est ressentie la preuve que son écriture n'est possible que si l'esprit est étranger à ce monde rempli d'étrangetés. C'est ainsi depuis un regard jeté du haut de sa condition que, dans cette oeuvre odysséenne, le lecteur assiste à l'éclosion de chaque détail du monde au sein de l'histoire d'homme.

  • De la tranquillité de l'âme ne ressemble guère à un livre de philosophie tel que nous le concevons de nos jours. La tranquillité n'est pas un terme technique. Elle est un problème de vie spirituelle et mystique. Cette question est d'autant plus pertinente qu'elle s'adresse à l'individu ou au sujet qui ne compte plus que sur lui-même et sait qu'il ne peut pas se fier à une nature, à l'histoire ou à la vérité. Ce texte est précédé d'un long et brillant essai de Paul Veyne.

  • La poésie grecque commence avec l'Iliade et finit par l'Anthologie, ce prodigieux florilège réunissant une myriade de petits poèmes appelés épigrammes, composés sans interruption depuis le VIe siècle avant notre ère jusqu'au le VIe siècle ap. J.-C., douze siècles durant lesquels le genre n'a cessé de s'enrichir. Simple inscription à l'origine, éternisant sur la pierre ou le marbre le nom du mort ou du dédicant, l'épigramme se donne bientôt le luxe du vers. Ce genre se déploie d'abord avec l'hexamètre hérité de l'épopée, puis avec l'ïambe, plus apte à exprimer des valeurs quotidiennes, et enfin, favorisé par l'élégie funéraire, grâce au distique élégiaque. Initialement figées dans le même sourire archaïque, ces petites pièces s'animent quand de grand poètes, Archiloque, Sapho, Anacréon, Simonide ne dédaignent pas d'en composer.
    Les guerres médiques favorisent la vogue de l'épigramme héroïque dont Simonide se fait une spécialité. Mais la véritable éclosion du genre explose à l'époque alexandrine où il fleurit partout :
    En Sicile avec Léonidas de Tarente et en Grèce continentale avec la poétesse Anytè de Tégée ou Mnasalque de Sicyone. Au même moment les poètes de l'école de Cos, Asclépiade, Posidippe, inventent l'épigramme bachique et amoureuse, à Alexandrie, entre les mains de Callimaque, l'épigramme, devenue la menue monnaie de tous les genres, est un bijou finement ciselé : le lapidaire est devenu un joailler. C'est l'apogée de l'épigramme en Grèce, et pourtant les siècles qui suivent ne nous décevront pas : à l'époque hellénistique et romaine de nouveaux poètes, Antipater de Sidon, admiré par Cicéron, surtout le syrien Méléagre, en qui Sainte-Beuve voyait le poeta minor par excellence et à qui l'on doit la confection de la première Couronne (recueil d'épigrammes) dont nous ayons connaissance : ce geste relance la vogue du genre, qui se développe désormais en milieu romain, marqué par des traits nouveaux : l'épigramme se faisant poésie de circonstance, ou courtisane, et finalement comique et satirique, avec Lucille. Dès ce moment, qui en latin voit naître l'oeuvre de Martial, l'épigramme grecque a achevé son évolution, elle a encore de beaux jours devant elle, mais ne fera plus, si l'on peut dire, qu'involuer. En témoignent un Agathias (qui a réuni le fameux Cycle d'Agathias) ou un Paul le Silentiaire. Il faudra attendre le Xe siècle pour qu'un érudit byzantin, nommé Constantin Céphalas, réunisse la fleur de tout cela, suivi au XIVe siècle par Maxime Planude.

  • De la soixantaine de traités attribués à Hippocrate, le Serment est actuellement le plus célèbre, car il est resté, malgré les progrès considérables de la science du vivant, le modèle de référence le plus ancien de l'éthique médicale en Occident. Cette célébrité se perpétue dans le monde médical moderne, sous forme d'une tradition rituelle qui consiste à faire prêter le Serment hippocratique au futur médecin lorsqu'il soutient sa thèse, avant d'entrer dans la carrière de praticien.
    L'impétrant moderne accomplissant le rite ne s'interroge pas sur l'origine du texte ou sur le contexte dans lequel il a été formé. Pourtant, pour évaluer dans quelle mesure le Serment peut avoir encore un sens dans le monde moderne, il est nécessaire de remonter dans le temps pour savoir pourquoi il a été écrit et comment il a été écrit.
    Ce Serment, païen, a été conservé et adapté pour le milieu chrétien. On possède ainsi un Serment chrétien en prose et un autre en vers. Au Serment est joint le traité de la Loi qui forme couple avec lui depuis l'Antiquité. Moins célèbre, ce petit traité ne manque pas d'intérêt et de charme, car il a pour objectif de définir les meilleures conditions possibles de l'enseignement d'une véritable médecine, dans une profession qui, n'étant alors pas réglementée, laissait proliférer les charlatans au détriment des véritables médecins. Enfin, le lecteur pourra découvrir, de manière totalement inédite, le Testament d'Hippocrate.

