• La fresque dite « du Bon gouvernement », peinte en 1338 par Ambrogio Lorenzetti pour décorer la salle de la Paix du Palais communal de Sienne, est l'une des plus célèbres oeuvres peintes de la fin du Moyen Âge en Italie. Elle fascine aujourd'hui par le foisonnement de ses détails et la force de ses allégories.
    En rendant l'oeuvre au climat d'urgence qui l'a suscitée et qui lui donne sens, Patrick Boucheron lui restitue sa fraîcheur et sa puissance, son sens politique et son actualité. Dans les années 1330, la commune de Sienne est menacée par la seigneurie c'est-à-dire par cette forme de gouvernement personnel qui subvertit les principes républicains de la cité. Comment résister à la tyrannie, éteindre le brasier de la guerre et réapprendre l'art de bien vivre ensemble ? La fresque de Lorenzetti est le récit fiévreux d'un combat politique qui n'est jamais gagné.

    Professeur à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Patrick Boucheron a participé à de nombreuses entreprises éditoriales destinées à diffuser l'histoire du Moyen Âge auprès d'un plus large public. Il est l'auteur, entre autres, de Léonard et Machiavel (Verdier, 2008, rééd. « Poche » 2013) et a dirigé L'Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009, rééd. Pluriel 2012).

  • Les femmes font aujourd'hui du bruit ? C'est en regard du silence dans lequel les a tenues la société depuis des siècles.

    Silence des exploits guerriers ou techniques, silence des livres et des images, silence surtout du récit historique qu'interroge justement l'historienne. Car derrière les murs des couvents ou des maisons bourgeoises, dans l'intimité de leurs journaux ou dans les confidences distraites du passé, dans les murmures de l'atelier ou du marché, dans les interstices d'un espace public peu à peu investi, les femmes ont agi, vécu, souffert et travaillé à changer leurs destinées.
    Qui mieux que Michelle Perrot pouvait nous le montrer ? Historienne des grèves ouvrières et du monde du travail, explorant les prisons dès les années 1970, Michelle Perrot s'est attachée très tôt à l'histoire des femmes. Elle les a suivies au long du XIXe et du XXe siècles, traquant les silences de l'histoire et les moments où ils se dissipaient. Ce sont quelques-unes de ces étapes que nous restitue ce livre.

  • La journée révolutionnaire ; le peuple a l'assaut du pouvoir, 1789-1795 Nouv.

    De la prise de la Bastille à l'invasion de la convention, en passant par l'attaque de Versailles ou la prise des Tuileries, Antoine Boulant raconte 8 journées qui ont fait la Révolution. Caractérisées par un déroulement similaire - rassemblement puis marche des émeutiers, réaction du pouvoir, attitude des troupes, invasion des lieux de pouvoir, combats, massacres... -, ces journées voient le peuple en armes faire basculer les régimes, les hommes et les hiérarchies.
    En ce sens, elles sont le coeur de la Révolution française, elle-même matrice de bien des épisodes révolutionnaires de l'histoire mondiale. C'est aussi un retour au peuple, acteur toujours cité mais rarement étudié pour son action et son poids. Pour bien comprendre ces moments clés, à travers une narration remarquablement incarnée, l'auteur traite des causes de l'insurrection, du profil des émeutiers, du rôle des politiques ou encore de la réaction de la force armée du pouvoir.
    C'est ainsi le mécanisme de la révolution en marche qu'expose Antoine Boulant, mécanisme dont l'actualité se fait encore l'echo un peu partour dans le monde.

  • Comment l'élan démocratique de 1789 a-t-il pu donner naissance à la violence terroriste de 1793 ? Cette question obsédait déjà les contemporains, qui y voyaient non seulement un défi politique et une épreuve morale mais aussi un scandale logique. « Ce qui sera à jamais incompréhensible, c'est le contraste inouï de nos principes et de nos folies », écrit le révolutionnaire Dominique-Joseph Garat dès 1795.

    Timothy Tackett n'instruit pas le procès de la Révolution, il décrit le processus révolutionnaire. Dans un livre très neuf, s'appuyant sur les correspondances, pour la plupart inédites des acteurs des journées révolutionnaires, le grand historien américain restitue le sens des événements et des engagements, au plus près de la manière dont ils furent vécus, et des émotions politiques qui s'y exprimèrent. Après avoir expliqué dans Par la volonté du peuple (1997) comment l'on devenait révolutionnaire, l'auteur montre ici avec brio comment l'on peut devenir terroriste.

