• L'homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu'il s'est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau.

    Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d'hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
    Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ?
    Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l'homme ? À dépendre de l'argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

    Véritable phénomène d'édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur.
    Professeur d'Histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l'Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l'humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage. et notre futur.

    « Sapiens s'est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu'il aborde les plus grandes questions de l'histoire moderne dans une langue limpide et précise.» Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d'Effondrement.

  • « Guerriers et paysans est l'histoire d'un démarrage, celui de l'économie européenne entre les invasions barbares et l'essor des villes. La grande nouveauté n'est pas l'application à une époque reculée d'un concept de l'économie moderne... Elle est dans la découverte de phases insoupçonnées et de mécanismes paradoxaux de ce démarrage. » Jacques Le Goff Il ressort de cette vaste enquête sur le premier essor de l'économie occidentale entre le VIIe et la fin du XIIe siècle que l'élan de croissance a été animé, essentiellement dans une première phase, par les activités militaires dont l'aristocratie tirait alors tous les profits, et qu'il le fut, dans une seconde phase, par le labeur des paysans que stimulait le pouvoir seigneurial.

  • « Qu'est-ce qu'une nation ? » est la question posée au XIXe siècle par Ernest Renan que l'auteur reprend ici en se plaçant dans une perspective résolument planétaire ; une autre manière de faire de l'histoire globale. Car rien n'y fait : de la Révolution d'Octobre à la Pandémie de 2020 la nation, qu'on disait moribonde ou -pire- dépassée, est plus vivante que jamais. On ne compte plus, à la surface de la terre, les mouvements de « libération nationale », de l'Écosse à la Catalogne, de la Palestine au Kurdistan. Sans la nation comme clé d'interprétation, l'histoire du monde depuis trois siècles serait incompréhensible. Sans elle l'irréductibilité de la Norvège ou de la Suisse, du Brésil ou de l'Afrique du sud resterait opaque. Sans elle le destin des puissances d'aujourd'hui, des ÉtatsUnis à la Chine, de l'Inde au Japon, devient illisible. Il n'y a rien de plus mondial que le national. On la disait imaginée, voire imaginaire : elle est construite, assurément, mais ni plus ni moins que l' international, le monde ou l' humanité, toutes ces fictions utiles grâce auxquelles -et à cause desquelles- les individus et les sociétés vivent et meurent. Quant à son imaginaire, il touche à l'essentiel, puisqu'il est celui d'une rencontre entre l'identité et la souveraineté : un peuple y devient le Peuple.

  • Longtemps en Europe, le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l'imaginaire et les mythologies jusqu'au cour du Moyen Âge chrétien. De bonne heure, l'Église chercha à les éradiquer, effrayée par la force brutale du fauve, et surtout par la croyance selon laquelle il était sexuellement attiré par les jeunes filles.
    Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l'Église contre l'ours pendant près d'un millénaire : massacres, diabolisation, humiliation et promotion du lion sur le trône animal. Inscrivant l'histoire culturelle de l'ours dans la longue durée, il tente ainsi de cerner ce qui, jusqu'à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale et retrace l'étonnante transformation d'un fauve en ours en peluche, dernier écho d'une relation passionnelle venue du fond des âges.

  • Pourquoi la licorne, animal mythologique, passionne-t-elle les cours de récréation ?
    Catilina, fascinant agitateur de la Rome antique, n'aurait-il pas quelques points communs avec Jean-Luc Mélenchon ?
    La princesse Philomèle, dans Les Métamorphoses d'Ovide, ne serait-elle pas la première des #MeToo ?
    Comment Romulus et Remus traitaient-ils les migrants ?
    Et que pensaient les Athéniens de la question du genre ? Prêtez l'oreille à Tirésias, qui fut un homme et qui fut une femme...
    De l'Énéide à Facebook, des Amazones aux féministes, de la colère d'Achille aux clashs entre rappeurs, et de l'Olympe de Zeus à l'Élysée jupitérien, Christophe Ono-dit-Biot montre, en une minute ou un tout petit peu plus, et avec malice et érudition, comment les Grecs et les Romains peuvent nous aider à mieux comprendre notre époque.

    Certaines des chroniques de cet ouvrage ont été publiées dans Le Point.

  • Justinien ; le rêve d'un empire chrétien universel Nouv.

