Moyen Age central (XIe - XIIIe siècle)

  • Pour les historiens arabes les plus lucides, ce que nous appelons les Croisades entre dans le récit plus vaste de l'effondrement de l'Empire islamique. La grande offensive des " Francs " en Méditerranée constitue l'une des deux mâchoires de la tenaille qui prend en étau l'Islam aux XIIe-XIIIe siècles, et menace de l'anéantir. L'autre mâchoire, de loin la plus redoutée, se resserre à l'est avec les invasions mongoles.
    Au regard du gouffre de cette apocalypse orientale, les événements de la part occidentale du monde islamique, où s'inscrivent nos Croisades, nous ramènent presque à l'ordinaire des temps. C'est donc à un décentrement du monde que nous invite Gabriel Martinez-Gros, en nous positionnant à Damas ou Bagdad, voire Pekin, et non plus seulement en regardant Jérusalem depuis Rome ou Paris. Ainsi se révèle, dans une perspective mondiale et par un historien nourri de sources aussi bien latines qu'arabes, ce que furent les Croisades, l'empire de l'Islam et la puissance mongole.

  • En 1968, je reçus proposition d'écrire, pour la collection Trente journées qui ont fait la France, le livre consacré à l'un de ces jours mémorables, le 27 juillet 1214. Ce dimanche-là, dans la plaine de Bouvines, le roi de France Philippe Auguste avait affronté malgré lui la coalition redoutable de l'empereur Otton, du comte de Flandre Ferrand et du comte de Boulogne Renaud ; il était, grâce à Dieu, resté le soir maître du champ. L'empereur avait détalé ; les deux comtes rebelles étaient pris. Victoire, comme on l'a dit et répété, fondatrice : les assises de la monarchie française en furent décidément raffermies. Une bataille. Un événement. Ponctuel. Retentissant.

    Quel intérêt, pour le grand historien des sociétés médiévales que fut Georges Duby, attaché aux profondeurs d'une histoire longue et lente, d'accepter de traiter un sujet aussi convenu dans une collection qui, de surcroît, incarnait un genre d'histoire si étranger à celui dont il était un illustre représentant ?
    Renouveler de fond en comble l'approche de l'événement. Le subvertir de l'intérieur. Substituer au récit une anthropologie de la guerre au XIIIe siècle et amorcer une histoire du souvenir. Planter le drapeau de l'histoire nouvelle sur l'Annapurna de l'histoire la plus traditionnelle, écrit Pierre Nora, l'historien des lieux de mémoire, dans sa préface qui situe ce grand classique dans le mouvement de la production historique.

  • Voyages aux pays des Géants d'Oddr aux Flèches, ce recueil des sagas légendaires islandaises les plus étincelantes rassemble toute la matière des mondes magiques scandinaves. Confrontés le plus souvent à une funeste destinée, les héros de ces récits hauts en couleur affrontent trölls, sorciers, guerriers-fauves et autres monstres des franges du réel, et leur soif d'aventures les pousse vers des quêtes insensées qui forment autant de romans dont William Shakespeare, Richard Wagner et surtout J.
    R. R. Tolkien surent en leur temps s'inspirer pour bâtir leur propre mythologie littéraire et poétique. Ce livre propose des sagas parues chez Anacharsis, d'autres, épuisées, publiées chez d'autres éditeurs, et des sagsa inédites.

  • Guillaume, issu d'un modeste lignage, est né au milieu du xiième siècle.
    Champion de tournois jusqu'à quarante ans, il a servi fidèlement les plantagenêts : henri ii, son fils aîné henri le jeune et les cadets richard coeur de lion et jean sans terre. en récompense, on lui a donné pour femme l'un des plus beaux partis d'angleterre. il a combattu philippe auguste et c'est à soixante-treize ans, comme régent d'angleterre du jeune henri iii, qu'il a remporté contre le futur louis viii la bataille de lincoln en 1217, qui obligea les français à conclure la paix et à évacuer l'angleterre.
    Apprenant la mort de guillaume dans la tradition des croisés, philippe auguste et ses barons le proclamèrent " le meilleur des chevaliers ".

