Histoire

  • Les renouvellements récents de l'historiographie ont multiplié les perspectives d'analyse sur le rôle et la place de l'écrit dans la pensée et l'exercice du pouvoir au Moyen Âge. Pour des sociétés et des cultures de l'oralité et du geste, l'écrit est en effet à la fois un instrument du/de pouvoir, un acte de pouvoir, une expression du pouvoir. En mettant l'accent sur les écritures du pouvoir, ces treize études questionnent les pratiques, leurs formes autant que leurs sens, au sein des cultures et des expériences politiques en péninsule Ibérique et au Maghreb. L'approche pluridisciplinaire - histoire, numismatique, diplomatique, épigraphie, histoire de l'art, de la littérature, du droit...- croisée à des échelles d'analyse variables dans l'espace et dans le temps, permet d'éclairer la production, la réception, la conservation, mais aussi la transformation et la circulation des textes et des écritures qui servent, expriment, monumentalisent le pouvoir, de part et d'autre des frontières et du détroit de Gibraltar, des Pyrénées au Sahara et dans le bassin méditerranéen occidental...

  • Quatre-vingts ans après la dernière biographie scientifique sur Catilina, ce livre se propose, sinon de réhabiliter ce personnage, au moins de rétablir la part de vérité que sa « légende noire » a jusqu'à présent largement occultée. A partir d'une documentation fragmentaire (livres, discours, lettres, pamphlets...) et jusque-là sous-exploitée, l'auteur démontre, contre l'autorité de Cicéron et de Salluste, que l'opinion des contemporains sur la « conjuration de Catilina » ne fut pas unanimement négative, mais que l'affaire fut récupérée et déformée par des propagandistes de talent.
    Catilina, le faux populiste est donc la reconstitution passionnante des étapes d'un parcours hors du commun, et le portrait, inattendu et saisissant, d'un homme et d'un politicien bien éloigné du « monstre » forgé par la tradition littéraire et historiographique.

  • À l'initiative de César puis de Néron, tous deux très novateurs dans le domaine de la politique-spectacle, on a vu apparaître, associés aux combats de gladiateurs et aux chasses qui représentaient le programme traditionnel des munera, différents types de mises en scène de thème historique ou mythologique. En effet, la naumachie et la bataille terrestre présentées par César en 46 a.C. associaient à des principes proches de la gladiature des références à l'histoire militaire du monde grec, selon un principe repris par Auguste et ses successeurs pour les naumachies, mais non pour les combats par troupes terrestres, plus proches désormais du modèle de l'iconographie triomphale romaine. Quant aux spectacles de thèmes mythologiques, apparus sous Néron et rapidement désignés sous le terme de pyrrhiques, ils reconstituaient dans l'arène la mort de personnages coupables d'hybris comme Icare ou Actéon, les exploits des héros tueurs de monstres, tels Hercule, ou évoquaient des figures symbolisant la puissance et l'éternité de Rome comme ses parentes, Mars et Vénus. Cet ouvrage associe aux sources écrites sur ces divers spectacles une documentation iconographique dont la compilation n'avait jamais été réalisée. L'ensemble révèle la récurrence dans les arènes romaines et provinciales, jusque dans l'empire tardif, d'un petit nombre de thèmes mythologiques. Or, ces derniers jouissaient tous préalablement d'une popularité particulière dans les spectacles scéniques et surtout dans l'art romains.

  • Tentant en diable, ce titre prend toute sa place au sein des Rencontres d'histoire et d'archéologie du Périgord dédiées à l'étude des châteaux européens dans la longue durée de leurs vie et survie millénaires, du X e au XXI e siècles. Le choix de ce thème laissait présager une quête spirituelle capable de l'emporter sur les préoccupations défensives et offensives des bâtisseurs de châteaux, mais c'était sans compter sur l'implantation et la multiplication des chapelles castrales qui occupent une place de choix dans cet ouvrage et témoignent de l'emprise du sentiment religieux sur la vie quotidienne des châtelains et de leurs familles.
    Par contre, point de traces aussi marquantes de la présence du diable, mais l'on sait que celui-ci se loge dans les détails et ceux-ci ne manquent pas dans cet ouvrage tantôt pour conjurer la peur du Mal, tantôt pour ne pas résister à sa tentation... A la façon de Martin Luther jetant son encrier à la tête du diable qui ne cesse de l'importuner au château de la Warburg où l'Electeur de Saxe le retient prisonnier pour mieux le protéger des menaces du monde extérieur depuis son excommunication et sa mise au ban de l'Empire.

