• La grande aventure du pôle Nord, les expéditions, les découvertes, l'évolution de la vie des Esquimaux du XIXe siècle à nos jours.

  • La vallée des rubis

    Joseph Kessel

    Plus secrète que la mecque, plus difficile d'accès que lhassa, il existe au coeur de la jungle birmane une petite cité inconnue des hommes et qui règne pourtant sur eux par ses fabuleuses richesses depuis des siècles : c'est mogok, citadelle du rubis, la pierre précieuse la plus rare, la plus chère, la plus ensorcelante.
    Mogok, perdue dans un dédale de collines sauvages par-delà mandalay. mogok autour de laquelle rôdent les tigres. la légende assure qu'aux temps immémoriaux un aigle géant, survolant le monde, trouva dans les environs de mogok une pierre énorme, qu'il prit d'abord pour un quartier de chair vive tant elle avait la couleur du sang le plus généreux, le plus pur. c'était une sorte de soleil empourpré. l'aigle emporta le premier rubis de l'univers vers la cime la plus aiguë de la vallée.
    Ainsi naquit mogok...

  • La piste fauve

    Joseph Kessel

    1953. Voici Joseph Kessel dans un Kenya en révolte contre la Couronne d'Angleterre. Puis sur la route des Merveilles, du lac Victoria au Kilimandjaro, entre colons et guerriers Masaï. Partout, il s'émerveille d'une poésie à l'état brut, d'un paysage spirituel de tapisserie de Dame à la Licorne : Quand je me réveillai une minuscule gazelle couleur de châtaigne, avec deux aiguilles pour cornes et deux dés de velours pour sabots, se promenait autour de mon lit... Des reportages exceptionnels, à l'origine du Lion.

  • Projet démesuré que de couvrir près de vingt siècles d'histoire du monde antique gréco-romain, de parcourir un espace qui va des rivages de la méditerranée à ceux des mers du nord, des colonnes d'héraklès aux rives de l'indus, de se plonger dans des documents aussi divers que les tombes d'une nécropole, la stèle inscrite plaquée aux murs du sanctuaire, le rouleau de papyrus, la scène peinte sur la panse d'un vase...
    Et une littérature grecque et latine qui, si elle n'a pas donné la parole aux femmes, a beaucoup parlé d'elles.
    On l'aura deviné, ce livre n'a pas pour fonction de remplacer l'énorme production qui existe en ce domaine. il aborde un petit nombre seulement des questions qui nous ont paru importantes pour aider à comprendre la place des femmes dans le monde antique et, plus encore peut-être, dans la perspective d'un ensemble de volumes traitant de l'histoire des femmes, comprendre les fondements d'habitudes mentales, de mesures juridiques, d'institutions sociales qui ont duré des siècles en occident.

  • Sitting-Bull, Oeil-de-Faucon : pendant des générations, ils ont été les héros préférés de la jeunesse. Leur renommée pittoresque s'est créée à travers les romans d'aventures ou le cinéma. Mais quel en est la part de réalité ? Voici leur "histoire vraie", sur la foi de souvenirs précis et de documents exacts. Ce classique de 1928, couronné par l'Académie française, permet de redécouvrir la vie quotidienne et l'histoire authentique des Indiens des Plaines, qu'on appelait alors les Peaux-Rouges.

  • Les travaux et les jours.
    Intermède. d'elle, il est tant parlé. dissidences : la parole, la voix, l'écrit. dissidences : chemins de traverse et rébellions. paroles de femmes.

  • L'image d'un XIXe siècle sombre et triste, austère et contraignant pour les femmes, est une représentation spontanée. On aurait tort de croire cependant que cette époque est seulement le temps d'une longue domination, d'une absolue soumission des femmes à une codification collective précise, socialement élaborée. Car ce siècle signe la naissance du féminisme, mot emblématique qui désigne tout aussi bien des changements structurels importants (travail salarié, autonomie de l'individu civil, droit à l'instruction) que l'apparition collective des femmes sur la scène politique. Ainsi faudrait-il dire plutôt que ce siècle est précisément le moment historique où la vie des femmes change, plus exactement le moment historique où la perspective de leur vie change ; temps de la modernité où est rendue possible une position de sujet, individu à part entière et actrice politique, future citoyenne.

  • Cet ouvrage pose un regard inédit sur la "crise sans fin" que traverse le monde musulman : il éclaire la faillite politique de ces pays par le culte de la virilité, qui affecte non seulement les rapports entre les sexes, mais aussi les relations des hommes entre eux et, fondamentalement, la vie en société. La virilité n'est pas appréhendée ici dans sa dimension érotique, mais dans sa portée politique. Une traversée qui s'ouvre dans l'Arabie préislamique et s'achève avec les talibans afghans, à la fin du XXe siècle, après s'être arrêtée sur l'empire des Steppes, l'empire ottoman, le puritanisme des wahhabites, la révolution khomeiniste, le destin de Saddam Hussein et les tribulations des hommes ordinaires au Maghreb.   

