• Mamelle économique et militaire de la France, la paysannerie a subi de plein fouet les tragédies du XXe siècle. Le choc des deux guerres mondiales a précipité une mutation sans précédent qui l'a laissée exsangue, transformant le héros de 1914-1918 en bouc émissaire de la transition écologique et en victime expiatoire de la tertiarisation triomphante.
    À l'heure où la fracture sociale ne cesse de s'élargir, cette grande synthèse, fruit de plusieurs années de travail, est d'une lecture indispensable.

  • Un livre est très important. Personne n'a jamais payé le vrai prix d'un livre ; on ne paie que l'impression. Un livre est un don et doit être considéré comme tel. Accorder attention et estime à l'auteur renforce la puissance de l'écriture. Louis I. Kahn On a oublié que les maraîchers parisiens avaient atteint l'excellence au milieu du XIXe siècle. En l'absence de moyens de transport et faute de conservation par le froid, il fallait produire sur place de quoi alimenter un million d'habitants en primeurs, fruits et légumes frais. L'ingéniosité d'alors revient d'actualité. Très étudié aux États-Unis par ceux qui pratiquent la permaculture, ce manuel répond au besoin de produire localement les aliments les plus nourrissants et les plus goûteux possible. « Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n'est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. » Victor Hugo, Discours d'ouverture du Congrès littéraire international, 1878.

  • Le «modèle» agricole qui s'est imposé depuis quelques décennies est de plus en plus critiqué en raison de ses conséquences sur l'environnement, l'emploi et la santé humaine ou animale. Pourtant, sa remise en cause est souvent écartée au nom de l'urgence alimentaire : on dit qu'il serait «le seul capable de nourrir l'humanité». Cette affirmation péremptoire interdit le débat et enferme les paysans dans une impasse, dont il est urgent de les aider à sortir. L'objet de cet ouvrage est de lever différents malentendus sur le sujet et de montrer les importantes marges de manoeuvre dont nous disposons pour élaborer une autre agriculture, capable de réconcilier paysans, environnement et société.
    Faisant suite à son premier ouvrage L'Agriculture biologique pour nourrir l'humanité, qui décrit ce qu'est réellement l'agriculture biologique et quels en sont les avantages et les possibilités, Jacques Caplat nous aide ici à comprendre pourquoi et comment produire autrement. En identifiant les fondements du modèle agricole dit «conventionnel», l'auteur explique quels ont été les choix scientifiques, économiques et politiques qui ont présidé à son élaboration. Surtout, il permet de comprendre en quoi ces choix peuvent parfaitement être discutés et contestés. En revenant aux fondamentaux de l'agronomie et en analysant les limites des comparaisons habituelles, il démontre que l'agriculture la plus performante en terme de rendements n'est pas celle qui nous est généralement présentée, mais au contraire l'agriculture biologique au sens complet (et non la simple suppression de la chimie). Si une autre agriculture est possible, il est patent qu'elle nourrira bien mieux l'humanité !
    Il est alors permis d'envisager une transition de notre agriculture dans ce qu'elle implique de progressivité, d'accompagnement et de détermination. Loin de tout idéalisme, cet ouvrage s'appuie sur des réalités avérées : celles de milliers de paysans passés de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture biologique. Ici, dans un langage clair et accessible à tous, il est bien question d'actes concrets et réalisables. Paysans et citoyens sont mis à contribution, chacun ayant leur rôle à jouer dans une transition réussie vers l'agriculture de demain.

  • Que se passe-t-il vraiment dans nos assiettes et nos campagnes ? Sur l'agriculture et l'alimentation on entend tout, et son contraire. Ce livre apporte des réponses claires et scientifiquement incontestables, qui remettent en cause

  • Le développement d'une agriculture hautement capitaliste installée sur les marchés des matières premières, l'apparition de nouvelles formes de propriété du capital agricole et l'arrivée de nouveaux acteurs sont autant d'éléments qui témoignent de l'implantation de formes d'organisations sociales et économiques en rupture avec les structures familiales consacrées par les grandes politiques de la seconde moitié du XXe siècle.

