Parigramme

  • De l'appartement familial des Quatre Cents Coups au Gaumont-Palace aperçu dans Domicile conjugal et au théâtre Saint-Georges du Dernier Métro, François Truffaut a utilisé dans ses films de nombreux décors de son quartier d'enfance, entre Pigalle et la place de Clichy. Le réalisateur ne s'aventure qu'exceptionnellement sur la rive gauche, dont l'existence n'est guère attestée que par de lointaines apparitions de la tour Eiffel.

    Si l'oeuvre de Truffaut est plus poétique que documentaire, elle offre cependant au spectateur d'aujourd'hui de contempler un Paris où les portes cochères ne sont pas encore condamnées par des digicodes, un Paris où le téléphone se trouve au café d'en bas, un Paris où le laitier dépose ses bouteilles à l'aube devant le rideau de fer des crèmeries... Un Paris dont le cinéma est le dernier refuge.

  • Victorine Meurent, Emma Dobigny, Joanna Hiffernan, Gabrielle Renard, Fernande Olivier, Kiki de Montparnasse...
    On les connaît pour les avoir vues sur les tableaux des plus grands mais de leur vie dans l'ombre on ne sait souvent que peu de choses, sinon rien. Qui sont-elles ? D'où viennent-elles ?
    Que deviennent-elles après avoir pris la lumière sous le pinceau des maîtres ?
    À travers une douzaine de portraits qui sont autant d'histoires singulières, Olivier Renault éclaire l'âpreté, l'humilité et la grandeur du métier de modèle. Rémunérées pour leurs poses, les modèles se distinguent des sujets croqués à leur insu comme de celles et de ceux qui commandent, fut-ce à répétition, leur portrait.
    On ne saurait non plus les assimiler à des muses ou à des égéries même si un dialogue fécond se noue parfois dans le secret des ateliers. Supports plastiques de la création, les modèles féminins sont aussi celui de nombreux fantasmes, l'alcôve n'étant guère éloignée du chevalet et le mouvement moderne débarrassant le nu des alibis mythologiques dont la peinture devait jusqu'alors s'habiller.

  • Le Paris de Barbara

    Gilles Schlesser

    La gare de Lyon, le métro Rome, Drouot... Barbara a chanté et vécu Paris, passionnément, avant de se retirer à Précy. Après une enfance aux Batignolles et une adolescence rue Vitruve, elle se forge un prénom sur la rive gauche - chez Moineau, à L'Écluse, à Bobino -, puis sur la rive droite, de l'Olympia à Pantin.
    Ce livre est un voyage intimiste dans les pas de celle que Brel appelait « la grande » : ses jours, ses nuits, ses lieux de vie et de travail, ses amis, ses amours... Suivons-la dans la capitale : « Nous irons voir ensemble les jardins refleuris et déambulerons dans les rues de Paris ».

  • En 100 photos de légende, c'est à une promenade poétique à travers le Paris de toujours que ce livre séduisant invite : les garnements de Robert Doisneau, les bas-fonds de Brassaï, le passant bondissant d'Henri Cartier-Bresson, les amoureux de Willy Ronis, le peintre de la tour Eiffel de Marc Riboud, l'homme armé d'Eugène Atget, le Luxembourg enneigé d'Édouard Boubat, le premier Parisien de Louis Daguerre, les pavés mouillés d'André Kertész, les filles de la mode de Franck Horvath et de William Klein, le château tremblant de Man Ray . autant de chefs-d'oeuvre qui fixent avec style et poésie les représentations d'un Paris éternel.

  • Le brutalisme est un style architectural apparu dans les années 1950 qui s'inspire notamment des réalisations de Le Corbusier, en particulier de la Cité radieuse de Marseille (1952). Le terme même désignant le mouvement dérive de l'utilisation du béton « brut de décoffrage », sans ornements ni fioritures. Par la suite, d'autres matériaux, comme le métal, la pierre ou le verre ont pu être intégrés à des constructions se réclamant du même mouvement. Les édifices sont généralement massifs, anguleux et présentent des structures répétitives. Des éléments techniques habituellement dissimulés sont volontiers exposés.
    Prospérant à Paris et dans sa périphérie jusqu'à la fin des années 1970, le brutalisme a connu une désaffection au tournant du siècle avant de susciter un regain d'intérêt aujourd'hui.
    L'ouvrage présente une centaine de réalisations - immeubles de logements, bâtiments publics, équipements sportifs, ensembles industriels... - offrant autant de contrepoints dans un paysage à dominante hausmannienne.

