Ethnologie généralités

  • La diversité des cultures, la place de la civilisation occidentale dans le déroulement historique et le rôle du hasard, la relativité de l'idée de progrès, tels sont les thèmes majeurs de Race et histoire. Dans ce texte écrit dans une langue toujours claire et précise, et sans technicité exagérée, apparaissent quelques-uns des principes sur lesquels se fonde le structuralisme.

  • Le chamane est un individu capable, d'une façon mystérieuse pour nous, de voyager en esprit, de se percevoir simultanément dans deux espaces, l'un visible, l'autre virtuel, et de les mettre en connexion. Ce type de voyage mental joue un rôle clé pour établir des liens avec les êtres non humains qui peuplent l'environnement.
    Les chamanes ne gardent pas pour eux seuls l'expérience du voyage en esprit : ils la partagent avec un malade, une famille, parfois une vaste communauté de parents et de voisins. Les participants au rituel vivent tous ensemble cette odyssée à travers un espace virtuel. De génération en génération, les sociétés à chamanes se sont transmis comme un précieux patrimoine des trésors d'images hautes en couleur, mais en grande partie invisibles.
    Ce livre est le fruit d'enquêtes de terrain et reprend l'ample littérature ethnographique décrivant les traditions autochtones du nord de l'Eurasie et de l'Amérique. Au travers de récits pleins de vie, il rend compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes technologies cognitives des chamanes. Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du Nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes, qu'il s'agisse de l'URSS, des États-Unis ou du Canada. Ce livre nous permet enfin de les appréhender dans toute leur richesse.

  • Le célèbre primatologue et biologiste américano-néerlandais, auteur de L'Âge de l'empathie (Babel n° 1062), livre un essai passionnant sur les origines de la morale humaine. Tissant son texte de récits issus de l'observation du règne animal et d'analyses philosophiques éclairantes, Frans de Waal cherche à démontrer que notre sens moral, loin d'être un simple produit de la religion, serait en fait enraciné en profondeur dans notre héritage animal.

  • Scientifiques, sociologues et philosophes ouvrent une réflexion sur la place de l'histoire naturelle dans les débats qui agitent la société contemporaine.

  • L'histoire de la viande est aussi longue que celle de l'homme. A travers elle, c'est bien évidemment la question de la place des animaux dans nos sociétés dont il s'agit, des relations complexes qui se sont tissées au fil du temps entre eux et nous.
    Poursuivant ici son exploration des premières sociétés humaines, Marylène Patou-Mathis montre les effets engendrés par la consommation de viande, singulièrement l'apparition de la chasse avec ses conséquences socioculturelles. S'appuyant sur les dernières découvertes archéologiques ainsi qu'une large documentation ethnographique et historique, elle expose les grandes phases de l'évolution des comportements humains vis-à-vis des animaux. Aujourd'hui, comme hier, l'animal est indispensable à l'Homme : il tient une place centrale dans son imaginaire et lui tend un miroir... De quoi alimenter les débats actuels autour de sa consommation.

  • Réfuter Freud, tel est l'enjeu de ce livre majeur qui fonde en même temps une nouvelle théorie de la culture. Peut-on retrouver oedipe sous les Tropiques ? En méditant sur la théorie psychanalytique de la sexualité pendant qu'il se livre à l'étude des Trobriandais (Mélanésie), Bronislaw Malinowski, l'un des pères de l'ethnologie moderne, propose une analyse des transformations que la nature animale a dû subir dans les conditions anormales qui lui ont été imposées par la culture.

  • - " [...] Pour qui aborde l'histoire, non pas, si j'ose dire, par la face visible de la lune - l'histoire de l'ancien monde depuis l'Égypte, la Grèce, et Rome - mais par cette face cachée de la lune qui est celle du japonologue et de l'américaniste, l'importance du Japon deviendrait aussi stratégique que celle de l'autre histoire, celle du monde antique et de l'Europe des temps archaïques. Il faudrait alors envisager que le Japon le plus ancien ait pu jouer le rôle d'une sorte de pont entre l'Europe et l'ensemble du Pacifique, à charge pour lui et pour l'Europe de développer, chacun de son côté, des histoires symétriques, tout à la fois semblables et opposées : un peu à la façon de l'inversion des saisons de part et d'autre de l'équateur, mais dans un autre registre et sur un autre axe. C'est donc [...] dans une perspective beaucoup plus vaste que le Japon peut nous sembler détenir certaines des clés maîtresses donnant accès au secteur qui reste encore le plus mystérieux du passé de l'humanité. "

