Pu De Paris-sorbonne

  • Comment reconnaître une information véridique ? Dans un monde bercé par la litanie des fake news, la question est d'une actualité cruciale. Comment croire autrui, sur quels critères accepter ou réfuter les nouvelles transmises, comment être cru ? Ces questions étaient aussi pertinentes dans l'Athènes classique qu'elles le sont aujourd'hui avec les réseaux sociaux. Dans les plaidoiries du ive siècle avant J.-C. conservées grâce à la transmission manuscrite, les plaignants répètent en effet sans cesse à leur auditoire qu'ils « disent vrai ».
    Les chercheurs ont cherché depuis longtemps à déterminer si c'était bien le cas, en croisant les événements décrits avec les faits attestés par ailleurs. Ce livre, en interrogeant les mécanismes employés pour rendre vrai un discours, adopte une approche radicalement différente. En situant la fabrique de la vérité du côté de l'énoncé du discours, l'ouvrage déploie pour le lecteur l'éventail des preuves auquel les plaignants avaient recours lors de leur intervention au tribunal, appelé le dispositif de vérité. Au centre de ce dispositif émerge une figure majeure, celle du témoin.
    La place faite aux déposants dans l'enceinte judiciaire ne va pas de soi, pas plus que les gestes attendus d'eux au moment de leur témoignage. Les dimensions orales et écrites des dépositions testimoniales sont alors soigneusement articulées. La valorisation de la parole des témoins varie en fonction de leur sexe et de leur statut, qu'ils soient libres ou non. Les individus qui montent à la tribune sont tenus responsables de leur parole selon des principes qui nouent étroitement le droit et la religion, le regard des juges et celui des dieux. Témoigner et convaincre sont des actes qui s'insèrent par conséquent dans un dispositif de vérité contraignant. Les Anciens étaient soucieux, à leur manière, de placer leurs discours sous le signe de la vérité.

  • Cet ouvrage, qui réunit des spécialistes des cités grecques et du royaume ptolémaïque, se propose d'interroger la notion d'identité dans les mondes grecs par le biais des processus d'identification, processus qui conduisent conjointement à singulariser un individu et à le différencier d'un autre pour pouvoir le reconnaître. Il procède de deux objectifs : tenter de dépasser l'effet de rupture suscité par la spécificité des sources conservées pour les cités grecques d'époque classique, d'une part, et pour les royaumes hellénistiques, d'autre part ; confronter la perspective sociale et la perspective juridique afin de cerner ce qui unit et sépare les tenants d'une histoire sociale à proprement parler et ceux qui centrent leurs objets sur les normes juridiques et les pratiques en contexte judiciaire.

    Un premier groupe de cinq articles interroge ainsi le degré d'implication des instances de la polis ou de l'Etat monarchique en matière d'identification des personnes (A. Maffi, P. Ismard, U. Yiftach, Y. Broux - avec un éclairage complémentaire offert par M. Béraud pour le monde romain). Six autres contributions explorent plus particulièrement les relations et les tensions entre identifications individuelles et identifications collectives (R. Guicharrousse, M.-L. Sronek, L. Sot, K. Bouillot, S. Wackenier, L. Rossi). Trois études enfin sont centrées sur les pratiques d'identification en contexte judiciaire et parajudiciaire (N. Siron, E. Scheid-Tissinier, G. Baetens).

  • Les trente-cinq études de ce volume, revues et mises à jour, retracent l'histoire de la Gaule méridionale, appelée d'abord Transalpine puis Narbonnaise. des premiers temps de la présence romaine aux débuts de l'Antiquité tardive et montrent les transformations d'un monde provincial sous l'empreinte de Rome. Une nouvelle géographie économique apparaît avec le déplacement des centres de gravité, de Narbonne vers la vallée du Rhône et Lyon. La romanisation de la société est autant politique que religieuse. On assiste à une intégration réussie des élites - notables issus de l'Italie et descendants des grandes familles aristocratiques indigènes - mais également à l'ascension des représentants de la société civique provinciale - le commun des détenteurs des magistratures et des sacerdoces. S'épanouit alors au cours de la seconde moitié du premier siècle av. JC une culture de l'écrit qui se manifeste. en particulier par l'abondante production épigraphique, dans les lieux funéraires. les grandes demeures et les espaces publics urbains. L'accès des grandes familles à l'ordre équestre et à l'ordre sénatorial, puis leur participation au gouvernement de l'Empire viennent concrétiser, dès le premier siècle ap. JC, le rapprochement entre l'Italie et cette partie de l'Empire romain, dont le destin apparaît alors comme singulier, selon l'expression de Pline l'Ancien : À la vérité, plus l'Italie qu'une province. Cette somme érudite est appelée à devenir une oeuvre de référence sur l'histoire de la Gaule narbonnaise.