  • J'ai toujours été fasciné par le personnage de saint François d'Assise, l'un des plus impressionnants en son temps et jusqu'aujourd'hui de l'histoire médiévale. D'abord par le personnage historique qui, au coeur du tournant décisif du XIIe au XIIIe siècle, où naît un Moyen Âge moderne et dynamique, fait bouger la religion, la civilisation et la société. [...] Mais l'homme aussi m'a fasciné, alliant simplicité et prestige, humilité et ascendant, ouverture et refus, physique ordinaire et rayonnement exceptionnel, se présentant dans une authenticité accueillante qui permet d'imaginer une approche à la fois familière et distanciée. François a été très tôt celui qui, plus que tout autre, m'a inspiré le désir d'en faire un objet d'histoire totale, exemplaire pour le passé et le présent. Ce qui m'a retenu d'écrire cette vie, c'est que j'étais absorbé par une réflexion et des travaux d'historien d'un caractère plus général et qu'en outre il existait d'excellentes biographies de François.
    Ne me satisfaisant pas, aujourd'hui, d'avoir investi l'essentiel de mon entreprise biographique dans un Saint Louis très différent par son héros et par la dimension monumentale de ma tentative, je me suis résolu à publier l'ensemble des textes que j'ai consacrés à saint François.
    Jacques Le Goff.

  • Barbastro est, pourrait-on dire, la bataille de Poitiers de l'histoire de l'Espagne : un fait d'arme - une défaite non décisive de troupes musulmanes - qui, au fil des siècles, est sublimé par un récit national en une date majeure des Croisades et de la Reconquête. Une aubaine pour les historiens en quelque sorte.
    Au printemps 1064, une armée de guerriers franchit les Pyrénées pour gagner l'Espagne. Des cavaliers pour la plupart, animés, a-t-on dit, d'une soif de vengeance et d'un désir d'en découdre avec l' Autre, c'est-à-dire le musulman. Celui-ci méritait d'être puni puisque, non seulement hérétique, il venait d'occire le souverain aragonais avec lequel plusieurs lignages nobiliaires d'outre monts avaient tissé des liens d'amitié. Ils choisirent pour cible une petite cité musulmane de la vallée de l'Ebre appelée Barbastro, qu'ils enlevèrent avant de la perdre à nouveau l'année suivante.
    La nouveauté était qu'il ne s'agissait plus d'entreprises individuelles et d'une portée limitée, mais d'une expédition de plusieurs milliers d'hommes venus du nord et rejoints par des guerriers normands d'Italie et des contingents catalans. Ces troupes se seraient mobilisées à l'appel du pape : pour nombre d'historiens c'est ici, au pied des Pyrénées, que serait née la « Croisade ».
    Sans doute quelques puissants, sous l'influence d'abbés ou d'évêques, se sentirent-ils très tôt porteurs d'une mission chrétienne ; mais faire de la guerre contre les musulmans une idéologie répandue pendant le haut Moyen Âge est erroné tant la réception du message fut réduite :
    Des comtes chrétiens s'entendirent avec des arabes pour attaquer Compostelle, le haut-lieu de la chrétienté hispanique, et les pauvres hères qui peuplaient les campagnes ou les bourgades naissantes n'avaient pour leur part qu'une maigre idée de l'Islam et des musulmans. C'est tout autant l'envie de combattre, de vaincre et de conquérir et le désir de s'emparer d'un butin qui animèrent les combattants.
    A la manière de Georges Duby dans La bataille de Bouvines, les deux auteurs déploient toute la richesse de l'histoire événementielle, lorsqu'une bataille sert de révélateur des structures, des cultures et des sensibilités. Basbatro, bataille qui demeure mal éclairée par les sources, qu'elles soient arabes ou latines, est comme Bouvines un de ces événements qui, tel un pavé jeté dans la mare, font « remonter des profondeurs une sorte de fond un peu vaseux, qui fait apparaître ce qui grouille dans les soubassements de la vie ».

