Histoire généralités

  • Avec cette somme magistrale, Peter Frankopan renverse le récit traditionnel de l'histoire mondiale, qui gravite autour de la Grèce antique, de Rome et de l'irrésistible ascension de l'Occident - une approche réductrice, qui méritait une relecture approfondie.
    Élargissant la perspective, Frankopan se tourne vers « une région située à mi-chemin entre Orient et Occident, qui va des rives orientales de la Méditerranée jusqu'à la mer Noire et à l'Himalaya ». C'est là, au carrefour des civilisations, qu'il situe le centre névralgique du globe. Et c'est les yeux rivés sur ce « coeur du monde » que, des campagnes d'Alexandre le Grand aux luttes géopolitiques du XXIe siècle, il retrace avec brio 2 500 ans d'histoire.
    Salué par la presse internationale comme « le plus important livre d'histoire publié depuis des décennies », Les Routes de la soie est un voyage grisant à travers les siècles, qui décentre avec audace le regard du lecteur pour éclairer d'une lumière nouvelle notre compréhension du monde.

  • Présentation de celle qui fut la mère de Marie-Antoinette, héritière des Habsbourg, épouse d'un mari volage, mère de seize enfants et souveraine d'un immense empire. L'historienne tente de comprendre comment cette femme toute puissante a pu ou non concilier ses différents statuts.

  • L'historien des sensibilités retrace l'évolution des conceptions et des significations de la pluie à travers les siècles, dans la littérature, en art, en politique et dans les pratiques sociales.

  • Les mots « terre d'Israël » renferment une part de mystère. Par quelle alchimie la Terre sainte de la Bible a-t-elle pu devenir le territoire d'une patrie moderne, dotée d'institutions politiques, de citoyens, de frontières et d'une armée pour les défendre ?
    Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand a, à grand bruit, dénoncé le mythe de l'existence éternelle du peuple juif. Il poursuit ici son oeuvre de déconstruction des légendes qui étouffent l'État d'Israël et s'intéresse au territoire mystérieux et sacré que celui-ci prétend occuper : la « terre promise », sur laquelle le « peuple élu » aurait un droit de propriété inaliénable.
    Quel lien existe-t-il, depuis les origines du judaïsme, entre les juifs et la « terre d'Israël » ? Le concept de patrie se trouve-t-il déjà dans la Bible et le Talmud ? Les adeptes de la religion de Moïse ont-ils toujours aspiré à émigrer au Moyen-Orient ? Comment expliquer que leurs descendants, en majorité, ne souhaitent pas y vivre aujourd'hui ? Et qu'en est-il des habitants non juifs de cette terre : ont-ils - ou non - le droit d'y vivre ?

  • Dans les campagnes du Frioul, entre le XVIe et le XVIIe siècle, d'étranges récits attirent l'attention des autorités religieuses. Les membres d'une mystérieuse confrérie, nommés benandanti, racontent se battre à coups de branches de fenouil contre de méchants sorciers armés de tiges de sorgho. L' issue de ces combats, qui se déroulent en rêve, est déterminante pour les récoltes : selon que les uns ou les autres l'emportent, l'année qui vient sera prospère ou frappée par la famine.
    L'Église est prise de court face à ces phénomènes : elle ne comprend pas ces pratiques à demi païennes. Les inquisiteurs tentent de faire avouer aux benandanti que ces «batailles nocturnes» sont une réédition du classique sabbat...
    En examinant, à la lumière des archives de l'Inquisition, le décalage entre les propos des juges et ceux des accusés, Carlo Ginzburg ouvrait la voie à un renouveau de l'historiographie - à la fois par ses hypothèses inédites sur les origines de la sorcellerie et par son choix de faire entendre les voix, longtemps ignorées, des persécutés.