  • C'est une peinture rupestre cachée dans un abri rocheux d'Afrique du Sud.
    À notre gauche, les assaillants, qui s'enfuient après leur forfait; à notre droite, les victimes, qui, passé la panique des premiers instants, se sont ressaisies et poursuivent leurs agresseurs en brandissant lances et boucliers. L'affaire paraît élémentaire: des chasseurs-cueilleurs bushmen viennent de fondre sur un village d'agriculteurs bantous et ont volé leurs vaches. Mais voici qu'à la fin du XIXe siècle, un deuxième vol est commis, cette fois sur la peinture elle-même: Frédéric Christol, missionnaire protestant français, l'un des premiers à avoir posé son regard sur l'oeuvre, s'emploie à y prélever des blocs avec des figures de vaches pour les envoyer à des musées européens et attester ainsi de la présence d'un art pariétal à l'autre bout du monde.
    Depuis sa découverte il y a un siècle et demi, cette fameuse peinture de " Christol Cave " a fasciné experts en art rupestre, ethnologues et préhistoriens. Tous y ont lu un témoignage si accablant contre les "Bushmen", les derniers chasseurs-cueilleurs de cette partie du monde, que l'image en est venue à incarner le "choc" entre chasseurs de la préhistoire et agriculteurs des premières civilisations.
    Et pourtant, est-ce bien un "vol de vaches" que l'on voit à l'image? Les commentateurs successifs n'ont-ils pas vu seulement ce que leur raison voulait voir? L'enquête est à refaire. Mais est-il possible de reconstituer le document d'origine, la pièce essentielle du dossier, malgré les nombreuses déprédations que la peinture a subies? A l'aide de nombreux documents d'archives et en mobilisant les techniques scientifiques les plus performantes, les auteurs parviennent à redonner vie à l'image presque disparue.
    Jusqu'à certains détails qui n'avaient jamais été vus ou compris... Et si les voleurs n'étaient pas ceux que l'on croit? Pour la première fois, une image rupestre est ici considérée comme un document d'histoire sur la société qui l'a créée mais aussi sur celles qui l'ont interprétée.

  • La naumachie est le spectacle romain le plus colossal à avoir jamais existé. Il consistait à reconstituer de grandeur naturelle une bataille navale dans un grand bassin naturel ou artificiel. Entraînées et embarquées sur de puissantes galères de combat, des flottes de condamnés s'affrontaient et représentaient les anciennes grandes marines de la Méditerranée antique. Pourtant, la naumachie est aujourd'hui le spectacle, mais aussi l'édifice de spectacles antique, le moins bien connu de tous. Ces grands monuments comme la fameuse naumachie d'Auguste ont disparu. À l'inverse de l'amphithéâtre ou du cirque, les installations servant à l'organisation du combat naval demeurent fort mal connues. Après une longue enquête impliquant le croisement des textes et des données fournies par l'archéologie, le voile semble levé. Où se trouvaient les trois grandes naumachies de Rome ? La naumachie a-t-elle constitué un modèle architectural à l'instar des autres édifices de spectacles ? Assistait-on réellement à la transposition d'un combat naval en plein milieu urbain ? Quels étaient les scénarios des naumachies ? Qui étaient les naumachiarii qui composaient les équipages des flottes ? Que symbolisait la mise à mort collective de milliers de condamnés dans le contexte festif, militaire, politique et religieux de la fin de la République et du Haut-Empire ?

