Editions Du Patrimoine

  • Fleuron de la collection, Architecture, méthode et vocabulaire de Jean-Marie Pérouse de Montclos fait autorité en la matière, depuis sa première édition en 1972. Unique au monde, il fait aujourd'hui l'objet d'une nouvelle édition avec un texte revu et enrichi par l'auteur et une iconographie généreusement augmentée et ouverte à la couleur. Ainsi, une relation étroite est établie entre le texte et l'image, tandis que l'appareil de notes précise les références historiques et bibliographiques.
    Plus de 1 200 illustrations viennent ainsi illustrer quelque 1 200 termes d'architecture classés en trois parties : le vocabulaire général (de la représentation à la construction), les différentes parties d'un édifice (de ses fondations au décor, en passant par les baies, les couvertures, les escaliers, etc.) et enfin les différents genres d'édifices (religieux, public, militaire, etc.).

    Historien de l'architecture français, enseignant, Jean-Marie Pérouse de Montclos fut le premier chercheur recruté par André Malraux et André Chastel pour l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France en 1964 ; il y dirigea pendant vingt ans les recherches scientifiques et documentaires et en présida la commission nationale. Il est l'auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages sur l'architecture de l'époque moderne.

    - Le véritable best-seller de la collection depuis près de quarante ans.
    - Un ouvrage fondamental, tant pour les amateurs d'architecture ou les étudiants que pour les passionnés de beaux livres d'art.
    - Une nouvelle édition avec un texte revu et enrichi et une iconographie généreusement augmentée et ouverte à la couleur.

  • C'est à Chandigarh, capitale indienne au pied de l'Himalaya, que Le Corbusier mit en oeuvre pour l'unique fois de sa vie ses théories urbaines à l'échelle d'une ville entière. En 1947, lors de la partition de l'Inde et du Pakistan, l'état du Punjab fut divisé : Lahore, son ancienne capitale, étant désormais au Pakistan, Nehru confia trois ans plus tard la construction d'une nouvelle capitale à une équipe dirigée par Le Corbusier.

    En photographiant Chandigarh à partir de 2010, l'intention de Manuel Bougot était de faire un portrait intime de la ville en figeant sur la pellicule exclusivement des intérieurs privés et administratifs. Mais face à l'architecture impressionnante des sites et notamment celle du Capitole Complex, qui regroupe la Haute cour de justice, l'Assemblée législative et le Secrétariat général, ce projet a évolué pour raconter cette ville que ses habitants appellent "The City Beautiful".

    Manuel Bougot s'est attaché à montrer l'appropriation par les Indiens de cette architecture occidentale et, au-delà, la confrontation de deux cultures que tout semblerait opposer, faisant un état des lieux soixante ans après la naissance de cette capitale prévue pour cinq cent mille habitants et qui en compte aujourd'hui plus de deux millions.

    À des années-lumière de l'idée que l'on se fait des grandes villes indiennes, au coeur de la densité minérale des bâtiments en béton, Chandigarh exhibe de magnifiques espaces verts, des parcs luxuriants où écureuils et singes se promènent en liberté et où les habitants font leur jogging quotidien.

    C'est cette capitale originale, le plus grand chantier de Le Corbusier, que nous restitue le photographe, dans ce livre auquel contribuent également l'historienne de l'architecture Caroline Maniaque, et l'architecte indien Balkrishna Doshi, Pritzker prize 2018, qui accompagna Le Corbusier dans cette aventure hors norme.

  • De la princesse idéale à la « reine scélérate », de la traîtresse étrangère à la figure martyre, de l'héroïne adolescente à la mère bigote, de la femme de culture à l'icône de mode, l'image de la reine Marie-Antoinette, tour à tour adorée ou honnie, n'a cessé d'évoluer au cours des siècles.

    En suivant le fil de l'exposition qui se tiendra à la Conciergerie du 16 octobre 2019 au 26 janvier 2020, cet ouvrage, à travers 14 essais et 16 notices, commentera les multiples représentations de la reine et montrera comment le rapport à Marie-Antoinette a souvent été passionnel, déterminant des cultes, des hommages, ou au contraire de violentes attaques.

    Si la France de son temps l'a peu comprise - aux portraits de cour et images pieuses répondent les caricatures -, les imaginaires s'en sont emparés par la suite, jusqu'à en faire une héroïne de cinéma interprétée par les plus grandes actrices (de Sarah Bernhardt à Diane Kruger), le personnage culte d'un manga japonais (La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda) ou encore un produit de grande consommation.

