Pu De Rennes

  • L'étude des serviteurs des ducs de Bretagne de la maison de Dreux et plus largement du duché de Bretagne à cette époque étaient sujet en friche depuis au moins 50 ans. Aux origines de l'État breton. Servir le duc de Bretagne aux XIIIe et XIVe siècles décrit la construction de l'État breton à ses débuts. Loin de la doctrine des Montforts, les ducs de la maison de Dreux administrent entre 1213 et 1341 leur principauté en bons pères de famille, efficaces, économes et sans trop de scrupules. Ils achètent, confisquent, volent parfois les terres de leurs vassaux et renforcent leur principauté en la bardant de châteaux forts qui sont autant de centres administratifs et de symboles de leur pouvoir. Entourés et aidés de quelques centaines d'officiers et de fermiers, ils administrent de façon très rigoureuse leur domaine. Cette politique très efficace est remise en cause par la guerre de Succession (1341-1364) qui ouvre une nouvelle époque en Bretagne. Grâce à une étude systématique des sources et à un important travail de prosopographie des serviteurs des ducs, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la Bretagne des XIIIe et XIVe siècles.

  • Moine bénédictin puis abbé de Saint-Vaast d'Arras, nommé évêque de Chartres par le pape Clément VII en 1380, Jean Le Fèvre reçoit l'office de chancelier de Louis Ier d'Anjou en février 1381, une charge qu'il conserve après la mort de celui-ci (en 1384) auprès de sa veuve Marie de Blois et de son fils Louis II, jusqu'à sa propre mort survenue à Avignon en janvier 1390. Au cours de ces années, de 1381 à 1388, il tient un journal dans lequel il consigne au jour le jour des notes détaillées sur ses activités et ses interlocuteurs ainsi que la liste des actes (près de 3 200) que, en raison de son office, il revêt du sceau princier. Par ses fonctions, Jean Le Fèvre se trouve au coeur de la vie politique de la Chrétienté occidentale au cours des années 1380.

    Son journal est riche de détails sur les évènements qui touchent la cour de France et celle du pape Clément VII à Avignon ainsi que sur la reprise en main difficile du comté de Provence et du royaume de Naples par les princes de la seconde maison d'Anjou. Ni chronique raisonnée, ni ouvrage d'histoire, le Journal rassemble, sous une forme tout à fait originale, les notes prises par cet acteur engagé qui est aussi un excellent témoin des grands bouleversements de son temps.

  • Cet ouvrage propose une autre lecture des évènements politiques et militaires du Ve siècle dans l'Occident romain, longtemps résumés par les visions catastrophistes de la chute de l'Empire et des grandes invasions. Il s'intéresse tout particulièrement au devenir des Goths et parmi eux, à ceux qui vont devenir les Wisigoths du royaume de Toulouse puis de Tolède. Comment les élites romaines ont-elles affronté ces transformations radicales ? Comment les Barbares et Constantinople ont-ils conjointement mis en place le nouvel ordre en Occident ?

    Avec le soutien du CRAHAM, UMR 6273, université de Caen-Normandie/CNRS.

  • Ce livre retrace l'évolution de l'aspect et de la structure du manuscrit en occident, de l'époque carolingienne au XVe siècle. On y voit les auteurs s'impliquer de plus en plus concrètement dans le processus d'écriture, sous l'influence des usages documentaires. Les bibliothèques, détentrices de la mémoire et de l'autorité, ont pour mission d'encadrer une pratique de la lecture exclusivement finalisée à l'étude, à l'enseignement et à l'argumentation, tant écrite qu'orale. Les bibliothèques sont aussi de véritables institutions qui, à la fin du Moyen Âge, sont appelées à canaliser la demande d'un public de lecteurs de plus en plus large.

    Avec le concours de l'Institut de recherche et d'histoire des textes (UPR 841 du CNRS).

  • Tout au long du Moyen Âge, les sculpteurs, les peintres et les poètes ont utilisé l'image d'un homme puni en enfer avec une bourse autour du cou pour dépeindre les avares, les usuriers, les pécheurs. Le livre suit les traces de cette représentation infamante, de la Byzance du IXe siècle à l'Auvergne du XIe, du Dijon du milieu du XIIIe siècle aux communes italiennes de l'époque de Dante et Giotto. Il dresse l'histoire unique d'une figuration qui, tout en restant fidèle à sa fonction, a connu une évolution graduelle et constante.
    Avec le soutien de la COMUE Paris-Est et du laboratoire ACP de l'UPEM.

