Langue française

  • Quand a commencé l'histoire de Rome ? Les auteurs antiques, comme Tite-Live ou Denys d'Halicarnasse, affirmaient que Rome avait été fondée le 21 avril 753 av. J.-C. par Romulus, qui aurait tracé ce jour-là sur la colline du Palatin le sillon fondateur. Cet ouvrage raconte ainsi comment une modeste cité du Latium s'est imposée aux cités voisines puis à l'Italie et enfin au monde méditerranéen. Des guerres contre les Etrusques aux affrontements avec Carthage, des premières heures de la royauté à l'institution de la République, Catherine Virlouvet et Stéphane Bourdin détaillent les principales étapes de la mise en place de l'entitée politique la plus vaste et la plus durable de l'histoire, qui reste, encore aujourd'hui, une référence incontournable dans la pensée politique moderne.

  • Paul Veyne est un savant hors pair : un immense historien de Rome, un très grand latiniste, doublé d'un intellectuel inclassable, déroutant, non conformiste, épris de liberté et étincelant d'humour.
    Cet ouvrage permet de découvrir l'univers d'un homme curieux de tout, de suivre les cheminements de l'écrivain, de l'historien virtuose. La profusion des idées, les notations ou les éreintements jubilatoires, la phrase qui tranche net, le regard à l'affût des sujets les plus divers, l'appétit de savoir, les positions qui s'imbriquent et se superposent sont autant d'ingrédients d'une oeuvre originale, irriguée par la vivacité d'un style libre et inventif.
    Derrière l'apparence trompeuse d'une légèreté parfois déconcertante, la pensée avance, toujours plus subtile. Sur des thèmes volontiers ardus, et abordés avec toutes les ressources de l'érudition, Paul Veyne offre au lecteur des points d'accroche chaque fois saisissants, par leur fantaisie, leur incongruité, leurs anachronismes réfléchis. Il finit ainsi par établir une sorte de familiarité avec des mondes et des hommes à première vue très éloignés de nous.
    Mêlant autobiographie, études d'histoire antique, extraits de traductions de poésie latine et témoignages d'amitié, cet ensemble d'une exceptionnelle densité embrasse la majeure partie de l'histoire et de la littérature du monde gréco-romain, sans cesser d'être en dialogue avec nos poètes et philosophes contemporains.

  • Si vous croyez que l'Amérique a été découverte en 1492 par Christophe Colomb, détrompez-vous. Les Scandinaves ont peuplé l'Islande dès les années 870. De là, ils ont colonisé le Groenland et débarqué sur les côtes sauvages de Terre-Neuve ou les rivages isolés du Labrador, de l'autre côté de l'océan. Ils sont alors les premiers découvreurs du Nouveau Monde, le tout avant l'an mille. Des étonnantes richesses de l'Islande à la chute des colonies glaciales du Groenland, Régis Boyer nous livre le récit extraordinaire d'une histoire oubliée, celle d'une prodigieuse migration des peuples du Nord vers l'Ouest.
    En compagnie d'Adam de Brême, d'Eiríkr le Rouge ou de Leifr Eiríksson, ce livre nous entraîne au coeur des mystères de la découverte du Vinland : "Cette île, au-delà de laquelle il n'y a dans l'Océan plus aucune terre habitable. Et où tout est recouvert de glaces infranchissables et de ténèbres infinies".