    La reine Marie-Antoinette connaît aujourd'hui un revival étonnant. Devenue une icône, un objet de pop culture, elle est la figure historique la plus internationalement commentée dans les livres ou les films, la plus dépeinte par les artistes contemporains ; elle incarne, tout simplement, une jeune femme de son/notre temps.

  • Cet immense répertoire recense dans ses deux volumes tous les aspects du meuble : appellations, fonctions et formes. L'ouvrage, par sa présentation méthodique et son illustration très riche, met en évidence les évolutions historiques ou stylistiques du mobilier domestique ainsi que son rôle dans la vie quotidienne. Avec le vocabulaire consacré aux objets civils domestiques, il constitue une véritable encyclopédie des objets mobiliers français.

  • L'oeuvre de Jean Prouvé (1901-1984) est d'une telle richesse que l'on est généralement obligé de l'aborder en privilégiant tel ou tel aspect de son travail. C'est le bâtisseur qui retient ici l'attention. Par les architectes auxquels il est associé comme par ses propres réalisations, Prouvé appartient d'emblée au Mouvement moderne. Mais sa place y est à nulle autre pareille. Olivier Cinqualbre propose un parcours original à travers cette oeuvre unique, de l'aéro-club de Buc ou de la Maison du peuple de Clichy aux prototypes des années 1960.

  • En 1878, trois ans après l'inauguration de son monument, Charles Garnier écrivait dans son Nouvel Opéra : « L'opéra est un art riche - une synthèse des arts - et le lieu dans lequel les hommes viennent le goûter doit préparer, accompagner, compléter leur plaisir. Le bâtiment doit être à l'unisson ; il doit constituer un équivalent, dans l'ordre de l'architecture, de ce qu'est l'art lyrique dans celui du spectacle. » Un siècle et demi plus tard, l'Opéra Garnier n'en finit pas d'étonner le visiteur car son architecte de génie en avait pensé chaque recoin, capable de fondre en une subtile alchimie l'ensemble des arts par une succession de chocs architecturaux : sur la façade où les ors brillent, masques, festons et fonds mosaïqués enchevêtrent leurs reflets dans la polyphonie des marbres aux origines multiples ; la statuaire, extraordinaire, orne frontons, loggias et avant-corps et se dresse fièrement vers le ciel.

    Une fois à l'intérieur, l'escalier, spectacle théâtral à lui seul, est déjà un avant-goût de ce qui se déroulera plus tard, sur la scène. On éprouve la sensation d'être accueilli dans un temple de l'esprit, un décor baroque et un foisonnement de couleurs.
    C'est à une découverte exhaustive de l'Opéra que nous convie Gérard Fontaine pour découvrir sous tous ses angles le bâtiment rêvé et réalisé par Charles Garnier. Ce texte initiatique nous entraîne dans les dédales secrets et magnifiques vers la salle, la scène et le foyer de la danse où peintures et sculptures, témoins silencieux de milliers de représentations et d'aventures humaines, décorent les moindres recoins.

    Dans ce récit vivant et tonique, publié à l'occasion des 350 ans de l'Académie nationale de musique, où l'on retrouve également la pensée de Charles Garnier à travers des citations choisies, toutes les oeuvres, peintures et sculptures, sont inventoriées. Enfin la « palette Garnier » décrit techniques et matériaux choisis par l'architecte. Cette somme est accompagnée des superbes photographies de Jean-Pierre Delagarde qui a su restituer l'ambiance de ce lieu mythique, cette oeuvre d'art totale.

  • La parution de cet ouvrage frappe les trois coups de la prochaine ouverture de la Villa Cavrois conçue par Robert Mallet-Stevens (1886-1945) pour l'industriel roubaisien Paul Cavrois.
    Formé à l'École spéciale d'architecture de Paris, Robert Mallet-Stevens s'intéresse très tôt à la collaboration entre les différentes formes d'art. Il s'oriente pendant les vingt premières années de sa carrière vers la création de meubles et de décors de cinéma, qu'il considérait comme un art à part entière. Il fut par ailleurs l'un des fondateurs en 1929, et le premier président, de l'Union des Artistes modernes (UAM), réunissant des artistes décorateurs et architectes avant-gardistes. Il fut également dans les années 1930 directeur de l'École des Beaux-Arts de Lille. Ce n'est que sur le tard qu'il devint architecte, presque exclusivement pour des clients privés. Il n'en est pas moins considéré aujourd'hui comme l'une des figures majeures de l'architecture française de l'entre-deux-guerres, en tant que l'un des principaux représentants du Mouvement moderne.
    L'auteur retrace ici les points forts de la carrière de ce grand nom du Modernisme et revient notamment sur la construction de la Villa Cavrois à Croix, classée aux Monuments historiques depuis 1990.