  • La mètis des Grecs - ou intelligence de la ruse - s'exerçait sur des plans très divers mais toujours à des fins pratiques : savoir-faire de l'artisan, habileté du sophiste, prudence du politique ou art du pilote dirigeant son navire. La mètis impliquait ainsi une série d'attitudes mentales combinant le flair, la sagacité, la débrouillardise... Multiple et polymorphe, elle s'appliquait à des réalités mouvantes qui ne se prêtent ni à la mesure précise ni au raisonnement rigoureux.
    Engagée dans le devenir et l'action, cette forme d'intelligence a été, à partir du Ve siècle, refoulée dans l'ombre par les philosophes. Au nom d'une métaphysique de l'être et de l'immuable, le savoir conjectural et la connaissance oblique des habiles et des prudents furent déconsidérés. Reconnaître le champ de la mètis, c'est, pour les auteurs de ce livre, réhabiliter une «catégorie» que les hellénistes modernes ont largement méconnue.

  • La Nouvelle-France, née au début du XVIIe siècle de l'immigration française, regroupa trois ensembles : la Louisiane, le Canada et les côtes de l'Atlantique Nord, autour du fleuve Saint-Laurent. Cet ouvrage les décrit spécifiquement, montrant les différences, mais aussi l'unité de cet empire, symbolisé par l'esclavage et l'alliance avec les Indiens dans la lutte contre l'Angleterre.

  • Comment l'Homme est-il devenu ce qu'il est aujourd'hui ? Comment les Etats se sont-ils formés ? Qu'est-ce que l'archéologie peut nous révéler des conflits passés ? Que sont le Grand Zimbabwe, Rapa Nui, Stonehenge et Jéricho ? Archéologues, anthropologues et professeurs ont participé à l'élaboration de cet ouvrage qui nous invite à découvrir les trésors réunis par l'archéologie, depuis les grottes de Lascaux jusqu'à Angkor Vat, en passant par Toutankhamon et l'armée de terre cuite chinoise.
    A travers les époques et les continents, découvrons ce que les recherches les plus récentes nous apprennent de nos civilisations. Une grande diversité de sites parcourus en détails, depuis les ensembles religieux spectaculaires enfouis dans les déserts et les jungles jusqu'à la révolution industrielle. Les nouvelles technologies au service de l'archéologie d'aujourd'hui. Tous les outils indispensables : repères chronologiques, illustrations détaillées, glossaire.

  • Ressusciter le passé, par le contact avec les sources et la passion des archives, et surtout par l'écriture : telle est l'ambition de l'Histoire de France de Michelet, un homme qui, disait Taine, écrit "comme Delacroix peint et comme Doré dessine".
    Les transformations de la sensibilité, l'imbrication de la vie privée et des affaires publiques, l'influence des enjeux financiers sur les événements politiques, la façon dont l'esprit et le style d'une époque se manifestent dans les oeuvres d'art, le rôle des modes, l'évolution des régimes alimentaires... tout est matériau pour raconter une Histoire dramatique, troublante, dans laquelle le lecteur est plongé un peu comme Fabrice à Waterloo, découvrant les événements en même temps que leurs acteurs : et l'on tremble à lire le récit de la folie du jeune Charles VI, l'on s'émeut de la destinée tragique de Charles le Téméraire, l'on entre avec effroi dans la biographie de Damiens, l'auteur de l'attentat contre Louis XV...
    De cette fresque immense, qui déroule l'histoire de France depuis les peuples barbares jusqu'à la veille de la Révolution française, cet ouvrage propose une sélection de moments, en guise d'initiation à une oeuvre comparable à La Comédie humaine, au cycle des Rougon-Macquart ou à la Recherche du temps perdu.

  • «La Grèce antique est la plus belle invention des temps modernes», écrivait Paul Valéry. Son héritage, si longtemps placé au coeur de la culture européenne, est fait de multiples voyages vers un objet façonné et refaçonné au fil des siècles. De quelles significations la Grèce a-t-elle été successivement porteuse, à Rome, au Moyen Âge, à la Renaissance et depuis la Révolution française? De quelles manières a-t-elle aidé à définir les identités culturelles ou nationales, la démocratie, l'histoire? Et quel sens peut-il y avoir, aujourd'hui encore, à «partir pour la Grèce»?
    Par une réflexion lumineuse qui nous conduit d'Hérodote à Jean-Pierre Vernant, en passant notamment par Plutarque, Montaigne ou Fustel de Coulanges, François Hartog permet de comprendre l'émergence et les transformations de ce repère majeur de la pensée occidentale qu'on appelle la Grèce.