  • Dans le sillage d'une des plus illustres expéditions maritimes : revivez cette exceptionnelle aventure humaine et scientifique du départ du port de Brest jusqu'au tragique nauffrage à Vanikoro au milieu de l'océan pacifique sud.

    En 1785, Louis XVI lance sur les mers la plus formidable expédition scientifique de l'histoire de France, commandée par le comte de Lapérouse. Sur les frégates la Boussole et l'Astrolabe embarquent les meilleurs officiers, une dizaine de savants - astronomes, physiciens, naturalistes - et trois artistes qui peindront paysages, animaux et plantes. C'est à cette « académie flottante », si caractéristique du Siècle des Lumières, que le lecteur est invité à se joindre. Escale après escale, le lecteur accompagnera les savants cartographier et inventorier le monde, faire des expériences de physique et de chimie au niveau de la mer comme au sommet des volcans et aussi vivre les premiers pas de l'anthropologie et de l'ethnologie.
    Durant plusieurs années, l'auteur, Bernard Jimenez, s'est rendu sur les lieux visités par l'expédition Lapérouse, pour sentir la langueur des tropiques à Hawaï ou aux îles Samoa, le vent glacé en Alaska, ou l'exhalation soufrée d'un évent volcanique au Kamtchatka. Comme les marins et les savants de l'expédition. Exactement au même endroit. Il a observé les fleurs étudiées par les botanistes du Jardin du roi, contemplé la même moue dubitative des statues de l'île de Pâques et aussi interrogé les descendants des « Naturels » qu'a rencontrés Lapérouse. Parce qu'il a été sur place, Bernard Jimenez peut ajouter aux sources historiques sa compréhension des lieux et des événements qui s'y sont déroulés. Et le Grand Voyage de Monsieur de Lapérouse prend une autre dimension. Le lecteur se retrouve au siècle des Lumières, à une époque où la soif de connaître et de comprendre le monde était immense. À une époque où il s'agissait, ni plus, ni moins, d'explorer la face cachée de la terre...

  • L'univers est gouverné par une loi générale de la putréfaction. Dieu, les anges et toutes les créatures naissent du chaos, comme les vers apparaissent à la surface du fromage. Nous sommes des dieux, et tout est Dieu : le ciel, la terre, l'air, la mer, les abîmes et l'enfer...
    Tel est le credo qu'un certain Menocchio, meunier du Frioul dans l'Italie du XVIe siècle, eut à défendre devant le Saint-Office avant de périr sur le bûcher. Lecteur infatigable, exégète à ses heures, hérétique malgré lui, il s'était constitué une bibliothèque au hasard des rencontres, hors de toute discipline culturelle, prélevant librement dans les textes, élaborant sa propre vision du monde.
    Avec cette étude magistrale, devenue un classique de l'historiographie, Carlo Ginzburg inventait la micro-histoire et renouvelait la connaissance d'un monde resté longtemps mystérieux, celui de la culture populaire.

  • Le temps des guerres de Religion fut un moment de profond bouleversement : les institutions les plus anciennes vacillaient, les royaumes se disloquaient, l'Église explosait. Dans cet univers chaotique, les apparences trompeuses, les mensonges et les ruses furent souvent nécessaires à la survie. Pour mieux le comprendre, Nicolas Le Roux offre une analyse des tensions qui marquèrent la noblesse française dans le second XVIe siècle. Il examine ainsi, à travers les portraits d'hommes et de femmes de pouvoir - Guy de Lanssac, les Guise, Mme de Montpensier, le duc de Mercoeur et d'autres -, les différentes formes de contestation de la légitimité d'Henri III. L'auteur retrace les étapes de la construction de ces principales forces d'opposition, qu'il s'agisse de la nébuleuse constituée autour du duc d'Anjou ou des associations catholiques radicalement opposées à l'idée qu'un hérétique puisse prétendre à la couronne. À l'issue de ce parcours, c'est bien le fascinant portrait kaléidoscopique d'un royaume en mutation que brosse Nicolas Le Roux, à travers une galerie de personnages captivants et souvent surprenants.

