• Depuis dix ans, la bourgeoisie a connu des bouleversements liés notamment au pouvoir grandissant de la finance sur l'industrie, la politique et les médias. Quelles en sont les conséquences sur les différentes formes de richesse, l'argent, la culture, les relations sociales et le prestige qui caractérisent cette classe sociale ?
    Les modes de vie des grands bourgeois ont-ils changé ? Dans quelles conditions leurs positions dominantes se reproduisent-elles de génération en génération ? Quel est le rôle des dynasties familiales dans cette transmission ? La bourgeoisie, face à la montée des inégalités économiques et sociales, est-elle consciente de leurs conséquences sur les peuples ? Est-elle la dernière classe sociale ? La mobilisation pour la défense de ses intérêts exige des liens de plus en plus étroits avec les politiques. Peut-on parler d'une oligarchie ?
    C'est à ces questions sur cet univers encore trop méconnu et qui préférerait le rester que répond ce livre rigoureux et accessible.

  • « Bobo » : un néologisme que tout le monde utilise, souvent comme un qualificatif péjoratif (contraction de « bourgeois-bohème ») désignant une partie mal définie de la population. Bizarrement, ce mot a un sens, mais pas de définition.
    En réalité, il recouvre un groupe social que la sociologie universitaire refuse de déterminer sous prétexte que « bobo » serait une construction journalistique, polysémique et floue.
    Thomas Legrand et Laure Watrin tentent malgré tout de définir ce mot, et les mots qui y sont attachés, soit parce qu'ils font partie du vocabulaire des bobos, soit parce qu'ils aident à cerner le périmètre de la boboïtude.
    AMAP, bio, mixité, vinaigre blanc, solidaire, citoyen, contradiction, butternut, vegan, bistronomie, local, glocalisation, jardins partagés, carte scolaire, gentrification, récup'...
    100 mots comme autant de détails dont le tout dessine une population à la fois ouverte et autocentrée, parfois exaspérante, mais qui invente ou contribue à promouvoir les rapports sociaux et les modes de vie d'un monde globalisé, hyperconnecté et sous contrainte écologique.

  • L'esclavage a été une des choses les plus répandues au monde. Il n'en fait pas moins souvent l'objet de définitions confuses, voire erronées. Ainsi a-t-il été longtemps considéré comme une forme sociale de travail, alors que l'esclave peut certes être ouvrier ou paysan, mais aussi garde du corps, spadassin, précepteur, courtisane...
    Les études rassemblées dans ce livre montrent que l'esclavage est une institution repérable au fait que l'esclave est exclu d'au moins une des dimensions sociales de la société dans laquelle il vit : la Cité dans le régime de la Cité antique, la parenté dans les sociétés lignagères, le rapport au roi dans les monarchies, etc.
    On peut devenir esclave après avoir été capturé à la guerre, mais aussi à la suite de dettes.
    L'esclavage pour dettes est un phénomène sociologique majeur. Il indique que la pauvreté voisine avec la privation de liberté. Pour Alain Testart, le renforcement du pouvoir des grands induit une possible émergence de l'État : « Sous l'esclavage gît toujours la question du pouvoir ».

  • Comment penser la marge lorsque le centre a disparu ? Dans les textes réunis ici, Pierre Sansot interroge notre modernité obsédée par la lumière et la vitesse. Sous la pression grandissante d'un univers technique toujours plus intrusif, les foules se dispersent, les espaces de liberté sont relégués aux marges. La société se périurbanise. La marginalité urbaine devient alors une nécessité de se mettre à l'ombre, d'inventer des clairières, à défaut des boulevards qui attiraient autrefois les corps vers le centre(-ville), lieu de tous les mélanges.
    Ce recueil de textes inédits de Pierre Sansot rappelle l'importance de l'oeuvre de cet écrivain du sensible et arpenteur des territoires de l'Hexagone.

  • Dans la petite ville de Givors, proche de Lyon, des hommes meurent les uns après les autres, emportés par des cancers à un âge relativement jeune. Leur point commun : ils ont travaillé pour produire des bouteilles et des pots à la verrerie qui a fermé ses portes en 2003. La compagne d'un verrier malade fait alors équipe avec un imprimeur à la retraite pour résoudre ce mystère. Ils comprennent vite que ce ne sera pas une enquête policière classique : c'est à eux de prouver qu'il y a eu un crime, et plus ils avancent vers la vérité, moins la justice semble disposée à juger les faits. Cependant, grâce à la force collective des verriers et de leurs soutiens, ils vont lever progressivement le voile sur un véritable scandale d'État.
    Ce livre est une enquête sur cette enquête. Avec les outils des sciences sociales, l'auteur analyse les procédures, les mensonges et les injustices qui font que tous les jours autour du monde des millions de femmes et d'hommes sont mis en danger impunément.