  • Hatchepsout, Néfertiti, Néfertari ou encore Cléopâtre : ces noms de reines égyptiennes nous sont familiers. Le cinéma et la littérature se sont emparés du destin de certaines d'entre elles, telles des synonymes de faste, de beauté et de puissance dans notre mémoire collective. Mais au-delà de ces clichés, qui étaient vraiment ces épouses, mères ou filles de pharaon qui ont influencé et marqué de leur sceau l'histoire de l'Egypte ?
    Ecrire une histoire des femmes célèbres de l'Egypte ancienne ne suffit pas : il faut approcher cet univers dans la pluralité de ses niveaux, mythiques, historiques, institutionnels. Cet ouvrage, nouvel opus de l'égyptologue Florence Quentin, s'appuie sur les dernières découvertes concernant ces souveraines pour dresser le portrait des plus prestigieuses d'entre elles, qui vécurent durant le Nouvel Empire, à l'apogée de la civilisation pharaonique (entre 1550 et 1069 avant notre ère).
    A travers le récit de ce que l'on sait de leur vie, se dessine aussi la condition de la femme égyptienne à cette époque. Dans toutes les classes de la société, celle-ci bénéficiait d'un respect assez rare dans le monde antique pour être mentionné.
    L'Egypte ancienne fut tout à fait singulière dans sa façon de lui donner accès à des fonctions et métiers réservés habituellement aux hommes partout ailleurs. Ce statut privilégié se reflète dans la position qu'occupèrent ces puissantes souveraines, qu'elles soient « Grande Epouse Royale », régente, et même Pharaon au pouvoir absolu, comme ce fut le cas à trois reprises au Nouvel Empire (ainsi la grande bâtisseuse Hatchepsout).
    Servi par une narration historique vivante, fondée sur de solides recherches égyptologiques, ce livre convie le lecteur à une immersion auprès de « Celles qui emplissaient le palais d'amour », ces « Dames de Grâce » qualifiées aussi de « Souveraines de toutes les femmes et de tous les pays ».

  • Où sont allés les plus aventureux des Phéniciens, des Égyptiens, des Grecs, des Romains ? Certains ont-ils déjà fait le tour de l'Afrique ? Que connaissent-ils à la fin de l'Antiquité du reste de la Terre habitée ? Où sont arrivés Indiens et Chinois ? Ces questions sont essentielles pour connaître l'étendue et l'intensité des relations entre les grandes civilisations.
    Dès l'Antiquité, Europe, Afrique et Asie étaient en contact. Il n'a pas fallu attendre Marco Polo ou les Grandes Découvertes pour voir des hommes et des femmes se déplacer et échanger marchandises et savoirs à très longue distance. De l'Islande au Vietnam, des côtes d'Afrique aux steppes de Mongolie, poussés par le vent de mousson comme le bateau du Palmyrénien Honaînû en route pour l'Inde ou au rythme lent des caravanes contournant le bassin du Tarim, marins, marchands ou ambassadeurs parcourent et décrivent des pays lointains. Ce que les Grecs connaissent et reçoivent de l'Inde, ce que les Chinois savent de Rome, ce que l'Inde emprunte à l'art et à la pensée grecs, sans négliger les expéditions dirigées vers l'Europe du Nord ou l'Afrique subsaharienne, un monde méconnu se découvre, où l'on trouve aussi bien des Indiens égarés sur les côtes danoises que des Grecs emportés par les vents à Zanzibar ou à Ceylan, tandis qu'un ambassadeur chinois hésite à se lancer sur le golfe Persique.
    À partir de textes, vestiges archéologiques et inscriptions, Maurice Sartre raconte les premières rencontres de trois continents, révélant à nos yeux la naissance d'un monde unique.

  • « Dans ce livre j'ai tenté de livrer directement de bouche à oreille un peu de cet univers grec auquel je suis attaché et dont la survie en chacun de nous me semble, dans le monde d'aujourd'hui, plus que jamais nécessaire. Il me plaisait aussi que cet héritage parvienne au lecteur sur le monde de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à la façon de ce qui passe d'une génération à la suivante en dehors de tout enseignement officiel.
    J'ai essayé de raconter comme si la tradition de ces mythes pouvait se perpétuer encore. La voix qui autrefois, pendant des siècles, s'adressait directement aux auditeurs grecs, et qui s'est tue, je voulais qu'elle se fasse entendre de nouveau aux lecteurs d'aujourd'hui, et que, dans certaines pages de ce livre, si j'y suis parvenu, ce soit elle, en écho, qui continue à résonner. »

  • Yann Le Bohec, grand historien militaire, nous livre ici une érudition vaste et authentique, une honnêteté intellectuelle scrupuleuse et un anti conformisme qui signe une pensée dynamique, et une passion pour l'histoire de Rome.
    Cet ouvrage part de l'histoire militaire pour proposer une nouvelle compréhension de l'histoire générale (histoire politique, économique, sociale, culturelle et religieuse). Il se présente comme un complément de La Guerre romaine parue en 2014.
    L'auteur a cherché à décrire puis à expliquer les succès de l'armée romaine sur dix siècles, et son échec final.
    Il a trouvé des guerres et des batailles oubliées par ses prédécesseurs.
    Il décrit les guerres et les batailles, menées par les Romains et aussi en tenant compte de leurs ennemis ; ces derniers ont été jadis négligés et pourtant il est indispensable de les connaître si l'on veut comprendre l'histoire.

