Norma

  • Jacques Majorelle

    Amélie Marcilhac

    • Norma
    • 21 Août 2019

    Jacques Majorelle (1886-1962) est une figure emblématique de l'orientalisme.
    Fils de l'ébéniste Louis Majorelle, il se forme à l'École régionale des beaux-arts de Nancy, puis à Paris, à l'Académie Julian.
    Majorelle se rend dès 1908 en Espagne, en Égypte et en Italie avant de s'établir en 1917 au Maroc. Il y développe un langage chromatique singulier qui lui offre une place dépouillée de toute influence parmi ses contemporains.
    Paysages, scènes de souks, portraits, il conçoit à Marrakech, où il réside, comme dans le reste du Maroc ou lors de nombreux voyages au Soudan, en Guinée et en Côte-d'Ivoire, un corpus conséquent de plus de 1 000 oeuvres, peintures, aquarelles, dessins et illustrations dans lequel la lumière, la couleur et un certain regard sur l'exotisme jouent un rôle déterminant.
    Publié à l'occasion d'une rétrospective à la Fondation Jardin Majorelle de Marrakech, l'ouvrage, largement illustré, revient sur le parcours de l'artiste. L'ensemble des oeuvres y est présenté, accompagné de notices biographiques et bibliographiques.

  • Invitée en 1940 par le gouvernement japonais pour orienter la production d'art industriel du pays, Charlotte Perriand découvre une pensée, un mode de vie et une architecture ancestrales, conformes aux préceptes modernistes qu'elle défendait avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret. L'élaboration de son « art d'habiter », qui modifia profondément la manière de vivre des Français dans les années 50, est née des réflexions qu'elle a menées pendant sa mission au Japon.
    En retour, elle a contribué avec passion, à travers ses interventions dans les ateliers de production, au renouveau de l'artisanat japonais. « De tous les Occidentaux qui ont travaillé au Japon, c'est probablement elle qui a eu la plus grande influence sur le monde du design japonais », a déclaré le grand designer Sôri Yanagi, qui fut son assistant.
    Ses expositions au Japon, « Sélection, Tradition, Création » (1941) et « Proposition d'une synthèse des arts » (1955), qui eurent un grand retentissement, ses publications et ses études, ses réalisations à Tôkyô, la maison de Jacques Martin (1953), l'agence Air France (1959), ou à Paris, la résidence de l'ambassadeur du Japon (1966-1969), le showroom Shiki Fabric House (1975) et la maison de Thé à l'Unesco (1993) sont autant de témoignages des liens entre cultures occidentale et japonaise et de leur enrichissement réciproque.
    L'ouvrage, qui révèle la liberté de pensée de cette grande créatrice face aux enjeux d'une période complexe, est d'un enseignement précieux pour les nouvelles générations d'architectes et de designers, mais aussi pour l'homme d'aujourd'hui.

