Rivages

  • La recherche ici entreprise dans le sillage de «Homo sacer» ne porte pas sur les circonstances historiques dans lesquelles s'est accomplie la destruction des juifs d'Europe, mais sur la structure et la signification du témoignage. Il s'agit de prendre au sérieux le paradoxe de Primo Levi, selon lequel tout témoignage contient nécessairement une lacune, le témoin intégral étant celui qui ne peut témoigner.
    Il s'agit de ceux qui « ont touché le fond », des déportés dont la mort « avait commencé avant la mort corporelle » ? bref, de tous ceux que, dans le jargon d'Auschwitz, l'on appelait les « musulmans ». On a essayé ici de regarder cet invisible, de tenir compte des « témoins intégraux » pour l'interprétation d'Auschwitz. On propose, par là, une réfutation radicale du révisionnisme. Dans cette perspective, en effet, Auschwitz ne se présente pas seulement comme le camp de la mort, mais aussi comme le lieu d'une expérience encore plus atroce, où les frontières entre l'humain et l'inhumain, la vie et la mort s'estompent ; et, mise à l'épreuve d'Auschwitz, toute la réflexion de notre temps montre son insuffisance pour laisser apparaître parmi ses ruines le profil incertain d'une nouvelle terre éthique : celle du témoignage.
    En marquer le sujet en tant que reste, tel est le but de ce livre.

  • révolution non violente est certainement l'ouvrage qui permet le mieux de comprendre, de l'intérieur, ce que fut le grand mouvement de libération des noirs américains.
    dans ce livre consacré à la " révolution noire " qui éclata en 1963 en divers points des etats-unis, martin luther king, prix nobel de la paix 1964, raconte l'action extraordinaire qu'il mena avec son mouvement en faveur des droits civiques. action non violente, mais action directe, menée sur plusieurs fronts, et qui fut illustrée par la célèbre marche sur washington et par le vote au sénat de la loi sur les droits civiques.
    mais les pages de ce livre n'évoquent pas seulement une action. elles révèlent aussi toute la personnalité de martin luther king, à la fois humble et passionnée, profondément attachante dans ses appels si lucides, émouvante dans la célèbre lettre, si sereine, qu'il écrivit du fond de sa cellule dans la prison de birmingham.


  • Ce livre unique en son genre a toute une histoire. À l'aube des années 70, une jeune femme du nom de Linda Kuehl entreprit d'écrire une vaste biographie de Billie Holiday. Pendant des lustres, la journaliste réalisa les interviews de plus de 150 personnes ayant approché, de près ou de loin, la chanteuse de jazz, et accumula histoires, anecdotes, lettres et documents variés. Malheureusement, Linda Kuehl disparut tragiquement en 1978, et le projet resta dans les cartons. Jusqu'à ce que la romancière et biographe anglaise Julia Blackburn, des années plus tard, ne tombe par hasard sur ses précieuses archives, et n'achève cet extraordinaire travail.
    À partir des témoignages exceptionnels (et souvent bruts de décoffrage) de ses intimes - amis, amants, musiciens, managers, rivales - mais aussi de fêtards des nuits d'Harlem, de souteneurs, de dealers ou d'indics des stups, Lady In Satin dresse un portrait totalement inédit et absolument bouleversant de cette immense et tragique diva, offrant au passage une chronique à la fois flamboyante et crue sur une période entière de l'histoire du jazz.

  • Black power

    Martin Luther King

    " ce qui caractérise principalement la vie d'un noir, c'est la souffrance, une souffrance si ancienne et si profonde qu'elle fait partie de presque tous les instants de sa vie.
    Dans un monde compétitif à l'extrême, il sait qu'on lui déniera toujours le droit au soleil, à la vie, au pouvoir. être noir, c'est porter la trace historique de l'esclavage et du démembrement familial. pour supprimer les méfaits du racisme et de la misère, il faut susciter de nouvelles valeurs. que notre mouvement n'encourage pas le noir à s'intégrer à toutes les valeurs actuelles de la société. soyons des dissidents audacieux ".
    Martin luther king

  • Premier témoignage littéraire sur la Grande Guerre, Vie des martyrs est un livre exceptionnel. En quatre ans, près de cinq millions de blessés déferlent sur les services de santé, à l'arrière-front. Georges Duhamel, qui était médecin, vit avec eux "l'envers de l'enfer". Porté par une éthique et une empathie admirables, il décide d'oeuvrer à la mémoire de ces hommes confrontés à la douleur, à la terreur de l'amputation, à l'agonie, mais aussi à des moments de grâce. Livre des passages, Vie des martyrs rappelle aussi, à chaque page, la force consolatrice de la parole littéraire. Un chef-d'oeuvre !