    En 527, Justinien devient empereur romain d'Orient. Dès lors, le souverain de Constantinople poursuit un seul but : réformer, agrandir, unir son empire dans la même foi chrétienne et en faire la plus grande puissance du monde méditerranéen.
    Empereur « qui ne dort jamais », il unifie le droit avec le Code justinien et de nouvelles lois ; il bâtit de nombreux monuments, dont la basilique Sainte-Sophie de Constantinople ; il adopte une politique religieuse offensive envers les païens et les hérétiques et s'engage dans la définition de la doctrine orthodoxe.
    À l'extérieur, il défend l'empire contre les attaques de la Perse et des barbares. La reconquête de l'Afrique du Nord et de l'Italie est l'un de ses immenses succès. Si son long règne ne fut pas sans ombres, Justinien a conduit l'Empire romain à son apogée.

  • Le vert aurait une vertu apaisante. Et à voir les balcons et les toits de nos immeubles, les trottoirs de nos villes, les citadins d'aujourd'hui tentent d'en tirer leçon. La verdure reprend ses droits, comme pour répondre à un désir, comme pour retrouver des émotions perdues.
    Nombreux sont ceux qui célébrèrent ce pouvoir sensible de l'herbe. De Lucrèce à Pétrarque, de Ronsard à George Sand, de Lamartine à René Char, Alain Corbin dresse un portrait de ces hommages rendus à l'herbe dans tous ses états, en brin ou en touffe, mauvaise ou folle. Et l'on renoue alors avec des sensations familières  : la joie de l'enfant se roulant dans l'herbe, l'invitation au repos après un déjeuner sur l'herbe, les odeurs de foin coupé, le bourdonnement du petit monde des prés, mais aussi l'érotisme d'un lit d'herbe, jusqu'à la paix provoquée par l'herbe disciplinée des cimetières.
    Au gré des citations qu'il éclaire de son regard d'historien, Alain Corbin nous convie à une promenade sensible et verdoyante.
      Historien spécialiste du xixe  siècle en France, Alain Corbin est reconnu internationalement pour son approche novatrice sur l'historicité des sens et du sensible, auxquels il a consacré de très nombreux ouvrages. Auteur des Filles de rêve (Fayard, 2014) et de La Douceur de l'ombre (Fayard, 2016), il a récemment dirigé l'Histoire des émotions (Seuil, 2016, 2 vol.).

  • La séparation des chaires de grec et de latin au sein de l'université française perpétue le mythe d'une distinction, voire d'une opposition, entre la « Grèce » et « Rome ».
    Pourtant, l'Empire dit « romain » fut gréco-romain à plus d'un titre. Si la langue véhiculaire de sa moitié occidentale était le latin, celle du pourtour oriental de la Méditerranée était bien le grec. Ensuite, la culture matérielle et morale de Rome est issue d'un processus d'assimilation de cette civilisation hellénique qui reliait l'Afghanistan au Maroc. Enfin, l'Empire était gréco-romain en un troisième sens : la culture y était hellénique et le pouvoir romain ; c'est d'ailleurs pourquoi les Romains hellénisés ont pu continuer à se croire tout aussi romains qu'ils l'avaient toujours été.
    Le présent volume entend suggérer une vision d'ensemble qui ne soit pas trop incomplète de cette première « mondialisation » qui constitue les assises de l'Europe actuelle.

  • Ce chapitre gourmand de l'histoire des mentalités jette un regard friand sur les arts de la table et les nouvelles pratiques culinaires de l'Europe du XVIIIe siècle.
    Piero Camporesi entraîne le lecteur dans une promenade à travers le paysage sensuel de la cuisine des lumières. L'exotisme et la légèreté succèdent à la barbarie des tablées graisseuses afin d'exalter la finesse des corps. Sous sa plume, la lumière douce des chandeliers anime le chatoiement des couleurs et le ballet des mets. Tel un voyageur gastronome, il présente à travers une myriade de textes inédits les tables modernes et leurs délicieux ordres géométriques. Le raffinement et la sensualité des sociétés galantes s'incarnent dans ce goût du chocolat, auquel on prête les vertus les plus fantaisistes.

  • Les mots « terre d'Israël » renferment une part de mystère. Par quelle alchimie la Terre sainte de la Bible a-t-elle pu devenir le territoire d'une patrie moderne, dotée d'institutions politiques, de citoyens, de frontières et d'une armée pour les défendre ?
    Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand a, à grand bruit, dénoncé le mythe de l'existence éternelle du peuple juif. Il poursuit ici son oeuvre de déconstruction des légendes qui étouffent l'État d'Israël et s'intéresse au territoire mystérieux et sacré que celui-ci prétend occuper : la « terre promise », sur laquelle le « peuple élu » aurait un droit de propriété inaliénable.
    Quel lien existe-t-il, depuis les origines du judaïsme, entre les juifs et la « terre d'Israël » ? Le concept de patrie se trouve-t-il déjà dans la Bible et le Talmud ? Les adeptes de la religion de Moïse ont-ils toujours aspiré à émigrer au Moyen-Orient ? Comment expliquer que leurs descendants, en majorité, ne souhaitent pas y vivre aujourd'hui ? Et qu'en est-il des habitants non juifs de cette terre : ont-ils - ou non - le droit d'y vivre ?

