Histoire du monde

  • À quelques kilomètres d'Embrun dans les Hautes-Alpes, sur les bords du lac de Serre-Ponçon, jaillit soudain un château aux allures médiévales, le château de Picomtal. Au début des années 2000, les nouveaux propriétaires effectuant des travaux découvrent, au revers des planchers qu'ils sont en train de démonter, des inscriptions. Cent vingt ans plus tôt, au début des années 1880, le menuisier qui a monté le parquet dans les différentes pièces s'est confié. L'homme sait qu'il ne sera lu qu'après sa mort. Il adresse un message outre-tombe et parle de lui, de ses angoisses, de sa famille, de ses voisins, faisant revivre une société villageoise confrontée au progrès économique matérialisé par l'arrivée du chemin de fer, mais aussi à l'avènement de la République.
    Pour autant c'est surtout quand il évoque les secrets des uns et des autres, quand il parle de sexualité, que Joachim Martin s'avère un témoin passionnant des moeurs souvent cachées de son temps. On dispose de peu de témoignages directs des gens du peuple, mais cette façon de s'exprimer est totalement inédite. Qui plus est ces confessions revêtent un caractère exceptionnel. À travers son témoignage, sur luimême et son village, c'est ainsi toute une époque qui revit.
    Jacques-Olivier Boudon est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris Sorbonne où il dirige aussi le Centre d'histoire du XIXe siècle. Président de l'Institut Napoléon et directeur scientifique de la Bibliothèque Marmottan, il a publié une trentaine d'ouvrages consacrés à l'Empire et à l'histoire du XIX e siècle, dont Les Naufragés de la Méduse.

  • Loin d'analyser les deux conflits mondiaux en face à face, cet ouvrage envisage la période des Grandes Guerres comme un tout. Le grand basculement de l'été 1914, les horreurs des tranchées et le « front de l'arrière » font comprendre le processus qui conduit à un conflit inédit par son ampleur et sa brutalité : une guerre totale. Sans doute, en 1918, la France émerge, victorieuse, mais « malade de la guerre » : profondément affectées, jusque dans leurs structures, l'économie et la démographie ne peuvent être « réparées », reconstruites ou « reconstituées » aussi rapidement qu'un pont, une route ou un bâtiment.
    La démobilisation culturelle et le retour à la mobilisation politique se déroulent dans une atmosphère de tensions et de modernisations artistiques, entre cultures des masses et culture de masse. Une attention particulière est portée aux relations internationales, aux traités, à l'esprit de revanche, en même temps qu'aux efforts des pacifistes, à la SDN, à Briand... Alors que la France abandonne en partie à regret une politique de puissance en Europe, le terrain colonial devient bientôt le seul où cette politique impérieuse peut pleinement s'exprimer. Avant que tout ne bascule, de nouveau, dans des crises multiples pour aboutir à la catastrophe de mai-juin 1940 et, avec elle, à la mise à mort des principes républicains...
    Pour restituer ce « passé qui ne passe pas », Nicolas Beaupré a su trouver la bonne distance, entre passion et parti pris, pour nous faire comprendre et partager les enjeux d'une des périodes les plus dramatiques et controversées de l'histoire de France.

  • L'histoire a longtemps juxtaposé des images simples pour définir les quatre siècles écoulés de 481 à 888 : aux Mérovingiens sanguinaires, incultes et incapables - à l'exception de Clovis - succédaient des Carolingiens glorieux, conquérants et propagateurs actifs de la foi chrétienne. Les recherches des dernières décennies, fondées sur une réévaluation des sources écrites et sur les progrès de l'archéologie, ont libéré cette période du carcan des idées reçues.
    Si les premiers Carolingiens rassemblent sous leur sceptre presque toute l'Europe occidentale, cette construction brillante se révèle d'une extrême fragilité : en effet, la puissance effective ne vaut que sur une échelle territoriale étroite et le pouvoir central est obligé de collaborer avec les aristocraties locales. Quand apparaît le nom de « Francie », il recouvre une mosaïque de communautés régionales très diverses.
    Ainsi les auteurs de cet ouvrage ramènent-ils les faits aux réalités de l'époque, rejetant les anachronismes et les outrances, négatives ou positives. Ils mettent en scène une société étrangère à la nôtre par ses hiérarchies, ses caractères anthropologiques et ses institutions.
    Cette histoire renouvelée possède un attrait majeur : au-delà des représentations traditionnelles, elle s'efforce d'atteindre le réel.