  • Comment naviguaient les marins le long des côtes atlantiques de l'Europe à la fin du Moyen Age ? S'adressant aux navigateurs chevronnés ou non, aux esprits curieux du monde de la mer comme aux amateurs d'histoire maritime, ce livre apporte des réponses à travers l'étude d'instructions nautiques rédigées en 1483-1484 par Pierre Garcie dit Ferrande, maître de navires de Saint-Gilles-sur-Vie, et imprimées en 1520 sous le titre de Grand Routier.

    Avec une boussole et une ligne de sonde pour seuls instruments, Pierre Garcie explique la manière de longer les côtes du Ponant et de traverser la Manche ou le golfe de Gascogne. Pragmatique et pédagogue, il accompagne ses explications de dessins d'amers qui font de son routier une oeuvre unique à l'époque.

    Au moment où la victoire de Jean-Luc Van den Heede dans la Golden Globe Race (29-01-2019) a attiré l'attention sur la navigation "à l'ancienne", Le Grand Routier permet d'approcher des techniques plus vieilles encore et oubliées des historiens : les savoirs empiriques des marins de l'Atlantique à la fin du Moyen Age, avant le développement de la navigation astronomique.

    Avec l'aide d'une équipe internationale, Michel Bochaca et Laurence Moal font redécouvrir Le Grand Routier 500 ans après sa première édition. Alliant la passion de la recherche avec celle de la mer, ils entraînent le lecteur dans le sillage d'un maître de navires de la fin du XVe siècle au gré de nombreuses illustrations qui donnent tout son sens au texte de Pierre Garcie.

  • Ce manuel donne les principales clés pour comprendre les formes du pouvoir et de l'exercice du pouvoir dans le monde musulman entre le Xe et le XVe siècle. Il suggère des pistes de réflexion et propose une bibliographie sur les différentes thématiques à considérer. Il couvre un temps long de six siècles et un espace extrêmement vaste (l'essentiel des terres d'Islam, al-Andalus, Maghreb, Égypte, Syrie, Hedjaz, Iraq jusqu'en 1258).

  • Ce livre donne un échantillon de la diversité des cultures généalogiques anglaises, allemandes, espagnoles, italiennes et françaises. Pour cela, il s'attache à des manières de faire et à des manières de penser, en étudiant à la fois des modèles de représentations des ascendances, des modalités de la preuve, des genres spécifiques ou des styles d'investigation. Au-delà des transformations qui affectent le travail d'un monde de lettrés, de savants et d'érudits, la question centrale reste la crédibilité des ascendances et des enjeux qu'elle représente pour les groupes, les familles et les individus engagés dans ces recherches généalogiques.

    Avec le soutien du Centre Norbert-Elias, UMR 8562.

  • La chevalerie se mêle-t-elle inextricablement au christianisme ? Le débat apparaît en toile de fond de cet ouvrage, où les meilleurs spécialistes de la question se penchent sur les rapports complexes et paradoxaux entre le christianisme et les guerriers nobiliaires. Ils analysent ainsi autant la piété chevaleresque que la part de l'Église dans la guerre menée par l'aristocratie au cours d'une période charnière, où les normes, mentalités et conduites connaissent de profonds bouleversements.

  • Ce livre étudie la manière dont au Moyen Âge l'aristocratie occidentale a exploré des voies de seigneuries collégiales : la coseigneurie et la parité ont-elles été une perturbation ou bien un élement régulateur ? À partir de cas précis relevés en France ainsi qu'en Italie, en Allemagne et en Espagne, l'auteure démontre que le phénoméne est loin d'être marginal et constitue une des expressions courantes de la domination aristocratique de la société féodale.