  • Au croisement de l'anthropologie, de l'histoire de l'art ancien et contemporain, de la mode et des moeurs, l'exposition propose diverses mises en scène et mises en oeuvre sur le thème universel des cheveux.
    Abordant l'idée que chacun donne de sa personnalité par la coiffure, elle se présente tout d'abord sous l'angle de la frivolité, des compétitions entre blonds/blondes, rousses et bruns, lisses et crépus. Comparant les coquetteries des Papous des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée ou des belles citadines africaines ou des «Merveilleuses» du Directoire, l'exposition avance vers l'idée du matériau humain à modeler, à sculpter, support à la fois de savoir-faire, de la relativité de la beauté, mais aussi objet de perte (par l'âge ou la violence), symbole du temps qui passe et de la mort. Par leur usage nostalgique, les cheveux sont des supports de mémoire. Restes humains, reliques, ils conservent un peu de l'aura et de l'énergie de leur propriétaire. Une large partie de l'exposition est consacrée à ces mana (pouvoir sacré des ancêtres) qui ont donné naissance, dans le monde, à de multiples objets dits «magiques» ou pour le moins dotés de pouvoirs que l'on s'approprie.
    La question du reste et du trophée est ainsi posée et plus largement du statut de certains «objets» campés aux frontières de l'horripilant et de l'insoutenable, interrogeant nos catégories à partir d'une expérience universelle.

  • Créée en 1994, la revue Internationale de l'imaginaire s'arrêtera avec ce trentième numéro consacré aux rituels funéraires. Des peuples de la forêt sibérienne aux Druzes du sud de la Syrie en passant par les Torajas de l'île de Sulawesi, onze chercheurs sondent le coeur de diverses sociétés en interrogeant le rapport des vivants aux morts.

  • Il était temps que la vie et l'oeuvre d'un des plus grands ethnologues du vingtième siècle, Suisse de naissance et nomade par vocation, soient honorées par un ouvrage d'ensemble. L'Île de Pâques, Le Vaudou haïtien, les Incas : ces oeuvres majeures ont fait date et gardent toute leur valeur aujourd'hui. De haute qualité scientifique, elles témoignent d'une sympathie profonde pour les civilisations qu'elles font revivre. Car aux yeux de Métraux, l'ethnologie est une science humaine, au sens le plus fort et le plus plein du terme.

  • Dans cet ouvrage, Jean Renaud, professeur à l'Université de Caen, recense la majeure partie des noms de lieux d'origine scandinave encore en usage en Normandie.
    Il y a ceux qui ont été forgés par les Vikings eux-mêmes, au début du Xe siècle : ils se caractérisent pour la plupart par la juxtaposition de deux éléments purement scandinaves, ainsi Clitourps, Étaintot, Oudalle, Criquebeuf, Orbec, Bouquelon, Sanvic, etc.
    Il y a ceux qui témoignent de l'influence viking tout au long du Xe siècle, voire au-delà : ils associent souvent un élément scandinave et un élément de type franc ou roman, ainsi Gonneville, Ronchetuit, Rubec, Champosoult, Torgisval, Hernetot, Tollevast, etc.
    Et il y a ceux qui continuent d'être donnés parfois jusqu'à la fin du Moyen Âge, y compris dans des zones en dehors de l'implantation viking : ils perpétuent l'usage de simples mots scandinaves passés dans le langage courant, ainsi La Londe, La Hoguette, Le Torp, Le Becquet, La Mare, Le Tot, Le Thuit, etc.
    Tous ces toponymes sont classés ici selon qu'ils décrivent à l'origine la nature ou l'habitat, et en fonction des différents appellatifs.

  • Cet ouvrage présente les cultures tribales de par le monde. Avec la mondialisation, une attention toute particulière doit être portée sur ces sociétés pour leurs styles de vie distinctifs, leur art et leurs traditions. Elles vivent en harmonie totale avec la nature, ce qui est devenue une rareté dans notre ère moderne. Jimmy Nelson ne se contente pas de nous présenter à l'aide d'images stupéfiantes les coutumes et les artefacts, il nous offre également des portraits saisissants de peuples qui sont les gardiens d'une culture qu'ils ont l'espoir, ainsi que nous, de transmettre dans toute sa gloire aux générations futures. L'appareil photo de Nelson capture, pour la postérité, le moindre détail dans sa complexité et dans toute sa nuance. Qui plus est, cet apparat splendide est mis en valeur sur un fond de somptueux paysages parmi les plus vierges.

    Cet hommage aux cultures tribales de par le monde est un indispensable pour tous les amoureux de la photographie documentaire.
    Résonnera à des niveaux esthétiques, intellectuels et émotionnels - et sera un magnifique souvenir pour les générations futures.

  • Lors de son séjour au Brésil avec la " mission artistique française " (1816-1831), le peintre Jean-Baptiste Debret accumula des croquis et des aquarelles qui allaient servir de base à son Voyage pittoresque et historique au Brésil, publié à son retour en France en 1834.
    Jamais réédité depuis, le premier tome, qui est ici reproduit dans son intégralité, constitue un témoignage irremplaçable sur les Indiens du Brésil. La beauté plastique ou l'aspect terrible des Coroados, des Puris, des Botocudos, des Tupis, des Guaranis, etc. , leurs ornements et leurs armes en faisaient des sujets de choix pour un peintre à la fois en quête d'information et d'exotisme. Formé à l'école de son cousin Louis David, Debret oscille entre la rigueur néo-classique et l'exotisme romantique.
    Son intérêt pour les Indiens s'inscrit dans une vision épique, émerveillée, qui est en partie dans la tradition du mythe du " bon sauvage ", et ses représentations sont guidées par une réflexion sur l'évolution de la barbarie à la civilisation. Bien que ses contacts avec les Indiens aient été limités à quelques incursions dans les forêts, son séjour de seize ans au Brésil, la qualité esthétique de ses lithographies et l'acuité des observations recueillies forment un ensemble historique et pictural inestimable pour la connaissance et la vision que l'on avait des Indiens du Brésil.

