Marguerite Waknine

  • Est-il encore besoin de présenter les sieurs Schwob et Proust ? Assurément, non. Leurs oeuvres comptent parmi les plus brillantes et les plus admirables. Parmi les mille et mille de pages que ces deux immenses auteurs ont pu noircir, il en est quelques-unes qui les rapprochent, du moins quant à leur thème. Il s'agit du livre. De cet étrange objet, devenu bien banal, bien qu'il demeure, comme un écrin, le confident des plus brûlants secrets. Que renferme donc un livre ?
    Pour se frotter à ce mystère, il suffira déjà, quelques moments, de contempler dans le cahier d'images accompagnant les textes de Marcel Schwob et Proust, tous ces visages penchés sur leurs livres comme s'ils se trouvaient au-dessus de miroirs. Miroirs ? Ou bien peut-être peut-il s'agir de puits, d'océans ou de ciels.
    Il sera donc ici question du livre effectivement, et plus précisément encore de la lecture entendue comme la plus troublante et la plus féconde des intimités : ce monde clos, silencieux, univers de retrait qui sans doute invite à la découverte des horizons les plus précieux, à la manière de longs replis qui se feraient accueils, ouvertures, comme si le livre que l'on parcourt, dans lequel on se jette ou tombe, auquel on se donne corps et âme, auquel on se livre, pouvait creuser de mystérieux passages vers la révélation de territoires profondément insoupçonnés et parfaitement insoupçonnables, et répondre secrètement à l'appel prodigieux des plus vives aventures et conduire au ravissement des grands transports.

  • Au sein de l'exceptionnelle bibliographie de Henri Focillon brille d'un éclat particulier un petit texte : Éloge de la main, qui #gure toujours en appendice à la Vie des formes. Pourtant ce texte court, d'une profondeur et d'une intensité rares, peut être lu pour lui-même, en ce qu'il propose au lecteur une ré&exion sensible autour de la main de l'homme, entendue comme outil pratique, artistique, voire spirituel, à même d'être élevé au statut d'une invention sans pareille, comparable à celles du feu et de la roue dans l'histoire de l'humanité.

  • En traversant le xxe siècle et l'essentiel de ses drames (la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il sera grièvement blessé, puis le régime national-socialiste qui rangera son oeuvre parmi l'art dégénéré), Oskar Kokoschka (1886-1980) pourrait passer sans doute, contre son gré, pour l'archétype de l'homme européen du siècle dernier. Après une naissance en Autriche- Hongrie, voilà bientôt une existence qui se déplace incessamment : Vienne, Dresde, Prague et Londres (à titre d'exil), et puis la Suisse enfin (sans oublier l'Afrique du Nord, le Proche-Orient et les États-Unis). On a retenu le plus souvent le peintre qu'il fut, élève de Gustav Klimt, pour perdre un peu de vue ses talents de graveur, de dessinateur, de décorateur (de théâtre notamment).
    /> Et plus encore son oeuvre d'écrivain et d'auteur dramatique, sans oublier non plus ses nombreux essais et articles, et l'autobiographie qu'il rédigera en 1971. Parmi ses oeuvres de fiction brille d'un feu tout particulier Les garçons rêveurs, un texte poétique à l'onirisme revendiqué, qui voit le jour en 1907, accompagné de huit lithographies originales réalisées alors par Oskar Kokoschka. À ce texte, il a semblé judicieux d'adjoindre une courte nouvelle intitulée :
    Le blanc-tueur, jusqu'à ce jour inédite en français, et qui doit être regardée, car déclarée comme telle par son auteur, comme la suite de ces garçons rêveurs. Ces deux textes auront au moins déjà pour grand mérite de nous faire découvrir un Oskar Kokoschka faisant part de son goût pour la plus grande des libertés. Un créateur exceptionnel, pluriel, bien trop souvent et facilement catalogué chez les expressionnistes, alors qu'il n'aura pas manqué lui-même de déclarer :
    «Je n'ai pris part à aucun mouvement. Je suis expressionniste parce que je ne sais pas faire autre chose qu'exprimer la vie.»