  • C?'est durant la seconde moitié du Moyen Âge que fut mis en place l'essentiel du dispositif portuaire de la France atlantique. Les médiévistes ont beaucoup étudié les sociétés littorales et avec elles les trafics, les marchandises et les navires, mais ils se sont peu préoccupés des espaces portuaires à partir desquels leurs activités étaient rendues possibles. Les ports, considérés en tant que territoires à part entière n'ont que très peu attiré l'attention. Cet ouvrage entend rassembler et organiser nos connaissances relatives aux ports du XIe au XVe siècle.

    Avec le soutien de l'université de La Rochelle et du laboratoire « LIttoral ENvironnement et Sociétés (LIENSs) - UMR 7266 ».

  • La médecine du XIXe siècle qui était le moteur principal - intellectuel, moral et disciplinaire - dans la formation moderne de la nation française et l'écriture de l'histoire de France, fondait chacune de ses théories et de ses propositions de lois dans le berceau médiéval. Cet ouvrage démontre comment l'histoire et le Moyen Âge, obsessions de la médecine, ont défini la famille, le mariage et le divorce, l'hygiène (les maladies, les vices et les tares), les moeurs et les politiques raciale et coloniale en Europe.

  • À la fin du XVe siècle, Pierre Le Baud achève la première version de sa Compillation des cronicques et ystoires des Bretons, rédigée sur commande de Jean de Derval, seigneur de Châteaugiron, dont il est le secrétaire particulier. Pierre Le Baud est le premier historien breton dont l'ambition est d'élaborer « une matière de la Petite Bretagne », à l'instar de celles de France, de Rome ou de Grande-Bretagne. Depuis l'épisode du déluge jusqu'à la mort du duc Arthur III de Bretagne survenue en 1458, le lecteur découvre un texte fondateur centré sur la politique intérieure bretonne, mais aussi des récits rappelant les relations tumultueuses que la Bretagne a entretenues avec la France et l'Angleterre, notamment lors de la guerre de Cent Ans.

    En coédition avec la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne.

  • Au Moyen Âge le pouvoir se conjugue aussi au féminin. À rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés.

    Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. À travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre.

  • Comment le pouvoir monarchique orchestre-t-il un programme iconographique ? Cet ouvrage propose des éléments de réponse en prenant en compte non seulement les représentations figurées, stylisées, idéalisées ou réalistes des souverains, mais aussi les attributs du pouvoir monarchique, les symboles et logotypes. L'analyse porte également sur les espaces liés au pouvoir, les lieux choisis par celui-ci et leur architecture (palais, places, voies processionnelles, parvis, etc.) et sur les rituels qui mettent en scène la puissance monarchique. Ces diverses images sont appréhendées comme langages du pouvoir, dans le sens où elles permettent de saisir l'idéologie royale et les institutions monarchiques.

  • Grâce à une réinterprétation de la parole des évêques et des moines, qui associe intimement le spirituel et l'économique, ce livre propose de dépasser les oppositions trop simples entre théorie et pratique, entre spirituel et temporel ou entre morale et vice, pour mettre au jour les fondements lexicaux de tout discours médiéval sur les échanges et l'administration des biens. Il ne s'agit pas de retrouver les racines de notre économie moderne, mais de mettre en lumière l'existence d'une façon propre à la société médiévale de penser l'économie à travers le lien qu'elle établissait entre l'ici-bas et l'au-delà.

  • Ce volume illustre la diversité des formes d'engagement des nobles pour la foi sur une période cruciale de l'histoire des mobilisations religieuses (XIIIe-XVIIe siècle). Trop souvent reléguée au rang de simple « bras armé » de l'Église, la noblesse a pris une part active à la défense de la foi qui ne se réduit pas à la lointaine expérience des croisades contre les infidèles, ni même au seul usage des armes. Au moment où la pureté de la foi devient aussi l'affaire des États, la noblesse doit reconsidérer sa participation au maintien de l'orthodoxie. Les nobles s'efforcent, non sans ambiguïtés, de conjuguer le combat pour la foi, la fidélité au prince et la perpétuation de l'ordre social.

  • Cet ouvrage rassemble douze articles importants du professeur Giuseppe Galasso consacrés à Naples et à la Campanie au Moyen Âge. Il y montre admirablement la complexité des évènements, le poids des héritages, la difficulté des interprétations. Avec lui on comprend mieux la richesse et la profondeur de l'histoire du Mezzogiorno.

