• À l'automne 1600, Tokugawa Ieyasu, l'un des plus fascinants personnages de l'histoire du Japon, sort vainqueur de la plus grande bataille de samouraïs jamais livrée. L'enjeu est de taille puisqu'il ne s'agit rien moins que de l'empire tout entier, enfin pacifié. Le suzerain de la maison Tokugawa sera le troisième des Unificateurs du pays. Avant de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura pourtant fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein coeur de l'archipel. La suprême querelle se vide au matin du 21 octobre 1600, mettant aux prises les meilleurs capitaines et les plus vaillants champions de leur temps. Épreuve du gigantisme, près de 170 000 combattants s'y sont taillés en pièces, laissant 30 000 d'entre eux sur le carreau. Il faudra attendre l'épopée napoléonienne, deux siècles plus tard, pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes. À la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu'entonnent malgré eux les guerriers de jadis. A l'issu de la bataille, le temps des seigneurs de guerre, des samouraïs et des citadelles est révolu.

  • Quand on s'intéresse à l'histoire du Japon, on ne peut éviter de rencontrer de prime abord la conscience historique des Japonais. Cet imaginaire est des plus simples, se bornant à affirmer comme traits spécifiques de ce pays la continuité (un temps linéaire, sans vrai début ni fin), l'homogénéité (une sorte de totalité synchronique), et logeant dans cette association aussi bien l'État, la dynastie impériale, la population, le territoire.
    De fait, l'originalité du Japon tient à ce que les changements s'y inscrivent, comme naturellement, dans un cadre immobile. Quelle est pourtant la dynamique interne de ce pays qui, depuis sa préhistoire et jusqu'à la rénovation de Meiji, a su garder son unité ?

  • Cette histoire de l'ancien régime japonais est la réédition d'un ouvrage paru en 1990 de l'historien Ninomiya Hiroyuki. Spécialiste de la France moderne, Ninomiya retrace ici l'histoire de son propre pays pour un public francophone et la « traduit » en quelque sorte, la met en perspective pour la rendre parfaitement compréhensible.
    En un style clair et concis, il revisite la foisonnante période qui court de la fin du XVIe siècle à l'effondrement du régime de shogun dans les années 1860. Tour de force étonnant qui permet de mieux comprendre aussi bien la nature d'une société d'ordres engagée dans un processus de modernisation, que le contexte historique donnant naissance au théâtre kabuki, à la poésie haïku ou à la peinture des estampes. Une époque charnière marquée par l'essor de la population urbaine, le développement d'un capitalisme marchand, mais aussi par une conflictualité sociale forte et une vitalité culturelle étonnante.
    Une échappée belle au coeur de cette époque d'Edo qui précède et annonce les grands bouleversements de Meiji.

  • Cet ouvrage se propose de présenter une histoire et une historiographie peu familières dans les débats et les travaux historiques.
    Il s'est agi pour les contributeurs de ce livre d'approfondir la manière dont, durant la période moderne depuis l'ère Meiji jusqu'à nos jours, fut pensée et conduite la modernisation du Japon.
    Ni occidentale, ni chinoise, la conception japonaise de l'histoire offre en effet des pistes de réflexion pertinentes au moment où se pense aujourd'hui l'existence ou l'avènement de modernités « autres ».
    Ces travaux se proposent d'intégrer le Japon dans le champs de la réflexion historique française.

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