  • Eugène Fromentin (1820-1876) a réussi la prouesse d'être à la fois peintre et écrivain.
    On peut en effet lire encore aujourd'hui : Dominique, ce remarquable roman autobiographique, inspiré par un amour d'adolescence et dédicacé à George Sand, comme on peut toujours dans de nombreux musées français (Le Louvre, Orsay, Chantilly, La Rochelle...) croiser son oeuvre picturale qui le classe parmi le courant orientaliste et qu'Eugène Fromentin entreprend après des études d'art à Paris et un premier voyage en Algérie (il y en aura trois en tout). Voilà déjà qui devrait nous conduire à considérer Fromentin comme un grand voyageur dont les belles escapades feront l'objet de plusieurs récits aux titres évocateurs : Un été dans le Sahara, en 1856, et Une année dans le Sahel, deux années plus tard. L'aventurier est donc un véritable explorateur, à même encore d'entreprendre, à la fin de sa vie, un dernier périple, en Belgique et Hollande cette fois, à la rencontre des plus grands peintres, comme Hals, Rubens, Rembrandt, Ruysdael... Un dernier périple donc, dont Fromentin saura tirer un traité d'esthétique magistral, intitulé : Les Maîtres d'autrefois. Voyage, traité, dont le dernier épisode ou le dernier chapitre (Belgique - Les van Eyck et Memling) est une invitation à la découverte et la contemplation de ce qu'il peut y avoir de grâce et de splendeur chez les plus grands maîtres. En l'occurrence, deux chefs-d'oeuvre de l'art primitif flamand :
    Le retable de L'Adoration de l'Agneau mystique, de Jan et Hubert van Eyck, et Le Tryptique du Mariage mystique de sainte Catherine, de Hans Memling.

  • Le rêve

    Henri Bergson

    Le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. On aura sans doute reconnu là les premiers mots de l'Aurélia de Gérard de Nerval.
    Quel plus riche et plus bel univers que celui du rêve ? Pas un domaine des arts et des lettres, des sciences et de la philosophie ne saurait négliger cet étrange phénomène, comme si le rêve était pour notre humanité l'un de ses constituants les plus énigmatiques et les plus incontournables.
    Cependant, le rêve n'en demeure pas moins un mystère dont la profondeur est à la mesure de la fascination qu'il exerce. En e%et, le rêve est par nature ce qui nous échappe puisque nous n'avons jamais vraiment connaissance de nos rêves. Nous ne possédons jamais que des souvenirs plus ou moins morcelés et plus ou moins confus des rêves que nous faisons. Aussi, les récits comme les analyses de nos rêves ne sont jamais au bout du compte que les récits et les analyses de ces seuls souvenirs, de ces seuls fragments, comme si toujours nous demeurions à la porte du rêve sans jamais pouvoir en franchir le seuil. À leurs manières, aussi, le (?(e et le ((e siècles se sont attachés à saisir et sonder cette matière onirique, cette vie des songes. Est-il besoin de rappeler ici que le rêve s'était d'abord intimement joint à l'imaginaire romantique, avant de devenir l'objet même de la psychologie freudienne, dont le titre majeur paraîtra en 1900 : Die Traumdeutung (L'interprétation des rêves) ?
    Bientôt, non loin de là, le surréalisme donnera au rêve ses lettres de noblesse en en faisant le processus même de la création libre sous toutes ses formes. C'est parmi la richesse et la diversité de toutes ces approches du rêve que voit le jour, en 1901, cette conférence d'Henri Bergson, intitulée très sobrement le rêve, et dans laquelle le philosophe s'attache, au 2l d'une analyse serrée, à révéler méthodiquement le processus de formation du rêve, avec la perspicacité, la lucidité et la profondeur qui caractérisent son oeuvre et sa pensée.