  • En matière de santé, femmes et hommes ne sont pas logés à la même enseigne. Ne sont-elles pas le « sexe faible » ? Au XIXe siècle les femmes sont considérées comme « d'éternelles malades » pour reprendre l'expression de Jules Michelet.
    Aujourd'hui, la perspective a bien changé : leur espérance de vie dans les pays occidentaux est plus longue que celle des hommes.
    Toutefois, elles passent aussi plus d'années qu'eux en mauvaise santé et souffrent de pathologies souvent bien différentes.
    Les différences purement biologiques sont loin d'être seules en cause. Ainsi, les rôles sociaux et les activités professionnelles des unes et des autres les conduisent à ne pas être exposés aux mêmes nuisances de santé. Comparées aux hommes, les femmes adoptent moins de comportements à risque, consultent davantage, prennent mieux leurs traitements. Les pratiques des médecins se construisent aussi différemment selon le sexe de leurs patients.
    Dans le domaine de la santé comme ailleurs, les inégalités entre les sexes existent et relèvent des mêmes stéréotypes et des mêmes mécanismes que dans le reste de la société, mais aussi de facteurs spécifiques, et notamment de la façon dont s'élabore le savoir médical. Pour lutter contre ces inégalités, il faut commencer par tordre le cou à un certain nombre d'idées reçues, chez les soignants comme chez les patients. Ce livre a pour objectif d'y contribuer, et de proposer des perspectives en matière de politique publique au service de la santé des femmes et des hommes.

  • L'école est mixte. Est-elle pour autant égalitaire ? Du rose et du bleu omniprésents pour définir des univers enfantins sexués, des filles qui prennent peu la parole en classe, des garçons plus souvent sanctionnés que les filles et qui redoublent davantage, une violence scolaire qui cible les filles insuffisamment discrètes et les garçons insuffisamment virils, une orientation scolaire toujours sexuée avec des filles dans les services et des garçons dans la production. Quels sont ces mécanismes qui produisent toujours de l'inégalité, souvent à l'insu des acteurs et actrices du système éducatif ?
    Comment lutter contre les stéréotypes. Comment enseigner l'égalité ?
    Ce livre présente un bref état des lieux des inégalités scolaires entre filles / garçons à l'école, fait un panorama du chemin qui reste à parcourir pour permettre l'égalité entre les sexes et propose des moyens ou pistes d'interventions.

  • Pourquoi les femmes ne sont-elles pas reconnues et célébrées, à l'égal des hommes, comme des « Génies », de la littérature, des arts, de la science, etc. ? Pourquoi ne se pose-t-on même pas la question de leur absence?
    Dans ce livre, il s'agit, chiffres récents à l'appui, de montrer la sous représentation des femmes dans les palmarès, les manuels scolaires, les musées, les histoires des arts, etc. Il s'agit ensuite de comprendre cette absence des femmes, en examinant les différentes explications données au fil des siècles. Si les lois aujourd'hui semblent garantir l'égalité de l'accès aux diverses disciplines scolaires et professionnelles par les femmes et les hommes, comment expliquer qu'aujourd'hui encore, on trouve moins de femmes consacrées? Et qu'y perdent, non seulement les femmes, mais l'ensemble de la société?
    Il s'agit enfin de faire la part belle aux initiatives les plus récentes pour pallier cette situation inégalitaire.

  • Comment revisiter le contrat social au XXIè siècle ? A-t-on raison de s'inquiéter de l'accroissement des inégalités ? Seraient-elles le prix à payer pour les grands bénéfices de l'économie de marché? Dans quelle mesure peut-on intervenir dans la distribution de la richesse, et peut-on le faire sans brimer les libertés individuelles? Les riches et les pauvres méritent-ils leur sort? Qu'est-ce que la «juste part», au juste?

  • Une nouvelle société émerge qui remet en cause toutes nos valeurs dîtes modernes : le travail, le productivisme, la question démocratique et sociale, etc.

    Roger Sue analyse ici brillamment cette contre-société qui monte dans les esprits comme dans les faits. Car comprendre ce qui s'y joue, c'est ouvrir la voie qui fera de la contre-société d'aujourd'hui, la société de demain.

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