Arts de l'image

  • Depuis plus de trente ans, Francis Latreille sillonne l'Arctique à la rencontre des ethnies du Grand Nord. Dolganes, Nénètses, Tchouktches, Yakoutes, Samis, Koriaks et Inuits continuent de vivre de manière traditionnelle alors que leurs territoires sont hautement menacés par le changement climatique. Au fil de ses années de voyage, le photographe les a accompagnés au cours de leurs transhumances dans la toundra, à la pêche, à la chasse, a partagé leur quotidien. C'est au travers de ces relations privilégiées que s'est dessiné cet hommage aux ethnies du froid.
    Ce magnifique album dresse le portrait de ces peuples qui continuent de résister aux éléments et à la modernité. Erik Orsenna, ami de Francis Latreille et grand connaisseur de ces régions, livre en ouverture une véritable déclaration d'amour au Grand Nord et à ces derniers nomades des glaces.

  • « Marpa fut très remué lorsque son fils fut tué, et l'un de ses disciples dit : "Vous nous disiez toujours que tout est illusion. Qu'en est-il de la mort de votre fils, n'est-ce pas une illusion ?".
    Et Marpa répondit : "Certes, mais la mort de mon fils est une super-illusion." » Pratique de la voie tibétaine.

  • Il y a quarante ans, Joseph Kessel publiait " Les Cavaliers ". Inspiré d'un séjour en Afghanistan, ce roman raconte l'engouement des cavaliers afghans, les tchopendoz, pour le bouzkachi, un jeu traditionnel où deux groupes de cavaliers se disputent une carcasse de chèvre, et le long voyage de retour de l'un d'entre eux, blessé, vers son village. En 2004 et 2005, Alain Buu est revenu sur les pas du grand écrivain et de son héros. D'un périple de 700 kilomètres, il a rapporté des images hors du temps, qui entrent en résonance avec de courts extraits des " Cavaliers ".

  • Figure de l'avant-garde dans le Berlin des années 1920-1930, puis pionnier de la photographie et du cinéma en Palestine, Helmar Lerski est l'auteur d'une oeuvre photographique unique et extrêmement originale consacrée essentiellement au portrait.
    Né à Strasbourg en 1871, il émigre à 22 ans aux États-Unis. En 1915, il s'installe à Berlin, puis s'établit, en 1932, en Palestine, où il oeuvre pour la cause sioniste. Quelques mois avant la création de l'État d'Israël, il part vivre à Zurich où il finit ses jours en 1956.
    L'artiste semble avoir hésité de carrière - il commence comme acteur et travaille douze ans sur des plateaux de tournage -, pourtant son oeuvre, qui s'articule autour d'une exploration des possibilités expressives de la lumière, impressionne par sa grande cohérence.
    Au-delà de son oeuvre photographique, le catalogue aborde aussi l'oeuvre filmique de ce précurseur du cinéma israélien.

  • L'empire des Indes, le Raj, a été au XIXe siècle un terrain d'action pour les plus grands photographes.
    John Burke et William Baker furent de ceux-là, témoins, comme l'a été dans le registre de l'écriture Rudyard Kipling, des guerres de conquête britanniques, de la vie coloniale, des découvertes des grands monuments hindous ou moghols, de la diversité humaine enfin de cet immense espace. Ils ont principalement travaillé entre Cachemire et Afghanistan, englobant ainsi tout le nord de l'Inde - le Pakistan d'aujourd'hui.
    Une région sans cesse dans la tourmente, fief de féodaux indomptables, la seule que les Anglais n'aient jamais pu véritablement intégrer, malgré leur puissance. Ces années voient la révolte des Cipayes, les guerres Sikhs et les dramatiques guerres afghanes, déjà un échec des forces européennes devant des guerriers invincibles. Elles sont le théâtre de négociations de frontières, d'arrangements avec les émirs et maharadjahs, dont les conséquences éclatent au grand jour aujourd'hui, avec les revendications de l'Inde et du Pakistan sur le Cachemire.
    Personne jusqu'ici n'avait rassemblé suffisamment d'éléments pour retracer la carrière de ces deux photographes irlandais et replacer leurs photographies dans l'espace agité des ces marches du Raj. Omar Khan vient d'y consacrer dix ans de recherches, à travers les sources pakistanaises et les archives occidentales. La puissance évocatrice de leur oeuvre devient ainsi sujet d'histoire.