  • Qu'est-ce que l'histoire ? Que font réellement les historiens, d'Homère à Max Weber, une fois qu'ils sont sortis de leurs documents et archives et qu'ils procèdent à une « synthèse » ? Font-ils l'étude scientifique des diverses créations et activités des hommes d'autrefois ? Leur science est-elle celle de l'homme en société ?
    Bien moins que cela ; la réponse à la question n'a pas changé depuis deux mille deux cents ans que les successeurs d'Aristote l'ont trouvée : les historiens racontent des événements vrais qui ont l'homme pour acteur. L'histoire est un roman vrai.

  • Hervé Fischer a fait sa thèse avec Raymond Aron sur la « Sociologie artistique ». Parallèlement, il a peint lui-même, en s'attachant a l'art numérique et aux ressources des nouvelles technologies.
    Il a émigré au Québec et s'est écarté de tout le marché de l'art, mais le musée Pompidou l'a découvert et lui a consacré de juin 4 septembre 2017 une exposition intitulée « Hervé Fischer et l'art sociologique », rétrospective sur toute son oeuvre.
    L'activité principale de Fischer est cependant restée fixée sur la réflexion théorique du système des couleurs dans son rapport avec les évolutions des sociétés.
    Les couleurs possèdent une expressivité qui va bien au-delà de la simple sensation, qui relève du mythe et qui cependant s'encadre dans l'institution sociale. Les couleurs obéissent en effet à des codes, elles possèdent un pouvoir auquel l'institution sociale ne peut que s'intéresser. En fait elle en édicte les codes et les usages, elle en sanctionne même les transgressions.
    Ce livre vise à en apporter la démonstration historique. Ce n'est pas une histoire des couleurs (comme l'ont très bien faite Michel Pastoureau, John Cage et d'autres en Angleterre et en Allemagne).
    C'est une réflexion sur le système des couleurs selon les types de société et leur évolution.
    Deux dates, deux faits pourraient la circonscrire : la Bible qui ne mentionne jamais les couleurs mais seulement les ténèbres ou la lumière. Gagarine, en 1961, qui déclara à son retour: « j'ai vu le ciel sombre et la terre bleue ». Du bleu qui, au même moment, fascinait Yves Klein.
    Depuis les pigments colorés des peintures préhistoriques jusqu'a l'explosion chromatique du XXe siècle qui correspond à des formes d'explosion des règles sociales, Fischer développe un parallèle enrichissant des évolutions sociales et chromatiques.

  • Dans cette nouvelle édition, la première en poche, revue et augmentée, le géographe Jean-Robert Pitte livre des clefs pour la compréhension de notre environnement et affirme la centralité de l'aménagement du paysage dans la naissance et le développement de l'identité française.
    De la préhistoire aux aménagements les plus récents, l'auteur suit pas à pas les innombrables transformations du cadre de vie, dont nous sommes à la fois les héritiers, les auteurs, les utilisateurs et les observateurs. Urbanisme monumental et espace symétriquement ordonné de la Gaule romaine ; villes encloses de murailles et « blanc manteau d'églises » de la France médiévale ; cités nouvelles du grand siècle, surgies de l'imagination des princes; landes reboisées, marais asséchés, villes remodelées par l'industrie triomphante ; campagnes défigurées et surexploitées, mornes banlieues du XXe siècle : autant d'aspects, parmi d'autres, d'une aventure riche et fascinante, qui fait du paysage un témoin privilégié de notre histoire culturelle.
    En vingt ans, L'Histoire du paysage français est devenue : un classique, alliant la qualité de l'écriture, la saveur de l'érudition, l'originalité des idées et la volonté d'être accessible. Alors que la qualité de la vie et la qualité des paysages, inextricablement liées, constituent une préoccupation essentielle des Français, cette édition revue et mise à jour est plus que jamais d'actualité.

  • Qui ne s'intéresse pas aux origines de l'homme ?

    En plus de soixante-cinq ans de carrière, des fouilles d'Éthiopie à celles du Tchad, de ses laboratoires du musée de l'Homme et du Collège de France aux palais présidentiels et princiers, le spécialiste de la préhistoire a rencontré les chefs d'État du monde entier.

    Le fossile devient prétexte à des échanges privilégiés avec ceux qui font l'histoire d'aujourd'hui.