  • L'architecte Hector Guimard (1867-1942) est principalement connu comme l'auteur des célèbres entrées du métropolitain de Paris. Mais aussi du Castel Béranger (1898), immeuble au décor très novateur, point de départ d'une carrière placée sous le signe d'une originalité sans concession. Principalement créateur de maisons singulières, mais aussi d'édifices industriels ou d'habitation, de tombes et de pavillons d'expositions, il fut en outre un remarquable concepteur de meubles et d'objets dans les matériaux les plus divers.
    Dès 1900, il inventa l'expression le " Style Guimard " pour définir une manière qui se voulait très personnelle, totalement sans rapport avec l'Art Nouveau - dont il fut pourtant l'un des représentants majeurs en France -, et qui fit de lui un créateur isolé. Depuis vingt ans, la connaissance de sa vie et de ses travaux a beaucoup évolué, grâce à la découverte de nouveaux édifices et de nombreux objets inédits, mais aussi de la diffusion de divers fonds documentaires.
    Ceci permet une nouvelle approche du travail de Guimard, par une compréhension plus fine de sa méthode de création, et surtout des influences réciproques entre son activité d'architecte et ses ambitions d'artiste décorateur.

  • Fièrement posés en haut des toitures, les épis de faîtage en céramique font parfois encore partie du paysage des petites villes et des campagnes. À l'image des coqs campés au sommet des clochers, ils se remarquent de loin grâce à leurs formes et à leurs couleurs vives. Ils dépassent du faîtage pour protéger le poinçon placé à la jonction des arbalétriers. Symboles de la maison et de son propriétaire, ils ont souvent fait l'objet d'une attention décorative particulière.

    Depuis plus de 40 ans, le Centre de recherches sur les monuments historiques s'intéresse à ces épis de faîtage, en étudiant des pièces conservées dans des musées ou chez des collectionneurs privés. Un premier album, paru en 1984 (aujourd'hui épuisé) publiait des relevés effectués en Normandie, en Bretagne, en Bourgogne, ou dans le Berry, accompagnés d'une analyse historique et régionale.

    Présentés de nouveau ici, ils sont complétés par de nouveaux relevés, souvent réalisés dans la région Occitanie. Composés de formes géométriques, de fleurs, de personnages ou d'animaux, leur histoire et leur symbolisme sont évoqués ici, tout comme leur méthode de réalisation, ancienne ou actuelle.

    Comme dans chaque album de la collection, relevés graphiques et photographies pour la plupart inédites permettent de pénétrer au coeur de ces magnifiques objets vernaculaires.

  • Qui était Viollet-le-Duc (1814-1879) ? Fut-il un passeur du modernisme ou un tenant de l'historicisme ? Au gré des successives réinterprétations du passé et des récentes découvertes, Françoise Bercé nous fait rencontrer l'homme dans sa complexité et nous révèle l'immense richesse de son oeuvre qui est loin de se limiter à l'architecture : Viollet-le-Duc est architecte engagé et moderne, mais aussi peintre, dessinateur, décorateur, écrivain, théoricien...

    Un soin tout particulier a été apporté à la mise en page et à l'iconographie : cette dernière illustre des lieux emblématiques de son oeuvre (Pierrefonds, Carcassonne, Notre-Dame...) et éclaire des aspects méconnus de son travail, notamment un ensemble magnifique des dessins de paysages de montagne.

  • Longtemps gardés secrets et souvent méconnus, les trésors de cathédrales - tous conservés in situ - se dévoilent aujourd'hui dans ce beau livre : reliques, orfèvrerie, émaux, textiles, objets d'art, objets insolites...