  • La démocratie athénienne ne fut pas seulement affaire d'institutions politiques. Sa pérennité, depuis la fin de la période archaïque jusqu'au r siècle avant notre ère, tient en grande partie à l'existence d'une vie communautaire particulièrement dense qui, entre la sphère de la famille et celle de la cité, participait à la construction du lien social. Qu'il s'agisse de subdivisions civiques (dèmes, phratries), de communautés sacerdotales (genê) ou d'associations cultuelles (thiases, orgéons, synodes, eranoi), c'est au sein de ces différents groupes que chaque citoyen prenait part à la vie démocratique. Structurées autour de pratiques cultuelles spécifiques, possédant des terres et des biens, désignant en leur sein des magistrats ou votant des lois et des décrets, toutes ces associations ne constituaient pas pour autant des entités fermées sur elles-mêmes. Leur étude croisée fournit à ce titre un point d'observation à partir duquel le fonctionnement de la société civique athénienne peut être appréhendé dans son ensemble. À cette aune, la cité apparaît comme un faisceau d'entités composites, un ensemble de réseaux de multiples dimensions, loin de l'image stéréotypée de la cité une et indivisible promue par l'idéologie civique. Peut-être est-ce précisément là que réside la grande originalité de l'Athènes classique : ces communautés au fonctionnement emboîté forment la trame d'un espace public pluridimensionnel. Largement inspirée de la démarche de la micro-histoire, cette étude propose ultimement une hypothèse sur la nature même du politique athénien.

  • L'archéologie du territoire a cherché le plus souvent à cerner des zones d'approvisionnement, des zones de culture et des zones d'élevage et a pu retracer ainsi l'organisation progressive de ces ensembles, depuis le territoire « ethnique », défini par le groupe qui l'occupe, jusqu'au territoire « civique », défini par une organisation politique et défendu par elle. Les recherches présentées dans cet ouvrage, qui portent sur une vaste région centrée sur la Méditerranée, le monde égéen - de Chypre à la Macédoine - et les Balkans, mais aussi sur le Sahara d'un côté, la France et l'Europe occidentale de l'autre, se répartissent en outre sur un large éventail chronologique : Paléolithique, Néolithique, Âges des métaux, Antiquité, époque contemporaine.
    Si les vestiges archéologiques fournissent toujours une trame fondamentale, que des modèles d'analyse spatiale peuvent aider à interpréter, des perspectives nouvelles s'ouvrent aujourd'hui avec l'utilisation de la géomorphologie, les raisonnements sur l'outillage lithique et osseux, l'étude approfondie des habitats, l'épigraphie, la prise en compte des vestiges animaux et végétaux, le recours aux données de la faune marine. L'anthropologie culturelle complète efficacement le tableau et conduit au principal enseignement méthodologique qui parcourt ce volume : dépasser l'archéologie « pure » et croiser systématiquement toutes les sources potentielles.
    Les études de cas mettent en évidence que bien des territoires ne répondent pas au modèle courant, forgé dans le monde occidental pour des périodes récentes. Certains territoires ne s'organisent pas autour d'un centre, mais de façon linéaire le long d'un parcours. D'autres sont enclavés, certains sont fragmentés, répartis par exemple entre plusieurs îles. Les territoires maritimes, les territoires lointains, les territoires intermittents défient l'archéologie, tandis que les territoires mentaux lui échappent dans une large mesure.
    Ainsi ce livre est une contribution majeure à cette question centrale pour les sciences humaines : le rapport des sociétés au territoire.