  • Le monde de la Renaissance est une sphère incertaine et mouvante. Quels contours ont les terres émergées et la ceinture océane? Jusqu'où se déploient l'Amérique et l'immense Terre Australe? Les auteurs ici réunis ont voyagé, découvert des terres inconnues, rencontré des hommes de moeurs étranges, de langues inouïes. Et l'ont écrit. On trouvera ainsi l'Orient de Pierre Belon et Guillaume Postel, la route des Indes de Vasco de Gama et saint François-Xavier, le Nouveau Monde de Christophe Colomb et Amerigo Vespucci, l'Amérique centrale de Cortès ou Cabeza de Vaca, le Canada de Jacques Cartier, le Brésil d'André Thevet et Jean de Léry, la Floride de Laudonnière... Les textes fondateurs des grandes découvertes et de l'âge moderne.

  • Paris sous la Terreur

    Evelyne Lever

    • Fayard
    • 2 Octobre 2019

    Dans un récit vif et sans parti pris, Evelyne Lever redonne voix aux Parisiens témoins de la Terreur, et éclaire brillamment la part maudite de la Révolution française.
    Querelles fratricides, luttes pour le pouvoir, dénonciations, arrestations, exécutions, puissance dévastatrice de la haine et débats passionnels... la bien nommée Terreur fut l'une des plus grandes déchirures de l'Histoire où la force l'a emporté sur la loi et le droit. C'est cette fureur toujours recommencée qu'Evelyne Lever évoque dans ce livre. Elle nous donne un récit brûlant des événements ayant pour cadre la capitale pendant les mois qui voient la chute de la monarchie, l'exécution du roi, la radicalisation de la Révolution et l'instauration d'une dictature révolutionnaire. La Terreur institutionnalisée devient un moyen de gouvernement. Les principaux acteurs de l'épopée sont présents dans cette fresque haletante : Louis XVI et Marie-Antoinette, les principaux leaders des révolutionnaires, Robespierre, Danton, Marat, des femmes passionnées par les causes qu'elles défendent, telle Mme Roland et aussi les Parisiens dans leur vie quotidienne, qu'ils soient aristocrates, bourgeois ou sans-culottes.

  • Ce livre est autre chose qu'une biographie classique. C'est tout le règne qu'il embrasse dans une vision générale de la société du Grand Siècle, renouvelant le sujet, mettant à mal bien des clichés et des vieilles lunes grâce à une documentation considérable, dont de nombreuses études étrangères peu accessibles, grâce tout autant à une analyse remarquable, originale, juste, du pouvoir, de ses serviteurs, de ses moyens d'action et de propagande, de sa grandeur, mais aussi de ses limites et de ses contradictions. Alliant la recherche, la vie, l'intelligence de la réflexion, la clarté, la qualité de l'expression et du style, Jean-Christian Petitfils a écrit un riche et grand Louis XIV, que l'Académie française a couronné de son Grand Prix de la biographie (histoire).

  • « Plus j'examinais cette carte, plus j'étais troublé. Elle ne ressemblait à aucune carte chinoise de la dynastie Ming que j'avais pu voir. Rien ne collait. » (Timothy Brook).

    Des mers de l'Extrême-Orient jusqu'à l'Angleterre de Jacques Ier Stuart, ce livre nous emporte sur les traces d'une mystérieuse carte de la Chine datant de 1608, dont John Selden, orientaliste convaincu, fut le dernier propriétaire. L'ayant découverte dans une bibliothèque où elle dormait depuis plus de trois siècles, Timothy Brook décide d'en percer les secrets. Et c'est ainsi qu'à partir d'une insolite rose des vents, de deux papillons du désert de Gobi, d'un ambitieux capitaine de Chine et d'un faisceau de routes commerciales, nous suivons les majestueuses jonques chinoises, ces « navires du trésor » qui, de Goa, Nagasaki, Quanzhou ou Manille à Amsterdam, Anvers ou Londres, convoyaient précieuses épices, délicates porcelaines et estampes pornographiques japonaises...

    1 autre édition :

  • Ces femmes du moyen age, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles.
    Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du choeur des hommes. leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces " images " se sont inscrites dans leur vie et leur chair.
    L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine.

