Genres

  • Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la " tyrannie du look " affirme aujourd'hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du " complexe mode-beauté " travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au coeur de la sphère culturelle.

    Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d'autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu'il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d'une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.

  • Michelle Perrot est une des plus grandes historiennes contemporaines. Ses travaux, pionniers en matière d'histoire sociale, d'histoire des marges, des femmes et du genre, ont puissamment contribué à renouveler la discipline et ses objets. Les trois séquences qui rythment ce volume correspondent à ses thèmes de prédilection : ouvriers, marges et murs, femmes.
    S'intéressant à travers eux à des figures de dominés, longtemps ignorés par les chercheurs, elle explore les traces à demi effacées de vies ordinaires qui, elles aussi, ont fait l'histoire : celles des ouvriers en grève ou des détenus du XIXe siècle, celles des enfants des rues, vagabonds ou autres Apaches de la Belle Époque. Celles enfin des femmes, toujours inscrites dans la diversité de leurs parcours et saisies dans la variété de leurs lieux de vie : la chambre, l'atelier, l'usine, la maison bourgeoise, la rue.
    Longtemps étouffées ou inaudibles, les voix de ces femmes, ouvrières (« mot impie », selon Michelet) ou autrices (au premier rang desquelles George Sand), militantes ou anonymes, aux corps assujettis ou triomphants, exploités et désirés, sont restituées par la force d'un style singulier. Toutes semblent se rejoindre in fine dans la figure de Lucie Baud, « révoltée de la soie », meneuse de grève en Isère et inspiratrice de Mélancolie ouvrière, saisissant livre-enquête ici reproduit en intégralité.
    Michelle Perrot a elle-même assuré la sélection, l'agencement et la présentation des textes retenus, portant un regard résolument lucide et personnel sur plus d'un demi-siècle de recherche et d'engagement. Ce volume permet d'en mesurer toute l'ampleur.

  • Avec De la marge au centre, son deuxième essai paru aux États-Unis en 1984, bell hooks poursuit la réflexion initiée dans Ne suis-je pas une femme? Étudiant les succès et les manquements des mouvements féministes qui ont traversé le XXe siècle, elle constate l'échec de la création d'un féminisme de masse qui s'adresserait à toutes. Elle s'attache ainsi, dans un style toujours accessible, à bouleverser les représentations habituelles de la pensée féministe majoritaire en plaçant au centre de sa réflexion les femmes noires et/ou des milieux populaires, insistant sur le besoin profond d'une approche révolutionnaire de ces questionnements.
    Cet ouvrage percutant a imposé bell hooks comme l'une des voix les plus influentes et stimulantes de la scène féministe.

  • Les femmes et le pouvoir

    Mary Beard

    • Perrin
    • 6 Septembre 2018

    Si la question de la place des femmes dans les structures du pouvoir est d'une actualité brûlante, la misogynie a des racines anciennes. Dès l'Odyssée d'Homère, les femmes se sont vues interdire tout rôle de premier plan dans la vie civique, le discours public, indissociable du pouvoir politique, étant défini comme masculin. Pour mieux cerner la violence exercée sur les femmes afin de leur intimer le silence, Mary Beard puisse dans l'histoire de Méduse ou de Philomèle (dont la langue fut coupée), d'Elizabeth Ire ou d'Hillary Clinton. Elle revisite ainsi, avec humour, la question de l'égalité des sexes et explique pourquoi, depuis deux mille ans, l'on a réservé aux femmes qui s'expriment et revendiquent le pouvoir une image détestable. Edifiant et salutaire !

  • La question des droits, de la citoyenneté et de l'émancipation des femmes se pose depuis les révolutions américaine et française à la fin du XVIII siècle. Nés dans un contexte occidental, des féminismes se sont implantés peu à peu sur tous les continents pour libérer la parole et l'action des femmes, selon des modalités spécifiques de luttes politiques, nationales et anticoloniales.
    Le point de vue global de Florence Rochefort permet de saisir ces interactions transnationales et de retracer les grandes caractéristiques des modes de pensée et de mobilisation contre les inégalités entre les sexes, pour les droits et les libertés des femmes, mais aussi pour de nouvelles normes de genre.
    Trois grandes périodes jalonnent cette histoire : un moment d'émergence et de premières mobilisations jusqu'en 1860 ; un moment d'affirmation de mouvements pour les droits des femmes jusqu'en 1945 ; enfin, un moment caractérisé par les mouvements de libération des femmes et une institutionnalisation de la lutte pour les droits des femmes.