  • La carte n'est pas le territoire : malgré leurs visées scientifiques, les cartes sont toujours subjectives, et intimement liées au contexte dans lequel elles naissent. Les cartographes ne se contentent pas de représenter le monde : ils le construisent, à partir des idées de leur époque et de leur culture. Telle est la thèse de Jerry Brotton, et le point de départ de cet extraordinaire voyage à travers le temps et l'espace. En observant à la loupe douze cartes du monde, il ouvre autant de fenêtres sur des civilisations aussi différentes que la Grèce antique et la Corée du XVe siècle, l'Europe des grandes découvertes et celle de la Révolution française, jusqu'au monde globalisé d'aujourd'hui, placé sous l'oeil de Google Earth... À l'issue de ce périple aussi captivant qu'instructif, on aura appris une foule de choses : saviez-vous de quand date l'habitude de placer le Nord en haut d'une carte ? quel planisphère a donné son nom à l'Amérique ? et vous doutiez-vous que, malgré les apparences, les cartes d'aujourd'hui ne sont pas plus définitives ni plus objectives que celles d'autrefois ? Lecteurs de ce livre, vous ne regarderez plus jamais votre GPS de la même façon.

  • Sans nul doute, l'Europe aurait pris un cours différent sans l'oeuvre politique de Guillaume le Conquérant (v. 1027-1087). Non seulement il l'a façonnée, mais elle l'a façonné aussi...
    Resituant sa vie au-delà des limites nationales et nationalistes, David Bates offre ici une oeuvre aboutie qui fera date. Cette biographie magistrale, ambitieuse et érudite pénètre en profondeur la vie intime de Guillaume, notamment ses origines, la relation à sa mère Arlette, son mariage avec Mathilde de Flandre ou sa fidélité conjugale, mais elle relate aussi un destin politique et militaire hors du commun. David Bates s'interroge sur les conditions de la conquête de l'Angleterre en 1066, à laquelle il consacre des pages passionnantes, de la succession anglaise à la bataille décisive d'Hastings dans le Sussex. Une dizaine d'heures durant, le Conquérant combat jusqu'à la mort Harold dont il nie la légitimité. Devenu roi, Guillaume écrasera impitoyablement toute résistance dans le pays, laissant outre-Manche un souvenir indélébile. Mais ce bouleversement politique et social que d'aucuns ont pu qualifier de colonisation contribua à la formation d'un véritable Empire transmanche.

  • Au XIIIe siècle, la chevalerie forme, dans l'ensemble de l'Occident, un corps bien délimité et qui s'établit véritablement au centre de l'édifice social. Elle s'est appropriée la supériorité et l'excellence qui s'attachaient naguère à la notion de noblesse. En elle s'incarnent les valeurs maîtresses d'une culture. Comment se sont forgés les modèles, les images, les représentations mentales qui donnèrent à ce corps son armature et qui l'installèrent dans cette position éminente ? Comment l'idée de noblesse vint-elle finalement se conjoindre à l'idée de chevalerie ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre ces articles de Georges Duby, en même temps qu'à une interrogation plus générale : qu'est-ce que la féodalité ?