  • La guerre de Sept Ans, de 1756 à 1763, se déroule sur terre comme sur mer en Europe, en Amérique du Nord et en Inde, mettant essentiellement aux prises la France et l'Autriche contre la Grande-Bretagne et la Prusse. Compte tenu de son amplitude géographique et du nombre de tués, que l'on chiffre à plusieurs centaines de milliers, certains historiens l'ont qualifiée de première guerre mondiale. Elle s'achève sur un profond rééquilibrage des puissances européennes, qui voit l'affaiblissement durable de la France - elle perd la quasi-totalité de son empire colonial -, l'essor irrésistible de la Grande-Bretagne et de la Prusse, qui deviennent des puissances majeures au xixe siècle.

    Professeur d'histoire moderne à l'université de Franche-Comté, spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la France et de la Grande-Bretagne au xviiie siècle, Edmond Dziembowski a publié chez Perrin Les Pitt. L'Angleterre face à la France, 1708-1806.

  • Dans quelles archives faut-il débusquer les rythmes quotidiens d'une société, avec ses tragédies et ses ferveurs collectives ou intimes ? Comment rendre compte de ce qui détermine hommes et femmes, patrons et ouvriers, princes et commis, à se lier, à se fâcher, à s'organiser ou à se révolter ? C'est à ces questions que répond Arlette Farge en prenant l'exemple de la société parisienne au xviiie siècle. Au travers des archives judiciaires, dans ce livre exubérant et grave, elle explore et met en lumière la portée symbolique du fait divers. On y rencontrera une vaste population d'artisans, de femmes séduites ou abandonnées, de revendeurs et de filous, d'enfants de la rue, de contremaîtres, de couples querelleurs aux prises avec tous les instants d'une « vie fragile ».

  • En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à débarquer au Japon. Cet archipel lointain et mystérieux, plus ou moins localisé depuis 1515, est très vite identifié à la Cipango du récit de Marco Polo (c. 1300), représenté sur le globe de Behaim (1492).
    Aussitôt les Portugais y introduisent les armes à feu et nouent de fructueux liens commerciaux. En 1549, François Xavier et quelques jésuites débarquent à leur tour et fondent la mission chrétienne du Japon, pays dont ils seront deux ans durant les premiers explorateurs.
    Un riche cahier cartographique retrace l'historique de la représentation de l'archipel, d'abord sous la forme de la mythique Cipango, de 1459 à 1571, puis du Japon nouvellement découvert, de sa première apparition en 1550 jusqu'à sa forme presque définitive au début du xviie siècle, en passant par ses multiples avatars.
    Le livre rassemble ensuite les évocations de Cipango dans les sources historiques occidentales depuis 1300, puis du Japon dans les récits narrant la rencontre entre les Européens et Japonais de 1543 à 1552.
    Ces textes, écrits par des navigateurs, des aventuriers ou des jésuites témoignent de la fascination des Européens - non sans incompréhension - devant cette nouvelle civilisation, qu'ils jugent aussitôt supérieure à toutes celles qu'ils ont découvertes jusqu'alors.
    En miroir, un texte japonais, jamais traduit en français, raconte l'arrivée de ces hommes blancs, avec de longs nez et aux manières rustres, qu'ils appellent péjorativement les nanban-jin, les «barbares du Sud».

  • Les Tudors

    Bernard Cottret

    • Perrin
    • 21 Mars 2019

    1485-1603. En l'espace de quatre générations, l'Angleterre passe du Moyen Âge flamboyant aux fastes de l'époque baroque, de la guerre des Deux-Roses à la construction d'un État. Dans cette saga familiale, on n'est jamais très loin du conte. Il était une fois Henri VII, le père fondateur, son fils Henri VIII, le Barbe bleue aux prises avec François Ier et Charles Quint, le petit Édouard VI, la sulfureuse reine Marie, l'acariâtre Élisabeth, toujours vierge. Tous, dans leurs différences mêmes, ont illustré leur siècle, cet âge d'or de la culture anglaise qui nous éblouit encore. Les Tudors ont affiché à la face du monde leur réussite et leur richesse, à peine entachées par quelques têtes coupées, des reines exécutées, des catholiques étripés, une sauvage répression - toutes choses que l'on pardonne volontiers aux souverains que l'on aime. Dominé par l'antique déesse Fortuna, en proie aux bouleversements, le siècle des Tudors fut par excellence le temps du changement. C'est aussi à cette époque que l'Angleterre s'engagea résolument dans une aventure de conquête qui s'étendit à tout l'espace atlantique. Aujourd'hui comme jadis, les Tudors hantent notre imaginaire.

