Perrin

  • Hatchepsout, Néfertiti, Néfertari ou encore Cléopâtre : ces noms de reines égyptiennes nous sont familiers. Le cinéma et la littérature se sont emparés du destin de certaines d'entre elles, telles des synonymes de faste, de beauté et de puissance dans notre mémoire collective. Mais au-delà de ces clichés, qui étaient vraiment ces épouses, mères ou filles de pharaon qui ont influencé et marqué de leur sceau l'histoire de l'Egypte ?
    Ecrire une histoire des femmes célèbres de l'Egypte ancienne ne suffit pas : il faut approcher cet univers dans la pluralité de ses niveaux, mythiques, historiques, institutionnels. Cet ouvrage, nouvel opus de l'égyptologue Florence Quentin, s'appuie sur les dernières découvertes concernant ces souveraines pour dresser le portrait des plus prestigieuses d'entre elles, qui vécurent durant le Nouvel Empire, à l'apogée de la civilisation pharaonique (entre 1550 et 1069 avant notre ère).
    A travers le récit de ce que l'on sait de leur vie, se dessine aussi la condition de la femme égyptienne à cette époque. Dans toutes les classes de la société, celle-ci bénéficiait d'un respect assez rare dans le monde antique pour être mentionné.
    L'Egypte ancienne fut tout à fait singulière dans sa façon de lui donner accès à des fonctions et métiers réservés habituellement aux hommes partout ailleurs. Ce statut privilégié se reflète dans la position qu'occupèrent ces puissantes souveraines, qu'elles soient « Grande Epouse Royale », régente, et même Pharaon au pouvoir absolu, comme ce fut le cas à trois reprises au Nouvel Empire (ainsi la grande bâtisseuse Hatchepsout).
    Servi par une narration historique vivante, fondée sur de solides recherches égyptologiques, ce livre convie le lecteur à une immersion auprès de « Celles qui emplissaient le palais d'amour », ces « Dames de Grâce » qualifiées aussi de « Souveraines de toutes les femmes et de tous les pays ».

  • Sous le principat d'Hadrien (117-138), l'historiographe Suétone travaille au palais comme secrétaire et bibliothécaire. Grâce aux archives impériales qu'il consulte librement, il entreprend d'écrire les biographies des premiers Césars, de Jules César à Domitien, retraçant ainsi près de cent-cinquante ans d'histoire qui ont bouleversé l'histoire de Rome. Son oeuvre, la Vie des douze Césars, riche de détails intimes sur les maîtres de Rome, est une source essentielle demeurée célèbre en dépit de ses nombreuses exagérations et inexactitudes. En replaçant les premiers empereurs dans leur contexte social, politique et surtout familial, Virginie Girod, forte de sa connaissance intime de la période, met avec talent ses pas dans ceux de Suétone et raconte leur véritable saga faite de trahisons, de manipulations et d'amours déçues.
    Comment Auguste et Vespasien ont-ils pris Rome en passant pour des modèles de vertu ? Pourquoi Tibère, Caligula et Néron ont-ils sombré dans la tyrannie ? Claude était-il un idiot ou un administrateur génial ? Les empereurs ont-ils réellement subi l'influence de leurs affranchis ? Et les femmes dans tout cela ? Peut-on seulement envisager que des impératrices telles que Livie ou Agrippine aient été plus éperdues de pouvoir que les hommes ? De chapitre en chapitre, les mythes sur les Césars volent en éclats, laissant place à leur humanité dans toute sa complexité.

  • Au premier millénaire, époque nourrie par le rêve d'un empire universel, le roi Tiglath-phalasar entreprit une série de vastes opérations militaires et fonda ainsi le premier empire universel connu de l'Antiquité : l'Empire assyrien. De conquêtes en conquêtes - la Babylonie en -646, l'ouest, Chypre et l'Egypte - l'Empire assyrien assoit son pouvoir et atteint son apogée sous le règne des Sardonides. Mais la roche tragédienne est proche du Capitole, disait-on. L'Empire disparut brusquement en -610, laissant sa place à une énigme historique qui n'a cessé de fasciner.

    Reprenant le fil de l'histoire, Josette Elayi entreprend une vaste enquête et lève le voile sur l'une des premières grandes civilisations de l'Antiquité. La Bible disait des Assyriens qu'ils étaient un peuple féroce et sans culture. Les récentes découvertes faites au XIXe siècle sur le sol irakien montrent, au contraire, une civilisation comparable au « miracle grec ». Ce sont eux, notamment, qui les premiers fondèrent des grandes bibliothèques, des parcs botaniques et zoologiques et entreprirent des réformes sociales et religieuses. Cette grandeur culturelle, comme un écho de leurs exploits militaires, demeure gravée dans les Annales des rois soucieux de léguer à la postérité la gloire de leur règne.