    Le livre comprend 11 cartes et 57 planches, dont des inédits, qui permettront de comprendre le texte.

  • Sous le principat d'Hadrien (117-138), l'historiographe Suétone travaille au palais comme secrétaire et bibliothécaire. Grâce aux archives impériales qu'il consulte librement, il entreprend d'écrire les biographies des premiers Césars, de Jules César à Domitien, retraçant ainsi près de cent-cinquante ans d'histoire qui ont bouleversé l'histoire de Rome. Son oeuvre, la Vie des douze Césars, riche de détails intimes sur les maîtres de Rome, est une source essentielle demeurée célèbre en dépit de ses nombreuses exagérations et inexactitudes. En replaçant les premiers empereurs dans leur contexte social, politique et surtout familial, Virginie Girod, forte de sa connaissance intime de la période, met avec talent ses pas dans ceux de Suétone et raconte leur véritable saga faite de trahisons, de manipulations et d'amours déçues.
    Comment Auguste et Vespasien ont-ils pris Rome en passant pour des modèles de vertu ? Pourquoi Tibère, Caligula et Néron ont-ils sombré dans la tyrannie ? Claude était-il un idiot ou un administrateur génial ? Les empereurs ont-ils réellement subi l'influence de leurs affranchis ? Et les femmes dans tout cela ? Peut-on seulement envisager que des impératrices telles que Livie ou Agrippine aient été plus éperdues de pouvoir que les hommes ? De chapitre en chapitre, les mythes sur les Césars volent en éclats, laissant place à leur humanité dans toute sa complexité.

  • Le Proche-Orient occupe de façon presque permanente le devant de la scène médiatique mais la méconnaissance du passé de cette région demeure. Le mot même de « Proche-Orient » est ambigu et les contours de l'espace géographique qu'il désigne sont vagues. Consacrer un volume de la collection « Mondes anciens » à cet ensemble fournit l'occasion d'étudier en elle-même et pour elle-même une région trop souvent considérée comme périphérique par les spécialistes de l'Antiquité classique.
    Depuis la conquête d'Alexandre, les régions et les peuples du Proche-Orient ont toujours été intégrés, selon des modalités variables, à de vastes empires. L'objectif est de déplacer le regard du centre vers la périphérie ou plus exactement de faire de cette périphérie le centre de l'enquête, en écartant toute idée préconçue de domination, de résistance ou d'acculturation. Notre ouvrage présente ainsi une histoire du Proche-Orient sur la longue durée, du I siècle av. J.-C. au VII siècle apr. J.-C. Une première partie propose une perspective géohistorique de l'évolution politique, culturelle et économique de l'ensemble de l'aire, ses rapports avec les autres régions du monde antique, et la place du Proche-Orient romain au sein de cet ensemble et au sein de l'empire romain. Une seconde partie entend saisir au plus près les modes de vie, les pratiques et les acteurs de l'histoire du Levant romain. Cette approche met en lumière des continuités ou des ruptures, et propose une chronologie renouvelée de l'histoire de la région ainsi qu'une réflexion sur les rapports entre ethnicité, langue, religion et politique.

  • « Conquise, la Gaule a perdu la parole. Sa mémoire était toute entière dans le souvenir inquiet qu'en avaient gardé ceux qui l'avaient soumise. Rome a fait oublier la Gaule. Puis on a cru la reconnaître dans les "Sauvages" de l'Amérique, ou bien reflétant, à distance, notre image : celle de "nos ancêtres les Gaulois".
    Les découvreurs qui ont exhumé ses vestiges à partir de la fin du XIXe siècle, ont été surpris de la voir livrer des créations subtiles et magnifiques, que l'on croyait trop belles pour elle. Il a fallu attendre les surréalistes, comme André Breton, pour que l'on prenne la mesure de la force d'expressivité et de l'originalité de l'art gaulois. Nous y reconnaissons maintenant la marque d'une pensée et d'un savoir, voisin de celui de la science grecque ».
    L.O.