  • Le royaume de France au temps de la guerre de Cent Ans connaît-il les désordres, les violences gratuites et le chaos que suggère l´historiographie traditionnelle ? Loin de nier la profondeur des crises économiques, démographiques et sociales, ce livre montre que l´État s´est construit à travers elles.

    La dynastie des Valois a pourtant eu du mal à s´imposer et à faire face aux défaites et aux révoltes, sans compter les remises en question de sa légitimité. Mais les crises précipitent les transformations politiques : des impôts sont levés, la justice du roi est rendue et lui-même gouverne par la grâce en multipliant les lettres de pardon.

    Dans ces temps de profondes mutations, les acteurs de la vie politique ont toute leur place : les héros de la victoire, de Du Guesclin à Jeanne d´Arc, mais aussi des individus moins connus, rebelles ou soumis à la faveur du roi de France, souverain non plus seulement d´un territoire, mais bien d´un embryon de nation.

  • Le 13 juillet 1131, le destin de la monarchie capétienne et du royaume de France a pris un tour tragique. Alors qu'il chevauchait avec quelques compagnons dans un faubourg de Paris, le jeune prince Philippe, fils aîné du roi Louis VI le Gros et héritier du trône déjà sacré et couronné, fit une grave chute de cheval et mourut quelques heures plus tard. Le cheval n'est pas en cause dans cet accident. Un autre animal se trouve être responsable de la chute, un animal gyrovague, remplissant en ville un rôle d'éboueur : un vulgaire cochon domestique, que tous les chroniqueurs ont aussitôt qualifié de porcus diabolicus.
    L'étude de cet événement insolite permet de cerner la place et la symbolique du porc dans l'Europe chrétienne de l'époque féodale. Présent sur tous les terroirs, pilier de l'alimentation carnée, vedette des écoles de médecines où l'anatomie humaine s'enseigne en disséquant le cadavre de la truie ou du verrat, le cochon n'en demeure pas moins une bête impure, dotée de tous les vices et symbole d'un grand nombre de péchés (saleté, goinfrerie, luxure, paresse, colère, stupidité). Comme si sa trop grande proximité biologique avec l'être humain, loin de le glorifier, en faisait un repoussoir. De fait, éclaboussée par la mort ignoble de l'un des siens, la dynastie capétienne devra multiplier les actes de « purification » pour retrouver sa dignité et sa légitimité. Il faudra plusieurs décennies pour que la pureté du lis, désormais fleur royale, efface peu à peu la souillure du porcus diabolicus.

  • À partir du XIe siècle, l'idée de croisade s'insère au coeur de la société chrétienne et constitue tout au long du Moyen Âge le moteur de l'expansion de l'Occident dans le monde méditerranéen. Plus que jamais, il est nécessaire de comprendre les raisons et les conséquences, de part et d'autre de la Méditerranée, d'un épisode historique sans précédent qui a duré quatre siècles.
    Cette synthèse interroge les origines et la nature de ce phénomène, entre « pèlerinages en armes » et migrations de populations, et en montre la complexité à travers les diverses grilles de lecture qui ont été appliquées au sujet : économiques, démographiques, religieuses, politiques. Elle montre comment, loin d'apporter les résultats escomptés ni permis les rencontres entre les cultures, ces campagnes ont d'abord servi la chrétienté à prendre conscience d'elle-même. Présentant le film des huit croisades, l'ouvrage met en lumière la tradition du pèlerinage vers Jérusalem et le développement de l'idée de guerre sainte dans la pensée pontificale. Il montre également que chez les hommes de la Croisade, la quête de Jérusalem ne peut être séparée de la gloire et de la fortune qui se réalisent dans la création d'États latins en Orient, prémices de la colonisation moderne.
    Une cinquantaine de cartes et documents iconographiques facilitent la lecture de ce volume qui propose par ailleurs et double index et une riche bibliographie.

