Moyen Age tardif (XIVe - XVe siècle)

  • Les chapitres : ils forment un récit, reprenant les grands thèmes et les chronologies (démographie, production, institutions, culture.).
    L'atelier de l'historien : le lecteur découvre la manière de travailler de l'historien. Cet atelier met en lumière les sources historiques et les débats d'historiens que la période a engendrés. Un atout majeur.
    Les annexes : indispensables pour comprendre le travail de l'historien, elles reprennent les repères chronologiques, les notices biographiques, la bibliographie par chapitre, la table des références iconographiques, les sources des textes, cartes et graphiques et l'index.

  • À la fin du Moyen Âge, après des siècles d'abandon du lexique maritime antique, les écritures souveraines s'agitent soudain, car les mots d'une nouvelle accusation pénale sublime - le crime de piraterie des Latins - s'infiltrent dans les archives. Peu à peu, le lexique médiéval des « larrons de mer » se retire des rivages, tandis que s'avance le « pirate » : la France réinventait son criminel en mer au seuil de la modernité. Cette mécanique fut avant tout atlantique et royale : une invention, ou découverte, de la piraterie, telle une relique sainte du passé romain qui serait remontée à la surface avant d'être exploitée par les Valois pour ses vertus pénales.
    Cette apparition médiévale du pirate français est remarquable en ce qu'elle scrutait désormais l'obéissance des gens de mer, ainsi mis en sujétion par une inflexion terrible de la doctrine pénale. Le royaume de France, devenu une puissance maritime au XV siècle, livrait ici un nouveau récit pénal des navigations, dans lequel pirates et rois se combattaient, pour mieux transformer le statut de ses frontières atlantiques.

  • Les minutes du procès de Jeanne d'Arc qui dura cent jours en 1431, relues, commentées et éclairées par un avocat de renom. Jacques Trémolet de Villers, en voix off, nous révèle une jeune femme, prétendue analphabète, seule à la barre, capable en réalité de déjouer les pièges des hommes d'Église et de loi qui l'accusent. Il nous conduit de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d'annulation, jusqu'à sa plus profonde conviction : et si Jeanne était docteur de l'Église ?

  • Murielle Gaude-Ferragu redonne ici une mémoire aux reines oubliées du Moyen Age et s'interroge sur la véritable nature de leur pouvoir. Quelles sont leur rôle et leurs fonctions au sein de la cour et du royaume de France ? Il ne s'agit pas de faire une galerie de portraits individuels, mais bien de comprendre la spécificité du triple statut de la reine : épouse du roi, femme politique, symbole monarchique.

    À la différence de son encombrante rivale, Agnès Sorel, l'épouse de Charles VII, Marie d'Anjou, « reine sans gloire », reste dans l'ombre de l'Histoire. Elle n'est pas la seule. La plupart des souveraines des XIV e et XV e siècles - Jeanne d'Évreux, Jeanne de Bourbon ou Charlotte de Savoie - sont tombées dans l'oubli. Seules deux reines de cette période se détachent : Isabeau de Bavière et Anne de Bretagne, ancrées dans la mémoire de la « nation France », l'une par le rôle politique qu'elle joua, l'autre par son statut mythifié de dernière duchesse de Bretagne, qui, jusqu'au bout, se serait battue pour maintenir l'indépendance de sa principauté.
    Or bien avant Catherine ou Marie de Médicis, ces femmes ont joué un rôle essentiel pour la Couronne, non seulement parce qu'elles portaient les destinées de la dynastie, mais encore parce qu'elles incarnaient, auprès de leurs époux, la majesté royale.

  • La fortune des Médicis

    Jean-Yves Boriaud

    • Perrin
    • 19 Septembre 2019

    Le siècle dit « des Médicis » passe pour un moment d'exception, un modèle d'équilibre politique comme de perfection esthétique. Au xve siècle affluent effectivement à Florence, en ce brillant Quattrocento, artistes, architectes, érudits et philosophes qui en font le phare de la Renaissance italienne. Mais rien n'aurait été possible sans la toile économique patiemment tissée depuis des dizaines d'années par les fondateurs méconnus de la dynastie des Médicis, des banquiers qui, en dépit des graves soubresauts qui agitèrent l'histoire de la ville, montèrent un réseau de succursales qui firent la fortune de la famille. Fort de sa connaissance intime de la période, Jean-Yves Boriaud montre comment les Médicis, appuyés sur cette solide infrastructure, réussirent à s'emparer, sous Cosme (1434-1464) puis Laurent « le Magnifique » (1469-1492), de la réalité du pouvoir politique dans cette « république » aux rouages compliqués et à conforter cette puissance en se constituant une cour de haute culture, à même de célébrer les exceptionnels mérites du clan. Cela avant que le système montre ses limites et qu'en sollicitant à l'excès les ressources de la banque familiale, Laurent et ses successeurs ne le conduisent à l'échec final, la faillite de 1494.
    L'ascension, l'apogée et la chute d'une famille mythique, racontée avec brio par l'historien des Borgia.