  • Le temps des rois-dieux est celui du premier accomplissement de la civilisation pharaonique. Le monarque, dieu pan ni les hommes, est le maître des destins : seigneur de la foi, dirigeant la politique et l'histoire, gardien vigilant de l'économie et de la prospérité du royaume du Nil. La religion est le grand vecteur de la civilisation égyptienne antique. On analysera donc la genèse des cultes, notamment les modalités progressives de leur constitution à partir de faits d'observation sur lesquels brode une imagination fervente. Douze dynasties de pharaons (de 3200 à 175 avant J-C environ) accomplissent cette première expérience historique et permettent une large expansion du royaume en Afrique et en Asie. On étudie ensuite la société et ses composantes : la grandeur des rois, l'importance des notables comme la vie plus simple des hommes de la vallée. Cet ouvrage ne veut pas être le seul reflet d'événements passés, niais aussi celui, plus sensible, de la pensée des hommes d'Egypte. Pour que chaque lecteur puisse mieux la comprendre, de nombreux textes ont été spécialement traduits, souvent dans leur intégralité. L'expression artistique est étudiée suivant ses mobiles, ses moyens et ses manifestations. Une analyse du développement littéraire termine le volume ainsi qu'une explication du système linguistique égyptien et une initiation à l'étude des hiéroglyphes. Alliant rigueur scientifique et sensibilité, ce livre présente une réflexion sur le monde antique de la vallée du Nil en ses débuts.

  • J'avais quatre ans en 1940. Mes impressions et mes émotions de ce temps-là sont restées intactes dans ma mémoire : celles d'un petit garçon qui - à l'exception de la peur intense ressentie au cours des combats indécis d'août 1944 - traversa la guerre plus qu'il ne la subit. Durant ces cinq années, je ne l'éprouvai que par petites touches : l'exode, la mélodie du brouillage de Radio Londres, l'expression de mon père à l'annonce du bombardement de Pearl Harbor, quelques uniformes allemands, une tache de sang sur le trottoir...
    Aussi étrange que cela puisse paraître, une autre chose hante mes souvenirs de ces années noires : le parfum de la vie dans le giron de deux mondes, celui, clérical, du plus profond des bocages français, dans les collines de Normandie, au sud du Cotentin, et, à l'occasion des grandes vacances, celui de l'orée du Perche, moins fervent. Deux mondes différents mais arrimés de la même façon au xixe siècle par des moeurs et des traditions ancestrales. Deux mondes aujourd'hui disparus.
    Me plonger dans ces souvenirs, c'est faire revivre cette France d'autrefois qui, au lendemain du débarquement, ouvrit ses ruines et ses bocages à l'Amérique et à la modernité.
    A. C.

  • Le douzième siècle, cette Renaissance médiévale, est le grand âge de l'art roman. L'homme de ce temps possède une exacte connaissance de sa situation : il est pèlerin de la Jérusalem céleste et, de ce fait, voué à une marche ascendante. Relié à un monde invisible dans lequel il se meut, il sait d'où il vient et où il va. Sa certitude relève de sa foi. Que cette foi se développe à l'intérieur de l'Eglise ou qu'elle soit hétérodoxe, elle demeure vivante. Le moine y répond à l'intérieur de son cloître, le professeur dans son enseignement ; l'artiste en témoigne sur la pierre ou par la couleur. Le monde est un, du macrocosme au microcosme, et il est signe de l'Invisible. L'art et ses symboles l'enseignent. Du portail de Cluny à la littérature du Graal, Marie Madeleine Davy nous donne accès à l'extraordinaire richesse symbolique du douzième siècle.

  • Ecrits sur l'histoire

    Fernand Braudel

    L'ensemble des textes de ce deuxième recueil d'articles de Fernand Braudel présente des contributions à ce jour inédites en langue française.
    L'ouvrage s'ouvre par une longue confidence de Fernand Braudel sur les raisons qui l'ont poussé vers l'histoire. "Ma formation d'historien" retrace l'itinéraire du jeune étudiant, agrégé à 20 ans, ébloui par la Méditerranée qu'il découvre à partir d'Alger, et rencontrant enfin l'Ecole des Annales sur laquelle l'auteur fait une mise au point définitive.
    Le long article consacré à l'histoire des prix en Europe pendant trois siècles et publié par la Cambridge Economic History en 1967 a marqué des générations d'historiens et fixé les modalités d'étude d'un des chapitres importants de l'histoire économique de l'Europe moderne.
    Les deux courtes biographies qui suivent, consacrées à Charles Quint et à Philippe II, éclairent d'un jour particulier les deux grands monarques espagnols et sont là pour montrer tout l'intérêt que Fernand Braudel portait aussi à l'histoire événementielle et au récit biographique.
    L'ouvrage s'achève avec les dix courts articles publiés dans les années 82 et 83 par le Corriere della Sera, réflexions de l'historien sur le siècle qui s'achève et sur l'actualité immédiate.
    Présentant à la fois une étude sur la longue durée et des récits biographiques, des confidences personnelles et des commentaires "à chaud" de l'actualité, ce recueil aux multiples facettes est bien le reflet de la prodigieuse curiosité d'esprit du grand historien français.

