Somogy

  • Habituellement nommée « La grande soif », la partie sud-est du Soudan du Sud - pays le plus récent au monde - est une région isolée, sujette à des chutes de pluie annuelles basses et surtout incertaines. Les premiers explorateurs occidentaux à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ont parcouru la région précipitamment d'un point d'eau à un autre en ne s'arrêtant que rarement pour apprendre à connaître ses habitants. Les Jiye, les Toposa, les Murle et les Nyangatom demeurent relativement peu connus. Bien que des ONG aient commencé à travailler dans la région, peu d'attention est accordée à la diversité culturelle et à la structure sociale de ces sociétés agro-pastorales.
    Ce livre se concentre sur les Jiye et leurs voisins les plus proches, les Toposa. Le peuple jiye ne compte pas plus de 8000 personnes, ce qui fait de lui l'un des plus petits groupes dans cette région du Soudan du Sud. Cette société particulièrement solide a survécu, pendant les deux siècles de son existence, à des périodes de sécheresse et de famine extrêmes, à de graves épizooties et à des raids dévastateurs lancés par ses voisins plus puissants. Peu de changements sont survenus depuis.

  • Les Na de Lijiazui

    Pascale-Marie Milan

    • Somogy
    • 20 Février 2016

    Les Na sont connus dans le paysage ethnologique comme « une société sans père ni mari ». Ils ont pour coutume sexuelle la visite nocturne des hommes chez les femmes et ne se marient pas. C'est du moins la vulgate qui s'est répandue à leur propos alors que les modalités de la coutume sont plus complexes qu'il n'y paraît. Elle prévoit à la fois le principe et le fondement des valeurs culturelles qui donnent un sens à la vie sociale et renvoie nécessairement à des fonctions externes, économiques et politiques.
    C'est dans les montagnes froides du Sichuan (Liangshan), à une cinquantaine de kilomètres de la très médiatique région du lac Lugu, que l'auteure a mené une ethnographie au plus près des Na. Plus de deux ans de terrain lui ont permis un accès privilégié à l'envers du tissu social. L'immersion dans la vie ordinaire vécue par les Na et la participation aux diverses activités quotidiennes, lui ont permis de se défaire de l'exotique anthropologique qui entoure les explications que l'on donne généralement à propos du groupe. Ainsi, les chants, les danses, les mythes, les rites, l'entraide et l'échange sont autant de fenêtres sur les affects et les logiques du système de pensée Na. Ils permettent d'évaluer les pratiques contextualisées d'après les justifications qu'en donnent les villageois pris dans des contraintes historiques, économiques, politiques et idéologiques.

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