    À l'échelle du globe apparaissent des agricultures de « firme » plus abouties, portées par de nouveaux investisseurs (industries agro-alimentaires, fonds privés, États) qui souhaitent disposer d'une maîtrise totale de leur approvisionnement en matières premières agricoles et/ou de sécuriser de nouveaux placements financiers.

    Premier ouvrage consacré à un modèle de ferme qui concernerait jusqu'à 10 % des exploitations en France, Mégafermes caractérise ce nouveau capitalisme agricole et analyse les modes d'exercice, d'organisation et de gestion du métier d'agriculteur qui y sont associées.

  • Il est difficile d'imaginer un meilleur aperçu des procédés de culture biologique et traditionnelle que ceux décris par un maraîcher lui-même avant l'utilisation massive des pesticides et de l'agriculture intensive. Ayant déjà reçu l'approbation de ses pairs en 1844, Courtois-Gérard signe cette quatrième édition augmentée, qui est l'exposé le plus complet qui n'ait jamais été présenté de l'état de la culture maraîchère au dix-neuvième siècle.

  • Ce guide de terrain est la synthèse réactualisée de plus de trente années de pratique en aménagement forestier dans le cadre des actions entreprises par le Cirad. Cette expérience a été mise à profit pour combler un manque de documentation sur la flore des zones sèches d'Afrique de l'Ouest.

    Les 1 500 photographies en couleurs des ports des arbres, des fleurs, des fruits, des feuilles et de l'écorce facilitent l'identification de chacune des 360 espèces ligneuses présentées. Parce que l'arbre participe à l'équilibre des paysages et remplit nombre de fonctions et de services, cet ouvrage propose un inventaire réactualisé des usages traditionnels des différentes parties de la plante, en pharmacopée humaine ou vétérinaire, en nutrition humaine ou animale et dans la vie quotidienne. Les clés de reconnaissance, ainsi que les fiches descriptives, sont accessibles aux non-spécialistes de la botanique, qu'ils soient techniciens de la forêt, de l'agriculture ou de l'élevage, enseignants ou étudiants. Ce guide est un livre de référence pour toutes personnes appelées à connaître la flore arbustive et forestière de la région.

    Cette nouvelle édition revue et corrigée, de ce guide paru pour la première fois en 2000, permet d'actualiser la nomenclature botanique de quelques espèces et apporte de nombreux compléments d'information relatifs aux utilisations de chaque plante.

  • L'eau est-elle réellement une ressource renouvelable ? Combien d'eau utilisons-nous au total?
    Comment réduire les impacts des activités humaines sur les ressources ? Pourra-t-on un jour irriguer les plantes avec de l'eau de mer ? Reste-t-il des ressources d'eau inexploitées ?

  • Depuis plusieurs années, les opérations d'aménagement foncier (anciennement, remembrement rural) ne constituent plus simplement une réorganisation parcellaire à seul but agricole, mais ont trois objectifs :
    - Préserver des outils de production agricole pertinents (regroupement du parcellaire autour des sièges d'exploitation) - Préserver l'environnement et compenser les éventuelles perturbations (appui du nouveau parcellaire sur les haies existantes pour les maintenir, replantation en cas d'arrachage, gestion hydraulique) - Aménager le territoire communal (reconstitution de cheminements, réserves foncières, etc.) Les auteurs nous exposent clairement, en se fondant sur le cadre juridique, les grands principes de fonctionnement de l'aménagement foncier agricole entre les différents acteurs : représentants des communes, propriétaires, exploitants agricoles, Conseil général.

  • « Les années 2014 à 2018, les médias nous le rappellent désormais régulièrement, sont celles de la commémoration du centième anniversaire de la guerre de 14-18.
    Les hommes ont souffert... considérablement souffert.
    À l'occasion de cette commémoration, c'est cependant à la mémoire de leurs compagnons à quatre pattes, ruraux ou citadins, montés, bâtés, ou attelés, enrôlés, de gré (celui de leurs propriétaires)... ou de force, que j'ai décidé, bien modestement, de consacrer cet ouvrage. » La Belle Époque.
    Si vis pacem, para bellum.
    Bons pour le service.
    La guerre à cheval.
    Les forces en présence.
    Les unités de service.
    Les gardiennes.
    Morts au champ d'honneur.
    Des hôpitaux pour chevaux.
    Ânes de guerre.
    De courageux hybrides.