    Retraçant les réinventions successives dont les « Gaulois » ont fait l'objet depuis l'époque de César, Laurent Olivier remonte le fil du temps pour s'approcher au plus près d'un monde disparu, celui des Celtes.

  • Au premier millénaire, époque nourrie par le rêve d'un empire universel, le roi Tiglath-phalasar entreprit une série de vastes opérations militaires et fonda ainsi le premier empire universel connu de l'Antiquité : l'Empire assyrien. De conquêtes en conquêtes - la Babylonie en -646, l'ouest, Chypre et l'Egypte - l'Empire assyrien assoit son pouvoir et atteint son apogée sous le règne des Sardonides. Mais la roche tragédienne est proche du Capitole, disait-on. L'Empire disparut brusquement en -610, laissant sa place à une énigme historique qui n'a cessé de fasciner.

    Reprenant le fil de l'histoire, Josette Elayi entreprend une vaste enquête et lève le voile sur l'une des premières grandes civilisations de l'Antiquité. La Bible disait des Assyriens qu'ils étaient un peuple féroce et sans culture. Les récentes découvertes faites au XIXe siècle sur le sol irakien montrent, au contraire, une civilisation comparable au « miracle grec ». Ce sont eux, notamment, qui les premiers fondèrent des grandes bibliothèques, des parcs botaniques et zoologiques et entreprirent des réformes sociales et religieuses. Cette grandeur culturelle, comme un écho de leurs exploits militaires, demeure gravée dans les Annales des rois soucieux de léguer à la postérité la gloire de leur règne.

    Se fondant sur les dernières découvertes et un nombre inouï de documents, Josette Elayi révèle les secrets de l'une des plus grandes civilisations de l'Antiquité en même temps qu'elle revient sur les événements majeurs qui ont marqué son histoire comme la destruction du royaume d'Israël ou de la fabuleuse Babylone, grande rivale de l'Assyrie. Un ouvrage essentiel sur le Proche-Orient des VIIe et VIIIe siècles avant J.-C., appelé à devenir un classique.

  • L'histoire antique est-elle de l'histoire ancienne ? C'est la question à laquelle un des plus éminents spécialistes de l'antiquité répond dans ce livre. En une succession de courts chapitres, il montre la proximité entre le monde hellénique et romain et le nôtre. A bien des égards, nos problèmes les plus contemporains sont également les leurs. Ecologie, professeurs mal payés, sociétés offshore, Etat providence, ingérence, technocratie, manifestations : ce qui nous apparaît comme " l'enfer " de notre modernité n'est que la répétition de l'Antiquité.
    Ainsi découvrira-t-on que l'inventeur des fake news n'est pas Donald Trump, mais Philippe II de Macédoine ; qu'avant Notre-Dame, un autre lieu de culte périt dans les flammes et provoqua l'émoi, le temple de Delphes ; que bien avant l'ONU, une instance supranationale fut créée, celle de l'Amphictyonie. A la faveur de ces exemples, où anecdotes, curiosités et révélations se succèdent, François Lefèvre montre que des civilisations ne sont pas soeurs pour rien, que notre créativité n'est pas le fait du hasard et que le passé, une fois de plus, éclaire de façon décisive notre présent.

  • Jamais encore l'histoire de Rome n'avait été pensée et racontée ainsi, par le recours à la datavisualisation, à l'infographie. Nourri par l'érudition de John Scheid, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et extraordinairement mis en musique par Nicolas Guillerat, ce livre offre à tous les publics, avec des niveaux de lectures adaptés à chacun, une plongée dans la Rome antique, de la naissance de l'Empire aux guerres puniques, du système politique romain à l'économie de l'Urbs. Dans une démarche historienne rigoureuse et en puisant aux meilleures sources internationales, mais avec le souci constant de la clarté, les auteurs proposent un livre unique au monde, aussi important par la masse de données qu'il rassemble que par son exceptionnelle proposition graphique. L'histoire, par l'infographie, se voit ainsi offrir un nouveau mode de narration capable de séduire des lecteurs de tous âges et horizons.