  • La beauté de Paris tient à ses immeubles autant qu'à ses monuments et ses hôtels particuliers. Le promeneur perçoit bien la variété de ce paysage urbain, mais il manque parfois de repères pour en lire les ordonnances et les motifs : riches portails, balcons filants, bow-windows opulents, consoles ornées, mascarons moqueurs et cariatides souriantes.
    Cet ouvrage propose de nombreuses clés de lecture à l'usage du piéton de Paris pour lui permettre de mieux voir, de mieux comprendre et de mieux aimer ces façades qui se saluent d'un trottoir à l'autre, d'un siècle à l'autre.

  • Le vêtement distingue en même temps qu'il signe une appartenance. Il est donc à la fois l'expression d'une personnalité et celle des codes partagés par un groupe social, culturel ou générationnel. De groupes sociaux et d'engagements, Paris n'en a pas manqué au cours de son histoire. Les classes se sont ainsi reconnues à leur vestiaire et les révolutions ont souvent suscité leurs propres modes. Quand tout doit changer... on commence par changer de tenue !
    La roue de l'histoire du vêtement ne cesse donc de tourner mais pas toujours sur le même axe si on considère la fréquence des transferts.
    D'abord entre les vestiaires des deux sexes. Souvent pour des raisons techniques, militaires, professionnelles ou sportives, l'homme mène la danse : son vêtement évolue en obéissant à des contraintes pratiques, lesquelles deviennent rapidement des codes sociaux puis esthétiques, jusqu'à être adoptés et déclinés au féminin. Qu'il s'agisse de corsetage, de hauts talons ou de culotte, c'est bien la virilité que ces éléments ont exprimée en premier lieu, avant de devenir des symboles de féminité.
    Au petit jeu des emprunts et des échanges, nombreux sont les habits détournés de leur fonction première. Au xive siècle, les structures vestimentaires nécessaires au port de l'armure deviennent ainsi des tenues à part entière, très en vogue à la cour. Plus près de nous, le manteau des tranchées conçu pour les militaires par Thomas Burberry est féminisé et urbanisé par Yves Saint Laurent. Et la salopette de l'ouvrier est revue et corrigée par Jean Paul Gaultier.

  • Né dans le 14e arrondissement, Michel Audiard fréquente l'école de la rue du Moulin-Vert puis le Vél' d'Hiv' de la rue Nélaton. Pendant l'Occupation, il s'inscrit en école de soudure pour échapper au STO.
    Mais c'est comme porteur de journaux à bicyclette qu'il entame sa vie professionnelle. La proximité avec les journalistes, qu'il croise dans les cafés des grands boulevards, lui vaut cependant de passer de l'autre côté du miroir, sa faconde naturelle nourrissant de longs articles « de notre envoyé spécial en Indochine » d'autant mieux informés que l'intéressé prend soin de les rédiger sans quitter sa mansarde ! Suivent les critiques de films, qu'Audiard compose sans s'infliger d'assister aux projections... Ces premiers pas le mènent à Cinémonde... Un producteur ne tarde pas à lui demander un premier scénario, Mission à Tanger en 1949... qui sera suivi de nombreux autres. Entre 125, rue Montmartre, Les Barbouzes, Les Tontons flingueurs... comme scénariste et/ou dialoguiste, Audiard truffera ses oeuvres de décors familiers et de références au Paris de sa jeunesse. Celui des concierges assises sur le pas de leur porte, des pistards tournant sans relâche au Vél d'Hiv', des Halles en effervescence... et de la réplique gouailleuse qu'un titi ne manquera de faire glisser sur le zinc... « Toute une époque ! » disait Blier dans Les Tontons.