    Yves Coppens nous dresse dans ce livre cinquante portraits inattendus et intimes des présidents Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, de la reine Elizabeth II, de l'empereur Haïlé Sélassié, de Nelson Mandela, des papes Benoît XVI et François et de bien d'autres... cinquante portraits qui sont aussi cinquante rencontres pleines d'esprit autour des questions fondamentales de l'origine et du devenir de l'espèce humaine.

  • Parce que l'histoire nationale et internationale a marqué de ses traces l'espace français, voici un premier inventaire de ce que le promeneur peut encore en voir. Grottes, rues, ruines, bâtiments, plaques, monuments commémoratifs, sites guerriers ou paysages champêtres retournés à l'agriculture après avoir été labourés par les guerres, le lecteur trouvera au fil des pages comme à celui de ses pas les lieux qui à leur manière racontent des événements - majeurs ou secondaires Car la grande histoire et ses violences ont parfois détruit toute trace alors que des événements de portée plus limitée se lisent toujours dans notre environnement. Telle est la raison de cette anthologie des notices extraites des diverses éditions du célèbre Guide Vert Michelin : que le lecteur, de l'espace qu'il visite, puisse remonter à l'histoire qui s'y raconte.

  • Pourquoi l'odorat, ce sens primordial d'adaptation au danger comme de repérage du meilleur partenaire sexuel, demeure-t-ilsi méconnu ?

    Son histoire paradoxale, pour peu qu'on s'y attache, est des plus captivantes. Dans cette synthèse sans équivalent, Robert Muchembled mène l'enquête et présente les extraordinaires mutations de l'odorat en Occident, de la Renaissance au début du XIX e .
    Les sources utilisées sont multiples et riches : manuels de physiognomonie ; oeuvres de médecins, philosophes, poètes, conteurs, théologiens, polémistes, moralistes; traités de civilité; traité de « Secrets pour dames » ; édits royaux ; règlements du métier de gantier parfumeur ; inventaires après-décès (apothicaires, gantiers parfumeurs); iconographie du sens olfactif...
    Muchembled s'empare de cet extraordinaire ensemble et dresse l'histoire du puissant refoulement qui, depuis un demi-millénaire, nous a fait considérer l'odorat comme le plus méprisable des sens avant de le hisser au rang du plus affûté.
    Des miasmes exhalés par les concentrations humaines aux émanations intimes nauséabondes, des senteurs « excrémentielles » (musc, civette et ambre) prétendument protectrices de la peste aux condamnations des moralistes, de la révolution olfactive du XVIII e siècle, qui transforme la goutte de parfum floral ou fruité en vecteur d'hédonisme jusqu'aux dernières découvertes scientifiques, c'est à un extraordinaire voyage olfactif dans la civilisation des moeurs que Muchembled convie son lecteur.

  • En trois siècles, le christianisme, religion minoritaire, illégale et parfois persécutée, dispersée et très hétérogène, a acquis le statut d'une puissante religion d'empire dotée d'une Église unifiée.Comment un tel événement a-t-il pu se produire ? Est-il le fruit d'un changement brutal et inattendu ? Est-ce Constantin qui transforma en religion d'État une secte parmi d'autres ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une évolution de longue durée, menée par des chrétiens qui surent mettre à profit réseaux et moyens de communication pour médiatiser le message évangélique, à l'instar de saint Paul ? Ce débat, dont les enjeux restent encore profondément actuels, méritait d'être tranché de façon claire et synthétique. C'est tout l'objet de cet ouvrage qui met enfin au jour les véritables racines chrétiennes de l'Europe. Professeur d'histoire des religions à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) et spécialiste des religions du monde gréco-romain, elle a notamment publié Saint Paul. Artisan d'un monde chrétien (Fayard, 2008).

  • Ce livre tout à fait original est un petit essai d'histoire universelle. On pourrait dire aussi qu'il est une philosophie de l'histoire. Dans un style limpide et accessible, l'auteur traverse les siècles et les continents pour livrer une lecture surprenante, stimulante, de l'ascension et du déclin des empires depuis Rome jusqu'aux empires de Chine en passant par l'Islam, les Mongols et l'Inde des Moghols. Cette lecture audacieuse, qui place en son coeur les questions de la violence et de la paix, qui oppose le centre pacifique de l'empire et ses marges violentes, est inspirée de la pensée d'un grand théoricien de l'État et de l'Islam médiéval qui vécut au XIVe siècle, Ibn Khaldûn. Cette pensée universelle, d'une portée équivalente à celle de Marx ou de Tocqueville, l'une des seules sans doute qui ne soit pas née en Occident, est, plus qu'un fil rouge, l'armature de ce texte qui nous fait voyager à travers l'histoire des âges impériaux et entend aussi pointer tout ce que notre monde démocratique, né de la révolution industrielle, a d'exceptionnel - peut-être d'éphémère.