  • Né dans une famille de riches marchands dans la toute-puissante venise du xiiie siècle, marco polo s'embarque à dix-sept ans, avec son père et son oncle, pour un voyage qui lui fera traverser l'asie, en passant par la mongolie, pour atteindre pékin en 1275.
    Il apprend la langue mongole et séjourne en chine pendant seize ans, durant lesquels il est chargé de nombreuses missions dans le pays. a son retour à venise en 1295, marco polo participe à la bataille de curzola, où il est fait prisonnier par les génois. c'est pendant sa captivité qu'il dicte à l'un de ses compagnons le récit de ses voyages, un des tout premiers témoignages occidentaux sur l'asie et l'extrême-orient.

  • Une approche originale de l'histoire ancienne et de l'univers de la Rome antique. L'auteur s'attache à un sujet spécifique, l'écriture et la lecture, non pas de manière abstraite, mais dans leur dimension sociale, à l'aide de la relation entre l'écrivain, le livre et le public. Le livre, en effet, tient une place particulièrement importante dans la société romaine du ler siècle de notre ère, et l'écrit y connaît une sorte d'apogée. La création littéraire se développe, de même que les lectures publiques, les grandes bibliothèques. L'écrivain y acquiert un statut original et prestigieux, aussi bien dans ses rapports avec le pouvoir qu'avec son public. Des cercles littéraires se créent, le commerce des livres se développe, le public, ou plutôt les publics, se passionnent. Les premiers concours littéraires - ancêtres de nos prix - sont créés, mais l'écrivain garde le contrôle de la diffusion de ses ouvrages, même si une première ébauche de distribution se constitue. Voici un livre qui nous fait entrer dans la civilisation romaine en ce qu'elle a de plus spécifique. Catherine Salles, docteur ès-lettres, est professeur à l'université de Nanterre.


  • Etre le premier à toucher, après quelque quatre, cinq ou six mille ans, l'objet précieux qu'on a vu sortir de terre, être le premier à pénétrer dans quelque caveau oú sur le sol de la chambre sépulcrale on peut encore discerner l'empreinte des pieds nus de ceux qui rendirent les derniers devoirs à quelque auguste défunt, anonyme ou au contraire rapidement identifié, rien n'égale ces heures-là.
    Mais l'archéologue ne se contente pas seulement de se réjouir d'avoir à son actif ces "grandes heures" qui ne sont pas accordées à tous. il y a, ce qui compte encore plus, cette approche d'hommes qui ont depuis longtemps fermé leurs yeux aux horizons terrestres et que l'on s'efforce d'appréhender dans leur âme et dans leur pensée. a celui qui gravit aujourd'hui les escaliers de certains ziggourats babyloniens sera peut-être offerte la vision de ces cohortes sacrées, montant et descendant, tels les anges de l'échelle de jacob à béthel.

  • « Je ne me suis déterminée à prendre la plume et à entrer dans les explications des faits qu'on trouvera ici, que dans l'intention de repousser les calomnies dont on a cherché à noircir la mémoire et la conduite de l'infortunée Marie-Antoinette. J'en prendrai l'occasion de rappeler plusieurs détails de l'intérieur de la cour de Louis XVI, qui feront connaître les vertus de ce prince et celles de son auguste épouse. » Des mémoires indissociables du destin de la souveraine, que Rose défendit toujours contre les accusations de fausseté portées par ses ennemis. Détestée par la Cour qui enviait la faveur dont elle jouissait, cette jeune femme, « ministre des modes » de Marie-Antoinette, fut, aussi, la raison de bien des dépenses qui pavèrent le chemin de la reine vers la guillotine. Fastueuse et légère, excentrique et géniale, Mademoiselle Bertin parvint à imposer ses idées et ses goûts aux princes d'Europe et de Russie.

  • Saqqarah, une vie

    Lauer Jean-Philippe

    • Rivages
    • 23 Septembre 2009

    Dernier héritier des grands égyptologues français tels Champollion ou Maspero, Jean-Philippe Louer (1902-2001) nous fait participer, au fil de ses découvertes et de ses rencontres, à la grande aventure de l'archéologie égyptienne.
    Tout commence un jour de décembre 1926, à trente kilomètres au sud du Caire, sur le site de Saqqarah, auquel Louer va consacrer sa vie. L'enjeu est de taille : reconstituer les formes et l'histoire de la première pyramide d'Égypte, la pyramide à degrés, ainsi que le vaste complexe funéraire attenant, oeuvre d'Imhotep, architecte devenu dieu et grand prêtre d'Héliopolis...

empty