  • Les autochromes sont les premières photographies en couleurs, selon un procédé mis au point par les frères Lumière et commercialisé à partir de 1907. Ce procédé réclamant un long temps de pose, l'opérateur y apparaît plus proche du peintre que du photographe, le grain de ses images pouvant faire penser à la touche d'un pinceau impressionniste et les poses nécessairement statiques de ses personnages les apparentant aux modèles d'un artiste à son chevalet.
    Parmi de multiples sujets, les autochromistes ne manquent pas d'immortaliser Paris. Les couleurs sont partout, que nous ne soupçonnions pas : des échoppes peinturlurées de teintes vives aux publicités colonisant les façades, des colonnes Morris couvertes d'affiches criardes aux enseignes omniprésentes. Ces dernières signalent des commerces ayant pignon sur rue, tout comme la modeste fabrique artisanale d'arrière-cour. Dans les étages aussi, des panneaux indiquent la présence d'une blanchisserie, d'une sagefemme ou d'un confectionneur de formes en bois pour la chapellerie.
    L'observation de ces images nous offre de déambuler, émerveillés, dans un Paris onirique, tel que le plus talentueux décorateur de cinéma n'aurait pu le composer.

  • Paris années folles

    Collectif

    La parenthèse euphorique des Années folles s'ouvre en 1919 alors que les canons de la Grande Guerre ont à peine cessé de tonner ; elle se ferme dans le fracas du krach boursier de 1929. Dans cet intervalle, Paris s'enflamme et les déferlantes du jazz et du charleston bousculent tout sur leur passage. On rit chez Maxim's, à La Rotonde, à La Coupole, au Boeuf sur le toit... Joséphine Baker triomphe seins nus dans la « Revue Nègre » tandis qu'à peine plus habillés les corps s'agitent au Jockey ou au Magic City, s'exposent au soleil en bord de Seine. Sur les quais, les automobiles remplacent les chevaux.
    Les plus grands photographes de l'époque - Lartigue, Kertész, Branger, Boyer, Savitry, Atget, Harlingue - donnent à voir cette modernité à travers des clichés saisissants de vie. Paris est une fête !

    The cannons of the Great War had barely ceased fire when the Roaring Twenties began in 1919. The Stock Market Crash in 1929 hailed the end of this euphoric chapter when Jazz and the Charleston dance craze took Paris by storm. Great fun was had at Maxim's, La Rotonde, La Coupole, Le Boeuf sur le Toit. A bare-breasted Joséphine Baker performed on stage in the «Revue Nègre» while over at Le Jockey or Magic City, a little less scantily clad dancers shimmied the night away, people sunbathed on the banks of the Seine and automobiles replaced horse-drawn carriages.
    Such modernity was documented by the era's top photographers - Lartigue, Kertész, Branger, Boyer, Savitry, Atget, Harlingue - who present us with images that are so full of life. It's plain to see Paris really was a Moveable Feast!

  • C'est sur la côte normande ou dans les méandres de la vallée de la Seine qu'on imagine spontanément les peintres impressionnistes planter leur chevalet. Mais Paris, entre son fleuve, ses grands ciels et son soleil capricieux, ne manque ni de nature ni de texture pour des palettes subtiles, avides de saisir les variations de la lumière. En prime, la ville apporte ses métiers, ses cafés, ses ambiances, ses loisirs. et ses changements car la capitale du Second Empire et de la Troisième République est remodelée par les grands travaux. Quand Félix Buhot peint le percement de l'avenue de l'Opéra, quand Camille Pissarro réalise une série de toiles sur la même avenue vue depuis une chambre du Grand Hôtel du Louvre, quand, un peu plus tard, Luigi Loir montre la construction du métro rue de Rivoli, les peintres se font reporters d'un Paris dans ses habits neufs. C'est le même intérêt pour la modernité qui incite Manet, Monet et Caillebotte à dépeindre la gare Saint-Lazare. Le panache des locomotives à vapeur pourrait aisément remplacer les nuages d'une composition campagnarde, mais la gare est aussi l'embarcadère des Impressionnistes pour la vallée de la Seine. Elle symbolise le lien avec des décors naturels et abolit la distinction entre les Impressionnistes des champs et les Impressionnistes des villes. Ce sont les mêmes.

  • De l'aube du XXe siècle aux années 1930, Montparnasse connaît son âge d'or. D'Europe centrale et de l'Est, d'Italie, d'Espagne, de Scandinavie ou des États-Unis... accourent par centaines de jeunes peintres, sculpteurs, écrivains ou photographes, pressés de rallier ce nouveau « centre du monde » où une révolution artistique est en train d'éclore. Eux aussi veulent en être... C'est ainsi que dans la lumière froide des ateliers ou l'ambiance chaleureuse des grands cafés se croisent Modigliani, Picasso, Soutine, Kisling, Pascin, Brancusi, Giacometti, Hemingway, Fitzgerald, Cocteau, Desnos, Miller... et tant d'autres. Au moins pour quelques années, Paris est une fête, immortalisée par les objectifs de Man Ray, de Brassaï ou de Kertész.