    La première partie présente l'histoire des trésors, de leur apparition et leur composition jusqu'à leur valorisation pour des expositions, dont celle des « Trésors des églises de France » en 1965, qui connut une fréquentation considérable pour l'époque, en passant par leur reconstitution après les saisies révolutionnaires et leur classement au titre des monuments historiques. À l'origine, chambres-fortes dont les objets étaient visibles de manière exceptionnelle, les trésors témoignent du rayonnement de la cathédrale et de l'ambition de ses constructeurs. Au XIXe siècle, l'émergence d'un souci de conservation et de la volonté de rendre accessibles ces objets précieux conduit à l'aménagement de certains trésors. Pris dans la tourmente des deux guerres mondiales, les trésors sont aussi témoins de leurs temps. Aujourd'hui « monuments historiques » et lieux de mémoire, ils bénéficient d'une politique de conservation et de valorisation de la part des services de l'État.

    Une seconde partie permet de plonger le lecteur dans les matières précieuses et délicates des textiles et de l'orfèvrerie, démontrant leur rôle déterminant dans l'ornementation et l'exercice du culte.

    Enfin, par le biais de notices présentant un florilège de 30 trésors ouverts au public ou en voie de l'être et traitant de ces objets précieux, le lecteur découvre ce patrimoine exceptionnel, à la lumière de nouvelles informations dues à la recherche : reliquaires, châsses, calices, coffres, chasubles et tuniques, croix, crosses et couronnes se succèdent pour montrer tout l'éclat et la richesse de ces collections conservées et mises en valeur par l'État.

  • Renée Gailhoustet (née en 1929) suit des études de philosophie avant de se diriger vers l'architecture. En 1952, elle intègre l'École nationale supérieure des Beaux-Arts dans l'atelier de Marcel Lods, André Hermant et Henri Trezzini.

    Engagée à gauche, elle s'intéresse au logement social, en proposant, avec conviction, d'autres modèles que ses contemporains tournés vers les grands ensembles produits en série. Elle entre dans l'agence de Roland Dubrulle en 1962 et se voit confier le projet de rénovation urbaine d'Ivry-sur-Seine dont elle devient architecte en chef en 1969. Entre-temps, elle fonde sa propre agence en 1964 et collabore avec plusieurs municipalités communistes en proche banlieue parisienne. Des géométries variées, des volumes complexes, des terrasses-jardins, sont quelques principes qui se retrouvent tout au long de sa production.

    S'appuyant sur des influences multiples, notamment l'équipe de Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrach Woods chez qui elle a travaillé, relevant avec Jean Renaudie de nouveaux défis, elle conçoit une architecture de la rencontre, du bien-être, de l'échange.

    En 2018, Renée Gailhoustet reçoit la médaille d'honneur de l'académie d'architecture et, en 2019, le Grand Prix de Berlin.

  • Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier [1887-1965), fut sans conteste l'un des architectes les plus inventifs et les plus influents du XXe siècle. Suisse d'origine, naturalisé français en 1930, il est aussi le premier à pratiquer son métier à l'échelle mondiale. Architecte, peintre et théoricien, Le Corbusier n'a cessé de voyager, pour apprendre d'abord, pour diffuser ses théories ensuite, enfin pour construire (au Japon, en Inde, en Argentine, en Irak...). Son oeuvre bâtie et projetée, pour l'essentiel menée en association avec son cousin Pierre Jeanneret, concerne tous les programmes qui ont marqué le XXe siècle, notamment l'habitat individuel et collectif, l'urbanisme, les bâtiments publics, culturels, sacrés ou industriels. Auteur d'oeuvres majeures, telles la villa Savoye à Poissy, la Cité radieuse à Marseille, la chapelle de Ronchamp ou la ville de Chandigarh en Inde, Le Corbusier fut pourtant longtemps combattu ; il aura finalement les honneurs de funérailles dans la cour Carrée du Louvre, assorties d'un célèbre discours d'André Malraux. Cet ouvrage propose un regard synthétique sur le parcours de celui qui définissait l'architecture comme « le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière ». C'est à celle des recherches les plus récentes que l'auteur donne à voir les facettes, multiples et contrastées, de ce créateur d'exception.

  • Ce catalogue fait écho à l'exposition Mallet-Stevens et ses photographes qui se tiendra à la Villa Cavrois du 29 mai au 2 septembre. Le portfolio comprendra les 50 photos sélectionnées pour l'exposition (à partir de la collection de Jean-Louis Cohen qui en comprend env. 225). L'exposition bénéficie du label « Année européenne du patrimoine culturel 2018 ».