  • Nous assistons depuis plusieurs décennies avec l'essor du phénomène de métropolisation à une « nouvelle révolution urbaine » (Ascher F., 1995) en relation avec la mondialisation croissante des économies. Cette révolution se traduit sur tous les continents par une recomposition des espaces urbanisés au sein de métropoles qui, en couvrant des aires de plus en plus vastes, finissent par englober des espaces agricoles toujours plus nombreux malgré les importantes consommations de terres agricoles générées par l'urbanisation.
    Dans ce nouveau contexte et alors que le binôme urbain- rural a de plus en plus tendance à s'estomper il y a de moins en moins lieu de distinguer comme on le faisait jadis des agricultures « urbaines » situées à l'intérieur même de la ville et des agricultures « périurbaines » situées dans sa proximité immédiate. De nos jours c'est l'existence de liens fonctionnels étroits, multiples et réciproques avec la ville qui définit des agricultures « urbaines » qu'il s'agisse d'agricultures intra-urbaines pratiquées à l'intérieur même de la ville dense ou d'agricultures développées au sein de la ville « diffuse » ou « éclatée » que constituent des aires périurbaines de plus en plus étendues.

  • Protéger les cultures par des moyens naturels est une nécessité pour la transition vers une agriculture respectueuse de l'environnement. Un effort de recherche et développement sans précédent est aujourd'hui mis en oeuvre dans le domaine du biocontrôle, qui rassemble des approches basées sur l'usage d'organismes vivants et de produits d'origine biologique. Cet ouvrage en présente un panorama exhaustif et en explique les fondements théoriques et les applications pratiques.

    L'histoire du biocontrôle débute à la fin du XIXe siècle avec les premiers travaux sur la lutte biologique, qui utilise les ennemis naturels des insectes nuisibles. Puis les progrès scientifiques en écologie, en génomique, en modélisation, vont étendre les possibilités. On cherche maintenant à reconstruire des équilibres biologiques à l'échelle des paysages cultivés. En manipulant leur sens olfactif, on attire les insectes dans un piège, ou on brouille la piste qui les conduit au partenaire sexuel. En étudiant le microbiote végétal, on espère améliorer la santé des plantes. On découvre également que certaines molécules synthétisées par des microorganismes ou par des végétaux sont utilisables en biocontrôle.

    Réalisée par des chercheurs de réputation internationale, cette synthèse très complète s'adresse à un public professionnel, mais aussi à tout lecteur désireux de s'informer sur la révolution agroécologique de l'agriculture.

  • Drones, GPS, puces, capteurs « intelligents », robots de traite ou désherbeur... L'agriculture technologique envahie nos campagnes. Elle n'est pas seulement faites pour apporter plus de précision aux travaux agricoles, réduire la pénibilité et répétition de certaines tâches, de possibles gains dans les usages d'engrais, d'eau ou de pesticides. Elle bouleverse en réalité la façon de travailler de nos agriculteurs, leur confort et leur planning, mais aussi bien souvent leur projet professionnel et tout leur quotidien... Cette agriculture connectée apporte-t-elle que des bénéfices, comme on l'affirme souvent aux agriculteurs ? Rien n'est moins sûr, car elle crée aussi de sacrés dépendances, technologiques, commerciales et financières.
    Tout en menaçant potentiellement certains emplois, savoirs et savoir-faire, voire des ressources naturelles de la planète. Ni fascination, ni condamnation a priori, cette nouvelle enquête de Vincent Tardieu est une invitation à réfléchir sur la « révolution connectée » qui est en train de bouleverser le métier des agriculteurs. Et cela est d'autant plus urgent que les outils connectés et automatisés se multiplient, alors que bien peu d'espaces de débat collectif se sont ouverts pour accompagner les agriculteurs dans leurs choix d'équipements et d'itinéraires.