  • L'époque où surgit la dynastie capétienne ne se confond pas avec « la naissance de la France ». Sans doute le royaume de Francie occidentale puis de France, qui embrasse alors la Catalogne au sud et la Flandre au nord, devient-il une entité politique qui ne se partage plus, mais le souverain continue explicitement de se dire « roi des Francs » plutôt que « roi de France ». Si la monarchie construit et élargit méthodiquement son domaine, le sentiment d'une unité française n'existe pas pour autant. Soucieux d'échapper à toute téléologie dynastique ou nationale, le propos tenu ici accorde une grande attention aux singularités régionales.
    Les siècles de la féodalité, longtemps décrits comme des siècles de fer, correspondent en réalité au moment du « décollage » européen.
    Dynamisme économique, expansion chrétienne et mutations sociales vont alors de pair, portés par l'affirmation d'un ordre seigneurial effaçant peu à peu les derniers vestiges de l'empire carolingien.
    Les acquis des recherches historiques des vingt dernières années ont profondément renouvelé la compréhension de ce long moment de transition. Ils conduisent à réexaminer des questions aussi fondamentales que le regroupement des populations et la « naissance du village », l'instauration de la seigneurie châtelaine, le rôle des réformes monastiques ou l'épanouissement de l'art roman et gothique.
    Ils amènent surtout à remettre en cause la thèse d'une « mutation féodale » rapide et brutale autour de l'an mil au profit d'une appréciation plus nuancée des évolutions.

  • Ce livre n'est point une histoire de la révolution.
    C'est une étude sur cette révolution. les français ont fait en 1789 le plus grand effort auquel se soit jamais livré aucun peuple, afin de couper pour ainsi dire en deux leur destinée. j'avais toujours pensé qu'ils avaient beaucoup moins réussi dans cette singulière entreprise, qu'on ne l'avait cru au dehors et qu'ils ne l'avaient cru d'abord eux-mêmes. de telle sorte que, pour bien comprendre et la révolution et son oeuvre, il fallait oublier un moment la france tel que nous voyons, et il fallait oublier un moment la france que nous voyons, et aller interroger dans son tombeau la france qui n'est plus.
    C'est ce que j'ai cherché à faire ici.

  • Histoire de France

    Collectif

    Une encyclopédie de référence pour découvrir et comprendre toute l'Histoire de France, de l'origine de l'Homme à nos jours.
    Plus de 800 questions-réponses, classées en 5 grands chapitres (la Préhistoire, l'Antiquité, le Moyen Age, l'époque moderne et l'histoire contemporaine)
    Des textes précis, clairs et accessibles, écrits par des spécialistes et conformes au programme.
    De nombreux outils pour accéder facilement à l'information (chronologies, biographies, cartes, arbres généalogiques, index).
    Une mise en page structurée, dynamique et richement illustrée (plus de 600 photos, peintures et documents d'époque).

  • L'épisode inaugural de l'histoire de France est aussi le plus évanescent : on n'en connaît à la vérité ni le lieu, ni la date, ni les circonstances précises, ni même la portée immédiate. C'est l'écriture de l'histoire qui allait au fil des siècles faire du baptême de Clovis la scène originelle de notre légendaire national. Cette cérémonie bien réelle reste encore aujourd'hui recouverte d'épaisses couches de mythes et de fables.
    Peut-on retrouver la véritable figure de ce « roi très glorieux » qui, au crépuscule de l'Empire romain, a épousé la foi catholique, bientôt suivi d'une partie de son peuple ? Tel est l'objet de ce livre : il explore les traces fugaces d'une Gaule en mutation entre le passé romain et la civilisation médiévale ; il convoque les ressources de l'archéologie pour approcher les hommes et les paysages que Clovis va unifier ; il s'efforce de composer l'histoire de ce peuple franc appelé à fonder une nation chrétienne. C'est cette reconstitution qui confère à cette journée lointaine sa véritable dimension politique et mémorielle.
    Plusieurs récits du baptême sont possibles, que cet ouvrage revisite. Autour de Clovis, mémoire et histoire souvent s'entremêlent au service de partis et de passions que chaque époque fait naître. L'irréductible part de mystère de ce baptême des origines aura ainsi contribué à son extraordinaire postérité.