  • «Deux grands mythes circulent à mon propos : je suis un intellectuel parce que je porte des lunettes et je suis un artiste parce que mes films perdent de l'argent.» Woody Allen.

    Woody Allen est l'une des figures les plus connues et accomplies du septième art, un cinéaste qui, plus que tout autre, a profondément influencé son époque et un réalisateur qui a toujours su attirer les meilleurs acteurs. Tout le monde a son Woody Allen préféré : qu'il s'agisse d'une de ses comédies romantiques urbaines comme Annie Hall ou Manhattan, ou d'une des comédies dramatiques plus récentes telles Vicky Cristina Barcelona ou Blue Jasmine.
    De Quoi de neuf, Pussycat? (1965) à L'Homme irrationnel (2015), Woody Allen film par film explore cinquante années de cinéma. Dans un entretien exclusif, le réalisateur revient sur son incomparable carrière que la préface de Julie Delpy éclaire d'un tout nouveau regard.

  • Entre 1945 et 1954, le Service cinématographique des armées (SCA) puis le Service presse information (SPI) couvrent l'interminable guerre d'Indochine. Leurs opérateurs, dont Pierre Schoendoerffer et Raoul Coutard (plus tard, talentueux directeur de la photographie de la Nouvelle Vague), saisissent le conflit, dans des conditions souvent extrêmes. Leurs reportages servent bien sûr la propagande de l'armée française. Mais ces jeunes photographes portent également un regard plus personnel sur les régions qu'ils découvrent. Leur objectif s'attarde sur les rizières et les travaux des champs, les gestes des artisans et des pêcheurs, les minorités, les ruines d'Angkor ou de Hué, les fêtes du «retournement» des eaux à Phnom Penh ou du Nouvel An à Hanoi, la vie coloniale à Saigon... Cet ouvrage met en valeur la qualité artistique et documentaire de leurs photographies, présentées et commentées par Hugues Tertrais. Voilà un témoignage fort et rare sur les trois pays de l'Indochine française (Vietnam, Cambodge et Laos) au moment où l'Histoire bascule.

  • Photographies de Lucien Clergue et collections du musée Réattu. Ouvrage collectif de Gabriel Bauret, Jean-François Dreuilhe, Jean-Marie Magnan et d'Andy Neyrotti. Édition publiée sous la direction de Pascale Picard. Avant-propos de Lucien Clergue.

    Le musée Réattu est l'un des lieux fondateurs d'une discipline artistique aujourd'hui emblématique et synonyme d'Arles : la photographie.
    C'est à l'initiative de Lucien Clergue et de Jean-Maurice Rouquette, conservateur du musée, que cette institution classiquement dédiée aux beaux-arts doit la naissance du premier département de photographie. C'était en 1965 ; le noyau historique se composait alors de donations spontanément accordées par les grands photographes du moment séduits par le projet. Aujourd'hui constituée de plus de cinq mille numéros, la collection n'a cessé de grandir au rythme et à la faveur d'un engagement sans faille au service d'un médium contemporain dont Lucien Clergue reste l'un des plus brillants ambassadeurs. À l'origine d'une collection publique, mais aussi des Rencontres et de l'École nationale supérieure de la photographie, Lucien Clergue ira jusqu'à imposer la photographie au monde universitaire, soutenant une thèse d'esthétique saluée par Roland Barthes, tandis qu'en apothéose, il préside en 2013 l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France.
    Ce fonds est aujourd'hui inestimable tant par sa qualité que par sa pertinence historique. Lucien Clergue l'a enrichi de trois cents soixante photographies, héliogravues et documents, qu'il a choisi d'offrir auu musée Réattu au gré des temps forts de sa carrière. Cet ensemble témoigne de son parcours et fait l'objet d'une exposition qui célèbre tout à la fois l'homme, l'oeuvre et l'histoire d'une discipline artistique, à l'occasion des 80 ans du photographe qui a fait d'Arles l'épicentre de l'actualité photographique internationale.