  • «Quoi me reposer après vous avoir vu cette nuit tuer Jésus Christ et sa mère et les jeter en enfer, non?! Non, je suis ici pour les venger».
    Sur ce il prit la porte, retourna à la cuisine et revint avec une hache à la main.» Qu'est-ce qu'un délire ? Selon certains le dysfonctionnement mécanique d'un module cérébral. Selon d'autres une profonde altération du psychisme secrétant de fausses interprétations et des perceptions sans objet ; une sortie de route temporaire oblitérant le réel au profit d'une illusion redoutée ou chérie ; un état d'exaltation extrême fracassant les digues de la conscience et du moi, compensant une frustration immémoriale, mettant à nu les désirs les plus enfouis et les plus secrets ; l'expérience solipsiste d'une réalité revêtue d'une concrétude fantôme et d'une familiarité inquiétante et muette ; une collection plus ou moins hétéroclite de symptômes, impossible à circonscrire nettement mais permettant, à des lunettes polies par une époque et un milieu, de discerner un air de famille à des idées incorrigibles et à des actes extravagants ; un stigmate déguisant sous couvert d'ordre moral les iniquités constitutives de toutes sociétés et de toutes institutions, légitimant l'enfermement et l'exclusion des marginaux et des révoltés ; ou encore une souffrance intolérable sublimée par la production d'une pensée multipliant les errances et subvertissant les impasses de l'absence d'oeuvre pour déployer en vase clos un monde témoignant d'une sensibilité et d'une intelligence encore inconnues.

    L'oeuvre ethnographique d'Emile Petitot (1838-1916) repose toute entière sur un long délire qui mêla persécutions imaginaires, interprétations historiques et culturelles invraisemblables et crises de fureur schizoïde. Il est pourtant le premier ethnographe à avoir transposé en une oeuvre écrite, avec exactitude et honnêteté, la tradition orale d'un peuple amérindien dont il partagea la vie pendant une vingtaine d'années, les Déné de l'extrême nord

  • Une étude ethnologique de la sorcellerie en Afrique de l'Ouest, s'appuyant sur des enquêtes de terrain réalisées dans cinq pays entre 1994 et 2000. David Signer y décrit la sorcellerie comme un système de croyances à l'impact social réel, qui imprègne la politique mais surtout l'économie, et dont la fonction hautement normative et conservatrice empêche efficacement le développement de la société et de l'individu africains.

    En octobre 1994, à Man, une ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire, j'ai eu une conversation révélatrice avec un jeune homme du nom de Jean-Claude.
    - La sorcellerie, me disait-il, est le plus grand obstacle au développement de l'Afrique.
    Je demandai :
    - Que veux-tu dire ? La sorcellerie ou la croyance en la sorcellerie ?
    - La sorcellerie... la sorcellerie est une réalité. Dès que quelqu'un s'élève, a du succès, est supérieur à la moyenne, il risque toujours d'être ensorcelé. La jalousie est présente partout. Elle conduit à la peur, au découragement, à la paralysie de chaque initiative. Les sorciers « mangent » de préférence ceux qui ont du succès, les diplômés, les étudiants, les jeunes talents prometteurs... ayant une nette prédilection pour un membre de leur propre famille. Ils se le partagent et, la fois suivante, c'est à un autre d'offrir quelqu'un de son entourage. Et ainsi de suite. Si, une fois, tu partages le repas, tu as une dette. Si tu ne sacrifies pas l'un des tiens, c'est sur toi que cela retombe.

  • Le terme chinois « hutong » évoque à l'origine une venelle. À Pékin, ces ruelles ont fini par tisser un réseau reliant les maisons traditionnelles (les siheyuan), dessinant au fil des siècles des microquartiers à l'identité bien prononcée. Ce modèle d'organisation, prédominant dans la capitale chi­noise jusqu'à la fin du vingtième siècle, a été emporté par la frénésie urbanistique des dernières décennies. Les quelques hutongs y ayant survécu font aujourd'hui l'objet de visites guidées et enthousiasment par leur charme social et architectural.

    Dans les années 1920, Jean Bouchot, chartiste émérite, réside dans la ville de Pékin. Publié en 1925, le présent ouvrage dresse un portrait édifiant et déso­pilant de ses quartiers grouillants de piétons et de pousse-pousse, encombrés d'étals branlants et de commerces ambulants, authentique théâtre de la société chinoise d'alors.
    Son humour, féroce mais sans ironie, et ses jugements sans condescendance, dessinent l'ultime portrait des hutongs, alors à leur apogée. Cette période est celle de la première république chinoise, qui succède au délitement de l'empire millénaire. L'histoire mou­vementée des années qui suivront va fracasser tous les modèles ayant régi la vie et les moeurs des Chinois, faisant de cet essai un témoignage unique, celui d'un voyageur curieux et éclairé.