  • Dans l'ombre des grands moments de création littéraire qui ont fait la postérité de Rainer Maria Rilke (citons à cet égard, au moins, Histoires du bon Dieu, Les cahiers de Malte Laurids Brigge, Les sonnets à Orphée, Les élégies de Duino) existe une myriade de textes courts, très peu connus pour la plupart, et qui méritent pourtant toute l'attention en ce qu'ils marquent à merveille les jalons d'une existence toute littéraire. Des jalons qui s'avèrent être ainsi de véritables petits trésors formant une vaste constellation, dont certains ont été rassemblés ici, sous cette couverture. D'abord, des narrations d'une extrême étrangeté et d'autres où semblent se mêler inextricablement souvenir, expérience et $ction ; en$n, des textes qui pourraient trop simplement passer pour des sortes de petits essais, en ce qu'ils s'attachent à des objets particuliers (là, les poupées de Lotte Pritzel ; ici, la $gure du poète), alors qu'ils sont en leur essence des textes d'une écriture relevant tout autant de l'illumination que de la confession. Quoi qu'il en soit, un ensemble remarquable qui permettra à chaque lecteur d'accomplir quelques nouveaux pas dans l'oeuvre admirable de Rainer Maria Rilke.

  • Lorsque paraît en 1893 Quinze jours en Hollande, Verlaine a 49 ans et n'a plus que trois petites années à vivre. La décennie qui vient de s'écouler a été des plus sombres. En e&et, au long de cette période, c'est Lucien Létinois, le dernier grand amour de Verlaine, qui meurt de la typhoïde ; puis, en 1886, c'est la mère de Verlaine qui meurt à son tour dans le taudis qu'ils partageaient suite à la faillite de leur projet d'exploitation agricole. Miséreux, sou&rant, Verlaine se voit contraint alors régulièrement à des séjours à l'hôpital ou à l'asile. Puis de Marseille arrive la nouvelle lamentable : la mort de Rimbaud. De mal en pis, Verlaine fera bientôt la connaissance de deux dernières compagnes, deux prostituées : Eugénie Krantz (alias Nini-Mouton) et Philomène Boudin, avec lesquelles il s'enfonce encore un peu plus, avant que quelques amis lui viennent en aide pour l'assurer au moins d'une rente mensuelle. C'est à cette époque que Verlaine accepte la tournée de conférences qui le mène en Hollande et dont il rédigera le récit de retour à Paris, à l'hôpital Broussais, en 1892. Et ce voyage, à n'en pas douter, est pour Verlaine un bienfait. On y suit, certes, un homme parfaitement usé, mais, malgré tout, un homme qui se montre gai, enthousisate, maniant l'humour, appréciant les cigares, les mets et les boissons dont on le sustente allégrement. Quinze jours en Hollande est le portrait d'un homme qui retrouve à respirer et qui connaît plaisir intense à découvrir des paysages, des couleurs, des ambiances, des caractères, des villes et des cafés, des musées. Mais également des êtres délicieux et charmants, parce qu'il s'agit ici sans doute aussi d'un document précieux sur les milieux des arts et des lettres en Hollande, en cette 7n de siècle. Une galerie de portraits : des étudiants et des artistes, des écrivains qui composent ces milieux, et dont Verlaine dira lui-même qu'il s'agit là de « l'élite de la jeune littérature et des jeunes beaux-arts hollandais ». En somme, une sorte de parenthèse inespérée, enjouée, cordiale, sous le signe de la fantaisie et de l'amitié, où l'on découvre, au long d'une suite de journées comme autant de péripéties chargées d'entrain, un Paul Verlaine comme rarement croisé.
    > > Pour accompagner ce texte, le lecteur aura loisir de parcourir un Cahier d'images où se trouvent rassemblés nombre de documents (photographies, peintures...) illustrant au plus près les quinze merveilleux jours de Verlaine en Hollande et les milieux qu'il aura fréquentés durant son séjour.