  • C'est en fait un condensé de son oeuvre, accessible à tous, que Françoise Héritier nous offre ici. Les différences objectives entre les sexes entraînent-elles des différences d'aptitudes, des différences dans le domaine juridique, professionnel, et la domination d'un sexe sur l'autre ? Ses différences sont-elles naturelles ou culturelles ? Une leçon limpide sur l'égalité entre hommes et femmes, loin d'être acquise dans le monde et même dans nos sociétés.

  • Réédition revue et augmentée du livre de Camille Ducellier intialement paru en 2011. Cette édition sera enrichie d'une préface de Starhawk. Le guide pratique du féminisme divinatoire est un grimoire politique dans lequel théorie et pratique se mêlent pour faire jaillir un synchrétisme ouvert et joyeux. Le féminisme divinatoire est un croisement, une double hérésie pour brouiller les pistes. Un regard sur deux sensibilités culturelles qui évitent les contacts et se manquent de peu en France : un point de vue féministe radical et une clairvoyance spirituelle.

  • Trente-cinq ans après la parution d'Ainsi soit-elle, best-seller féministe qui a changé la vie de nombreuses femmes, il faut recommander l'écoute des entretiens que Benoîte Groult a accordés à Clémentine Autain pour l'émission de France Culture " A voix nue ".
    L'auteur y apparaît extraordinairement libre, vive, enjouée, provocante, intempestive, charnelle. Issue d'un milieu " artiste ", Benoîte Groult a expérimenté les brutalités et les joies de la Libération : mariages malheureux, veuvages, divorce, maternité contrariée, avortements clandestins, vocation de femme de lettres arrachée à un milieu d'hommes censément " éclairés "... Des épisodes édifiants qui rappellent d'où vient le combat pour l'égalité hommes/femmes, et le chemin qu'il reste à parcourir.
    Josyane Savigneau retrace ce destin détonnant, au féminisme tardif parce que vécu et découvert dans la lutte, pour l'avortement, contre l'excision... L'histoire des droits des femmes est loin d'être achevée. Travail, politique, vie privée : Benoîte Groult nous indique les territoires à investir, les lignes à écrire.

  • Entre - 40 000 et - 15 000, les civilisations européennes préhistoriques nous ont transmis plus d'une centaine de petites statuettes et de gravures anthropomorphes. Curieusement, les hommes sont pratiquement absents. De fait, les femmes ont été presque exclusivement représentées. Souvent fortes en début de période, leurs silhouettes s'affinent et se simplifient au fil du temps.
    Mais que signifient-elles ?
    S'agit-il d'une ode à la fécondité ?
    Les femmes étaient-elles déjà prisonnières de leur représentation ?
    Ou avons-nous affaire aux vestiges d'un matriarcat des origines ?

  • Le sexisme au travail a fait longtemps l'objet d'un déni, de la part des victimes comme des auteur.e.s. Le dénoncer est en effet trop coûteux pour les femmes, soucieuse de conserver leur emploi ; y renoncer est quasiment impossible pour les auteurs qui se servent du sexisme comme instrument d'exclusion et préfèrent le maquiller en inconséquent machisme gaulois. Cet ouvrage vise à dénoncer des comportements prohibés en entreprise, depuis la blague sexiste jusqu'à des faits déjà visés par notre droit comme le harcèlement sexuel. Il met en lumière ce que l'on appelle le sexisme ordinaire. Il décrit ses manifestations et les réponses apportées par les femmes à ces attaques souvent subtiles et sournoises qui les déstabilisent, les délégitiment, créent de la souffrance et fragilisent la confiance en soi. Cet ouvrage totalement novateur offre un panorama complet et inédit de tous les aspects et de tous les acteurs concernés par le sexisme au travail, ainsi que des actions à promouvoir. Il servira de référence à nombre d'entreprises et de femmes victimes de sexisme.

