• Tout Homère

    Homère

    Sous la direction d'Hélène Monsacré, directrice du Département des Sciences humaines des Éditions Albin Michel et qui a publié, notamment, Les Larmes d'Achille (1984, 2010).
    Avec les contributions de Victor Bérard, Manon Brouillet, Eva Cantarella, Michel Casevitz, Adrian Faure, Xavier Gheerbrant, Giulio Guidorizzi, Jean Humbert, Christine Hunzinger, Pierre Judet de La Combe, Gérard Lambin, Silvia Milanezi, Hélène Monsacré et Heinz Wismann.

  • Thucydide d'athènes vécut la guerre du péloponnèse (431-404 av.
    J.-c.) comme citoyen, comme général, comme exilé (en 424) qui ne revint dans sa patrie qu'après sa défaite, enfin comme historien qui dit avoir perçu dès l'origine que ce conflit entre deux coalitions dirigées respectivement par athènes et sparte serait l'événement majeur de l'époque. thucydide est le créateur de la raison historique. comme la raison grecque en général, la raison historique est fille de la cité.
    Elle est fille aussi du gigantesque essor intellectuel qui soulève la grèce du ve siècle, avec la médecine hippocratique, l'enseignement des sophistes et l'activité des orateurs, singulièrement périclès. l'histoire politique se modèle, chez thucydide, sur cette création majeure du ve siècle qu'est la tragédie athénienne. athènes connaît, comme les héros tragiques, la grandeur et la chute. thucydide est l'historien de la raison et de la déraison dans l'histoire, il est le peintre de la tragédie d'athènes.

  • De la nature

    Lucrèce

    Dans cet unique exposé systématique de la doctrine épicurienne, Lucrèce nous enjoint à guérir le mal de vivre par la promesse du néant et à soigner notre angoisse par la contemplation des lois d'un monde fruit du hasard, où rien ne se perd ni ne se crée. Composer un traité de physique en vers enluminés de poésie et de beauté, de désespoir et de gaité, tel est le pari réussi du poète philosophe. Lucrèce a réussi à conjoindre deux incompatibles, l'explication et la célébration et s'est autorisé ce prodige immanent, une matière se faisant verbe parce que le verbe se fait matière. Ainsi ne craint-il pas d'établir une analogie entre la nature et son poème.

  • La poésie grecque commence avec l'Iliade et finit par l'Anthologie, ce prodigieux florilège réunissant une myriade de petits poèmes appelés épigrammes, composés sans interruption depuis le VIe siècle avant notre ère jusqu'au le VIe siècle ap. J.-C., douze siècles durant lesquels le genre n'a cessé de s'enrichir. Simple inscription à l'origine, éternisant sur la pierre ou le marbre le nom du mort ou du dédicant, l'épigramme se donne bientôt le luxe du vers. Ce genre se déploie d'abord avec l'hexamètre hérité de l'épopée, puis avec l'ïambe, plus apte à exprimer des valeurs quotidiennes, et enfin, favorisé par l'élégie funéraire, grâce au distique élégiaque. Initialement figées dans le même sourire archaïque, ces petites pièces s'animent quand de grand poètes, Archiloque, Sapho, Anacréon, Simonide ne dédaignent pas d'en composer.
    Les guerres médiques favorisent la vogue de l'épigramme héroïque dont Simonide se fait une spécialité. Mais la véritable éclosion du genre explose à l'époque alexandrine où il fleurit partout :
    En Sicile avec Léonidas de Tarente et en Grèce continentale avec la poétesse Anytè de Tégée ou Mnasalque de Sicyone. Au même moment les poètes de l'école de Cos, Asclépiade, Posidippe, inventent l'épigramme bachique et amoureuse, à Alexandrie, entre les mains de Callimaque, l'épigramme, devenue la menue monnaie de tous les genres, est un bijou finement ciselé : le lapidaire est devenu un joailler. C'est l'apogée de l'épigramme en Grèce, et pourtant les siècles qui suivent ne nous décevront pas : à l'époque hellénistique et romaine de nouveaux poètes, Antipater de Sidon, admiré par Cicéron, surtout le syrien Méléagre, en qui Sainte-Beuve voyait le poeta minor par excellence et à qui l'on doit la confection de la première Couronne (recueil d'épigrammes) dont nous ayons connaissance : ce geste relance la vogue du genre, qui se développe désormais en milieu romain, marqué par des traits nouveaux : l'épigramme se faisant poésie de circonstance, ou courtisane, et finalement comique et satirique, avec Lucille. Dès ce moment, qui en latin voit naître l'oeuvre de Martial, l'épigramme grecque a achevé son évolution, elle a encore de beaux jours devant elle, mais ne fera plus, si l'on peut dire, qu'involuer. En témoignent un Agathias (qui a réuni le fameux Cycle d'Agathias) ou un Paul le Silentiaire. Il faudra attendre le Xe siècle pour qu'un érudit byzantin, nommé Constantin Céphalas, réunisse la fleur de tout cela, suivi au XIVe siècle par Maxime Planude.

