Biographies / Monographies

  • Attila, roi des Huns de 435 à 453, a contribué de son vivant à la naissance de son propre mythe, et ses biographes, de l'Antiquité tardive à nos jours, ont déployé beaucoup d'imagination. Pourtant, derrière les erreurs et les légendes, on peut, en scrutant les sources avec rigueur, discerner le vrai visage d'un personnage fascinant et comprendre sa carrière et ses motivations dans l'ambiance des mondes romain et "barbare" étroitement interpénétrés du Ve siècle. Ce livre, qui prend le contre-pied de beaucoup de traditions historiographiques sans fondement, fait revivre le vrai Attila. Le roi Hun ne fut, ni le "fléau de Dieu", ni le représentant d'une Asie lancée à l'assaut de l'Occident, ni le fossoyeur du monde romain "décadent". Souverain ambitieux et hautain d'un empire construit surtout par ses prédécesseurs, diplomate rusé et maître chanteur sans scrupule, il se révéla médiocre général, et sa mort anéantit la domination des Huns dans les steppes européennes. L'ouvrage replace ce que l'on sait de la vie d'Attila dans son contexte historique, et analyse en détail sa personnalité, ses croyances, ses aptitudes politiques, diplomatiques et militaires. Il montre comment, à partir du souvenir laissé par son règne, se sont édifiées plusieurs grandes traditions légendaires.

  • Les fouilles récentes de la colline Saint-Charles, en plein coeur de Marseille, ont révélé, contre toute attente, une occupation humaine qui s'échelonne du VIIIe millénaire av. J.-C. à l'époque contemporaine. Après des populations de chasseurs-cueilleurs, puis de premiers paysans et pasteurs, des vignobles grecs s'installent avant de laisser la place à des quartiers médiévaux, puis à une manufacture royale de sel et de salpêtre, exploitée du XVIIe siècle jusqu'au début du XXe siècle. Ce sont les résultats de ces fouilles intensives que veut offrir au lecteur une équipe d'archéologues et d'historiens, sous la houlette d'Ingrid Sénépart.

  • Ce livre est d'abord l'histoire d'une ville portuaire antique, établie au bord d'une lagune et d'un fleuve méditerranéens qui lui donnèrent son nom : Lattara, à Lattes, près de Montpellier.
    Au moment de sa fondation, cinq siècles avant notre ère, elle accueille des négociants étrusques, venus pour développer le commerce du vin avec la Gaule méridionale. Cette présence est de courte durée car, quelques années après, ce sont les Grecs de Massalia (Marseille) qui contrôlent le comptoir, dont la population reste néanmoins majoritairement indigène. Ces relations privilégiées durent jusqu'à la conquête romaine et marquent profondément la vie et l'économie des Lattarenses, dont la civilisation traditionnelle est métissée d'influences helléniques dans de nombreux domaines.
    La chute de Marseille devant les armées de César, en 49 av. J.-C., change la donne et provoque une incontestable accélération du processus de romanisation. Cependant, à partir du règne d'Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-.C.), Lattara, incluse dans la cité de la colonie de Nîmes, perd son autonomie politique tout en conservant un rôle économique notable à travers l'activité de son port. Cette histoire parcourue, on aurait pu s'arrêter là.
    Mais l'on aurait négligé ce que l'archéologie actuelle apporte de plus nouveau à la connaissance de l'habitat et de la vie des gens de la Protohistoire et du début de la période gallo-romaine, grâce à des techniques plus précises, à l'ouverture de la recherche à de nombreuses disciplines connexes, à la diversification des questionnements tant sur le terrain qu'au laboratoire. Faute de textes et de contacts directs avec ces populations, une ethnologie des Lattarenses restait évidemment impossible.
    Mais une ethnographie peut être esquissée dans les domaines où une documentation matérielle était peu ou prou conservée, modifiant sensiblement la vision quelque peu mythique des Gaulois que nous ont inculquée la tradition, l'école et certaines bandes dessinées. Car ces Gaulois-là, surtout dans le Midi, encore plus sur les rivages de la Méditerranée, ne ressemblent ni à ce l'on en pensait naguère, ni vraiment aux autres habitants de la Gaule : leur parcours, leurs contacts avec les grandes civilisations méditerranéennes, leur milieu de vie aussi leur ont conféré très tôt une certaine originalité dont l'étude vient enrichir et diversifier notre vision de cette époque-clé de notre histoire, celle-là même où s'apprirent les principes de la vie moderne.

empty