    Cette exposition a pour but de montrer toutes les qualités, la diversité et l'amplitude chronologique de la collection Jean-Louis Cohen, fonds photographique issu de l'agence de Robert Mallet-Stevens.
    Ce fonds révèle toute la gamme des représentations de l'architecture de la photographie documentaire à la photographie artistique en passant par les nombreuses missions prosaïques qu'ont dû remplir ces clichés : photographies de presse destinées aux publications, images de chantier ...
    En outre, le fonds comprend des images particulièrement rares. Peu montrées, peu publiées elles relèvent par exemple des débuts de la carrière de Mallet-Stevens qui n'est connue qu'au travers de rares documents. L'absence d'archives constituées de son agence explique la préciosité de ces images.
    Elles représentent des architectures qui ont parfois disparu et dont elles sont les seules traces. Quelques-unes d'entre elles ne sont d'ailleurs pas localisées.

  • En plein coeur du 13e arrondissement de Paris, l'IPH (Institut de paléontologie humaine) est l'un des monuments les plus singuliers de l'architecture Art Nouveau.
    Pour faire honneur à la science et rappeler le don fait à celle-ci par le Prince Albert Ier de Monaco, c'est à l'architecte Emmanuel Pontremoli, grand prix de Rome en 1890 et directeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts, que la conception de l'Institut de paléontologie humaine a été confiée. Pour sa réalisation, Pontremoli va faire appel entre 1911 et 1914 aux principaux artisans qui ont travaillé pour lui sur le chantier de la « folie à l'antique » de la villa Kérylos (Beaulieu-sur-Mer) voulue par Théodore Reinach.
    Tout le génie de Pontremoli s'exprime dans le caractère monumental de ce bâtiment, desservi par une double façade contribuant à le mettre en scène à l'emplacement pourtant contraignant qui avait été choisi, tout en respectant un cahier des charges exigeant. Le vaste bâtiment inauguré en 1920 représente sur quatre niveaux une composition faite de volumes imposants et de respect des impératifs scientifiques pour lesquels les outils les plus modernes d'alors sont mis en oeuvre : laboratoires de photographie et de chimie, ateliers, salle de conférence et d'exposition, salles de collections, bibliothèque, salle de dessin, cabinets de travail.
    Le riche programme décoratif des façades de l'institut, réalisé par le sculpteur Constant Roux, lui aussi grand prix de Rome, s'inspire essentiellement de scènes de la vie quotidienne des peuples dits primitifs, évoquées comme un écho aux temps préhistoriques.
    À l'intérieur, comme au premier jour, bureaux, salles de consultation et de documentation, auditorium, vitrines cachant des trésors de paléontologie, conduisent le visiteur dans un univers hors du temps.

  • Fernand Pouillon (1912-1986) est assurément la figure la plus romanesque de l'architecture française du xxe siècle.
    Les fastes de sa vie privée et ses démêlés judiciaires ont défrayé la chronique. Son talent d'écrivain s'exprime pleinement dans Les Pierres sauvages (1964) et dans les Mémoires d'un architecte (1968). Son oeuvre bâti, exceptionnel par son ampleur (Aix, Marseille, Bastia, Saint-Tropez, Bastia, Boulogne-Billancourt, Iran, Algérie) révèle ses qualités de composition et de construction. Mis au ban de sa profession pour avoir contrarié les intérêts financiers de nombreux architectes et promoteurs, Fernand Pouillon a démontré la compatibilité de la construction en pierre de taille et du logement de masse.

    Après un portfolio iconographique et une biographie détaillée et synthétique, l'auteur propose l'étude détaillée de ses projets majeurs regroupés par typologies.?Cette monographie consacrée à Fernand Pouillon permet d'aborder facilement l'oeuvre de l'architecte, de la resituer et d'en saisir immédiatement les temps forts.

