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  • Septembre 1845. La conquête de l'Algérie paraît terminée. L'armée française contrôle tout le pays, à l'exception du Sahara. L'encombrant maréchal Bugeaud annonce sa démission. C'est alors qu'Abd el-Kader, réfugié au Maroc, reprend la lutte. Il anéantit une colonne française à Sidi-Brahim, prélude à une brillante campagne, dans laquelle il démontre ses qualités de stratège. Les plateaux d'Oranie, le massif du Dahra, la plaine du Chélif s'embrasent à l'appel des confréries. La France des notables s'obstine et envoie des renforts. Les généraux de l'armée d'Afrique recourent à des méthodes tristement éprouvées. L'insurrection est écrasée. L'armée triomphe, mais l'avenir de la colonisation demeure encore bien incertain. Jacques Frémeaux signe le premier ouvrage de fond sur cet épisode méconnu de la « pacification » française en Algérie.

  • Au sud de la Sicile, une île est en train d'émerger, ou plus exactement de resurgir. Julia pour les Français, Ferdinandea pour les Italiens, Graham pour les Britanniques, l'île avait déjà fait parler d'elle en 1831, quand les revendications des trois pays avaient failli dégénérer en guerre navale. Puis elle disparut subitement après six mois d'existence. Pour elle, un duel opposa un officier français à un prince sicilien. L'île intermittente reçut la visite de Walter Scott ; elle inspira aussi Fenimore Cooper, Alexandre Dumas et Jules Verne.

    Aujourd'hui, l'île est en train de remonter à l'air libre et devrait bientôt réapparaître. Sa position stratégique nourrit de nouveau les ambitions des puissances riveraines. Or la France a des droits sur cette terre, dont elle a formellement pris possession le 29 septembre 1831. À partir de sources diplomatiques, scientifiques et littéraires, Bruno Fuligni nous dépeint l'île Julia comme un être vivant, capricieux et mystérieux : une belle qui fit rêver de grands noms de la littérature et que les puissants n'ont jamais cessé de convoiter.

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