  • Source de fantasmes et d'espoirs comme de malentendus, le craft est depuis longtemps l'objet de débats qui nécessitent aujourd'hui un éclairage critique et théorique renouvelé que le seul mot « artisanat » restreint parfois. Politiques, écologiques, entrepreneuriales, humanitaires, patrimoniales, technologiques, éducatives, etc., les formes du craft se sont étendues, réinventées et complexi&ées. Chacun, des craftivists aux makers, du folk craft au craft art, d'une nouvelle génération de créateurs aux maisons de luxe, s'empare de ce domaine, bouleversant la tradition et ses codes souvent hérités du passé. Aux États-Unis, en Chine, en France, comme en Italie ou dans de nombreux autres pays comme le Brésil, l'Afrique du Sud, la Thaïlande, ces différentes approches nous obligent à prendre en compte de plus vastes questions articulées autour de quatre thématiques : AFFINITÉS aborde l'esprit collaboratif et la porosité entre les différents domaines de la création et le craft ; CULTURES, les valeurs portées par les artisans au-delà de leurs savoir-faire ; ÉDUCATIONS, les expériences pédagogiques innovantes qui renouvellent la transmission des savoirs ; ÉCONOMIES traite de la grande variété des modèles économiques dans ce secteur aujourd'hui.
    Cette anthologie rassemble 65 textes des années 1970 à nos jours traitant de la question du craft, accompagnés d'essais, de textes explicatifs et de bibliographies. Leurs auteurs, venus du monde entier, professionnels ou observateurs éclairés, témoignent de la richesse de leur expérience et de leurs ré;exions à visée prospective.
    Textes de Fabien Petiot, Chloé Braunstein-Kriegel, Andrea Branzi, Grace Lees-Maffei, Linda Sandino, Gloria Hickey, Jacques Anquetil, Nina Strizler-Levine, Garth Clark, Maria Elena Buszek, Stéphane Sauzedde, Annick Colonna-Césari, Emmanuel Barrois et Frédérique Le Graverend, Dana Buntrock, Laura M. Richard, Wang Shu, Charlotte Benton, Teleri Lloyd-Jones, Mònica Gaspar, Marcus Fairs, Alice Rawsthorn, Peter Siegenthaler, Anne Jourdain, Paul Greenhalgh, Anthea Black et Nicole Burisch, Clara Mantica, Unfold, Toby Glanville, David Caméo, Eriko Horiki et Blaine Brownell, Enzo Mari et Elvio Facchinelli, Stefano Micelli, Bruce Altschuler, Chunmei Li, Anneke Bokern, Hervé Barbaret, Kajsa Borg, Glenn Adamson, Bruce Metcalf, Caroline Maniaque, Grégoire Talon, Gerard C.J. Lynch, Patricia Woods, Teleri Lloyd-Jones, Namita Gupta Wiggers, Mary Douglas, Nicole Van Dijk, Patrick Bouchain, Penny Sparke, Serge Le Roux, Hugues Jacquet, Robin Mellery-Pratt, Guy Salter, Yuri Na et Michel Lamblin, Ruth Brewerton, Miguel Angel Gardetti et Subramanian Senthilkannan Muthu, Alberto Cavalli, Caroline Roux, Justin McGuirk, Jennifer Beamer, Anitra Nettleton, Eleanore Herring, Darrin Alfred, Daniel Nicolas, Jean-Marc Huygen, Sumanatsya Voharn...

  • « Quel lien y a-t-il entre L'Origine du monde de Gustave Courbet et Le Palais idéal du facteur Cheval ?
    Il y a Jean-Jacques Lequeu qui, sans en être conscient, pressent que l'origine du rêve architectural a quelque chose à voir avec cette origine du monde » suggère Annie Le Brun dans sa contribution au catalogue de l'exposition « Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes », se tenant au Petit Palais, du 11 décembre 2018 au 31 mars 2019.
    Architecte sans oeuvre, Lequeu (1757-1826) est d'abord un dessinateur hors du commun, dont l'imaginaire, nourri de références telles que Le Songe de Polyphile, se déploie dans la création de monuments et fabriques fictives donnant naissance à des paysages d'invention, complétés par une impressionnante galerie de portraits grimaçants ou de détails d'anatomie dépeints sans complaisance.
    Issu d'un milieu artisanal, qui tente à la faveur de la Révolution, de s'élever socialement, Lequeu, réduit sa vie durant à un emploi de bureau subalterne, est le fils du libertinage des Lumières et des jardins anglochinois.
    Six mois avant de disparaître dans le dénuement et l'oubli, il lègue à la Bibliothèque nationale de France l'une des oeuvres graphiques les plus singulières et les plus fascinantes de son temps, qui permet de s'immerger dans la dérive solitaire et obsédante d'un artiste hors du commun.

  • Rétrospective des oeuvres présentées à l'Exposition des arts décoratifs de 1925, qui a su réunir des artistes du monde entier : des architectes comme H. Sauvage ou P. Patout, des décorateurs tels que A. Véra, L. Süe, le couturier P. Poiret ou encore le sculpteur F. Pompon.