  • Le designer et architecte Marcel Breuer (1902-1981) compte parmi les personnalités les plus importantes et les plus marquantes du XXe siècle. Parallèlement à la création de meubles qui font partie des classiques de l'époque moderne, il mena une prestigieuse carrière couronnée de succès en tant qu'architecte.
    Ses études puis son enseignement au Bauhaus de Weimar et de Dessau aux côtés de Walter Gropius conditionnèrent toute son oeuvre tant en Allemagne puis aux États-Unis qu'en France. Après avoir bâti quelques maisons individuelles d'un élégant raffinement, la construction du siège de l'Unesco à Paris changea radicalement le cours de sa carrière et lui permit d'aborder des édifices et des programmes souvent monumentaux. De la communication à la gestion des projets jusqu'aux techniques de construction, Breuer contribua à une évolution notable du métier, relevant des défis et apportant des réponses claires, sensibles, puissantes et convaincantes.
    Après une introduction biographique et un cahier illustré offrant un panorama de l'oeuvre, cet ouvrage consacre sa 2e partie à l'étude détaillée de 5 grands projets bâtis en France : le siège de l'Unesco à Paris, le centre de recherches d'IBM à La Gaude, la ZUP de Bayonne, la station de sports d'hiver de Flaine et la villa Sayer à Glanville.

  • Depuis bien des années, aucune synthèse en français sur l'histoire du vitrail n'était disponible. Dans le pays du monde le plus riche en vitraux, cette lacune méritait d'être comblée. Ce nouvel ouvrage de synthèse s'imposait. Depuis la création en 1952 du Corpus vitrearum, les travaux de deux générations de chercheurs ont en effet considérablement fait progresser nos connaissances, tandis qu'une iconographie entièrement nouvelle, en couleur et encore très largement inédite, a été accumulée : il est temps de cueillir les fruits de plusieurs décennies d'efforts et d'en offrir l'essentiel au public des amateurs et des savants.

    Cet ouvrage propose de traverser l'histoire du vitrail depuis le Haut-Moyen Âge, beaucoup mieux connu aujourd'hui grâce à des découvertes archéologiques majeures dans l'Europe entière et à une meilleure interprétation des textes, jusqu'à ses manifestations les plus récentes, au XXIe siècle.

    L'univers du vitrail y est abordé selon des perspectives nouvelles, sous forme d'essais qui permettent de revoir nombre d'idées reçues. Le lecteur est accompagné dans cette exploration du temps par une iconographie d'exception, montrant le vitrail dans son cadre architectural ou dans les conditions privilégiées de l'observation rapprochée.

  • L'eau est un bien commun unique, partagé - inégalement - à travers le monde. Il ne se passe pas un jour sans que chacun de nous en bénéficie. Mais savons-nous d'où elle provient et comment elle nous est acheminée ?
    Dès l'antiquité, l'approvisionnement en eau a été une préoccupation politique essentielle dont témoignent certains vestiges, comme l'aqueduc de Lutèce et l'aqueduc Médicis. Nommé préfet de la Seine en 1853 par Napoléon III, Georges Eugène Haussmann obtient du Conseil de Paris qu'il vote un important programme d'alimentation en eau de la capitale et d'évacuation des eaux usées. Il en confie la réalisation à Eugène Belgrand, ingénieur de l'École nationale des ponts et chaussées.
    Le « système Belgrand », conçu sur le principe d'adduction gravitaire de l'eau, a ainsi ouvert la ville aux territoires qui l'entourent, les sources étant parfois éloignées de plus de 100 km. C'est ce qui constitue le réseau actuel, pensé comme un système d'approvisionnement global, qui couvre 12 départements.
    Explorer les patrimoines de l'eau à Paris, c'est découvrir un vaste et surprenant réseau, à la fois visible et invisible ; c'est voyager à travers une géographie urbaine et rurale tout à fait méconnue. C'est s'étonner de l'ingéniosité d'infrastructures qui - créés sous le Second Empire, puis modifiés et réutilisés selon les époques et les besoins - permettent à trois millions de Parisiens, chaque jour de l'année, d'accéder à l'eau potable, ce bien si précieux.
    Le livre évoque l'histoire de ces patrimoines - naturel, architectural, technique et humain - qui assurent la production et la distribution de l'eau dans la capitale :
    - un patrimoine architectural, à travers les aqueducs, les usines, les réservoirs, les regards et les fontaines parisiennes. Ce patrimoine est également souterrain : l'eau traverse près de 1985 kilomètres de canalisations en sous-sol parisien !
    - un patrimoine naturel, dont les périmètres sourciers et les champs captants témoignent de la diversité environnementale ;
    - des patrimoines techniques et humains. Les métiers autour de l'eau sont variés : hydrologues, fontainiers, chimistes, géologues, chaudronniers... Ces métiers évoluent depuis cent cinquante ans, d'autres ont disparu comme le porteur d'eau, acteur indispensable dans les villes pendant des siècles !
    Face aux enjeux de demain et aux défis posés notamment par le changement climatique, la gestion de l'eau revêt une importance particulière.