  • Exposer l'humanité propose une traversée de l'histoire de l'anthropologie en France. Mettant particulièrement l'accent sur la formation de la discipline au cours de la Troisième République et du régime de Vichy, cet ouvrage montre l'imbrication des notions scientifiques de race et de culture entre 1850 et 1950. Il explore le rôle de deux générations d'anthropologues et d'ethnologues -?et des musées qu'ils créèrent?- dans la mise en place du racisme et de l'anti-racisme modernes. Alice Conklin porte ainsi un nouveau regard sur les relations tumultueuses entre science, société et empire à une époque où l'impérialisme français et le fascisme en Europe connaissent leur apogée.

  • Suite à la cérémonie d'inauguration de la statue de Louis XIV sur la Place des Victoires à Paris et les accusations d'idolâtrie faites au roi, François Lemée publie en 1688 le Traité des statues, première histoire française de la sculpture. Cette histoire de la sculpture ne traite pas de la question des modèles antiques à imiter par les modernes mais produit une étude de dimensions globales de l'idolâtrie primitive des premières sociétés humaines à partir de l'observation des pratiques africaines, indiennes, russes et japonaises. Le livre de Lemée trouva des lecteurs avides chez les critiques de religion du XVIIIe, du Président de Brosses à Ottavien de Guasco ou Quatremère de Quincy, qui tous travaillaient à montrer comment les origines de la sculpture, de la religion et du fétichisme étaient entremêlées. Les idées de Lemée et ses successeurs français furent aussi adoptées en Allemagne par Herder, Goethe et Kant dans leurs efforts de séparer fétichisme de l'oeuvre d'art du jugement esthétique. Le présent ouvrage montre comment une série de textes sur les origines de la sculpture a transformé l'approche théologique de l'idolâtrie en une étude anthropologique, esthétique et psychologique du fétichisme.

  • Arctica ; oeuvres II

    Jean Malaurie

    • Cnrs
    • 28 Février 2019

    Ce volume, second de la série Arctica consacrée aux travaux de recherche de Jean Malaurie, se propose de réfléchir sur l'histoire et les conséquences de la mise en oeuvre d'une politique d'autonomie des peuples autochtones en Sibérie du Nord, depuis Lénine et Staline jusqu'à la Pérestroïka de Mikhaïl Gorbatchev.
    Il s'appuie sur les travaux de la mission historique Tchoukotka 1990 conduite sous la direction scientifique de Jean Malaurie, première expédition franco-soviétique entreprise dans ce berceau de la civilisation esquimaude.
    Est ainsi dressé un état objectif de la situation en Tchoukotka en 1990, à la veille de la dissolution de l'Union soviétique, grâce à sept rapports d'expédition inédits - conditions sanitaires, diagnostic économique, bilan éducatif et psychologique (45 tests de Rorschach, Machover et Düss), politique culturelle et artistique - enrichis de compléments de recherche et d'articles thématiques : histoire, archéologie, mythologie. Le chamanisme fait l'objet d'une attention particulière avec l'exploration du site majeur de l'Allée des baleines, véritable Stonehenge sibérien du XIVe siècle.
    L'Académie polaire d'État à Saint-Pétersbourg, unique institution visant à favoriser l'émergence d'élites boréales, est la conclusion de cette expédition. Appuyé par les présidents Boris Eltsine et Jacques Chirac, Jean Malaurie l'a fondée et en est le président d'honneur à vie. La dernière partie de cet ouvrage en retrace l'évolution, de sa genèse à nos jours, avec une nouvelle étape en cours : la création à Saint-Pétersbourg du Centre arctique franco-russe Arthur Tchilingarov - Jean Malaurie.
    La Sibérie du Nord, depuis la fin de la Pérestroïka, vit une crise profonde. La culture autochtone en Tchoukotka est menacée de disparition : dislocation des structures sociales, perte de la langue, alcoolisme, violence. À ce titre, cet ouvrage collectif, qui rassemble trente-huit auteurs français, russes, belges et américains à travers cinquante-neuf articles (inédits et rééditions), constitue un chapitre essentiel pour comprendre ce qu'était l'Union soviétique, sa volonté et sa politique d'autonomie autochtone.
    La défense des intérêts sacrés des peuples racine est un enjeu contemporain pour le peuple russe, comme pour l'ensemble de l'humanité.

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