  • Tour de force réussi, cet ouvrage dessine le kaléidoscope de la superpuissance mondiale espagnole entre 1525 (règne heureux de Charles Quint) et 1648 (Traité de Westphalie). Une « époque où l'Espagne a tenu dans le monde le rôle dominant, qu'il s'agisse de la politique, des armes, de la diplomatie, de la monnaie, de la religion, des arts ou des lettres », société et empire irrigués par l'or et l'argent venus d'Amérique. On y croise, rois, reines, favoris, écrivains, inventeurs, musiciens, soldats, peintres, poètes, saints, mystiques et théologiens, etc., tous participants au même miracle collectif : un Siècle d'Or.

  • Le 10 août 1792, l'émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au xiiie siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa soeur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin « Louis XVII ». Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.

    Pour la première fois, un historien se penche sur l'histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l'ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l'instar d'Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l'antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d'histoire sur un lieu d'histoire et de mémoire, qui incarne et marque l'origine de la guerre entre les deux France.

    Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

  • La très grande historienne qu'est Natalie Zemon Davis s'est lancée à la poursuite de Léon l'Africain, voyageur musulman devenu au tournant des XVe et XVIe siècles, érudit et géographe chrétien, véritable passeur de frontières entre Orient et Occident, qui aimait à brouiller les pistes. Établissant d'audacieux parallèles des deux côtés de la Méditerranée entre Rabelais et al-Idrîsî, Machiavel et Ibn Battûta, Castiglione et Ibn Khaldûn, elle jette des passerelles entre des cultures et des traditions dont elle préfère souligner les emprunts plutôt que les différences, « témoignant qu'il est possible de communiquer et de faire preuve de curiosité dans un monde divisé par la violence ». Une belle leçon de tolérance et d'espoir, toujours d'actualité.

  • Il est courant d'affirmer qu'au XVIII siècle, les femmes étaient libres, pour ne pas dire libérées. Puis d'ajouter dans la foulée que la Révolution française les a privées de leurs droits. Pour illustrer ce propos, les protagonistes de cette représentation utilisent à l'envi l'argument des femmes tenant Salon. Au-delà de la question de la représentativité de ces salonnières, il y a là le souhait de discréditer les années révolutionnaires.
    Toutefois, il ne suffit pas de se cantonner dans l'impressionnisme d'une telle hypothèse. Christine Le Bozec procède donc à un état des lieux de la condition féminine à l'époque des Lumières, avant d'envisager leur implication et leur rôle au cours de la Révolution française, puis de conclure sur l'Empire et la Restauration. Ses conclusions sont novatrices : le seul moment où le groupe femme (et non de rares individus) a réellement pris la parole, s'est fait écouter en investissant l'espace public, furent les années 1789-1795 ; années de conquête de droits chèrement et âprement acquis, puis difficilement conservés, avant que Bonaparte ne commence à les rogner et que la Restauration ne les supprime.

  • Cette édition met à jour de la partie « l'histoire au travail » pour tenir compte des recherches historiques les plus récentes sur la période.
    Ce livre offre une analyse et une synthèse de deux siècles d'effervescences multiples. Il présente aussi les recherches les plus récentes, en accordant une place privilégiée aux sources, aux débats et aux questionnements des historiens.
        Sommaire :
    Première partie : Le règne personnel de Louis XIV.
    Deuxième partie : L'État royal au siècle des Lumières Troisième partie : Les révolutions silencieuses Points forts :
    Des documents analysés, un glossaire et une chronologie complète L'auteur :
    Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, Joël Cornette est professeur à l'université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis. Il est l'auteur dans la même collection de L'affirmation de l'État absolu 1515-1652. Il a reçu, en 2006, le Grand prix d'histoire de l'Académie française et, en 2011, le prix Madeleine Laurain-Portemer de l'Académie des sciences morales et politiques pour l'ensemble de son oeuvre.
       

  • En 1534, Jacques Cartier entreprend une série de trois voyages d'exploration et de colonisation au Canada. À sa suite, les Français investissent dans la pêche à la morue et commercent avec les populations autochtones : ils troquent des chaudrons de cuivre, des haches, des couteaux ou de simples perles de verre contre de précieuses peaux de castor, de loutre et de martre. Avant de pouvoir se parler, Français et Amérindiens échangent des biens qui ont pour eux le charme de la nouveauté et de l'exotisme.