    From the dawn of the 20th century to 1930's, Montparnasse enjoyed a Golden Age. Hailing from Central and Eastern Europe, Italy Spain, Scandinavia or the United States... hundreds of painters, sculptors, writers or photographers rushed over, all eager to rally this new «center of the world», where an artistic revolution was in full bloom. They also wanted to be part of it... Thus, in the cold light of their artist studios or enjoying the warm ambiance of large cafés, mingled Modigliani, Picasso, Soutine, Kisling, Pascin, Brancusi, Giacometti, Hemingway, Fitzgerald, Cocteau, Desnos, Miller... as well as many others. At least for a few years, Paris is a Moveable Feast, was immortalized by the lenses of Man Ray, Brassaï or Kertész.

  • Paris mode

    Collectif

    Les liens qui unissent Paris et la mode sont aussi anciens qu'étroits. Les deux univers sont tissés de rêve avant de l'être de pierre et de fil. Leur histoire s'entremêle, la gloire de l'une rejaillissant sur l'autre.
    La photographie ne s'y est pas trompée qui, plus souvent qu'ailleurs, a très souvent fait usage des décors parisiens pour présenter les modèles des couturiers. Dès le début du XXe siècle, alors qu'on commence à peine à reproduire des photographies dans les revues, les frères Seeberger placent leurs mannequins sur les champs de courses, dans des restaurants, dans la rue... Les poses y sont plus libres qu'en studio, plus joueuses et les clichés évoquent un art de vivre, une attitude, une élégance naturelle, une insolence... suggérant qu'une robe est beaucoup plus qu'une robe ; plutôt une certaine manière d'être une Parisienne.
    Le goût pour les extérieurs parisiens ne se dément pas avec le temps : on photographie les créations des couturiers dans les lieux les plus emblématiques de la capitale (devant la tour Eiffel, sur les quais, place de la Concorde...), les écrins les plus chics (place Vendôme) ou on joue les contrastes entre la sophistication des modèles et le Paris populaire en fond de tableau (Les Halles, le canal Saint-Martin, sur les marchés...). Les plus grands noms se prêtent à l'exercice ou s'en font une spécialité (Cartier-Bresson, Depardon, Charbonnier, Boubat, Dambier, Rouchon, Klein, Sieff, Horvat, Clarke, Avedon, Bourdin, Lindbergh, Testino, Newton...), créant un genre qui gagne ses lettres de noblesse et entre dans les musées et les collections.
    Au-delà des époques, et longtemps encore après leur prise, leurs images ne cessent de nous faire rêver.

  • Il subsiste près de cinq cents hôtels particuliers dans Paris, quand on croyait en compter plus de deux mille au XVIIe siècle... Présent partout, l'hôtel parisien reste pourtant une exception si l'on songe au nombre d'immeubles de la capitale. Mais qu'importe la statistique, la rareté tient ici avant tout au caractère d'objets uniques de ces précieuses demeures.

    Savant mélange de règles et de fantaisie, de convention et de génie, l'hôtel parisien est né d'un rêve de domination, subtilement adapté aux contraintes de la grande ville. Il représente encore pour son propriétaire le moyen d'afficher une réussite éclatante tout en constituant un refuge intime, où il peut jouir de la ville sans en subir les désagréments, voir sans être regardé...
    />
    C'est dans l'interprétation de ces ambitions contradictoires qu'il faut lire la puissance des commanditaires, le talent des meilleurs architectes, l'audace des grands décorateurs... et céder au plaisir de nous laisser, à notre tour, habiter par ces maisons hors du commun.

  • From Notre-Dame to the Quai Branly Museum, the monuments of Paris bear witness to all the eras the city has known and are so many landmarks for avid urban walkers. Taking to the heights, Arnaud Chicurel and Pascal Ducept provide a new perspective on these palaces, towers, arches, and prestigious squares. By seeking out unusual angles and exceptional lighting, they show us a whole new side of the City of Light we thought we knew so well.