    Publié avec le soutien de l'université d'Angers.

  • Dans cet essai d'histoire évènementielle, Gauthier Aubert retrace les causes et les étapes des révoltes « du papier timbré », de l'émeute antifiscale bordelaise aux Bonnets rouges et à l'embrasement du pays, pour finir au processus de sortie de crise. Grâce à l'utilisation d'archives peu connues jusqu'ici, l'auteur arrache cette rébellion à sa mémoire flamboyante et, loin des images trop simples, essaye de la replacer dans le contexte français et européen.

    Avec le soutien du CERHIO.

  • En entrant dans les temps modernes, les Ibériques tiennent le premier rôle dans le désenclavement du monde à échelle planétaire. L'apport majeur en est la création d'un Nouveau Monde en Amérique, fruit d'un impérialisme de l'exploitation de la main d'oeuvre amérindienne et africaine au sein d'un encadrement politique, religieux et culturel prégnant, aboutissant à la création d'une société entièrement nouvelle dans sa hiérarchie, ses blocages et ses mobilités. Cette connexion entre les Anciens Mondes et ce Nouveau Monde engendre une première forme historique de mondialisation.

  • Au tournant du Moyen Âge et de la Renaissance, la Picardie a connu un formidable renouveau économique et artistique. Cet ouvrage revisite les principaux jalons monumentaux et plastiques de cette fécondité et permet d'en découvrir d'autres manifestations originales. Il offre un nouvel éclairage sur les institutions, artistes, commanditaires, infrastructures et oeuvres d'art qui ont été les acteurs et les produits de cette longue embellie « flamboyante ».

  • Ce livre étudie, dans la lignée des travaux d'Olivier Guillot et de Karl-Ferdinand Werner, l'institution du principat fondée par Auguste et la façon dont elle a, dans ses traits fondamentaux, traversé les siècles. Le prince exerce-t-il une puissance en imposant sa volonté ou son peuple qui lui obéit reconnait-il son autorité comme légitime ? L'importance politique du principat, que la recherche contemporaine tient désormais pour essentielle, est ici vue dans un espace qui couvre une large part de l'Empire romain ainsi que ses marges celtiques et scandinaves.

  • Fausses nouvelles de la mort du roi, rvlations de complots contre la chrtient, dnonciations des moeurs lgres des reines et princesses, accusations de crimes sexuels contre des ecclsiastiques, multiplications de miracles autour de tombes, portraits flatteurs ou infamants de grands et de petits que rien ne vrifie en dehors d'affirmations transmises l'oral comme l'crit, entre voisins, amis, courtisans, guerriers et hommes d'glise : la rumeur est omniprsente au Moyen ge. Elle n'pargne aucun pan de la socit, aucun groupe humain et elle est de tous les temps entre le Ve et le XVe sicle. Elle s'inscrit dans les sources textuelles de toute sorte, qui lui rpondent, la confortent, la relaient ou simplement la disent avec des mots bien spcifiques. Pourtant, les mdivistes ont souvent considr qu'ils ne pouvaient saisir dans la documentation plus que le souvenir de la rumeur. Sujet la mode, la rumeur mdivale a principalement t tudie, jusqu'ici, dans le cadre des rapports entretenus entre le peuple et les autorits la fin du Moyen ge. Envisage sur le fond des grandes crises (guerres, rvoltes), associe au dfaut d'information et la sdition, juge caractristique et rvlatrice de l'opinion des gens de peu en rupture momentane avec les gouvernants, la rumeur a rarement t aborde comme un phnomne de communication entre gaux (chez les lites comme chez les humbles), dans des usages socialement constructifs et rvlateurs de craintes, mais aussi de revendications, d'espoirs, d'imaginaires et de croyances. C'est pour tenter de renouveler et de complter cette approche historique, que les auteurs du prsent ouvrage ont crois les rsultats de recherches menes sur le statut, la construction, les usages et la porte d'une rumeur qui n'est, au Moyen ge, caractristique d'aucun groupe social, conomique, politique ou d'opinion spcifique. Le mpris affich par les lites son gard, lorsqu'elle mane des petits et de leurs ennemis, ne suffit pas faire oublier que la rumeur est avant tout un moyen de fdrer.

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