  • On apprend le latin un peu au collège, parfois au lycée et le plus souvent dans les classes préparatoires ou à l'université. Pour ce public de grands débutants, l'enseignement doit être efficace et rapide. L'heure n'est plus aux longues années d'apprentissage par coeur des formes et des règles d'une grammaire normative et ennuyeuse, avant de pouvoir enfin aborder la lecture des auteurs. L'étudiant veut tout à la fois comprendre comment fonctionne la langue et fréquenter très vite les écrivains dans le texte original.
    Le présent manuel, fruit d'une longue expérience pédagogique auprès d'un tel public, répond à cette double exigence. Ainsi, textes d'études ou de contrôle, textes pour la version ou la lecture cursive, sont empruntés aux grandes oeuvres, et ce dès les premières leçons ; d'autre part, tous les faits de la langue sont observés et étudiés dans des textes et situés à la fois dans le « système de la langue latine » (point de vue synchronique) et dans l'histoire de cette langue (point de vue diachronique).
    Devant le succès obtenu par ce livre depuis sa parution (1967), une nouvelle mise à jour a paru nécessaire. Toujours fidèle à son esprit, l'ouvrage propose, dans cette nouvelle édition, de nouveaux textes d'étude.

  • « La guerre n'est que la poursuite de la politique par d'autres moyens », écrivait au XIXe siècle Clausewitz dans son célèbre traité «De la guerre». C'est un principe qu'illustrent plusieurs passages de «La Guerre du Péloponnèse», de Thucydide, qui retrace en détail le conflit entre Sparte et Athènes. On découvrira dans ces pages des considérations stratégiques, tactiques, des techniques de combat sur terre comme sur mer, des harangues à la rhétorique imparable, et quelques tableaux de batailles saisissants. Considérant la guerre comme le fruit de lois humaines où n'entre aucune intervention surnaturelle, Thucydide bannit anecdotes, rumeurs et sentimentalisme dans des lignes passionnantes qui n'en frapperont que plus le lecteur d'aujourd'hui.

  • La «Théogonie» est le plus ancien poème religieux grec (l'équivalent de la Genèse) où sont présentées les trois générations de dieux (Ouranos, Cronos et Zeus) et la création du cosmos. Le poème raconte la création du monde sorti du chaos, la naissance des dieux et leurs aventures. Il constitue une fabuleuse synthèse de croyances archaïques et hellénistiques, avec l'apparition de divinités encore inconnues des poèmes homériques. Précédé d'un essai de Jean-Pierre Vernant. Edition bilingue

  • Fruit d'un travail collectif de plusieurs années faisant intervenir historiens, archéologues et spécialistes de littérature, cette nouvelle traduction des oeuvres complètes de César, unique en son genre, est un véritable tour de force.
    D'abord parce qu'elle rend à César ce qui est à César l'écrivain, c'est-à-dire son incomparable prose, élégante, rapide, fulgurante parfois, qui fait que le lecteur est tenu en haleine de bout en bout.
    Ensuite parce qu'elle rend à César ce qui est à César le politique, conquérant et tyran génial - sans doute l'homme d'Etat le plus connu de tous les temps jusqu'à aujourd'hui- en éclairant de manière simple et savante les enjeux historiques.
    Enrichie de notes, de cartes et de riches introductions, cette édition jette sur La Guerre des Gaules et La Guerre Civile un regard neuf et passionnant.
    [Le Livre VIII de la Guerre des Gaules ayant été écrit par un général de César, la traduction n'est pas nouvelle, elle est issue du volume traduit par Léopold-Albert Constans dans la Collection des Universités de France, 1926.]

  • « Le loup et l'agneau », « Le renard et la cigogne », « Le loup et le chien », etc. : si on pense d'abord aux fables de La Fontaine, on sait moins qu'elles furent inspirées du fabuliste latin Phèdre. Ses fables, qu'on croyait perdues au Moyen Âge, furent redécouvertes au XVIIe siècle. La Fontaine, qui s'en inspira largement, admirait l'élégance et la brièveté du style. Tout comme le moraliste français, Phèdre cherchait par ces écrits à « faire rire et apprendre la vie par des conseils avisés ».

  • Les origines de Rome

    Tite-Live

    La louve allaitant au bord du Tibre les deux jumeaux dont l'un va fonder la ville de Rome, les Sabines se jetant au milieu de la bataille où s'affrontent leurs pères et leurs maris, le fondateur de la République Brutus appelant ses compatriotes à la révolte en brandissant le poignard dont Lucrèce, violée par le fils du tyran Tarquin le Superbe, vient de se percer le sein, toutes ces scènes hautes en couleurs, c'est Tite-Live qui nous les a rendues familières. Mais le premier des Livres depuis la fondation de Rome n'est pas seulement le merveilleux livre d'images où il fait ressurgir, avec un art consommé, les épisodes fameux de la naissance et des premiers temps de l'histoire de Rome, lorsqu'elle avait des rois à sa tête. C'est aussi l'oeuvre de réflexion d'un historien confronté, des siècles avant ses successeurs modernes, à la dimension légendaire et mythique de cette histoire et cherchant à mettre en place les catégories qui lui permettront de l'appréhender.

  • Ce petit chef-d'oeuvre, écrit quatre ans avant la mort du philosophe, pose le problème de la retraite intérieure, du loisir lettré, de l'arrêt de l'activité civique. L'auteur s'y justifie d'abandonner la politique au profit d'une contemplation de la nature ; il montre que contempler, c'est agir, et que participer aux affaires publiques n'est pas une obligation absolue. La contemplation est pour l'homme une façon de se grandir.

  • Les 36 Stratagèmes est un livre mystérieux. La légende veut que le mince opuscule émanant du milieu des sociétés secrètes antimandchoues de la fin des Ming, sur lequel s'appuient toutes les éditions, exégèses et traductions modernes, ait été, après une longue éclipse, redécouvert en 1941 chez un libraire de Chine du Nord.
    Par la suite, l'ouvrage devait connaître de multiples tirages et devenir l'un des traités militaires les plus lus de la planète, avec L'Art de la guerre, de Sun Tzu.
    Ce manuel peut être aussi utile dans toutes les situations de conflit auxquelles chacun de nous doit faire face.

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