  • Le pain et la viande

    J. De Brevans

    • Maxtor
    • 26 Octobre 2011

    Avec une connaissance qu'il doit à des études longtemps poursuivies, avec une méthode rigoureuse qui lui vient de ses pratiques comme chimiste, l'auteur choisit le pain et la viande, alors que l'un est une plante et l'autre un animal. Il remonte à leurs origines et décrit leurs différentes préparations et transformations en boucherie et en boulangerie.

  • Economie rurale

    Caton

    Marcus Porcius Cato, surnommé l'Ancien ou le Censeur (Tusculum 234 -149 av.
    J.-C.), mena une carrière militaire - de la seconde guerre punique à la conquête de l'Espagne et à la campagne contre le roi de Syrie, Antiochos III le Grand - et politique brillante. L'intransigeance de ses convictions morales- il s'insurgea contre l'influence corruptrice de la civilisation hellénistique et dénonça le laxisme des Romains en matière de moeurs - et son patriotisme exacerbé en firent une figure légendaire de Rome.
    Connu sous le nom de De re rustica ou celui de De agricultura, l'Economie rurale est le plus ancien ouvrage en prose latine subsistant et le seul de Caton qui nous soit parvenu entier. Composé de notes, conseils, instructions et préceptes sur les techniques agricoles ayant trait à la culture des céréales, aux prairies, à la viticulture, à l'oléiculture, à l'arboriculture, à l'horticulture, il aborde également de nombreux sujets annexes: achat et inspection d'un domaine, obligations du fermier, équipement d'une oliveraie, d'un vignoble, construction d'une ferme, d'un pressoir, d'un broyeur à olives, d'un four à chaux, abattage des bois, engraissement des volailles, nourriture des esclaves, des boeufs, contrats de location et de vente, salage des jambons, traitement des luxations et des fractures, etc.
    On y trouve les plus anciennes recettes de pâtisserie et de préparation de vins utilisées par les Romains. Il est notre seule source au sujet de certains rites agraires et de certaines pratiques magiques. Parmi les ouvrages agronomiques des Anciens, sa valeur est d'autant plus précieuse qu'il livre des renseignements à l'état brut, apportant des documents uniques à l'historien des techniques, de la médecine humaine et vétérinaire, du droit et des religions.

  • Evoquer aujourd'hui le nom de Jacques Poly, c'est immanquablement l'associer au rapport "Pour une agriculture plus économe et plus autonome". Figure fondatrice de la génétique animale en France et père de la loi sur l'élevage de 1966, il signe ce texte en 1978 alors qu'il accède à la direction générale de l'Inra. Mis au défi de redéfinir sa contribution à l'agriculture et à la ruralité, l'Inra se trouve alors à une croisée des chemins qui requiert une exploration large des voies de renouvellement, plaçant la science au coeur des enjeux économiques, sociétaux et politiques.

    Présent à la manière d'une statue du commandeur dans les mémoires, Jacques Poly demeure cependant une figure énigmatique. Cet ouvrage, fondé sur la confrontation des souvenirs d'acteurs de l'époque et des travaux des historiens, est une exploration de sa trajectoire hors norme. Archives orales et écrites, témoignages et réflexions d'anciens ministres et cadres de la recherche agronomique nationale, apportent un éclairage neuf sur une pensée stratégique appliquée au rôle de la recherche dans un monde confronté à des tensions croissantes sur les enjeux de la production agricole, de l'alimentation et de l'environnement.

  • Les milieux agricoles, tout artificiels qu'ils soient, abritent une biodiversité complexe. Ils hébergent tant des espèces qui affectent la santé des cultures (plantes adventices, insectes ravageurs, pathogènes...) que d'autres, dites auxiliaires, qui régulent ces bioagresseurs, ou des espèces pollinisatrices contribuant directement aux productions. Par leurs effets bénéfiques sur les cultures, ces espèces auxiliaires et pollinisatrices participent à une biodiversité fonctionnelle sur laquelle l'agriculture cherche de plus en plus à s'appuyer pour produire de manière durable.