    This new edition has been completed with new pictures taken by both authors.

  • Paris détruit

    Pierre Pinon

    Pourquoi démolit-on ? Relativement épargnée par les guerres ou par les incendies, Paris a été affectée en profondeur par les destructions volontaires. C est d abord pour des raisons financières qu on met à bas avant de reconstruire : nombre d hôtels particuliers sont lotis pour être rentabilisés. La destruction est aussi le fait d opérations d urbanisme : alignement de rues existantes ou percement de voies nouvelles, mais aussi éradication des îlots insalubres ou désaffection de certains bâtiments comme les Halles ou les prisons parisiennes. Enfin, on abat parfois pour des raisons symboliques. La démolition de la Bastille est le premier acte de la Révolution, tandis que la Commune détruit sans retenue, de la maison de Thiers aux Tuileries dont les ruines restent longtemps exposées au public. Dressant le sombre bilan des disparitions, à travers notamment une iconographie spectaculaire, l auteur ne s en tient pas à une dénonciation convenue du « vandalisme », mais montre l émergence d une conscience patrimoniale en évolution constante depuis le XIXe siècle.

  • La photographie naît à Paris alors que la ville s'apprête à changer de peau. Les premiers opérateurs en sont les témoins : Daguerre immortalise des maisons qui seront emportées dans les grands travaux haussmanniens, Hippolyte Bayard prend pour sujets les moulins de Montmartre, Marville capte l'image du Vieux Paris qui s'efface, profond et onirique.
    Mais la ville en mouvement est également très présente. Celle qui fait l'histoire - de la révolution de 1848 à la Commune - et celle de tous les jours, animée par les déambulations sur les boulevards, la ronde des fiacres, les bousculades aux Halles, les conversations à la terrasse des cafés. Un monde se révèle.
      Photography was born in Paris at a time when the city was undergoing a makeover. The first photographers witnessed this change: Daguerre immortalized houses that would vanish when Prefect Haussmann ordered the capital's major renovations, Hippolyte Bayard took shots of Montmartre's windmills, Marville captured the last days of a dreamlike Old Paris.
    But a city on the move also appears in these images. A city of history - from the 1848 revolution to the Commune period - and a city for everyday life, enlivened by strolling on the boulevards, the passing of carriages, the bustle of Les Halles market and conversations on café terraces. A world revealed.
     

  • Les années 1950 marquent le mitan du siècle sans vraiment signer l'entrée dans la « modernité ».
    Pour l'heure, Paris ne change pas du tout au tout, sans être la réplique de la ville d'avant-guerre. Pour la note pittoresque, on retrouve au coin des rues marchandes ambulantes et petits métiers, bonnes soeurs en cornette, agents de police en pèlerine et écoliers en blouses...
    Plus notablement, le logement n'a guère fait de progrès et nombreux sont ceux, parmi les 2 850 000 habitants de 1955, dont le foyer est inconfortable. À défaut de les loger décemment, la ville demeure ouverte aux classes populaires. À Saint-Germain-des-Prés ou dans le Marais, petits employés, ouvriers, retraités modestes ou intellectuels sans le sou se côtoient toujours.
    Le chômage ne préoccupe personne et le travail est proche, puisque les ateliers industriels ou artisanaux se comptent par milliers. Les salons de l'automobile ou des arts ménagers attirent les foules. Même si le « progrès » appartient encore à un futur indéfini, la confiance dans un avenir meilleur aide à supporter un présent souvent âpre sans que le quotidien ne soit encore profondément modifié. Quelques années plus tard, les grandes opérations d'urbanisme signeront la fin de ce temps suspendu. Il en demeure des images en couleurs et d'autres plus anciennes et en noir et blanc, qui nourrissent la légende d'un Paris révolu.

  • En octobre 1958, le passage à l'Olympia du rockeur Bill Haley électrise une foule de jeunes gens. Des pionniers français du rock comme Danny Boy ou Danyel Gérard apparaissent alors. D'autres suivent qui se retrouvent pour beaucoup au Golf-Drouot : un certain Jean-Philippe Smet, Claude Moine alias Eddy, ou Jacques Dutronc, alors timide guitariste des Tritons...
    La jeunesse entre en scène et le rock avec elle, dont l'émission Salut les copains va se faire le porte-voix. Les festivals s'enchaînent, au Palais des Sports ou à l'Olympia. Le 22 juin 1963, le concert gratuit de la place de la Nation enflamme 200 000 personnes devant une scène où se produisent Richard Anthony, Sylvie Vartan, Frank Alamo, les Chats sauvages et, bien sûr, Johnny... La vague déferle ; elle ne s'arrêtera plus.