  • Jusqu'à présent, cette oeuvre n'a été révélée à personne, si ce n'est à certains qui ne pouvaient comprendre, tandis que je gardais le silence.
    Opicino de Canistris, Avignon, 19 septembre 1337 Fonctionnaire de l'administration des papes d'Avignon, Opicino de Canistris (1296-1355) a produit, pour son propre compte, des diagrammes déconcertants où se mêlent cartes et corps, symboles astraux et religieux. Exhumés peu à peu au cours du siècle passé, ses manuscrits suscitent encore de nombreuses interrogations. Sous la forme d'une enquête, Dialectique du monstre explore les différentes facettes d'une oeuvre complexe et fascinante.
    Prêtre séculier de Pavie, fuyant les conflits politiques qui déchiraient la Lombardie des premières décennies du XIVe siècle, Opicino s'est réfugié à la cour papale à Avignon où ses talents d'écrivain lui ont valu un poste de scribe à la Pénitencerie pontificale. Tourmenté par ses responsabilités sacerdotales, souffrant des paradoxes d'une Église romaine riche et puissante qui prône la pauvreté et l'humilité, il a trouvé dans l'écriture et le dessin un moyen d'apaiser ses angoisses. Ayant appris à dresser des cartes marines selon la technique des cartographes génois, la géographie du bassin méditerranéen devient entre ses mains le support d'une symbolisation de tous les conflits qui le déchirent.
    L'hypothèse de troubles psychotiques chez Opicino a plusieurs été plusieurs fois formulée et souvent rejetée. Elle est ici affrontée sans fard et fait l'objet d'une postface d'un spécialiste des psychoses (Philippe Nuss). S'il est illusoire de formuler un diagnostic rétrospectif précis, sa souffrance psychique ne fait du moins aucun doute. C'est pour en comprendre les raisons que cet ouvrage tente de restituer le sens de la production graphique et textuelle du scribe des papes. Afin de donner à entendre sa voix, des traductions de différents passages de ses écrits sont intercalées entre chaque chapitre. Une vingtaine de reproductions en couleurs et trois dépliants hors-texte font entrer dans l'intimité de ces manuscrits étonnants.
    « Dialectique du monstre » (Dialektik des Monstrums) : par cette expression, Aby Warburg désignait le drame psychique fondamental de la culture, dont les réalisations ne viennent au jour qu'en surmontant un chaos originaire, dont elles laissent cependant affleurer la trace. Les dessins d'Opicino de Canistris exposent au grand jour, de la façon la plus explicite, la bataille qu'il livre contre ses monstres.



    Ouvrage publié avec le concours du Centre de recherches historiques (UMR 8558-EHESS-CNRS), de l'Association de recherche en biologie humaine et de l'Ecole supérieure d'art de Cambrai. Avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles.

  • Un réchauffement climatique suivi de sécheresse et de famines, des séismes, des guerres civiles catastrophiques, de gigantesques mouvements de populations fuyant leurs terres d'origine, des risques systémiques pour les échanges internationaux. Nous ne sommes pas au XXIe siècle, mais bien au XIIe siècle avant J.-C. ! Toutes les civilisations de Méditerranée grecque et orientale (de la Crète à l'Égypte, de Canaan à Babylone, etc.) se sont en effet effondrées presque simultanément, il y a plus de trois mille ans. Des régions entières ont été désertées, des villes détruites et définitivement vidées de leurs habitants. L'Égypte ne sera plus que l'ombre d'elle-même.
    Comment un ensemble de civilisations florissantes a-t-il pu disparaître aussi brutalement ?
    Le grand archéologue américain Eric H. Cline mène l'enquête et nous raconte la fin de l'âge du bronze sous la forme d'un drame en quatre actes. Il fait revivre sous nos yeux ces sociétés connectées qui possédaient une langue commune, échangeaient de multiples biens (grains, or, étain et cuivre, etc.), alors que les artistes circulaient d'un royaume à l'autre. Les archives découvertes témoignent de mariages royaux, d'alliances, de guerres et même d'embargos. En somme, une « mondialisation » avant l'heure, confrontée notamment à des aléas climatiques qui pourraient avoir causé sa perte.
    Une passionnante plongée dans le passé qui nous oblige à réfléchir.