  • Une présidente ? Oui. À savoir : madame Sabatier. Apolonnie Sabatier, pour être très précis, dont l'existence s'est écoulée de 1822 à 1890. Vous voulez dire cette égérie d'artistes et d'écrivains, qui tenait à Paris un salon dont elle fut élue la «présidente» par ceux qui fréquentaient le lieu ? Oui, oui. Et sachons encore qu'on pouvait y croiser, entre autres, Dumas père, Feydeau, Flaubert, Nerval, Musset, Meissonier, Clésinger, Berlioz, et bien d'autres, et, bien sûr, 4éophile Gautier, en personne. Ardent défenseur du romantisme (il fut un proche de Victor Hugo), théoricien de l'art pour l'art, poète, nouvelliste, romancier, critique d'art, chroniqueur, dramaturge, grand voyageur (la Russie, la Hollande, la Grèce, l'Espagne, le Maghreb, l'Égypte, et l'Italie, bien évidemment), 4éophile Gautier (1811-1872) est également le dédicataire des Fleurs du mal de Charles Baudelaire (qui fut un temps l'amant de madame Sabatier et dont certains des poèmes ont été inspirés par la personne de madame Sabatier ! Le monde n'est ;nalement pas si vaste !). Quoi qu'il en soit, parmi la profusion des écrits de Gautier et aux côtés de ses oeuvres les plus célèbres (citons Émaux et camées, Le Roman de la momie, Le capitaine Fracasse) se trouve cette longue lettre écrite en 1850 et qui voudrait passer pour une relation de voyage en Italie, vers Rome, mais qui ne tarde pas à se dévoiler pour n'être plus qu'une lettre grivoise, obscène, licencieuse et pornographique, où se succèdent allégrement les scènes et les ré@exions les plus débauchées qu'on puisse imaginer. Pourtant, très curieusement, cette lettre expressément adressée à madame Sabatier ne gènera aucunement cette dernière qui la fera même lire et diJuser par copies autour d'elle. Quant à la première édition imprimée de cette lettre, elle ne verra le jour qu'après la mort de sa destinataire, en 1890.

  • De Lucien de Samosate à Jules Verne, nombreux sont les écrivains à s'être adonnés à la composition de récits relatant des voyages dans la lune. Au long de cette lignée, impossible de manquer Francis Godwin (1562- 1633), évêque de son état, qui délaissera sa charge pour se consacrer à la littérature. De là naîtra ce récit fantastique, remarquable en tout point : e Man in the Moone, qui paraîtra cinq ans après la mort de son auteur, et dans lequel un personnage haut en couleur, Dominique Gonzales, fort d'un attelage composée d'oies, parvient à rejoindre la lune où l'attendent des #opées d'aventures. À celles-ci s'ajoutera bien sûr le constat de la validité des découvertes de Kepler et Galilée et de l'héliocentrisme de Copernic. Si l'on y prend bien garde, la biographie de Godwin rappelle qu'il fut étudiant au célèbre Christ Church College, à Oxford, où Giordano Bruno en personne fut enseignant au cours de l'année 1583. Bien qu'il n'en existe aucune preuve formelle, force est d'imaginer Godwin assitant aux cours de Bruno pour en tirer un enseignement qui ne manquera pas d'alimenter plus tard, à sa manière, L'Homme dans la Lune, pour en faire également plus qu'un simple récit de voyage fantastique : un voyage de l'esprit se libérant des représentations et des conceptions traditionnelles de l'univers, qu'elles soient aristotéliciennes ou religieuses. En outre, ce voyage magni&que suivra son cours à travers le temps, en in#uençant, entre autres, Cyrano de Bergerac et ses États et Empires de la Lune, ou en trouvant toujours au cours des siècles des lecteurs admiratifs, comme Edgar Allan Poe, par exemple, qui écrira :
    J'ai lu récemment un petit livre étrange et assez ingénieux dont la page de titre porte : L'homme sur la lune [...+ On a écrit d'autres voyages sur la lune, mais aucun dont le mérite l'emporte sur celui-ci.