  • Faire de l'histoire, c'est marquer un rapport au temps.
    Depuis plus de quatre siècles, l'historiographie occidentale se définit par la coupure qui d'un présent sépare un passé. le geste qui met à distance la tradition vécue pour en faire l'objet d'un savoir est indissociable du destin de l'écriture. écrire l'histoire, c'est gérer un passé, le circonscrire, organiser le matériau hétérogène des faits pour construire dans le présent une raison ; c'est exorciser l'oralité, c'est refuser la fiction.
    C'est, pour une société, substituer à l'expérience opaque du corps social le progrès contrôlé d'un vouloir-faire. ainsi, depuis machiavel, l'histoire se situe-t-elle du côté du pouvoir politique qui, lui, fait l'histoire.
    Michel de certeau s'attache, dans cet ouvrage classique, à caractériser ici les opérations qui règlent l'écriture de l'histoire : la fabrication d'un objet, l'organisation d'une durée, la mise en scène d'un récit.

  • Nos manuels d'histoire n'ont retenu que les morts héroïques. Nous avons déterré les morts stupides.
    Chaque récit met en scène les derniers instants du personnage en racontant brièvement son parcours et en montant en épingle sa mort.
    Le plaisir que le lecteur trouvera dans ce livre réside dans le décalage entre l'importance historique du personnage et le côté stupide ou absurde de sa mort. Les récits seront regroupés dans des chapitres thématiques comme « les trop gourmands », « les trop galants », « les trop curieux », « les trop sensibles », « les trop exposés » ou encore « les trop snob ». Le dessinateur Daniel Casanave illustrera une vingtaine de ces histoires avec un dessin original, drôle et enlevé.

  • Pour la première fois, en volume séparé, la contribution de Paul Veyne à l'Histoire de la vie privée. De la naissance à la mort, comment vivaient les Romains ?
    « L'histoire, ce voyage en autrui, doit servir à nous faire sortir de nous, au moins aussi légitimement qu'à nous conforter dans nos limites. Les Romains sont prodigieusement différents de nous et, en matière d'exotisme, n'ont rien à envier aux Amérindiens ou aux Japonais. [...] La «famille» romaine, pour ne parler que d'elle, ressemble si peu à la légende ou à ce que nous appelons une famille. » Un texte qui a fait date.

  • Les canons de la beauté ont varié selon les époques : ce sont leurs transformations que restitue ce livre. Cette histoire décrit ce qui plaît ou ne plaît pas du corps dans une culture et dans un temps : allures et traits valorisés, contours soulignés ou dépréciés, moyens d'embellissement repensés. L'imaginaire y prend part au même titre que les valeurs d'une époque.
    La beauté n'a cessé de distinguer des individus ; en même temps, elle traduit les oppositions entre les groupes sociaux, les genres, les générations. Objet inquiet ou glorieux du miroir, elle est elle-même miroir des sociétés.

  • Tout ce qu'il faut savoir sur l'histoire et le métier d'historien.
    En douze chapitres, qui proviennent d'un cours donné à la Sorbonne, Antoine Prost démonte clairement les étapes de la méthode historique, tout en replaçant l'histoire et l'historien dans la société contemporaine et dans sa profession. Cet ouvrage est à la fois un traité d'initiation au travail de réflexion, nourri par d'amples lectures, et une pensée originale.

  • Le corps occupe un lieu dans l'espace. Il est lui-même un territoire qui possède ses enveloppes : la peau, le halo sonore de sa voix, l'aura de sa respiration. Ce corps physique, matériel, peut être touché, senti, contemplé. On mesure sa masse, son volume, sa température. On analyse son mouvement. On le travaille.Mais les historiens ont trop souvent négligé la tension instaurée entre l'objet de science, le corps expérimental inclus dans l'univers technico-scientifique, et le corps qui éprouve plaisir et douleur. Ce livre propose donc de rétablir un équilibre entre ces deux perspectives.Le long XIXe siècle voit ainsi émerger des processus aussi actifs que la médecine anatomo-clinique, l'anesthésie, l'essor de la gymnastique et du sport... Dans le même temps s'élabore un nouvel imaginaire de la relation charnelle, parallèlement à l'avènement de la sexologie. Enfin, les nouvelles machines imposée par la révolution industrielle ou le dessin de nouvelles représentations sociales du corps témoignent de la variété des approches envisagées par ce volume.

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