  • Comment des identités ont-elles pu se cristalliser à l'échelle de «pays» transformés en régions? Et, surtout, comment ont-elles été perçues par l'État central? Pour tenter de répondre à ces questions sans cesse rebattues mais toujours à partir de points de vue spécifiques, l'auteur nous propose ici une approche originale, globale et sur la longue durée.
    Globale en appréhendant les multiples facettes de ce vaste problème, qu'elles soient géographiques, politiques, économiques, sociales, littéraires ou encore culturelles. Sur la longue durée en l'abordant depuis l'époque des pagi gallo-romains jusqu'à aujourd'hui, en passant par le temps des principautés médiévales, lorsque se sont sans doute cristallisées ces premières identités, à un moment où la France se constituait, elle aussi.
    Ce faisant, on comprend mieux comment le vrai faux débat entre Girondins et centralisateurs, République et régionalisme, a contribué à renforcer les oppositions, à favoriser les formes d'instrumentalisation. Qui sait aujourd'hui, par exemple, que les «provinces» administratives ont d'abord été façonnées par l'État monarchique afin de lutter contre des entités féodales porteuses d'identités? Et ce, avant que se recombinent, au sein de ces mêmes provinces et «régions», des sentiments d'appartenance aux rapports sans cesse renégociés avec l'État central? Souvent dénoncées, parfois mises en avant, lorsque l'amour des Petites Patries régionales devait nourrir l'amour de la Grande Nation française, les identités régionales ont le plus souvent été détournées. Notamment dans une optique économique et «modernisatrice» que l'on imagine être née lors des Trente Glorieuses, mais que l'on trouve déjà sous la plume des réformateurs de la fin de la monarchie absolue.
    Si la question des identités régionales demeure aujourd'hui toujours ouverte, le détour par l'Histoire permet d'en mieux saisir les dimensions et les enjeux. Signe que passé et présent peuvent mutuellement s'éclairer.

  • C'est un mot qui passe pour intraduisible et qui renvoie aux caractères distinctifs de notre histoire nationale. Les origines de la laïcité remontent aux guerres de Religion, où la puissance royale commence à s'émanciper de l'autorité de l'Église. C'est de cette crise originelle que part ce livre.
    L'Édit de Nantes impliquait qu'on pouvait être bon Français sans être catholique. C'est cette brèche que Louis XIV va tenter de refermer avec la Révocation, alors que la monarchie absolue tire sa légitimité moins de ses fondements religieux que de sa rationalité administrative et de son pouvoir civilisateur. Mais c'est avec la Révolution que la France cesse d'être un royaume catholique, pour s'engager dans la voie qui mène à l'État laïque, dégagé de toute conception théologique.
    Le conflit entre France catholique et France républicaine se poursuivra tout au long du XIX e siècle, avant que la III e République s'engage dans une laïcité militante que va couronner la loi de 1905. Il prendra d'autres formes avant de s'épuiser en 1984 avec la tentative avortée d'intégrer l'école privée catholique dans l'enseignement public.
    Pourtant, depuis les années 1960, l'évolution des moeurs érodait progressivement le consensus moral qui unissait croyants et incroyants, pour aboutir aux controverses autour du « mariage pour tous ».
    À ces dissensions s'est ajouté un nouveau défi, l'émergence d'une religion, l'islam, qui pose à la laïcité des problèmes inédits et introduit au sein même de l'opinion laïque des divisions profondes.

  • Ce livre invite à déconstruire l'idée contemporaine d'identité nationale à partir de l'Antiquité romaine.
    Pourquoi revenir à l'Antiquité ? L'Antiquité sert à conforter les penseurs contemporains qui s'y projettent, ayant le sentiment confortable que leurs idées ont toujours été là. L'anthropologie historique vise à bousculer ce confort intellectuel grâce au fameux « regard éloigné ». Pourquoi Rome et non Athènes? Athènes était une cité refermée sur elle-même. L'Athénien était citoyen de père et de mère, en fils ; le peuple d'Athènes n'accordait que rarement la citoyenneté à des étrangers.
    Rome appliquait une politique contraire. Dès les premiers temps, elle donnait largement la citoyenneté aux ennemis vaincus et aux affranchis qui, intégrés, lui ont fourni des armées innombrables et une élite sans cesse renouvelée. A partir de là, il était tentant d'aller voir quelle conception de la citoyenneté et de l'identité romaine avaient permis cette société ouverte (multiculturelle ou métissée ?) qui était celle de « nos ancêtres les Romains ».
    Or non seulement la citoyenneté romaine était un statut juridique sans contenu racial, ethnique ou culturel mais encore elle reposait sur l'origo, notion juridique complexe qui impliquait que tout citoyen romain d'une façon ou d'une autre venait d'ailleurs. Tous des étrangers : ce qu'illustre l'Enéide, poème de l'origo qui célèbre Énée, le « père » des Romains et figure de l'altérité : le héros venu d'ailleurs et qui n'a pas fondé Rome.

  • Le canal de Suez est un lieu symbolique, qui assure la jonction entre trois continents : l'Asie, l'Afrique et l'Europe. C'est une histoire égyptienne qui commence voici près de 4 000 ans. Mais c'est évidemment en même temps une histoire mondiale, compte tenu du positionnement géopolitique du canal.

