Pu Du Mirail

  • DOSSIER. Confrontation, échanges et connaissance de l'autre au nord et à l'est de l'Europe de la fin du VIIe siècle au milieu du XIe siècle. La mer dans l'Europe du Nord : frontière ou trait d'union ?. Le paysage linguistique de l'Europe du Nord à la fin du premier millénaire ap J-C. Nature et mode d'action des bandes armées vikings : quelques réflexions sur la deuxième moitié du IXe siècle. Vivre à l'étranger : otages, rebelles et épouses en Europe centrale et nordique (Xe-XIe siècles).
    Ni Danois, ni Suédois, et assurément pas Finnois ; transmission des récits sur l'altérité dans l'historiographie norvégienne du XIXe et du premier XXe siècle. MELANGES / VARIA. La description du peuple sámi dans l'Historia de gentibus septentrionalibus d'Olaus Magnus.

  • Denis Menjot est de ceux qui défrichent de nouveaux champs de la recherche, questionnent des sources pas toujours très bavardes, décryptent les processus de formation et les dynamiques des systèmes fiscaux. Il est encore de ceux qui défendent une histoire globale de la fiscalité et se refusent à n'y voir que techniques et chiffres. Il est enfin de ceux qui s'interrogent et croisent les fils entre histoire et présent. Le prélèvement fiscal, la fraude, la redistribution des ressources sont quelques-uns des champs explorés, intéressant tant l'idée de bien commun au Moyen Âge que celle de civisme fiscal de nos jours.
    Les 28 contributions réunies en l'honneur de Denis Menjot s'inscrivent dans cette veine et voudraient témoigner de la pérennité de la dynamique qu'il a insufflée. Du x e au xvii e siècle pour de multiples espaces en Europe et en faisant jouer différents niveaux d'échelle, des cultures fiscales se donnent à voir. Elles sont d'abord perçues à partir de la construction de discours, de ce dire fiscal dont les retorses subtilités s'insinuent dans les moindres recoins de l'activité humaine. Il s'agit ensuite de descendre dans les entrailles du gouvernement des finances et sa mécanique parfois bien complexe, avant de tenter d'évaluer ce que l'on pourrait dénommer « les effets sociaux » tant sur le plan des structures que sur celui de la critique et des contestations, ce qui ramène de toute évidence au discours.

  • Les campagnes littorales de l'Europe médiévale et moderne sont des campagnes communes. Elles sont aussi, en de nombreux secteurs, des ruralités originales par les liens qu'elles entretiennent avec la mer. À des degrés divers, elles peuvent être des ruralités maritimes. De multiples possibilités s'offrent au paysan établi près de la côte : l'exploitation des ressources halieutiques dans les lagunes, les étiers, sur l'estran, parfois au large ; la collecte du goémon, l'extraction du sel et, ici et là, de la tourbe dans les marais du Nord ; la capture de l'énergie produite par le mouvement oscillatoire des marées. Se développe ainsi une véritable pluriactivité qui n'est pas un signe d'archaïsme mais, au contraire, le témoignage d'une réelle capacité d'adaptation aux potentialités locales et aux impulsions extérieures.
    Source d'opportunités, la mer reste cependant un horizon menaçant et conditionne un rapport tendu de l'homme à l'environnement. Elle contraint les populations à faire face à des dangers récurrents (tempêtes, submersions, invasions de sable, etc.). Une lutte toujours recommencée est soutenue par la communauté rurale, encadrée par le seigneur laïc ou ecclésiastique, avant que, comme en France, l'État n'impose son propre agenda domanial sur le littoral.
    Longtemps cantonnée aux marges d'ouvrages consacrés à l'histoire maritime, la recherche sur les campagnes littorales connaît depuis plusieurs décennies une floraison remarquable de travaux.

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