  • Pendant 99  % de l'histoire de l'humanité, l'homme a été un nomade chasseur, pêcheur et cueilleur. Comment est-on passé aux sociétés inégalitaires et sédentaires qu'on connaît aujourd'hui  ? Que s'est-il passé pendant ces dix millénaires trop souvent absents de notre culture générale et médiatique  ?
    Une invention décisive, en plusieurs endroits du globe  : celle de l'agriculture   et de l'élevage. Grâce à elle, la population humaine va s'accroître rapidement, prendre le contrôle de la planète ce qui débouchera sur la création des premières villes, des premiers États et, finalement, de l'écriture et de l'histoire...
    Jean-Paul Demoule explore les pratiques de cette «  révolution néolithique  » (la guerre, le travail ou encore la religion) avec la hauteur de vue de l'archéologue et la passion de transmettre. Il bouscule notre vision de la préhistoire et notre rapport au monde tel qu'il est, ou tel qu'il pourrait être.
      Jean-Paul Demoule est archéologue et professeur émérite. Spécialiste du néolithique et de l'âge du Fer, il a publié une vingtaine d'ouvrages et a codirigé Une histoire des civilisations. Comment l'archéologie bouleverse nos connaissances (La Découverte, 2018).
     

  • En 212, l'empereur Caracalla confère par édit la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire. Cette mesure couronne une évolution séculaire vers un empire à la fois politiquement unifié et culturellement universel. En 527, les élites romaines prennent conscience que les royaumes gothiques ont achevé de tuer l'Empire d'Occident. Le passage de témoin à l'Empire byzantin se réalise dans un V siècle qui se termine lorsque l'empereur Justinien tente de reconstituer une unité impériale universelle, sur des bases devenues profondément différentes de celles qui avaient fondé l'Empire romain.
    La longue période qui va de 212 à 527 a ainsi vu se produire des transformations impressionnantes : la fin d'une société d'ordres, la fusion des populations barbares et des populations provinciales, la déconstruction politique de l'Empire romain, la diffusion du christianisme. L'Antiquité tardive est aujourd'hui le sujet de vifs débats entre les historiens qui veulent réactiver la notion de déclin de la civilisation.

  • Les gaulois

    Jean-Louis Brunaux

    Des Gaulois, il faut retenir la brillante civilisation. Beaucoup de ce qu'on a attribué aux Romains leur revient. C'est tout un monde à redécouvrir.
    Les Gaulois ont exploité toute la Gaule, y installant de vastes exploitations agricoles ; ils y ont tracé de grandes voies rectilignes, facilitant déplacements et commerce. Curieux et ingénieux, ils sont à l'origine de nombreuses inventions dans la métallurgie, les métiers du bois, de l'habillement, etc. Par leur spiritualité, ils se distinguent de leurs voisins latins et grecs : des sages et savants (les druides) les ont initiés à l'immortalité de l'âme, à sa réincarnation ; mais, par leur vie politique et religieuse, ils en sont très proches : institutions de type « démocratique », magistratures annuelles, religion d'État se déroulant dans d'authentiques sanctuaires.
    Grâce aux sources littéraires antiques et aux résultats les plus récents de l'archéologie, c'est à une redécouverte des Gaulois que Jean-Louis Brunaux nous convie.

  • De Homère à Solon, des récits légendaires à celui qui fut l'un des plus grands legislateurs de la Grèce ancienne, ce volume retrace l'histoire des premiers mondes égéens connus. Il s'agit d'une très longue histoire déployée sur plus de deux millénaires, riche en inventions et en bouleversements : le passage d'une écriture syllabique à une écriture alphabétique, la naissance de la cité-Etat (polis), l'apparition des premiers codes législatifs et l'extension considérable du monde grec tout autour de la Méditerranée.
    À l'aide de l'ensemble des sources disponibles, à la lumière des recherches les plus récentes, avec pour guides Julien Zurbach et Cécilia d'Ercole, les meilleurs connaisseurs français du monde mycénien (du XV au XII siècle) et de l'époque archaïque (du VIII au VI siècle), le lecteur est invité à Cnossos, le premier palais crétois à être fouillé, à Troie, à Mycènes, à Tirynthe, à Delphes, à Délos, à Tarente... Il découvrira des cultures matérielles, des sociétés et des formations politiques aussi mystérieuses qu'originales ; il rencontrera Athéna, Zeus et Poséidon, déjà présents sur les tablettes en linéaire B de l'Âge du bronze...
    Plus de 200 documents, cartes et reproductions, illustrent cet ouvrage.