    C'est aux alentours de 2000 av. J.-C., que naît l'idée de permettre à des bateaux de passer du Nil à la mer Rouge, et ainsi de relier cette dernière à la Méditerranée. De nombreux souverains attachent leur nom au projet :
    Sésostris, Nékao II, Darius, Xerxès, Ptolémée II Philadelphe, Trajan... Un premier canal est creusé, puis s'ensable, mais il est à plusieurs reprises remis en activité, notamment au début de la conquête arabe.
    Différents projets sont formulés au xixe siècle, avant que le chantier de construction du canal moderne ne soit mis en oeuvre. À la corvée qui décime un nombre important d'ouvriers égyptiens succède la mécanisation du creusement et l'ouverture aux travailleurs étrangers.
    La vie autour du canal est marquée par le caractère cosmopolite de ses villes. Mais elle est également rythmée par les conflits qui secouent le monde. Le nationalisme arabe émerge durant la Première Guerre mondiale et l'Égypte entame sa lutte pour l'indépendance.
    En 1869, le canal est inauguré en grande pompe en présence des représentants des mondes arabe et européen, dans un style qui préfigure les expositions universelles et qui reflète la volonté de modernisation de l'Égypte du xixe siècle.

    Si le canal demeure au coeur des évènements politiques de la seconde moitié du XXe siècle et notamment des guerres avec Israël en 1967 et 1973, il est pour l'Égypte un outil de développement économique majeur. En témoigne le discours de Nasser et la nationalisation de 1956. Au xxie siècle, les travaux d'extension et de doublement du canal, ainsi que les projets d'urbanisation de la future Égypte permettent à cette histoire millénaire de se tourner vers l'avenir.

  • Partout et toujours présent dans le paysage grec, le sacrifice sanglant définit les conditions dans lesquelles il est licite et pieux de manger de la viande. Sans alimentation carnée, il n'y a ni société civile ni communauté politique. La broche à rôtir est politique, et le couteau partageant le corps à manger découpe l'espace civique, en même temps qu'il invente la plénitude communautaire.
    Dans le manger carné, il y a comme un foyer commun où se croisent les figures des marches et de l'altérité. Histoires de loups en lisière de cité, quand le couteau, mauvais partageur, dévie vers la violence meurtrière de la guerre et de la tyrannie. Voyages en Scythie où le boeuf se faisant cuire lui-même raconte l'étrangeté des nomades au chariot. Récits des extrémités du monde, autour de la Table du Soleil, entre les viandes succulentes qui naissent de la Terre pour les Éthiopiens Longue-Vie et les cris de souffrance que lancent les chairs découpées des vaches du Soleil.
    Analyse anthropologique qui conduit à mettre en cause la pertinence d'un modèle judéo-chrétien, hâtivement laïcisé par des sociologues convaincus que le social s'enracine dans l'esprit du sacrifice : tel est ce livre, né des travaux du Centre de recherches comparées sur les sociétés anciennes.

  • Oeuvre la plus puissante que nous ait léguée le Moyen Age scandinave, l'Histoire des rois de Norvège fut rédigée vers 1230 par l'auteur de l'Edda, le poète et historien islandais Snorri Sturluson.
    Elle retrace la vie des fondateurs du royaume de Norvège depuis les origines mythiques de leur dynastie jusqu'à la bataille de Ré en 1177. L'auteur s'est arrêté principalement sur l'époque tumultueuse des IXe-XIe siècles qui vit les Norvégiens tout à la fois se livrer à des raids contre l'Europe occidentale, avant de s'implanter durablement dans plusieurs régions de la Grande-Bretagne et de l'Empire franc ; coloniser îles et archipels de l'Atlantique nord ; se doter progressivement d'un Etat unitaire, après les victoires remportées par Harald à la Belle Chevelure vers la fin du IXe siècle ; puis se rallier, non sans de farouches résistances, à la religion chrétienne que leur imposèrent par le fer et par le feu deux rois évangélisateurs, Olaf Fils Tryggvi, à l'extrême fin du Xe siècle, et Olaf le Gros, qui trouva la mort à la bataille de Stiklestad en 1030 et passa à la passa à la postérité sous le nom de saint Olaf.
    Reposant sur une vaste connaissance des sources orales et écrites qui conservaient le souvenir des actes d'éclat accomplis par les souverains de Norvège, ce sommet de l'historiographie norroise qu'est l'ouvrage de Snorri Sturluson se distingue également par la méthode critique et par l'exceptionnel talent littéraire de l'auteur. Le présent volume constitue la première partie de l'Histoire des rois de Norvège, oeuvre qui n'avait jamais été publiée dans son intégralité en langue française.
    La traduction est accompagnée de nombreuses notes explicatives, de cartes géographiques, de tableaux généalogiques et de plusieurs documents iconographiques.

    Trad. du vieil islandais par François-Xavier Dillmann. Introduction et notes de François-Xavier Dillmann.

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