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  • Le vase de Soissons, la pieuse Clotilde, la victoire de Tolbiac, le « courbe-toi fier Sicambre » et la colombe de Reims... Au fondement de la mémoire nationale, ces images ont installé Clovis comme premier roi très chrétien et père de la France.
    L'information que nous livre, presque seul, l'évêque Grégoire de Tours sur Clovis est pourtant bien incertaine. La date même de son baptême n'est pas assurée. C'est pourquoi, après s'être attaché à reconstituer ce qui, dans le parcours même du roi, est le plus vraisemblable, il fallait montrer comment s'est construite et a été utilisée cette figure de légende.
    Laurent Theis suit ainsi l'évolution d'un mythe qui s'enrichit au fil des lieux et des âges, et qui a fait de Clovis l'un des « lieux de mémoire » les plus populaires de France.

  • Premier volume hors série de la collection Corpus des inscriptions de la France médiévale, cet ouvrage rassemble plus de 80 épitaphes provenant de l'Ouest de la France (Anjou, Maine, Touraine, Poitou), datées entre le VIIIe et le Xe siècle. Editées selon les normes actuelles, traduites et abondamment commentées, elles sont accompagnées d'une importante introduction historique et de très nombreuses photographies.
    Avec un quart de pièces datées à l'année près, cet ensemble représente un corpus de référence pour tous les spécialistes de l'histoire de l'écriture. Il fournit un matériau précieux pour appréhender de manière renouvelée la question de la réforme carolingienne. Enfin, en mettant en scène une société aristocratique formée tout autant de clercs que de laïcs (hommes, femmes et enfants), il permet d'appréhender de manière originale l'histoire sociale, politique, culturelle et religieuse de cette période.

  • Parmi les tout premiers habitats du haut Moyen Âge étudiés en Franche-Comté, l'établissement de Pratz le Curtillet se distingue par son implantation dans les hautes terres jurassiennes, longtemps réputées comme reculées et inhospitalières. L'envergure des travaux archéologiques sur les 16 hectares explorés du plateau du Lizon et la qualité des vestiges font aujourd'hui encore exception. Un imposant édifice en pierre de 16 m sur 13 flanqué d'une annexe constitue la partie résidentielle du domaine, tout en abritant fourrage et bétail, alors que le second bâtiment accueille une forge. Les équipements domestiques et artisanaux livrent une ample documentation sur les conditions de vie de cette petite communauté de statut élevé, lié à son implication dans l'économie du fer. Les études engagées à différentes échelles dans un territoire où s'installe une communauté monastique parmi les plus précoces de Gaule, non loin d'un itinéraire de franchissement du massif, contribuent à poser de précieux jalons pour cette période.

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