  • En France, la politique reste un bastion du sexisme. Aujourd'hui encore, les femmes sont sous-représentées, comme le montrent les chiffres des différentes assemblées. Malgré la parité imposée pour certaines élections (conseils régionaux et départementaux, etc.), elles ne parviennent pas à briser le plafond de verre (peu sont présidentes de région, et, en 2016, plus aucun ministère régalien n'est réservés à une femme).
    Le seuil de tolérance a cependant baissé, témoignant d'une évolution des mentalités, plus rapide durant les 50 dernières années que durant les siècles antérieurs. Mais si le sexisme est aujourd'hui dénoncé avec vigueur, il contribue aussi à éloigner les femmes du monde politique.
    Dans un livre à la fois caustique et pédagogique l'auteure explique en quoi notre histoire et notre imaginaire collectif contribuent à cantonner les femmes aux seconds rôles, propose une analyse du rôle des médias dans cette partition inégalitaire et s'interroge sur les leviers dont on dispose et les outils à inventer pour une plus juste répartition des responsabilités politiques.

  • Qu'est-ce qu'être une femme ou un homme ? Ce que nous pensons « féminin » ou « masculin » l'est-il bien ? Est-ce conjoncturel, culturel, ou bien profondément inscrit dans nos corps et plus ou moins intangible ? Ces questions se posent de nos jours dans un contexte radicalement nouveau : celui de la remise en cause globale de la domination masculine, celui des recherches foisonnantes que cette contestation a engendrées, celui des politiques publiques qui tentent de mettre en oeuvre l'égalité des sexes. Autant d'approches qui viennent bousculer les idées reçues et les pratiques sociales.
    Le domaine de la recherche scientifique n'échappe pas à ces tiraillements. Les études se sont multipliées depuis une trentaine d'années et aboutissent aux mêmes constats : l'inégalité entre femmes et hommes formate inconsciemment nos esprits, agissant jusque dans les opérations conçues comme les plus « scientifiques », les plus « objectives », quand elle ne conduit pas à de véritables blocages du fonctionnement de la pensée.
    C'est à l'exploration de ces questions que nous invite ce livre iconoclaste, auquel ont travaillé des spécialistes venu·es d'horizons très divers (des « humanités » aux sciences de la vie, en passant par le droit, les arts, la médecine...).

  • Cet ouvrage a pour ambition d'associer les éléments d'un état de la recherche en sciences humaines et sociales à propos des rapports sociaux de sexes et de l'espace urbain, mais aussi, et surtout, d'ouvrir des pistes opérationnelles utiles aux différents groupes acteurs de la ville, à toutes celles et tous ceux qui fabriquent quotidiennement la ville, en héritent et la transforment.

    Il regroupe autour d'une expérience de recherche-action développée à Gennevilliers par un groupe de chercheurs et chercheuses constitué en association Les Urbain.e.s depuis 2013, des échanges, des apports de différents terrains de recherches et d'action (à Lyon, en Grande-Bretagne, en Égypte, à Grenoble, en Espagne, aux Pays-Bas). L'approche est volontairement pluridisciplinaire émanant de géographes, psychologue, politiste, sociologues, urbanistes, architectes.

    Il s'agit de dépasser le constat d'espaces urbains trop souvent androcentrés pour offrir des orientations aux acteurs locaux aspirant à la construction d'une ville pour toutes et tous.

    Le constat est partagé : les normes de genre attribuant aux individus des rôles et des statuts spécifiques en fonction de leur sexe assigné, genre, sexualité, etc. supposent une pratique de l'espace public conditionnée. Les sentiments s'expriment différemment, mais ils révèlent pour la majorité des femmes une sensation d'exclusion, de n'être pas à sa place, de devoir surveiller son comportement, d'être moins acceptée voire vulnérable en cer­tains lieux, à certains horaires...

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