  • Sacrées reines de la Belle Époque, Caroline Otero, Liane de Pougy, Cléo de Mérode, Émilienne d'Alençon, Mata Hari et d'autres oubliées font une entrée fracassante dans le demi-monde de la galanterie. Ces « cocottes » font chavirer les coeurs et tourner bien des têtes, de préférence couronnées. Belles, manipulatrices, vénales, cruelles au besoin, elles sont promptes à dilapider les fortunes que l'on dépose à leurs pieds. et à oublier leurs amants sitôt qu'ils sont ruinés.
    Dans Paris, la capitale des plaisirs, les « grandes horizontales » sont aussi des vedettes du music-hall naissant. Elles amusent, séduisent, font l'actualité et alimentent les potins des gazettes mondaines au point d'imposer bientôt leur style et leurs goûts en Europe et jusqu'en Amérique.
    S'appuyant sur une iconographie riche et souvent inédite (photographies d'époque, tableaux, affiches), Catherine Guigon dresse un portrait vivant de ces aventurières libres d'esprit qui ont la rage de vivre chevillée au corps, le sourire enjôleur et la dent dure. à croquer des diamants !
       

  • Existe-t-il un programme architectural de la maison close parisienne ? Fermée sur le monde extérieur, la maison de l'entre-deux-guerres veut ouvrir sur de multiples horizons et soigne en conséquence sa distribution, ses agencements et ses décors. Fouillant les entrailles de « ces machines à plaisir », Paul Teyssier en décrit le cheminement labyrinthique, enchainant seuils, sas, couloirs, longues séquences de petits et de grands salons, d'escaliers et de chambres. À ce dispositif s'ajoute celui des coulisses, inaccessibles à la clientèle, prévoyant vestiaires, loges, chambres des pensionnaires, réfectoire, cabinet médical... Empruntant beaucoup à des structures plus conventionnelles (le couvent, le théâtre, la prison...), la maison close doit obéir à des prescriptions administratives et hygiénistes, multipliant les références historiques et intégrant les dispositifs de confort les plus modernes. Elle s'inscrit non seulement dans l'ordre du commerce de la consommation charnelle, mais plus largement dans la sphère des loisirs, partageant les innovations des dancings, du cinéma, des grands cafés dont elle est souvent la voisine. Cette « architecture inversée » se révèle dans les plans conservés aux archives de la Police que l'auteur a soigneusement étudiés. Ces documents traduisent la réalité du système construit du sexe avec ses codes, ses obligations règlementaires et ses répétitions formelles.

  • Berceau de la photographie, Paris en est demeurée la capitale. L'histoire commence quand Daguerre, en un clair matin de 1839, dirige son appareil vers le boulevard du Temple. Les silhouettes animées des passants sont trop fugitives pour être fixées sur sa plaque et seul un petit personnage - resté immobile pour faire cirer ses chaussures - laisse son empreinte. Cet inconnu est le premier Parisien jamais photographié.
    Que s'est-il passé depuis ? La photographie, portée au sommet par les grands maîtres, a investi tous les domaines. elle devient un art mais aussi un témoin quand elle immortalise un évènement historique. Pour autant, nombre d'images restent muettes et leur mémoire s'est perdue. Celles dont on connaît mieux le sens et les circonstances nous promettent autant d'histoires extraordinaires.
    De Louis Jacques Mandé Daguerre à Charles Marville, de Etienne-Jules Marey à Paul et Félix Nadar, de Eugène Atget à Yann Arthus-Bertrand en passant par Man Ray, David Seymour "Chim", Gisèle Freund, André Kertész, Robert Capa, Gilles Caron, Pierre et Gilles ou Sophie Calle, Paris s'expose au grand jour : petits événements de la vie quotidienne, paysages urbains, barricades de juin 1848, portraits, accidents, désastres de la guerre, grèves, assassinat du président Paul Doumer, ratonnades du 17 octobre 1961, manifestations de mai 1968, destruction des Halles.

empty