  • L'empire des ramses

    Claire Lalouette

    L'Egypte vécut, avant J-C, 3 500 ans de la plus vieille histoire du monde. Elle fut, pour la pensée, le grand creuset de l'Antiquité. Le règne des empereurs Ramsès est l'un des points culminants de cette longue histoire. Chefs militaires lucides et aguerris, rois-héros, ils surent préserver leur patrie des invasions. ils assurèrent aussi la prospérité économique du pays ; du coeur du Soudan aux rives méditerranéennes, de la Lybie jusqu'à l'Euphrate, le Proche-Orient entier comme une part de l'Afrique contribuèrent à la grandeur de l'empire des pharaons. Dans ces temps lointains où l'intolérance n'existait pas encore, les dieux et les cultes se mêlèrent unanimement en une intense ferveur religieuse ; les pensées et les mythes se confondirent souvent : immense légendaire où puisèrent largement les civilisations classiques. Qui connaît la pensée des Ramsès comprend mieux celle de la Grèce et celle de Rome - lesquelles bornèrent longtemps notre horizon spirituel. De très nombreux textes sont, ici, nouvellement traduits par Claire Lalouette. Ainsi, ce livre entend donner une image fidèle de l'Egypte : sa grande humanité, sa ferveur, la gentillesse et l'humour de son peuple et les grands mythes inhérents à sa conscience. Ce livre se situe au coeur de l'histoire antique durant les XIIe et XIIe siècles avant J-C, au moment où des peuples anciens s'en vont créer la future Europe. Il permet de mieux comprendre le monde moderne en ses plus lointaines racines.

  • Bien avant les Ramsès, l'Egypte, en son ample développement historique de plus de trois millénaires, avait déjà connu d'autres pharaons soucieux de la prospérité et de la sécurité du peuple de la Vallée, des empereurs conquérants, maîtres de vastes territoires africains et asiatiques. Depuis le XVIIIe siècle avant J-C, deux cents ans d'occupation étrangère (celle des Ayksos) développèrent chez les Egyptiens un attachement particulier à leur terre ; les princes de Thèbes, courageux et lucides, surent chasser l'envahisseur : Leurs successeurs (qui constituent la XVIIIe dynastie égyptienne) poursuivirent leur oeuvre. Commence alors une période foisonnante d'événements politiques, marquée par une spiritualité riche et diverse, qui reflète une nouvelle conception impériale. Thoutrnosis IV rassemble l'Empire nouveau (depuis la 4e cataracte du Nil jusqu'à l'Euphrate) ; Thoutmosis III l'affirme par des campagnes utilitaires glorieuses et une organisation lucide. Thoutnosis IV développe une nouvelle diplomatie internationale ; des correspondances sont désormais échangées avec les cours orientales : celles du Hatti, du Mitanni, de Babylone, de Chypre et les principautés de la côte méditerranéenne. Aménophis III, à Thèbes, devenue grande capitale cosmopolite, accroît la prospérité du pays, qu'illustrent les vastes constructions de Karnak et de Louxor. Seule faille dans cette histoire : l'intolérance passagère d'Aménophis IV. Et puis Toutankhamon, récemment resurgi des sables. Une pensée qui, dans tous les domaines (politique et religieux), se cherche, se fixe. C'est le prélude à l'empire des Ramsès.