  • La mission archéologique franco-égyptienne de Tell el-Herr a, pendant vingt-cinq ans, étudié un établissement militaire édifié à la frontière nord-orientale de l'Egypte, lieu principal de passage terrestre entre l'Afrique et l'Asie. Cette fouille, interrompue depuis le printemps arabe, a révélé une tranche essentielle de l'histoire du pays, depuis le Ve siècle avant J.-C. jusqu'au VIe siècle de notre ère.
    Démontrant à nouveau les enjeux stratégiques qu'un tel site a pu constituer, le présent volume, le cinquième consacré à la mission, s'intéresse au palais du gouverneur. Il est le premier tome d'une série, portant sur les niveaux archéologiques du site correspondant à la vie de la deuxième forteresse, du dernier quart du Ve siècle aux deux tiers du VIe siècle av. J. -C. Ce bâtiment exceptionnel est le résultat de la confrontation multiculturelle que connaît le pays au milieu du premier millénaire av.
    J. -C, tour à tour dans et hors d'un empire perse ouvert sur tout le bassin méditerranéen oriental.

  • Dès l'Antiquité, bien des statues de rois, de dieux ou de particuliers ont été brisées, en Égypte et au Soudan, pour de multiples raisons : accidents, guerres, rivalités dynastiques, proscriptions. Mais elles gardaient une valeur sacrée pour les prêtres chargés de leur entretien, qui en ont souvent recueilli les fragments dans des cachettes à l'intérieur du périmètre des domaines divins, comme celles du Gebel Barkal ou de Doukki Gel. D'autres statues ont été dérobées peu de temps après leur sculpture pour être placées dans des cadres différents de ceux pour lesquels elles avaient été conçues. C'est le sort qu'ont connues les effigies de souverains et de particuliers de la XVIIe dynastie découvertes dans les sanctuaires et les tumuli de Kerma, mais initialement destinées à divers sites de Haute et Moyenne Égypte. D'autres enfin ont connu des restaurations antiques ou modernes.

    Plusieurs spécialistes internationaux s'efforcent de reconstituer certains de ces chefs d'oeuvre, à partir de fragments parfois dispersés aux quatre coins du monde. Ainsi le temple de milliers d'années d'Amenhotep III, sur la rive occidentale thébaine, est le théâtre d'un chantier « pharaonique » voué à la reconstitution d'un programme statuaire unique dans l'histoire de l'art égyptien.

  • L'ouvrage traite de la région centrale de la vallée du Nil, la Moyenne Egypte, durant la Troisième Période intermédiaire (XXIe-XXIVe dynasties) qui marque le début du Ier millénaire avant notre ère. Après la guerre civile qui a précipité la fin de l'empire des Ramsès, deux pôles politiques, économiques et religieux se dégagent, l'un dans le Delta, à Tanis, où sont installés les rois des XXIe puis XXIIe dynasties, l'autre en Haute Egypte, à Thèbes, fief du grand prêtre d'Amon dont la sujétion au roi n'est bien souvent que nominale.
    Cette division du territoire entraîne des tensions entre Haute et Basse Egypte, qui se manifestent notamment par la fortification et la militarisation de la zone frontière que constitue la Moyenne Egypte. Deux villes de cette région, Héracléopolis et Hermopolis, prennent alors une importance si considérable qu'elles finissent par être chacune la capitale d'un roitelet local. L'ouvrage cherche à préciser la place et le rôle de ces deux villes et de leur région entre la chute de Ramsès et la conquête de l'Egypte par les rois kouchites de la XXVe dynastie.
    La 1re partie est dédiée à l'analyse détaillée des monuments royaux et privés qui nous sont parvenus, et qui permettent de mieux appréhender le rôle de la Moyenne Egypte dans l'histoire de la Troisième Période intermédiaire. Dispersés entre de très nombreux musées et collections particulières, ces monuments, rassemblés pour la première fois et parfois inédits, sont analysés aussi bien du point de vue de leurs inscriptions que de leur destination et de leur style.
    La 2e partie est dédiée à la synthèse historique : s'appuyant sur les données les plus récentes, elle replace les informations historiques tirées de l'étude des monuments dans l'histoire de la période en s'intéressant spécifiquement au rôle politique prêté à la partie centrale de la vallée du Nil et à ses deux métropoles, Héracléopolis et Hermopolis. Diverses problématiques actuellement au coeur des recherches égyptologiques sur la Troisième Période intermédiaire y sont abordées.
    L'ouvrage présente enfin un important apparat critique (bibliographie multilingue la plus récente et nombreux index) et de nombreuses photographies de monuments égyptiens qui en font un ouvrage utile à la fois pour le spécialiste et pour l'amateur qui cherche à se documenter sur une période encore trop difficile d'accès pour le lectorat francophone.