  • L'exposition «Pierre sacrée des Maori» conçue par le musée néo-zélandais Te Papa Tongarewa, est l'occasion de découvrir ou redécouvrir le jade, cette pierre précieuse - pounamu en langue maori - qu'on ne trouve que sur l'île méridionale de la Nouvelle-Zélande, Te Wai Pounamu («les eaux de la pierre verte»). Tout en explorant les liens existant entre cette pierre aux vertus magiques et le peuple maori, catalogue et exposition racontent aux visiteurs histoires et légendes liées aux objets rassemblés. Ainsi, plusieurs siècles d'histoire se succèdent et prennent forme au travers des sculptures et des différents outils présentés. Ces objets, transmis de génération en génération, sont devenus inséparables du mana - pouvoir ou force surnaturels, hérités des divinités ou d'esprits anciens, qui se sont transmis aux hommes par lien généalogique - de leur possesseur.

  • La vallée de l'Azawagh, entre les massifs de l'Adrar des Ifoghas et de l'Aïr, a donné lieu, dans sa partie nigérienne, à une étude qui a rassemblé de nombreux chercheurs.

    Le premier livre est consacré au peuplement ancien de l'Azawagh et à son environnement. Par une approche multidisciplinaire faisant appel à l'archéométrie, les techniques de la préhistoire, de l'archéologie et de la géologie, les recherches ont visé à éclairer les relations entre l'homme et son environnement à travers les différentes périodes climatiques qui se sont succédées. Dans la description des sites, les vestiges d'industrie, les restes de faune et les récoltes sont analysés : le travail sur le terrain a été complété par une recherche méthodologique poussée en laboratoire sur le matériel recueilli.

    Le second livre porte sur la région d'In Teduq, du Moyen Âge jusqu'à nos jours. Après un bref aperçu sur l'environnement actuel, l'étude de cette grande nécropole a permis de confronter les traditions orales - une ville détruite - aux travaux de terrain. L'archéologie n'a pas confirmé cette tradition, mais a montré un centre religieux important, avec ses tombes et ses mosquées : il s'agit d'un établissement sufi, lieu d'un pèlerinage encore vivant.
    Une recherche sur la toponymie, une étude synthétique de la mise en place des populations actuelles, relient le passé au présent.

  • Habituellement nommée « La grande soif », la partie sud-est du Soudan du Sud - pays le plus récent au monde - est une région isolée, sujette à des chutes de pluie annuelles basses et surtout incertaines. Les premiers explorateurs occidentaux à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ont parcouru la région précipitamment d'un point d'eau à un autre en ne s'arrêtant que rarement pour apprendre à connaître ses habitants. Les Jiye, les Toposa, les Murle et les Nyangatom demeurent relativement peu connus. Bien que des ONG aient commencé à travailler dans la région, peu d'attention est accordée à la diversité culturelle et à la structure sociale de ces sociétés agro-pastorales.
    Ce livre se concentre sur les Jiye et leurs voisins les plus proches, les Toposa. Le peuple jiye ne compte pas plus de 8000 personnes, ce qui fait de lui l'un des plus petits groupes dans cette région du Soudan du Sud. Cette société particulièrement solide a survécu, pendant les deux siècles de son existence, à des périodes de sécheresse et de famine extrêmes, à de graves épizooties et à des raids dévastateurs lancés par ses voisins plus puissants. Peu de changements sont survenus depuis.

  • Ce livre consacré aux travaux ethnographiques de Jean Rouch sur les Songhay a pour objectif de mettre à disposition du public l'ensemble des études qu'il a effectué dans la région du Moyen Niger.

  • Les Na de Lijiazui

    Pascale-Marie Milan

    • Somogy
    • 20 Février 2016

    Les Na sont connus dans le paysage ethnologique comme « une société sans père ni mari ». Ils ont pour coutume sexuelle la visite nocturne des hommes chez les femmes et ne se marient pas. C'est du moins la vulgate qui s'est répandue à leur propos alors que les modalités de la coutume sont plus complexes qu'il n'y paraît. Elle prévoit à la fois le principe et le fondement des valeurs culturelles qui donnent un sens à la vie sociale et renvoie nécessairement à des fonctions externes, économiques et politiques.
    C'est dans les montagnes froides du Sichuan (Liangshan), à une cinquantaine de kilomètres de la très médiatique région du lac Lugu, que l'auteure a mené une ethnographie au plus près des Na. Plus de deux ans de terrain lui ont permis un accès privilégié à l'envers du tissu social. L'immersion dans la vie ordinaire vécue par les Na et la participation aux diverses activités quotidiennes, lui ont permis de se défaire de l'exotique anthropologique qui entoure les explications que l'on donne généralement à propos du groupe. Ainsi, les chants, les danses, les mythes, les rites, l'entraide et l'échange sont autant de fenêtres sur les affects et les logiques du système de pensée Na. Ils permettent d'évaluer les pratiques contextualisées d'après les justifications qu'en donnent les villageois pris dans des contraintes historiques, économiques, politiques et idéologiques.

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