  • Cinquante-troisième volume de la collection de l'Atlas historique des villes de France, l'Atlas historique de Périgueux relève d'un programme Région intitulé : « Les villes-têtes de l'Aquitaine : approches historique, cartographique et comparative », et visant à la réalisation des atlas historiques (selon le modèle établi pour celui de Bordeaux en 2009) de cinq villes de rang urbain supérieur à l'échelle régionale (Agen, Bayonne, Mont-de-Marsan, Pau, Périgueux), ainsi que d'un 6 e volume d'analyse spatiale comparative. Quatrième à paraître de la série, l'Atlas historique de Périgueux, élaboré par une équipe scientifique de 27 intervenants, renouvelle profondément les connaissances sur la ville. À partir des données archéologiques et d'une étude des archives, la formation de l'espace urbain des origines protohistoriques à nos jours y est retracée selon trois perspectives complémentaires : le Plan historique, établi à partir des cadastres de 1811- 1817, la restitue cartographiquement, alors que deux tomes de commentaires en donnent les clés de lecture, tant d'un point de vue global et diachronique (t.1 : Notice générale) qu'à l'échelle de chacun des monuments (t. 2 : Sites et monuments). Le passage de la Protohistoire à l'époque gallo-romaine en ressort plus complexe, sans rien ôter de la grandeur de la cité antique et de ses monuments. La grande richesse du Moyen Âge à Périgueux est confirmée par l'étude des nombreux édifices qui structurent l'agglomération, tandis que des tensions se font jour entre les deux pôles constitutifs de la ville, la Cité et le Puy-Saint-Front, jusqu'à un basculement au profit du Puy. Après un moment faste à la Renaissance où s'épanouissent des élites cultivées, la ville subit les guerres de Religion et leurs séquelles. Désignée comme Préfecture, elle ne retrouve véritablement une dynamique de croissance qu'avec le chemin de fer.

  • Ce premier volume des Suppléments à la Bibliotheca Isiaca livre les résultats de vingt années d'enquête de part et d'autre de la Méditerranée, à la recherche du mobilier cultuel issu des fouilles menées il y a plus d'un siècle à Carthage, au pied de la colline de Byrsa, sur le site du Serapeum de la colonie romaine.
    Outre la localisation précise du sanctuaire, et celle de l'Iseum voisin, les auteurs publient près de 80 monuments, pour la plupart quasi-inédits, dispersés aujourd'hui dans quatre collections muséales.
    La richesse de l'iconographie réunie, le caractère exceptionnel de certaines statues en ronde-bosse et bas-reliefs place désormais le Serapeum au premier plan des sanctuaires isiaques du monde gréco-romain. Plus aucune étude sur le sujet ne pourra se faire sans s'y référer.

  • Dans les cités grecques de l'empire romain, la diffusion de la citoyenneté romaine introduit une nouvelle façon de se nommer, un nouveau droit, une nouvelle forme de distinction sociale.
    Au ????e siècle, après plusieurs décennies de développement de la citoyenneté romaine mais avant le choix de l'empereur Caracalla de la donner à tous les habitants libres de l'empire, les cités connaissent une situation originale : les citoyennetés locales, fondement de l'activité politique quotidienne, coexistent avec la citoyenneté impériale, universelle. Les études rassemblées dans cet ouvrage explorent les conséquences d'une telle situation, inédite dans le monde antique, et s'interrogent sur l'impact de la citoyenneté romaine sur les sociétés grecques.

  • Ce volume, rassemblant les travaux d'une équipe d'experts internationaux, examine le rôle privilégié de la cité dans la toile des relations sociales, culturelles, religieuses et diplomatiques qui ont façonné l'oecoumène gréco-romaine depuis l'avènement d'Alexandre le Grand. En pensant l'articulation entre mobilité et réseaux, les auteurs se sont notamment interrogés sur les cadres, les mécanismes et les conséquences de la connectivité. La mobilité spontanée ou institutionnalisée des acteurs de la connectivité - marins, marchands, artisans, militaires, lettrés, athlètes et pèlerins, mais aussi proxènes, ambassadeurs, juges et arbitres, fonctionnaires et dignitaires au service de dynastes et rois - a eu des effets incommensurables tant sur les cités que sur les partenaires de celles-ci qui n'étaient pas Hellènes ou avaient adopté d'autres formes de vie collective que la cité. Les relations paritaires ou hiérarchiques entre cités ont été transformées, à diverses échelles et selon les époques, par les échanges promus dans le cadre des cités. La culture politique de ces dernières a progressivement modelé de larges secteurs du monde méditerranéen et pontique, tout en favorisant la construction de la mémoire collective qui a mené à la reconfiguration des identités locales.