    C'est en retraçant la circulation de ces objets que Laurier Turgeon, historien et ethnologue, nous fait découvrir l'histoire des premiers contacts franco-amérindiens. En nous racontant la pêche à la morue, le commerce des fourrures ou l'usage du cuivre et de la verroterie en Amérique du Nord, il nous offre un récit entièrement renouvelé de la naissance de la Nouvelle-France. D'une grande originalité, ce livre repose sur un vaste ensemble de sources - imprimées, manuscrites et archéologiques - largement inédites.

  • On connaît un peu en France l'histoire de la tomate, de la pomme de terre, du maïs, originaire du Nouveau Monde, parce qu'ils ont conquis l'Europe et que leurs tribulations nous ont été vaguement enseignées à l'école.
    Mais on ignore qu'aux xvie et xviie siècles, quasiment toutes les plantes vivrières ont changé de continent, bouleversant complètement les habitudes alimentaires et les pratiques agricoles dans le monde entier, en particulier dans les zones tropicales. Ainsi les plantes typiquement asiatiques comme les cocotiers, les manguiers, les orangers doux, etc., vont se retrouver rapidement en Afrique et aux Amériques?; à l'inverse, les plantes américaines, les patates douces, les ananas, les arachides, les papayes, les noix de cajou, etc., vont s'implanter sur les deux autres continents?; l'Afrique fournira quelques plantes d'importance comme le café ou le palmier à huile. Et l'Europe diffusera sur les autres continents par exemple la canne à sucre.
    Cette diffusion s'est essentiellement faite sur les navires portugais de la ligne des Indes, disséminant graines et plants aux escales de Madère, Açores, São Tomé, en Angola, au Mozambique, puis à Goa - nouvelle plaque tournante d'échanges avec l'Extrême-Orient.
    Doté d'une riche iconographie d'époque, ce livre conçu à la manière d'un dictionnaire dresse le tableau de cette première mondialisation. Il retrace le voyage des 64 principales plantes vivrières consommées dans le monde et de quelques autres qui eurent un usage industriel plus ou moins important (hévéa, ricin, aleurite, rocou, etc.). Il donne les conditions de leur découverte?; leurs premières descriptions, appellations et images extraites des sources d'époque?; leurs multiples pérégrinations jusqu'à aujourd'hui?; pour chacune, les chiffres actuels de la production mondiale, son évolution et les principaux producteurs.

    Mendes Ferrão a travaillé toute sa vie sur l'agriculture tropicale, ses techniques, son histoire. Cet ouvrage est l'aboutissement de ses recherches. Le grand mérite de son travail est de révéler des sources portugaises, jamais citées, alors qu'à l'époque des découvertes les Portugais étaient présents sur tous les continents dans les zones tropicales. Du Brésil aux Moluques, en passant par l'Afrique, ils ont joué un rôle souvent pionnier pour acclimater la plupart des plantes vivrières sur d'autres terres que celles d'origine, bouleversant à jamais les équilibres alimentaires et agricoles sur la planète.

  • Cette édition met à jour de la partie « L'Histoire au travail » pour tenir compte des recherches historiques les plus récentes sur la période.
    Cet ouvrage dresse un tableau complet d'un siècle et demi de mutations, lentes ou violentes, souvent dramatiques, qui ont ébranlé le royaume, à l'image de l'affrontement des croyances exacerbé par les deux Réformes (catholique et protestante). Il propose une double lecture : chronologique et thématique.
    Sommaire :
    1. La France de l'Ancien Régime : entre archaïsme et « novelletés » / 2. Renaissances et Réformes / 3. La monarchie, de Charles VIII à Henri II (1483-1559) / 4. Des guerres de Religion au règne d'Henri IV (1565-1610) / 5. Malédictions malthusiennes : le « sombre XVIIe siècle » / 6. Croyances et savoirs au « siècle des saints »  / 7. Les années cardinales (1610-1652) / 8. L'Histoire au travail : l'État absolu revisité par les historiens / Conclusion : France, Angleterre, Espagne le défi européen des monarchies Points forts :
    Des documents analysés, un glossaire et une chronologie complète L'auteur :
    Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, Joël Cornette est professeur à l'université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis. Il est l'auteur dans la même collection de Absolutisme et Lumières 1652-1783. Il a reçu, en 2006, le Grand prix d'histoire de l'Académie française et, en 2011, le prix Madeleine Laurain-Portemer de l'Académie des sciences morales et politiques pour l'ensemble de son oeuvre.
       

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