  • Voltaire, Michelet et Georges Duby ont bien suggéré que la bataille de Bouvines « si fameuse et si nationale » n'avait peut-être été au fond que « peu de chose ». Aucun des trois n'a malheureusement pris le temps d'approfondir assez l'étude du dossier. Même le livre de Georges Duby en date de 1973, appelle les rectifications et les enrichissements qui vont être proposées ici, au terme d'un effort de 10 ans de recherche et à la lumière des travaux les plus récents.
    Rappelons donc d'emblée comment les choses sont présentées dans le récit de référence. En 1213 et 1214 la Flandre insoumise donne du fil à retordre à Philippe Auguste et à ses hommes : il a beau, au printemps 1213, s'avancer jusqu'à Gand et rançonner ses riches villes, les comtes Ferran de Flandre et Renaud de Boulogne lui tiennent encore tête, adossés à l'empire et à l'aide de subsides anglais. En juillet 1214, il est revenu avec un ost auquel font défaut plusieurs centaines de chevaliers qu'il a dû dépêcher sur la Loire pour faire face à Jean Sans Terre, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre. Le capétien ne s'avance cette fois-ci que jusqu'à Tournai, cité flamande, puis prudemment entame un repli, qui suppose le passage de la Marcq au petit pont de Bouvines. Il s'apprête lui-même à le franchir lorsque la nouvelle de l'attaque de son arrière-garde par les impériaux lui parvient.
    Le présent essai commencera par se demander ce que nous savons réellement des combats de Bouvines, avant de s'interesser aux récits historico-légendaires produit depuis le XIIIe et d'expliquer en quoi la bataille de Bouvines, en partie fabriquée, est devenue une des fiertés françaises.

  • Par une plongée en abîme au coeur des nombreux procès-verbaux des interrogatoires et dépositions de 231 templiers qui, parfois, résistèrent et défendirent leur ordre mis en accusation par le roi de France Philippe le Bel à partir de 1307, Alain Demurger, spécialiste des ordres religieux militaires et auteur de nombreux ouvrages sur les templiers, donne de cette persécution au jour le jour qui ne laissa rien au hasard, jusqu'à l'exécution du dernier grand-maître, Jacques de Molay en 1314, une vision saisissante.

  • Saint Louis rendant la justice sous son chêne à Vincennes. Saint Louis croisé en Orient. Des images d'épinal que tout un chacun a en mémoire. Mais qui se souvient qu'Henri IV justifia son règne grâce à lui ? Que Louis XIV, au palais du Louvre, le faisait louer tous les ans ? Que le saint roi inspira aussi bien Chateaubriand que Jules Verne ? Qu'à l'instar d'une Jeanne d'Arc, sa mémoire fut disputée par la droite comme par la gauche ?
    Ce livre, c'est d'abord un portrait renouvelé du roi capétien et de son règne, intégrant les apports de la recherche la plus récente. Mais cet ouvrage va plus loin. Pour la première fois, il propose également de reconstituer l'histoire de la mémoire de ce roi, depuis sa canonisation en 1297 jusqu'à nos jours. « Un vaste et beau programme », selon les termes mêmes du grand médiéviste Jacques Le Goff évoquant l'éventualité d'une telle recherche, qui conduit le lecteur à travers les siècles d'une mémoire fluctuante, disputée, parfois passionnée. Grâce aux sources documentaires, littéraires et iconographiques, il est donc possible de suivre l'évolution de cette figure royale à la fin du Moyen Âge, mais aussi aux époques moderne et contemporaine, un monarque tolérant et modéré loué par Voltaire, un roi « cruel et imbécile » aux yeux du marquis de Sade.