  • Très tôt acquis aux idées du Mouvement moderne, Jean Ginsberg (1905-1983) fait sienne cette nouvelle esthétique et la met en oeuvre dès ses premières réalisations des années 1930, des immeubles de logements destinés à une bourgeoisie éclairée et moderniste. Il utilise en façade la plastique des grandes villas d'avant-garde réalisées par ses maîtres, au premier rang desquels Le Corbusier, et crée à l'intérieur des typologies distributives répondant aux aspirations de jeunes urbains aisés recherchant des appartements plus petits et conçus de manière plus rationnelle pour limiter les coûts et le besoin en domesticité. Le succès est immédiat.
    Avec son associé Franz Heep, il développe le prototype de l'immeuble d'habitation de bon goût pour les couches supérieures de la société parisienne : des appartements de luxe, soumis à un rationalisme économique jusqu'alors inconnu, adoptant un fonctionnalisme de bon aloi où domine le goût du détail.
    Lui-même entrepreneur de ces premières réalisations, Ginsberg abandonne le contrôle de la maîtrise d'ouvrage au fur et à mesure qu'il adopte la production de série à partir des années 1950. Dans le contexte du boom économique de la fin des années 1960, il construira également des résidences immobilières sur la côte méditerranéenne, notamment à Cannes et à Monaco.

  • À l'heure où le caractère insulaire du Mont-Saint-Michel a été rétabli et le paysage de la baie profondément renouvelé, cette monographie exceptionnelle, retrace l'histoire de ce chef-d'oeuvre monastique à partir de sa fondation. Depuis lors, plusieurs éléments sont venus en préciser l'histoire : édition des textes fondateurs de l'abbaye, fouilles archéologiques des remparts, étude des logis abbatiaux.

    Le texte s'ouvre sur une étude de la baie, de son écosystème, sa faune et sa flore, et se clôt sur les travaux qui ont rétabli l'insularité, en 2015, rappelant ainsi la force du lien entre le monument et son environnement.

    Les spécialistes ici rassemblés abordent tous les aspects du site, du village, de l'abbaye, de son histoire, de son imagerie, de sa rénovation. Depuis le songe du moine Aubert dont les textes témoignent dès le IXe siècle, jusqu'à la transformation du Mont en prison dès le règne de Louis XIV, et sa résurrection au XIXe siècle, aucun aspect n'est omis. Cet ouvrage évoque la vie religieuse et la vie intellectuelle du Mont, l'une des plus brillantes de la France médiévale mais aussi l'histoire de ses pèlerinages, avec l'apparition au XIXe siècle de ces nouveaux pèlerins que sont les touristes.

  • Du Moyen Âge à nos jours, la tapisserie a toujours été un mode d'expression artistique majeur. Si la tenture de l'Apocalypse ou la Dame à la licorne font partie de l'imaginaire collectif, il n'est pas certain que les nombreux chefs d'oeuvres tissés au cours des siècles soient aussi bien connus de tous. C'est la raison pour laquelle les Éditions du patrimoine publient cette ample monographie qui propose un parcours de plus de cinq siècles entre trame et chaîne. Cette parution prend place dans le cadre d'une saison 2017 que le Centre des monuments nationaux consacre à la tapisserie à travers ses monuments : « En lices ! ».

    Dès l'origine, les tapisseries participent de l'apparat et de la symbolique des lieux où s'exerce le pouvoir, notamment lors des grandes cérémonies, civiles ou religieuses. La monumentalité de leur registre décoratif leur permet de s'imposer comme un médium capable de déployer des cycles narratifs non seulement ambitieux mais également édifiants. Elles déploient une iconographie qui concourt à transmettre un message et à affirmer le rang et la culture de leur commanditaire. Atteignant des coûts de fabrication très élevés, elles exigent plusieurs années pour leur réalisation, nécessitent des savoir-faire de haut-niveau tant artistiques que technologiques, et mettent en oeuvre des matériaux dont certains sont très précieux.

    Ce livre révèle un patrimoine méconnu, et permet au lecteur de mieux appréhender ce domaine artistique singulier. Il réunit des auteurs et des institutions de renom au premier rang desquelles le Mobilier national / manufacture des Gobelins et de Beauvais, ou la Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson. C'est aussi l'occasion de faire partager la collection du CMN, la plus importante en France après celle du Mobilier national.

empty