  • Au tout début du (#???e siècle, en Angleterre, une invention considérable va voir le jour et connaître un immense succès, celle d'une presse quotidienne extrêmement moderne en ce qu'elle rompt avec une forme de presse qui s'était jusque là contentée de transmettre des nouvelles politiques ou militaires.
    Cette nouvelle presse est symbolisée par un nom surtout : !e Spectator, forme d'expression journalistique et littéraire dont on a pu dire, avec raison, qu'elle pré2gurait tous les aspects du journalisme moderne. Un journal, donc, qui paraîtra quotidiennement (six numéros par semaine, 555 en tout) où se trouvent traités des thèmes d'actualité (sur les sujets les plus variés), des études de moeurs, des critiques littéraires ou d'art, et même des pages consacrées à la mode et au savoir-vivre, le tout accompagné d'un courrier des lecteurs. C'est en somme un dialogue véritable qui s'instaure entre le journal et son lectorat, dialogue empreint d'élégance et de 2nesse et d'une liberté de ton radicalement nouvelle et sans pareille. Les concepteurs et rédacteurs de la petite a7aire sont Joseph Addison et Richard Steele : le premier (1672-1719) est anglais, imminent homme d'État, écrivain et poète ;
    Le second (1672-1729) est un irlandais qui se consacre, après une très brève carrière militaire, à l'écriture en devenant écrivain et journaliste. L'immense aventure du Spectator recèle foisons de trésors parmi lesquels ces deux dissections dont rend compte le journal en janvier 1712 : celle du crâne d'un précieux d'abord ; puis celle du coeur d'une coquette. Au-delà de la virtuosité littéraire de Joseph Addsion (il est l'auteur de ces deux textes), ces deux petits récits sous forme de songes s'inscrivent, à n'en pas douter, dans une longue et palpitante histoire de la dissection et de l'anatomie tout aussi littéraire que plastique. C'est pour quoi il a paru fort judicieux d'associer sous cette couverture ces deux petits joyaux à un cahier d'images où les corps sont également ouverts, examinés, sondés, où les chairs sont visitées comme autant d'intimités retournées et mises en lumière.

  • On connait sans doute les trouvères et les troubadours de langue d'oc ou d'oïl. Parmi les plus connus de ce côté-ci du Rhin, au moins pourrait-on citer : Charles d'Orléans, Rutebeuf, Bertran de Born, Marcabru, Jaufré Rudel, Arnaut Daniel. Il serait toutefois fâcheux d'ignorer qu'il y eut aussi, de l'autre côté de ce même Rhin, une lyrique allemande, courtoise, dont les auteurs portent le nom de Minnesänger, autrement dit encore : ceux qui chantent le Minnesang, le chant d'amour, dont la tradition s'est développée entre le !""e et le !"#e siècles. Dans ce qu'il est convenu d'appeler le manuscrit Manesse (qui doit son titre à la famille Manesse, riches patriciens de Zürich des !"""e et !"#e siècles, qui furent à l'origine de la commande de cet ouvrage hors du commun) on parcourt plus de 700 pages où se trouvent consignés des textes de chansons d'amour courtois composés en allemand médiéval.
    Compilé entre 1320 et 1340, le manuscrit toutefois ne présente pas seulement du texte mais également une grande quantité de planches (miniatures en pleine page, représentant les portraits des poètes auteurs de ces textes) à travers lesquelles se révèle un poignant témoignage concernant les costumes, coutumes et armoiries de cette époque ancienne.
    Cet ouvrage se propose donc de présenter un large choix parmi la richesse inépuisable de toutes ces planches, oeuvrant par là à la construction silencieuse d'un enchaînement d'illustrations où chacun pourra donner sens à sa guise à cette suite narrative, ou comme autant d'illustrations qui peuvent être regardées chacune pour elle-même, comme si chacune pouvait constituer à elle seule une scène poétique complète échappant au temps pour pouvoir encore nous atteindre.

empty