  • Comment la guerre de Cent Ans a-t-elle été vécue en France et en Angleterre ? Derrière les événements militaires et politiques, comment les populations ont-elles réagi au conflit ? En retard dans le domaine des finances et de l'organisation militaire, la France commença par essuyer de nombreux revers avant de retourner la situation à son profit. Mais, loin du champ de bataille, c'est dans les sociétés elles-mêmes que les changements et les évolutions furent les plus profonds. À travers une étude comparative des deux nations, Christopher Allmand s'attelle ainsi à déchiffrer ce que la guerre signifia pour les hommes des XIVe et XVe siècles, tandis que, peu à peu, on voit émerger de part et d'autre de la Manche les prémices d'un sentiment national. Préface inédite de Jean-Philippe Genet.

  • Le mystère des templiers exerce une fascination particulière chez nos contemporains. La simple évocation d'un grand-maître, d'une commanderie ou d'une baillie suffit à déclencher un puissant imaginaire, mêlant trésor perdu, guerre sainte et complot royal.
    Pour sortir des idées reprises en boucle, l'auteur, spécialiste incontesté des ordres religieux-militaires, réunit dans cet ouvrage une somme de données précises sur la réalité templière.
    Ni biographie collective ni dictionnaire, ce livre recueille et décompte toutes les informations mentionnées sur des templiers dans les procès et autres procédures qui s'étalèrent de la rafle du 13 octobre 1307 jusqu'à la fin de l'ordre en 1312.
    Origines, carrières, lieux... qu'ils soient chevaliers, chapelains, sergents, c'est tout un peuple qui surgit à travers les 2 336 templiers recensés, actifs pour le plus ancien depuis 1248, et 1 135 physiquement présents dans l'une ou l'autre des procédures.
    À la fois catalogue et base documentaire, cet ouvrage renseigne une période importante de l'histoire de l'ordre qui envoie alors massivement des recrues à Chypre dans la perspective de reprendre pied en Terre sainte.

  • De la condamnation de 1431 à la réhabilitation de 1456, les deux procès de Jeanne d'Arc racontent l'hitoire sous la légende. Ils disent les exigences et la prudence des rois, le lourd juridisme des clercs retranchés derrière les règles de la procédure, l'inquiétude d'une Église de l'ordre face aux élans, aux espoirs et aux révoltes de la religiosité populaire. En composant un dossier qui sera classique, Georges et Andrée Duby montrent comment, autour de la voix de Jeanne, raisons et silences dessinent le champ de forces d'un siècle : voici l'envers de notre plus grand mythe national.

  • La guerre de Cent ans est un événement essentiel dans la constitution des royaumes de France et d'Angleterre et a marqué de son empreinte les relations entre les deux pays.
    Cette synthèse accessible et facilement utilisable donnera aux étudiants les clés pour décrypter les raisons, le contexte et le déroulement d'un conflit qui dura de 1330 à 1453. L'ouvrage propose un parcours thématique qui envisage la guerre de Cent ans comme un phénomène global : politique, idéologique, militaire, sociétal..., vu aussi bien du côté français qu'anglais.
    S'appuyant sur de nombreuses sources - officielles, littéraires, iconographiques -, un appareil cartographique et des études de cas de textes et d'images, ce volume permettra à l'étudiant de construire un exposé, élaborer une dissertation ou rédiger un commentaire de document sur le sujet.
     

  • La Renaissance est accusée de nourrir le roman de la supériorité européenne, technique, culturelle et économique. Elle est également à l'origine des figures contestées de l'État et d'une première mondialisation, forcément brutale et malheureuse.
    Quant à l'humanisme, il a légué l'élitisme scolaire et un spécisme en faveur de l'homme au détriment de l'animal. Bref, la période illustre toutes les dérives de l'esprit moderne, individualiste et narcissique, dont le transhumanisme serait le dernier avatar.
    Ce livre expose le bien fondé de certaines critiques, mais aussi les fantasmes qu'elles mobilisent. Il revient notamment sur la genèse du terme, la Renaissance s'opposant au « Moyen Âge » inventé au XVIe siècle par des hommes qui voulaient faire renaître l'Antiquité, ainsi que sur le Quattrocento italien, son véritable modèle, et sur les Réformes religieuses qui ont marqué la naissance de la modernité. Tenant compte des critiques, de l'historiographie ancienne et la plus récente, l'ouvrage propose de fixer les principaux traits de la Renaissance que l'on peut retenir aujourd'hui. Non, la Renaissance n'est pas morte.

  • La guerre de Cent ans a-t-elle existé ? On le suppose, puisque les livres d'histoire, qui caractérisent ainsi le conflit entre France et Angleterre entre 1337 et 1453, l'affirment depuis le XIXe siècle. La guerre de Cent Ans n'a pourtant pas de fin officielle, puisqu'il n'y a jamais eu de traité de paix, et certains ont voulu faire remonter l'inimitié entre les Capétiens et les Plantagenêt au XIIe siècle. Face à cette alternative, le présent livre voudrait présenter la guerre de Cent ans comme la manifestation spectaculaire, entre la fin du XIIIe siècle et le milieu du XVe siècle, du passage à un nouvel politique. Les progrès de la souveraineté et de l'Etat royal ont en effet rendu caduque le partage féodal de la souveraineté entre seigneur et vassaux, poussant à la révolte le plus puissant d'entre eux, le duc de Guyenne qui était aussi roi d'Angleterre.