  • Ce livre propose une analyse méthodique des institutions de la France médiévale, depuis le xie siècle  où la renaissance documentaire autorise des investigations plus fines  jusqu'au terme traditionnellement assigné au Moyen Âge. Celui-ci, contre toute légende, s'avère en effet particulièrement fécond en innovations institutionnelles dont beaucoup sont encore vivaces aujourd'hui.
    On s'attachera d'abord à montrer la logique de l'ordre seigneurial qui marque si profondément la culture politique et les rapports sociaux dans le cadre féodal. Une deuxième partie examine l'État royal dont elle décrit un par un les principaux rouages : gouvernement, administration, devoirs de justice, moyens financiers et outils militaires. Puis sont étudiées les villes, qui affirment leurs libertés et aspirent à se gouverner elles-mêmes, donnent naissance à leurs propres structures politiques, commune ou consulat. La dernière partie, enfin, est consacrée à l'Église, qui soumet peu à peu le monde des clercs et celui des fidèles à des cadres de plus en plus ordonnés.

  • C?'est durant la seconde moitié du Moyen Âge que fut mis en place l'essentiel du dispositif portuaire de la France atlantique. Les médiévistes ont beaucoup étudié les sociétés littorales et avec elles les trafics, les marchandises et les navires, mais ils se sont peu préoccupés des espaces portuaires à partir desquels leurs activités étaient rendues possibles. Les ports, considérés en tant que territoires à part entière n'ont que très peu attiré l'attention. Cet ouvrage entend rassembler et organiser nos connaissances relatives aux ports du XIe au XVe siècle.

    Avec le soutien de l'université de La Rochelle et du laboratoire « LIttoral ENvironnement et Sociétés (LIENSs) - UMR 7266 ».

  • Ce volume est le second d'une série d'ouvrages portant sur "Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Âge (XIIe-XVe siècle)", visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source "normative" mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu.

    Cet ouvrage, plus spécifiquement, se donne pour but de replacer la matière statutaire de l'Italie (Sienne, Ferrare, Gênes, Rimini, Milan, Orvieto, Pérouse, Todi, Pise, Lucques, la Sicile et Candie vénitienne) et du Midi de la France (Agen, Marseille, Avignon, Rodez et Comtat Venaissin) au sein d'un ensemble de documents produits par les autorités communales, par d'autres institutions présentes dans la commune ou par une autorité supérieure (seigneur laïc ou ecclésiastique, prince, roi ou pape) exerçant son dominium. Il s'agit donc d'éclairer le statut dans son paysage documentaire pour mesurer les circulations documentaires en repérant et en analysant tous les points de contact entre les statuts et les autres documents.

    Du niveau le plus haut ou le plus large (comtal, provincial ou royal) au plus restreint (groupements professionnels) en passant par l'échelon communal, les différentes strates normatives se superposent et se complètent mais peuvent également entrer en concurrence, nous dévoiler des tensions entre les divers niveaux de réglementation, chacun de ceux-ci espérant marquer son emprise, dominer un espace ou un secteur d'activité. Statuer peut, en ce sens, apparaître comme un enjeu social de toute première importance.

  • Dans le roman national, Louis IX est l'archétype du souverain sage rendant la justice sous son chêne de Vincennes, et le modèle du roi pieux, acquéreur de la Sainte Couronne, qui meurt à Tunis pendant la huitième croisade. Pour l'Église catholique, qui le canonise vingt-sept ans seulement après sa mort, c'est un saint.
    Dans l'histoire juive, il laisse l'image d'un monarque antijuif, considéré comme un persécuteur. Ses ordonnances contre l'usure, ses mesures pour imposer aux juifs le port de la rouelle, les autodafés de livres rabbiniques qu'il ordonne, font de lui le plus antijuif des Capétiens. Mais sa politique à l'endroit des juifs est plus ambivalente qu'il n'y paraît. Contrairement à son grand-père Philippe Auguste - qui les expulse en 1182 - et à son petit-fils Philippe le Bel - qui en fait autant en 1306 -, Saint Louis n'a finalement jamais banni les juifs de son royaume.
    Les actes du colloque tenu dans le cadre de l'exposition « Saint Louis » en 2015, donnent l'occasion à une vingtaine de spécialistes de replacer la législation à l'égard des juifs dans la politique générale de Louis IX. Ainsi sont révélés des éclairages nouveaux sur des aspects mal connus de son règne.