  • Apparues au xvIe siècle pour éclairer les ruelles étroites des villes et villages japonais, les chochin, lanternes mobiles de papier et de bambou, ont occupé une place centrale dans la culture et l'artisanat japonais.
    Intégrées dans les compositions d'artistes influencés par la mode du japonisme en europe et aux États-unis à la fin du xIxe siècle, ces lanternes légères, fragiles et éphémères se démocratisent en occident dans les années 50 grâce à Isamu Noguchi qui les électrifient. vendus pour quelques dollars chez Bonniers, à New York, les créations de Noguchi connaissent un vif succès et sont commercialisées en France par la galerie Steph Simon dans les années 60.
    Rond, rectangulaire, triangulaire, polygonale, le répertoire des formes déployées par les chochin est sans limite et en fait de véritables sculptures éclairantes, blanches ou décorées de motifs peints et d'inscriptions.
    Leur usage dans le temps invite à comprendre autant la nature des fêtes et rituels qui rythment la vie au japon, le rapport particulier de ses habitants à la lumière, que la force et la pérennité de leur artisanat.
    À travers une sélection d'bjets, d'estampes et de photographies, cet ouvrage, qui accompagne l'exposition se tenant au MADD, Bordeaux, du 31 janvier 2019 au 19 mai 2019, présente la fabrication de ces objets, leur évolution et leur adoption par les designers depuis les années 1950

  • * The first comprehensive monograph on Abraham & Rol, legendary designers of the second half of the 20th century * Includes a mix of contemporary and '50s and '60s photographs * This book includes examples of their architectural work, previously unknown to the public "It is a rare species, but it exists," as '60s art critic Pascal Renous pointed out on the subject of artistic couples. The designer-decorator duo of Janine Abraham and Dirk-Jan Rol met at Jacques Dumond's studio in 1955. The couple shared the same love of precision, line and plain colors. Their earliest joint creations were first exhibited at the Salon des artistes décorateurs, in Paris. Their furniture, made of wicker, wood and aluminum, twice won prizes at the Salon des artistes décorateurs (a sideboard in 1956 and an armchair in 1958), garnering notice from the public and professionals alike. Jean Royère did not hesitate to use their emblematic Soleil armchair (gold medal at the 1958 Brussels World's Fair) in the decoration of the palace of the shah of Iran, in Teheran. Their light and functional designs are available today, re-edited by Yota Design. Abraham & Rol were also interior designers for both individual and large corporate clients, such as Yves Rocher and Saint-Gobain, with the same precision and sense of composition that define their furniture pieces. The couple also expressed their creativity through architecture, their mastery of this discipline enabling them to design some twenty houses from the 1960s through the 2000s in the Île-de-France region. Their homes are genuine inhabited sculptures, of which certain have become truly emblematic.

  • Jean et Robert Cloutier, jumeaux de leur état, ont suivi un parcours original dans le paysage contrasté de la céramique française de la seconde moitié du XXe siècle. Soutenus par une clientèle fidèle, sans cesse élargie, de collectionneurs et de professionnels, leur carrière s'est déroulée de façon quasi linéaire, échappant aux aléas de la mode comme aux mutations de leur discipline.
    Leur travail est à bien des égards atypique, où la maîtrise technique se conjugue avec bonheur à une inspiration souriante, voire drolatique, qui ne parvient pas toujours à dissiper un zeste d'inquiétude. Cette ambivalence régente une production abondante et d'une grande diversité, livrant d'humbles pièces d'usage courant ou relevant des arts de la table, des claustras et des carreaux émaillés.
    Mais le domaine dans lequel ils excellent est celui de la figuration zoomorphique ou anthropomorphique qui peuple les pièces les plus ambitieuses, où s'affirment le contraste de noir et d'un vermillon d'une densité exceptionnelle (le fameux « rouge Cloutier »), ou les divers émaillages extrêmement sophistiqués.
    Pour parvenir, à la fin de leur carrière conjointe, à d'admirables pièces sculptées dont les formes figuratives et organiques, parées d'un blanc laiteux ou d'un noir intense, sont lourdes de mystère et de questionnement.
    Véritables électrons libres de la céramique française, les frères Cloutier incarnent à leur façon l'optimisme ludique des Trente Glorieuses, avec un succès qui va bien au-delà de l'Hexagone, en particulier au Japon et aux États-Unis.
    Libres de toute attache scolastique, et peu soucieux de faire école, ils incarnent un moment de grâce des arts décoratifs.