  • De l'affaire des Templiers, le public français n'a souvent qu'une vision partielle, limitée à la lutte entre Philippe le Bel et la papauté, et culminant avec l'épisode dramatique du grand maître Jacques de Molay brûlé vif à Paris sur l'île aux Juifs.
    Tout en déroulant les étapes de ce processus qui a conduit à la suppression de l'ordre, Robert Vinas a choisi de mettre en exergue le cas des Templiers roussillonnais, grâce à deux ensembles de documents essentiels, miraculeusement parvenus jusqu'à nous : les interrogatoires conservés à la BnF, et les correspondances templières des Archives de la Couronne d'Aragon à Barcelone.
    Cet ensemble précieux permet non seulement de comprendre l'importance des problèmes internationaux provoqués par cette affaire entre le Saint-Siège et les royaumes de France, de Majorque et d'Aragon, mais aussi de découvrir certaines personnalités jusqu'ici méconnues. C'est ainsi qu'au destin tragique de Jacques de Molay répond en contrepoint celui du commandeur Ramon Saguardia, prenant les armes contre le roi d'Aragon mais finalement innocenté par l'Église, après un procès unique dans les annales de la chrétienté.

  • Le 25 octobre 1415, la bataille d'Azincourt, qui aurait dû être gagnée par les Français, fut pour eux une défaite sans précédent, où périt une grande partie de leur élite politique et guerrière. Pour les Anglais, bien inférieurs en nombre, usés par des semaines de marche, ce fut une formidable victoire, mise à l'actif de leur jeune roi Henri V. Comme à Crécy, ou à Poitiers, les redoutables archers anglais avaient fait la différence.

    Azincourt ouvrit la plus grave crise institutionnelle que la France ait connue, partageant le pays entre deux légitimités contradictoires : celle du Dauphin et celle du roi d'Angleterre, se prétendant l'un et l'autre héritier du roi de France. Trente-cinq années seront nécessaires pour que le pays retrouve son unité. De cette longue période de revers et de déconvenues, nous ne retenons le plus souvent que l'épisode de Jeanne d'Arc, ouvrant la voie de la reconquête. Mais l'intervention de la Pucelle n'aurait guère produit d'effets sans l'ample mouvement de résistance à l'occupant anglais qui émergea dans le royaume. D'une certaine manière, Azincourt, qui sonna le glas de l'aventure chevaleresque, provoqua l'émergence d'un premier sentiment national, incarné par des capitaines audacieux, mais aussi par des femmes et des hommes du peuple menant au péril de leur vie une guerre de coups de main.

    C'est la bataille, que raconte ainsi Valérie Toureille, mais également ses conséquences. Car si Azincourt constitue un épisode fondateur de la nation anglaise, il signe aussi l'acte de naissance de la première résistance française.

  • Ce livre examine les déplacements des frontières du royaume de France du XIIe au XVe siècle, avec des ouvertures comparatistes sur l'Italie, la péninsule Ibérique et l'Empire. Il était en fait possible au Moyen Âge de déplacer les frontières et de rattacher un territoire à un autre espace politique. Qu'est-ce donc qui autorisait ce passage ? Comment pouvait-on s'arroger ce droit considérable de déplacer des frontières ? La pertinence de la notion d'« annexion » doit donc être elle aussi questionnée.

    Avec le soutien de l'université Paris Est.

  • Cellule essentielle d'encadrement des hommes, la seigneurie est à la fin du Moyen Age un organisme complexe et divers. Cet ouvrage vise à mieux en comprendre les ressorts en partant d'un cadre chronologique et géographique cohérent et suffisamment étendu, la Bretagne méridionale du XIVe au début du XVIe siècle, pour mener les analyses et dégager quelques conclusions d'ensemble. Le croisement des sources et des approches dessine ainsi une chronologie différente, décalée, par rapport aux autres régions françaises. La crise la plus forte à laquelle les seigneuries rurales bretonnes sont confrontées ne se situe pas au XIVe siècle, même si les dégâts de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) ne doivent aucunement être minorés, mais bien à la fin du XVe siècle, au moment où les provinces voisines ont déjà entrepris leur processus de reconstruction agraire.
    Cet écart chronologique a de lourds impacts sur l'organisation des structures rurales bretonnes. Le convenant s'affirme de plus en plus nettement en Vannetais, entraînant un repli mesuré des censives, tandis que les censives en comté de Nantes continuent de dominer largement les terroirs, même si les complants et les métairies se développent dans les zones de marches. La géographie agraire est dès lors de plus en plus contrastée selon les terroirs. Cet ouvrage est enrichi d'une trentaine de cartes, réalisées à partir des dépouillements archivistiques, qui permet de mieux visualiser le poids, le rôle ou encore les traits singuliers des structures seigneuriales dans l'organisation des campagnes de Bretagne méridionale à la fin du Moyen Âge.

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