  • Ce livre a pour but d'éclairer une page de l'histoire de l'Empire perse au sommet de sa grandeur, il y a 2 500 ans, et l'image d'un homme d'exception, le Grand roi Darius 1er (522-486), roi des rois, roi des Perses, pharaon d'Egypte. Le palais qu'il a fait construire à Suse aux confins de la Perse et de la Babylonie, au centre géographique d'un empire qui s'étendait de la vallée du Nil à celle de l'Indus, est un témoin unique de l'architecture orientale à la fin du VIe siècle avant l'ère commune. Ce palais, reconnu il y a 150 ans par l'archéologue britannique W K Loftus, puis par l'archéologie française, s'est trouvé révélé dans ses dimensions et sa complexité par dix années de recherches sur le terrain, de 1969 à 1979. Son souvenir, gardé par la Bible aux livres d'Esther, d'Esdras et de Néhémie, avait aussi trouvé un écho dans des pièces du théâtre grec et français ainsi que dans la littérature de l'Antiquité ; souvenir ravivé en 1888 par l'arrivée dans les salles du musée du Louvre d'un gigantesque chapiteau à têtes de taureau et de frises de briques émaillées alignant des " archers " richement vêtus, tenant la lance, ou d'inquiétantes figures de lions et de monstres ailés. Mettant en oeuvre de surprenantes techniques, le palais de Darius s'est élevé sur les ruines déjà millénaires de la vieille capitale élamite ; il marque une étape sur la route du Fars vers la Babylonie et, au-delà, vers l'Asie antérieure et le monde égéen. Sa construction a rapproché deux cultures, deux traditions architecturales ; celle de la plaine mésopotamienne qui ne dispose que de terre et d'eau, de la brique crue et des roseaux, et celle du haut plateau iranien dont les matériaux sont aussi la pierre et le bois. La convergence des deux manières de bâtir a débouché, dans un esprit de connivence, vers des solutions élégantes, comparables dans le domaine de l'architecture à celles que connaissent, dans le même temps, les arts plastiques. En témoigne, dans cet autre domaine, la statue colossale de Darius, dressée en Egypte au bord d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge et à la Perse, avant qu'elle ne soit apportée à Suse par Xerxès. L'ornementation du palais introduit une iconographie nouvelle, une imagerie humaniste qui met fin au règne des monstres de l'ancienne mythologie et révèle un aspect de l'idéologie de Darius, chef de guerre charismatique, mais aussi homme de religion, administrateur et législateur à l'échelle du monde alors connu. Sous le haut patronage de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et coordonné par Jean Perrot, directeur de la mission archéologique de Suse, cet ouvrage rassemble des contributions d'historiens, archéologues et spécialistes français de la période achéménide, professeurs au Collège de France, chercheurs au CNRS, conservateurs du département des Antiquités orientales du musée du Louvre.

  • Surveys et rapports préliminaires, archéozoologie et céramologie, études architecturales et publications d'objets, matériaux épigraphiques et analyses de textes, collections de musées et études d'iconographie, synthèses historiques enfin. du Néolithique nilotique jusqu'au XXe siècle levantin : voici la matière de l'hommage rendu ici à Patrice Lenoble.

    Autour de la Section française de la Direction des Antiquités du Soudan et de l'Institut français du Proche-Orient, des spécialistes de l'histoire antique du Soudan, du Liban, de la Jordanie et des pays voisins - épigraphistes, archéologues et historiens - ont convoqué les différentes techniques documentaires des sciences de l'Antiquité à la mémoire de leur collègue. C'est dans ces trois pays entre Corne de l'Afrique et Croissant fertile, en effet, qu'il a travaillé à écrire plusieurs chapitres de l'histoire des derniers siècles du paganisme. Ce livre est à l'image de la curiosité vaste et maîtrisée qui séduisait tant chez l'archéologue.