    La gestion de la biodiversité fonctionnelle a longtemps été seulement pensée à l'échelle de la parcelle. Les limites sont pourtant poreuses et de nombreuses espèces exploitent des ressources en dehors de la parcelle cultivée et se déplacent au cours d'une saison de culture, ou d'une année à l'autre, selon la localisation des cultures dans l'espace agricole. L'échelle bien plus globale du paysage est ainsi essentielle pour organiser dans l'espace et dans le temps les habitats cultivés et non cultivés, et gérer la biodiversité fonctionnelle recherchée. Comment donc concevoir au mieux les organisations paysagères les plus profitables ? Comment mettre cela en oeuvre ? Ce sont les nouveaux axes de la recherche en agro-écologie que les auteurs de cet ouvrage se proposent de détailler et d'évaluer ici.

    Cet ouvrage pluridisciplinaire fait le point sur les connaissances théoriques, les démarches de recherche et les principaux travaux portant sur la réponse des bioagresseurs, des auxiliaires et des pollinisateurs à l'organisation spatiale et temporelle du paysage. Il présente aussi des cas d'études concrets visant une gestion concertée de paysages pour la santé des cultures. L'objectif est non seulement de donner au lecteur les principaux résultats sur cette question mais également les clés pour prendre du recul.

  • La vie d'un agriculteur viticulteur à contre-courant de la pensée globale relayée par les médias.

  • La terre a toujours fait l'objet de convoitises et d'appropriation. Mais la pression commerciale sur les terres de nombreux pays estimés vides s'est accrue lors des crises alimentaire et financière de 2008-2009. De vastes transferts sont en cours, pour des raisons de sécurité alimentaire ou énergétique, mais aussi pour des motifs de spéculation. L'agriculture mondiale intègre progressivement le marché néolibéral et cesse d'être un espace protégé.
    Cet ouvrage décrit le phénomène et tente de caractériser ses conséquences géographiques. Le fait de faire porter par les terres d'un autre pays les récoltes d'un pays peuplé ou sans terres, et de le faire par l'intermédiaire d'un montage qui implique des pays ou des organismes garants conduit vers de nouveaux espaces.
    Alors, entre la faim de terres des 450 millions de paysans qui en sont privés et l'appétit d'espaces des investisseurs, comment dégager une politique foncière acceptable de réduction des insécurités, de respect des milieux et de défense de la pluralité des droits s'exerçant sur la terre ?

  • Au cours des prochaines décennies, les besoins alimentaires de l'humanité vont continuer d'augmenter à un rythme rapide. La production agricole mondiale sera-t-elle en mesure de satisfaire l'ensemble de ces besoins ? Ce sera possible si les rendements des cultures continuent de croître comme ils ont pu le faire depuis un demi-siècle.
    Ce n'est pas acquis.
    Car l'augmentation des rendements repose sur un fragile équilibre entre les sols, le climat et les plantes, équilibre que les agriculteurs ont pour mission de gérer au mieux. Or de multiples facteurs de changements risquent d'intervenir qui peuvent remettre en cause la progression de la production. Il peut en résulter un déséquilibre entre l'offre et la demande, source de hausse des prix agricoles. Pour éviter d'éventuelles catastrophes politiques et sociales, les gouvernements seront alors contraints de repenser complètement leurs politiques agricoles.

  • « En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai » disait Talleyrand. Et le Cardinal de Retz considérait qu' « on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment »... Pour autant, il n'est pas interdit, face à des « idées reçues », de proposer des observations et des points de vue argumentés qui confirment, atténuent ou infirment ces « idées reçues ». Cet exercice est ambitieux et salutaire parce qu'il tend à s'approcher de la vérité. Il est cependant relatif car il dépend des informations disponibles au moment où il est réalisé et parce que toute controverse révèle des partis pris. Mais surtout, il a paru utile parce qu'on ne construit pas durablement sur des slogans et des faux jugements et parce qu'un débat ouvert est toujours préférable à l'absence de débats.

    Dans les pages qui suivent, les auteurs ont retenu quelques « idées reçues » sur l'agriculture, l'alimentation et les forêts. Ils les ont passées au crible des connaissances actuelles pour présenter un point de vue documenté sur chacune d'elles. Cette rigueur dans les présentations et les analyses qui suivent appelle de la part des contradicteurs un même niveau d'exigence.

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