  • « La guerre n'est que la poursuite de la politique par d'autres moyens », écrivait au XIXe siècle Clausewitz dans son célèbre traité «De la guerre». C'est un principe qu'illustrent plusieurs passages de «La Guerre du Péloponnèse», de Thucydide, qui retrace en détail le conflit entre Sparte et Athènes. On découvrira dans ces pages des considérations stratégiques, tactiques, des techniques de combat sur terre comme sur mer, des harangues à la rhétorique imparable, et quelques tableaux de batailles saisissants. Considérant la guerre comme le fruit de lois humaines où n'entre aucune intervention surnaturelle, Thucydide bannit anecdotes, rumeurs et sentimentalisme dans des lignes passionnantes qui n'en frapperont que plus le lecteur d'aujourd'hui.

  • Première grande poétesse de l'Histoire, Sapphô connut dans l'Antiquité une exceptionnelle célébrité. "Dixième des Muses", selon Platon, et illustre représentante d'une poésie lyrique renouvelée, son talent inégalé et ses amitiés passionnelles avec les jeunes femmes de Lesbos allaient marquer à jamais l'histoire de la littérature en Occident.

    Néanmoins, Sapphô devint vite une figure ambivalente : symbole de l'amour et de la liberté pour les uns, de la perversion pour les autres. Son oeuvre fut impitoyablement traquée et détruite par les représentants d'une morale à qui sa vie paraissait condamnable.

    Des douze mille vers que son oeuvre comptait, quelques centaines seulement ont survécu à l'épreuve du temps. Cette édition illustrée rassemble les plus beaux fragments qui nous sont parvenus, dans une nouvelle traduction qui en restitue toute l'émotion et le souffle originel.

  • Pour le monde antique, l'épopée d'homère est le texte fondateur, la source de toute culture.
    Récit de voyages et conte merveilleux, l'odyssée chante les errances d'ulysse en même temps que l'endurance sublime d'un homme qui, sans cesse, se cache, invente, se transforme, s'adapte pour survivre.

  • "Garde sans cesse Ithaque présente à ton esprit.
    Ton but final est d'y parvenir, mais n'écourte pas ton voyage : mieux vaut qu'il dure de longues années, et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse, riche de tout ce que tu as gagné en chemin, sans attendre qu'ithaque t'enrichisse."

  • "Ithaque t'a donné le beau voyage : sans elle, tu ne te serais pas mis en route.
    Elle n'a plus rien d'autre à te donner. Même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t'a pas trompé. Sage comme tu l'es devenu à la suite de tant d'expériences, tu as enfin compris ce que signifient les ithaques.".

  • L'Anabase de Xénophon, chronique et premier récit autobiographique, raconte le périple des Dix-Mille, mercenaires levés par Cyrus pour détrôner son frère, le roi de Perse. Ce récit constitue une source essentielle sur la Perse, les peuples du plateau anatolien et la Grèce des Ve-IVe siècles avant Jésus-Christ.

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