  • Le 25 avril 1214, le futur roi Louis IX dit « saint Louis » naît à Poissy et y est baptisé.
    Appelé à gouverner un royaume élargi jusqu'aux confins de la Méditerranée, instigateur de deux croisades qui l'ont conduit en Égypte et à Tunis, il resta pour autant attaché à ses origines, en signant ses lettres du secret, « Louis de Poissy » ou encore « Louis, seigneur de Poissy ».
    Il est donc légitime pour la Ville de Poissy (Yvelines) de présenter, du 6 mars 2014 au 4 janvier 2015, dans le cadre de la Commémoration nationale des 800 ans de la naissance de saint Louis, SOUS LE SCEAU DU ROI, une exposition à caractère historique qui évoquera son rôle dans la construction du pouvoir royal, dont il assied durablement l'autorité face aux grands féodaux et aux royaumes voisins. .
    Alors que l'historiographie a privilégié la personne du roi et sa sainteté, l'exposition évoquera, de façon privilégiée, le gouvernement de Louis IX et les institutions royales qu'il a contribué à affermir et à enraciner durablement, dans un domaine royal considérablement agrandi depuis le début du xiiie siècle par son grand-père Philippe Auguste. Les déplacements quotidiens et les trajets exceptionnels du roi au sein du royaume seront abordés afin de remettre en contexte l'emprise du pouvoir sur le territoire. Outre les liens entre la famille royale capétienne et Poissy, l'accent sera mis sur la chancellerie de Louis IX, rédactrice des actes de gouvernement, et le souci d'équité de l'administration royale avec la mise en oeuvre d'enquêtes visant à constater et réparer les torts attribués aux gens du roi, et la promulgation d'une grande ordonnance de réformation du royaume au retour de la septième croisade. Seront également évoquées, la création du Parlement, la mise en place d'une réforme monétaire, et la construction de la Sainte-Chapelle sur l'Île de la Cité à Paris.
    Le pouvoir de l'écrit sous le règne de Louis IX L'exposition présentera des documents d'archives illustrant la matérialisation de la décision royale par des écrits : chartes et lettres et mandements portant le sceau de Louis IX. Les éléments composant un scriptorium rappelleront les tâches effectuées par les scribes de la chancellerie.

  • L'Abbé Raymond Boyer est un ecclésiastique et un érudit provençal qui a conduit de nombreux travaux d'archéologie dans le sud-est de la France. Il a été élu Président d'honneur de la Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan et du Var. Il a créé le Centre archéologique du Var en 1957. Il est décédé en 2011 à Draguignan.

  • L'écrit produit par les institutions monastiques du Val de Loire du Xe au XIIIe siècle est abondant. Depuis une trentaine d'années, les travaux consacrés à l'écrit ont largement renouvelé les connaissances sur les formes, les enjeux et les acteurs de la production écrite. Dans ce contexte fécond et dynamique, il est bienvenu de porter un regard neuf sur le vaste corpus ligérien. Cet ouvrage vise à mieux évaluer la singularité de l'écrit élaboré dans le Val de Loire et à identifier des réseaux de lettrés, afin de mesurer l'influence de l'espace ligérien comme aire de diffusion et de réception des productions culturelles.

    Avec le soutien de l'université d'Orléans et du laboratoire POLEN - EA 4710 de l'université d'Orléans.

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