  • Cet exceptionnel ensemble de verres anciens, allant de la Renaissance à la fin du XIXe siècle, de Venise à l'Angleterre, en passant par la France, l'Espagne, la Bohême, les pays germaniques et les Pays-Bas, a été réuni par un même collectionneur. Philippe du Mesnil a démarré sa collection il y a maintenant plus de dix ans et n'a de cesse, depuis, d'arpenter les salons d'antiquaires et les ventes aux enchères, aiguisant son oeil quotidiennement.
    On ne peut qu'admirer dans le catalogue de très belles verreries vénitiennes du XVIe et du XVIIe siècle, et notamment des verres filigranés, qui côtoient des pièces européennes « façon de Venise ». Ces dernières sont directement issues des productions vénitiennes, dont l'influence s'est répandue dans toute l'Europe, donnant naissance à des modèles régionaux très semblables aux prototypes vénitiens, avec cependant parfois des singularités qui permettent de les identifier, plus particulièrement dans le cas des pièces catalanes et néerlandaises. La tradition verrière vénitienne anime la plus grande partie de cette collection. On s'interroge sur la valeur d'usage de ces pièces. Nombre d'entre elles paraissent avoir davantage une valeur symbolique ou rituelle, ce sont des pièces d'apparat, souvent signe d'appartenance aristocratique et de pouvoir.
    Sont également rassemblées des verreries plus utilitaires et populaires du XVIIIe siècle parmi lesquelles des verres à boire, dits génériquement verres fougères. Si le XIXe, correspondant aux premiers achats de Philippe du Mesnil, n'est plus le point fort de cet ensemble, les premiers verres à boire acquis par le collectionneur, bordelais et amateur de vin, sont cependant fort représentatifs de cette importante nouveauté que sont les services de verres décorés et personnalisés qui, à cette époque, deviennent un décor majeur des tables dressées.

  • De 1914 à 1918, le patrimoine français détruit ou dévasté par les ravages de la guerre est sacralisé et devient un réel instrument de propagande.
    Moins d'un an après les destructions emblématiques de Louvain et de Reims (août-septembre 1914), Paris est le théâtre de spectaculaires expositions à visée de propagande antigermanique fondées sur l'exaltation du patrimoine architectural et artistique meurtri.
    L'une des premières manifestations a lieu au printemps 1915 au Trocadéro, au sein du musée de Sculpture comparée. Elle montre des photographies de monuments dévastés, exposés à proximité des moulages en plâtre de monuments historiques estampés avant guerre, ultimes témoignages des originaux partiellement ou entièrement détruits. Ces moulages sont valorisés au moyen d'une signalétique au message accusateur : « Sculptures détruites par les Allemands. » L'année suivante, le musée du Petit Palais organise une autre manifestation explicitement intitulée « Exposition d'oeuvres d'art mutilées ou provenant des régions dévastées par l'ennemi ». Dans une scénographie dantesque, des statues décapitées, estropiées et des fragments d'architectures déchiquetés par les bombes lancées sur Verdun, Arras ou Dunkerque s'offrent aux visiteurs comme autant de stigmates de la « fureur du vandalisme allemand ». L'objectif avoué de ces manifestations était d'inspirer « plus de colère encore contre l'envahisseur et présenter des témoignages directs du vandalisme ».
    Ces expositions furent l'incarnation d'une propagande destinée tant à toucher chaque foyer français qu'à convaincre les pays neutres de s'engager. Elles constituèrent en ce sens de véritables armes idéologiques.
    À travers des caricatures, des photographies et des illustrations, l'exposition et le livre retracent cette mise en scène des destructions de monuments et la diabolisation de la Kultur. Elles permettent d'appréhender la diversité avec laquelle les antagonismes culturels furent représentés en France et dans les pays alliés.

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