  • La période qui va de la mort de Sylla à l'époque flavienne est caractérisée à Rome par l'éclosion d'Histoires aux dimensions monumentales, comme en témoignent les oeuvres-bibliothèques de Diodore, de Strabon ou de Pline l'Ancien. Ce volume envisage d'abord le contexte dans lequel les auteurs ont travaillé, grâce aux ressources sans précédent offertes par l'Vrbs et à la disponibilité grandissante des textes latins et grecs à partir du I er siècle a.C. On se place ensuite dans l'antichambre de l'historien qui compulse ses sources et prépare la publication de son oeuvre, en examinant les implications pratiques de cette tâche pour l'auteur à son écritoire : comment résolvait-il les complications liées aux dimensions gigantesques de son propos ?

  • L'expression «écritures normées» est utilisée aujourd'hui particulièrement dans les sciences sociales et le management pour indiquer tout texte écrit en lien avec des pratiques professionnelles et des systèmes de gouvernance à l'intérieur des sociétés. Les historiens de l'Antiquité et de la première modernité ne peuvent que souscrire à cet intérêt pour les normes d'écriture et leur transmission, à l'intérieur d'une recherche qui engage non seulement l'aspect matériel lié à l'acte d'écrire, mais plus largement les questions d'identité sociale et politique, de représentation, de contrainte ou de liberté dans l'élaboration et l'imposition des normes, voire dans leur transmission. Ce livre collectif s'intéresse à la figure du professionnel de l'écriture, celui qui maîtrise l'art graphique et intellectuel d'écrire, et qui fixe sur un support matériel la parole, individuelle ou collective, en accomplissant une fonction qui peut être juridique, religieuse, technique, littéraire, etc.
    Du scribe de l'antiquité, en passant par l'expert-comptable des cours et des communes médiévales, ou le secrétaire de la renaissance, les cas étudiés permettent d'approfondir les liens entre les différentes traditions d'écritures normées, leurs fonctions, leur importance sur le plan historique et culturel.
    Cette problématique correspond à une direction de recherche très actuelle et répond pleinement à la nouvelle question des concours d'Histoire (Capes et agrégation 2020) :
    - Écrit, pouvoirs et sociétés en Occident aux XIIe-XIVe siècles (Angleterre, France, Italie, péninsule Ibérique).

  • Le 1600 e anniversaire (418/419) de l'installation des wisigoths dans le Sud-Ouest par l'empereur Honorius pour près d'un siècle, avec Toulouse pour résidence royale, coïncide avec la publication de ces actes. Cette synthèse scientifique, la première du genre depuis plus de trente ans permet d'examiner les progrès de la recherche en particulier dans le domaine de l'archéologie funéraire préventive (sites archéologiques inédits) sur cette période historique, entre Antiquité et Moyen Âge. Cinq thèmes constituent ce volume : Les Goths de part et d'autre des Pyrénées : les sources écrites, Pouvoir et mémoire dans la ville, Archéologie funéraire et mobilier germanique oriental de l'Aquitaine et de l'Espagne entre V et VI e siècles, Territoires, contacts et culture matérielle, et, enfin, Actualités archéologiques : la Gaule mérovingienne.

  • Cet ouvrage consacré aux agglomérations et aux communications sur le territoire de la Serbie contemporaine, entre le I er et VI e s. p.C., est un essai de caractérisation des étapes du développement des agglomérations et des communications dans cette partie de l'Empire que sont les Balkans, dont l'histoire est marquée par des changements historiques et sociaux majeurs.
    Il a été rédigé dans l'intention de rassembler en un texte unique les informations historiques, littéraires, épigraphiques et archéologiques relatives à ce vaste espace stratégiquement important. Il s'adresse aussi bien aux spécialistes, historiens et archéologues, qu'au grand public.

  • Cousin germain du roi Charles VI, parrain de Charles VII et Connétable de France, Charles I er d'Albret fut un des principales figures du royaume de France au tournant des XIV e et XV e siècles. Malgré le destin de ses descendants, qui finirent par s'élever au trône de Navarre puis de France avec Henri IV, les historiens n'ont jamais étudié la vie de ce prince que Christine de Pisan loua pourtant dans plusieurs poèmes. La faute peut-être à sa mort tragique à la tête des armées françaises à Azincourt, une bataille qu'il n'avait pas souhaitée. Cette biographie le sort de l'oubli, et montre que l'histoire de sa vie recoupe bien souvent celle des destinées de la France : c'est ainsi toute son époque tourmentée mais flamboyante qui est éclairée d'un jour nouveau.

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