  • L'Italie n'a pas toujours été romaine.
    Lors de la deuxième guerre punique, au 'ranima où Hannibal débouchait des Alpes, elle était encore peuplée de Ligures et de Gaulois au nord, d'Etrusques et d'Italiques au centre et au sud, de Grecs sur les côtes méridionales et en Sicile. Les Romains n'occupaient qu'un peu plus du dixième de la péninsule. Or deux siècles plus tard, sous le règne d'Auguste, l'Italie s'était unifiée et romanisée. Dans la violence, il est vrai.
    Violence tempérée d'une acculturation imposée par le développement des échanges et l'ouverture sur le monde héllénistique ; violence sanglante des guerres puniques, de la guerre sociale puis des guerres civiles qui, tout au long de la période, modifièrent le paysage humain par les pertes et les déplacements de population qu'elles entraînèrent. Le processus pourtant avait ses acteurs : les Italiens eux-mêmes : Pour maintenir leur position, leurs élites devaient obtenir de partager un pouvoir qui se concentrait à Rome entre les main: de l'aristocratie.
    Celle-ci n'y consentait pas et il fallut une guerre pour la décider. Il fallut aussi un long travail d'intégratif: et d'incorporation dans les cadres politiques renouvelés. Le résultat fut pourtant que l'unification engendra une nouvelle citoyenneté romaine, plus large, plus abstraite: universelle. Nous en sommes les héritiers.

  • En huit chapitres : Rome gardait le cadavre ; la résistance à la romanisation ; l'armée romaine d'Afrique ; l'abondance africaine ; développement et prospérité des cités ; les cultes païens ; le christianisme africain ; royaume vandale et reconquête byzantine.

  • Européen dans l'âme et par le sang, rarement souverain ne l'aura été autant que Charles Quint (1500-1558). Né Habsbourg, héritier de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg réunis, des royaumes d'Espagne, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, il est, à vingt ans, élu Empereur du Saint-Empire romain germanique, au grand dam de François Ier, qui en convoitait le titre. Leur rivalité est l'un des axes de cette biographie passionnante. Le roi français aurait-il accepté la main tendue que lui offrit à plusieurs reprises le petit-fils des Rois Catholiques, l'histoire européenne en aurait à coup sûr été changée. Car les défis à relever ne manquent pas en ce siècle de la Renaissance. Les passions religieuses enflamment les Européens, l'intransigeance du moine Luther et l'arrogance des papes achevant de diviser le continent. Le rêve de Charles Quint de réaliser une Europe unie ne résistera pas non plus aux poussées de l'Empire ottoman qui menace à ses frontières. Au fil des pages où l'on croise tour à tour Henri VIII, Mary Tudor, Érasme, Titien mais aussi Magellan, Hernán Cortés, Francisco Pizarro et Barberousse, Lindsay Armstrong dresse un portrait saisissant du premier et dernier Empereur des deux mondes. Curieux et vif, tour à tour drôle et piquant, fin gourmet et amateur d'art, mélancolique aussi, sa personnalité domine celles de ses contemporains et offre un modèle noble du Prince, qui revit ici dans toute sa splendeur.

  • Emmanuel Le Roy Ladurie montre dans ce livre fondateur qu'il peut y avoir une histoire du climat.
    Le climat est une fonction du Temps; il varie; il est sujet à des fluctuations. Météorologistes, géographes, glaciologues, géologues, etc. le savent bien qui, dans leurs travaux, retrouvent cette évidence. Mais chez les historiens, une telle recherche restait à constituer. Comment surmonter l'absence d'informations sérielles, de relevés systématiques sur les températures et les précipitations ? Comment ne pas réduire l'histoire du climat à une explication climatique de l'histoire humaine ? Il fallait patiemment trouver une documentation valable en étudiant les observations météorologiques anciennes, en regardant les dates des récoltes, en scrutant les textes, descriptions et représentations iconographiques des glaciers...
    L'historiographie du climat devient ainsi une enquête minutieuse et passionnante où l'on chemine entre forêts, vendanges et mers de glace, du Moyen Age au réchauffement récent en passant par le « petit âge glaciaire ».

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