  • Les Celtes forment un groupe de peuples qui, jusqu'au moment de l'expansion de l'Empire romain, couvrait plus du tiers de l'Europe. Il ne s'agissait pas d'un ensemble réellement homogène, ni du point de vue de la culture matérielle, ni du point de vue linguistique.
    Que sait-on de leur cosmologie, de leur religion ? Encore trop peu de choses : ils n'ont eux-mêmes que peu écrit sur leurs rituels, et les auteurs grecs et romains n'ont conservé de leur mythologie que quelques infimes fragments. L'ambition de ce livre est de mieux saisir leur cosmologie, en prenant comme sujet d'étude non pas un dieu ou un mythe, mais plutôt une figure mythologique particulièrement bien attestée en Europe comme autour de la Méditerranée : l'arbre du monde.
    De nombreuses sources mentionnent en effet un culte rendu aux arbres. Mais quelles en sont les spécificités ? Quelle divinité hébergent-ils ? Quel rôle leur est-il conféré ? Et que peut-on en déduire sur les croyances et la théologie des Celtes ? C'est ce que cet ouvrage tâche de découvrir...

  • «Puissant Alcinoos, très remarquable parmi tous les hommes, Oui, cela est beau, écouter un chanteur Comme celui-ci, pareil aux dieux par la voix».

    Qui est Homère? A-t-il seulement existé? Il y a ses poèmes, l'Iliade et l'Odyssée, composés sous une première forme en Grèce d'Asie Mineure au VIIIe siècle avant J.-C. Mais lui? Les Anciens, qui croyaient en son existence, ont multiplié les récits sur sa vie, sa naissance (de père inconnu, ou est-ce un fleuve, ou Apollon?), son apprentissage, sa cécité, ses voyages, sa gloire et aussi ses faiblesses : il meurt de ne pas avoir su résoudre une énigme enfantine qui portait sur des poux. Un mythe s'est créé, très tôt, étonnant, enjoué et magnifique. Le livre en suit les lignes en partant de l'idée que ce mythe qui parle d'un artiste sans patrie, mutilé mais créateur de merveilles, comme le dieu Héphaïstos, nous en apprend beaucoup sur le choc poétique et religieux qu'a provoqué l'apparition des poèmes homériques. Non pas un auteur, mais un événement révolutionnaire.

  • « La mythologie est évidemment une série de mensonges. Mais ces mensonges ont été, durant de longs siècles, des sujets de croyance. Ils ont eu, dans l'esprit des Grecs et des Latins, la valeur de dogmes et de réalités. À ce titre ils ont inspiré les hommes, soutenu des institutions parfois très respectables, suggéré aux artistes, aux poètes, aux littérateurs l'idée de créations et même d'admirables chefs-d'oeuvre. » Commelin.

    Ces magnifiques et magiques mensonges que sont les mythes, Commelin nous les restitue avec respect et exactitude. Son précis de mythologie est, depuis des générations, la référence en la matière.

    Édition illustrée.

  • U'y a-t-il dans le nom d'un dieu ? « Zeus tonnant », « Lune aux trois visages », « Baal de la Force » ou l'énigmatique « YHWH » recèlent dans leur simple énoncé le surgissement d'une forme, l'éveil d'une puissance surhumaine.

    De la Grèce à Palmyre, Tyr ou Babylone, les appellations des dieux manifestent leurs domaines de compétence et leurs capacités d'action aussi bien que les usages qu'on en fait dans les sociétés polythéistes.
    À travers l'étude de ces noms, les douze chapitres de cet ouvrage déploient ainsi une galerie de portraits de divinités qui nous convie à la découverte des aspects changeants du divin sur tout le pourtour de la Méditerranée antique.

  • Au moment où les Égyptiens construisent les pyramides, des villes étonnamment modernes s'élèvent sur les bords de l'Indus ; à la même époque, l'art de la guerre connaît de profonds changements en Grèce, où les phalanges macédoniennes de Philippe II triomphent, en Italie du Nord avec les invasions gauloises et en Chine où se développent de nouvelles stratégies et tactiques ; lorsque Qin Shin Huangdi meurt, les troupes carthaginoises d'Hannibal s'épuisent en Italie et, alors que Cléopâtre devient reine d'Égypte, César est vainqueur de Vercingétorix.

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