  • Ce livre a pour but d'éclairer une page de l'histoire de l'Empire perse au sommet de sa grandeur, il y a 2 500 ans, et l'image d'un homme d'exception, le Grand roi Darius Ier, (522-486), roi des rois, roi des Perses, pharaon d'Égypte.
    Le palais qu'il a fait construire à Suse aux confins de la Perse et de la Babylonie, au centre géographique d'un empire qui s'étendait de la vallée du Nil à celle de l'Indus, est un témoin unique de l'architecture orientale à la fin du vie siècle avant l'ère commune. Ce palais, reconnu il y a 150 ans par l'archéologue britannique W.K.Loftus, puis par l'archéologie française, s'est trouvé révélé dans ses dimensions et sa complexité par dix années de recherches sur le terrain, de 1969 à 1979.
    Son souvenir, gardé par la Bible aux livres d'Esther, d'Esdras et de Néhémie, avait aussi trouvé un écho dans des pièces du théâtre grec et français ainsi que dans la littérature de l'Antiquité ; souvenir ravivé en 1888 par l'arrivée dans les salles du musée du Louvre d'un gigantesque chapiteau à têtes de taureau et de frises de briques émaillées alignant des " archers " richement vêtus, tenant la lance, ou d'inquiétantes figures de lions et de monstres ailés.
    Mettant en oeuvre de surprenantes techniques, le palais de Darius s'est élevé sur les ruines déjà millénaires de la vieille capitale élamite ; il marque une étape sur la route du Fars vers la Babylonie et, au-delà, vers l'Asie antérieure et le monde égéen. Sa construction a rapproché deux cultures, deux traditions architecturales ; celle de la plaine mésopotamienne qui ne dispose que de terre et d'eau, de la brique crue et des roseaux, et celle du haut plateau iranien dont les matériaux sont aussi la pierre et le bois.
    La convergence des deux manières de bâtir a débouché, dans un esprit de connivence, vers des solutions élégantes, comparables dans le domaine de l'architecture à celles que connaissent, dans le même temps, les arts plastiques. En témoigne, dans cet autre domaine, la statue colossale de Darius, dressée en Egypte au bord d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge et à la Perse, avant qu'elle ne soit apportée à Suse par Xerxès.
    L'ornementation du palais introduit une iconographie nouvelle, une imagerie humaniste qui met fin au règne des monstres de l'ancienne mythologie et révèle un aspect de l'idéologie de Darius, chef de guerre charismatique, mais aussi homme de religion, administrateur et législateur à l'échelle du monde alors connu. Sous le haut patronage de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et coordonné par Jean Perrot, directeur de la mission archéologique de Suse, cet ouvrage rassemble des contributions d'historiens, archéologues et spécialistes français de la période achéménide, professeurs au Collège de France, chercheurs au CNRS, conservateurs du département des Antiquités orientales du musée du Louvre.

  • Les grandes capitales égyptiennes, Thèbes, Memphis, Perramsès (le Pi-Ramsès de la Bible) ont marqué les descriptions des géographes grecs, qui en ont assuré la pérennité dans la mémoire culturelle occidentale. Mais la littérature égyptienne ancienne avait déjà pris la cité pour objet, au point de produire un genre littéraire propre au Nouvel Empire, l'Eloge de la ville. Ces poèmes adressés à Dieu ou à Pharaon louent une ville que l'on regrette de quitter ou que l'on s'émerveille de découvrir. Oeuvres de piété personnelle, eulogies royales ou amusements de lettrés, ces textes révèlent un lien particulier de l'Egyptien à sa "ville" et nous offrent un pan entier de la culture égyptienne. Nous donnons l'intégralité de ces textes dans une édition philologique et une traduction littéraire. Le commentaire analyse la structure interne du genre et ses qualités stylistiques. L'étude des représentations contextualise ces oeuvres dans une perspective idéologique et historique. Le tableau de la ville égyptienne en ressort comme la réalisation royale du plan divin, tout autant que comme le reflet du cosmos ou une métaphore de l'organisation sociale. Sur le plan de l'urbanisme, certaines métropoles s'affirment dans une association historique entre la ville-temple et la capitale administrative.

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