Villes / Banlieues

  • Les territoires périurbains sont des zones qui se situent « autour » de la ville. Ni tout à fait urbains ni tout à fait ruraux, ils sont le reflet des choix urbanistiques du xx siècle. On les juge aujourd'hui avec sévérité : ils seraient l'espace du repli sur soi, de l'égoïsme et de l'homogénéité sociale ; ils seraient une dénaturation du monde rural depuis l'arrivée des néoruraux dans des lotissements « sans âme » ; ils seraient également un sous-espace urbain dépourvu de centralité. Pire : ils ne seraient pas écologiques, gaspillant l'espace et multipliant les infrastructures routières tout en dévorant espaces agricoles et naturels.
    Pourtant, les études menées depuis une quarantaine d'années permettent de nuancer ces visions caricaturales. Elles rendent justice à un espace diversifié, pluriel et socialement ouvert. C'est même au coeur du périurbain que s'inventent des pratiques parmi les plus innovantes (énergie alternative, agriculture bio et solidaire, gouvernance participative, aménagement, animation culturelle...).

  • En ce début de siècle, un constat s'impose : l'urbanisation est planétaire. Un standard de vie, plus ou moins homogène, se répand partout, avec son cortège de normes de consommation, de comportements types, de valeurs collectives et de pratiques individuelles qui déséquilibrent les écosystèmes.
    C'est cette révolution aux expressions paradoxales que Thierry Paquot explore ici sous ses multiples formes territoriales - bidonville, mégalopole, enclave résidentielle sécurisée, ville moyenne, global city, urbain diffus. L'auteur pointe les défis à relever : la « bonne » occupation des sols face à l'extension des zones urbaines et à la réduction des terres agricoles ; la « bonne » manière de se déplacer, dans un monde confronté à la pénurie probable de pétrole et à la multiplication des mobilités ordinaires (tourisme de masse, shopping, pratiques sportives.) ; la « bonne » façon d'assurer à tous un confort urbain minimal, en favorisant une décroissance raisonnée de certaines consommations ; la « bonne » gouvernance, qui exige l'invention de nouvelles pratiques démocratiques ; la « bonne » habitabilité entre soi et les autres.
    Seule une écologie existentielle respectueuse de la diversité culturelle, de l'éventail des croyances et des rites, de l'incroyable différence des temporalités qui régissent et animent la vie de tout homo urbanus peut assurer à tous un devenir urbain.

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