La Villette

  • Journaliste et critique d'architecture, Ulrich Conrads est le premier à entreprendre une anthologie de textes phares de l'histoire architecturale du XXe siècle. Publiée en 1964, elle présente chronologiquement soixante-dix programmes et manifestes significatifs d'une grande variété thématique rédigés entre 1903 et 1963. À travers cet ouvrage, Conrads démontre que les écrits des acteurs de la scène architecturale contemporaine sont aussi importants que leurs oeuvres construites pour appréhender leurs gageures et idéaux respectifs. En parallèle, il fournit aux lecteurs une compilation pédagogique accessible et efficace pour s'initier et comprendre l'évolution de l'architecture sur six décennies.
    Objet de multiples traductions depuis sa parution, l'ouvrage d'Ulrich Conrads demeure une référence bibliographique incontournable.

  • Publié pour la première fois à Vienne en 1933, à l'heure où les avant-gardes succombaient sous le joug du nationalisme, l'essai d'Emil Kaufmann De Ledoux à Le Corbusier, origine et développement de l'architecture autonome proposait une interprétation inédite de l'architecture moderne. L'auteur considère que la rupture avec la tradition issue de la Renaissance, clamée par le Mouvement moderne, est déjà présente dans l'architecture de la période révolutionnaire du XVIIIe siècle.
    Aussi, puisque mieux que tout autre Claude-Nicolas Ledoux incarne cette rupture, il s'emploie, avec la force de la conviction, à le tirer de l'oubli. Soulignant que l'on assiste, avec cette période, à l'éclatement de l'"enchaînement" baroque, Kaufmann identifie le passage d'une architecture hétéronome à une architecture autonome. Le concept d'autonomie de l'architecture constitue la clé de voûte de sa démonstration.
    Cette autonomie se traduit par l'indépendance des parties de l'édifice et des édifices entre eux, par la liberté des dispositions intérieures, par le recours à la géométrie élémentaire. Déterminées par une logique tectonique, les formes se libèrent des lois étrangères à l'univers de l'architecture que sont celles des ordres, en raison de leur caractère anthropomorphique, ou celles provenant de la doctrine du beau.
    Kaufmann tente également d'établir une filiation entre les formes architecturales et les structures sociales. Ainsi, dans les aspects formels des projets de Ledoux, il discerne des analogies avec la structure de la nouvelle société bourgeoise. Formée d'individus isolés et libres, cette dernière se refléterait dans l'architecture pavillonnaire, également appelée "système des blocs".

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