  • Née officiellement en 1839, avec l'invention du daguerréotype, la photographie a prodigieusement renouvelé les représentations du monde au point, aujourd'hui, d'en modifier la perception et d'interroger notre rapport au réel.
    De ses origines aux plus récents développements du numérique, cet ouvrage retrace la passionnante histoire de la photographie : le temps de l'invention, de 1839 à la fin des années 1870, marqué par la multitude des expérimentations techniques, l'industrialisation des procédés et l'émergence d'un discours théorique, souvent inquiet, sur le médium. Celui, ensuite, d'une certaine maturité technique, des années 1880 à la fin des années 1950, sous le règne de l'image instantanée et des procédés argentiques : des premiers appareils portables à la mythification de " l'instant décisif " de Cartier-Bresson, de l'émergence de la figure du photographe amateur au triomphe du photoreporter, la photographie s'affirme comme un élément clé de la culture moderne et urbaine.
    Enfin, de 1960 à l'entrée dans l'ère du numérique, le temps du paradoxe : d'une part, la pleine reconnaissance artistique, culturelle et économique de la photographie, d'autre part, le déclin de ses usages historiques et documentaires face à la concurrence accrue de l'image animée et aux dérives de certains traitements des images. En analysant ses enjeux esthétiques et sociaux, ce livre démontre aussi la capacité d'adaptation de la photographie, qui sans cesse se réinvente pour afficher une éternelle modernité.

  • Photographe après s'être essayé, sans grand succès, à divers métiers. Atget commence à prendre des photographies vers 1888. Au début, il cherche à rassembler des paysages et des motifs, puis des images de rues parisiennes, pour les vendre à des artistes à titre de modèles.
    Rapidement, il élargit sa clientèle. Parmi ses acheteurs habituels figurent peintres, illustrateurs et artisans, collectionneurs, amateurs d'histoire et d'art et, finalement, de nombreuses institutions comme le musée Carnavalet ou la Bibliothèque nationale. Atget appelle ses photographies des " documents pour artistes " sans jamais revendiquer pour lui-même la moindre ambition artistique. Atget photographiait le vieux Paris, c'est-à-dire les quartiers épargnés par le vaste chantier de rénovation urbaine que le baron Haussmann avait lancé dans les années 1850.
    Il prenait des vues des rues et des façades aux heures les plus favorables, quand il n'y avait quasiment personne alentour, employant un appareil à plaques de 18 x 24 cm, qui garantissait un excellent rendu des détails d'architecture les plus infimes. On peut considérer que ses oeuvres marquent les origines de la photographie " documentaire " du XXe siècle, et donc de tout le débat sur la subjectivité inhérente à la photographie.
    Ces images et leur réception jouent un rôle capital dans l'histoire de la photographie de ce siècle. Mais c'est son extraordinaire modernité qui, dès les années 1930, retient l'attention de Walter Benjamin et inspire des photographes comme Man Ray, Berenice Abbott ou Walker Evans. L'?uvre d'Atget séduisit les surréalistes par l'aspect étrangement désert de ses paysages urbains.

  • Par la variété des paysages tropicaux, des populations - Blancs, Indiens, métis, esclaves noirs -, par la splendeur sauvage de la nature et la savante ordonnance des villes, le Brésil est déjà au Nixe siècle une mine de sujets pour photographes inspirés.
    Mais alors que les images anciennes d'Egypte ou d'Extrême-Orient sont depuis longtemps connues et publiées, les photographies du Brésil sous l'Empire restent largement inexplorées et inconnues. Cet ouvrage, qui met en avant l'oeuvre de quatorze artistes - au talent comparable aux plus grands photographes de l'époque - en les situant dans leur temps et par rapport aux sites et aux milieux qui les ont inspirés, est le premier de ce genre publié en Europe.
    Ses 320 photographies originales, dont un grand nombre sont inédites, en font l'anthologie la plus riche sur l'histoire de la photographie brésilienne au XIXe siècle.

  • DEUX AUTEURS, DEUX REGARDS qu'introduit la vive préface de Jean-Yves Tadié, grand spécialiste de l'oeuvre de Marcel Proust. Les mots et les images, au service d'un patrimoine national par définition commun, le Jardin des Serres d'Auteuil. Lorsque Sophie Nauleau laisse s'exprimer son talent de conteuse, le voyage est sensible. Quand Jean-Christophe Ballot peint plus qu'il ne photographie ce lieu, la découverte se renouvelle. Voici donc un talentueux bouquet, sont-ce des orchidées ou des chardons ardents, à vous de le découvrir à la lecture de cet ouvrage réalisé pour que perdure le beau Jardin des Serres d'Auteuil.

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