    Se fondant sur les dernières découvertes et un nombre inouï de documents, Josette Elayi révèle les secrets de l'une des plus grandes civilisations de l'Antiquité en même temps qu'elle revient sur les événements majeurs qui ont marqué son histoire comme la destruction du royaume d'Israël ou de la fabuleuse Babylone, grande rivale de l'Assyrie. Un ouvrage essentiel sur le Proche-Orient des VIIe et VIIIe siècles avant J.-C., appelé à devenir un classique.

  • L'histoire et l'analyse du dernier siècle de l'Empire romain d'Occident (376-476). Un grand récit qui renouvelle en profondeur ce que l'on croyait savoir sur la chute de Rome et invite à méditer sur la fragilité des civilisations. Déjà un classique plébiscité par le public et la critique et qui a été couronné par le prix Du Guesclin.

    Edition revue et actualisée.
     

  • L'ancienne Rome était une métropole tentaculaire de plus d'un million d'habitants, un « mélange de luxe et de saleté, de liberté et d'exploitation, de fierté civique et de guerre civile meurtrière ». Mais comment ce qui n'était qu'un village insignifiant dans le centre de l'Italie est-il devenu le siège d'un empire dominant la Méditerranée ?
    Mary Beard, historienne de renommée mondiale, raconte ici l'émergence d'une culture sans précédent, qui a façonné nombre de nos concepts fondamentaux sur le pouvoir, la citoyenneté, la guerre, la violence politique, l'empire, le luxe ou la beauté. Du mythe fondateur de Romulus et Remus (VIIIe av. J.-C.), à l'édit de l'empereur Caracalla offrant la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'empire (IIIe siècle), Mary Beard retrace toute l'histoire de l'Urbs. Ce faisant, elle conteste les perspectives historiques confortables en vogue depuis des siècles. Elle montre que l'histoire romaine, loin d'être figée dans le marbre, est constamment révisée et réécrite, grâce à de nouvelles connaissances.
    Notre perception de la Rome antique a considérablement changé au cours des cinquante dernières années. SPQR en fait la synthèse et façonnera probablement à son tour notre regard sur l'histoire de Rome pendant les décennies à venir.

  • Les fouilles archéologiques menées depuis une trentaine d'années ont mis au jour villages et fermes fortifiées, tombes et sanctuaires. Leur étude a révolutionné l'histoire des Gaulois, brisant moult légendes et établissant des vérités incontestables. Mais qui étaient-ils justement, ces Gaulois... ou ces Celtes ? Des géants blonds et moustachus qui combattaient nus ? Habitaient-ils des huttes rondes ? Craignaient-ils que le ciel ne leur tombe sur la tête ? La Gaule est-elle une invention du Romain César ? Les druides étaient-ils de simples prêtres ? Le site d'Alésia se situe-t-il en Bourgogne ? Les Gauloises jouaient-elles un rôle important ?
    Grâce à cette brillante synthèse sous forme de questions-réponses, la civilisation gauloise n'aura plus de secrets pour le lecteur.

  • L'histoire de la Phénicie et des Phéniciens, à la fois explorateurs et commerçants, est mal connue : quel paradoxe pour ce peuple qui a inventé l'alphabet d'avoir laissé si peu d'écrits ! Et pourtant cette civilisation a fait rêver ses contemporains, les a parfois effrayés, à l'instar des Romains et des Grecs qui en firent des êtres cruels pratiquant le sacrifice humain. Ses navires sillonnent la Méditerranée chargés d'or, d'argent, de vin, de blé... Après plusieurs siècles d'indépendance, son âge d'or s'achève. La Phénicie passera tour à tour sous la domination assyrienne, babylonienne et perse, jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 332, dernier chapitre de cette histoire singulière.

  • C'est à la Renaissance que les Européens redécouvrent l'Égypte ancienne. Dans un décor de sable et d'eau, des vestiges somptueux révèlent aux rares voyageurs un musée à ciel ouvert, un monde fascinant où semblent se confondre les morts et les vivants, les hommes et les animaux, les pharaons et les dieux. De 1798 à 1801, les savants et artistes emmenés par Bonaparte passent la vallée du Nil au peigne fin. La publication de leur monumentale Description de l'Égypte relancera l'égyptomanie dans toute l'Europe.
    Mais ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard que l'égyptologie scientifique voit le jour, avec le déchiffrement des hiéroglyphes. Se révèlent alors, peu à peu, les différents aspects d'une civilisation exceptionnelle. Et l'engouement du grand public pour le pays des pharaons s'envole au rythme des découvertes : le Serapeum de Saqqara, les momies royales, la tombe de Toutankhamon, le trésor de Tanis, la barque de Khéops...
    Amoureux et spécialiste de l'Égypte, Robert Solé se fait le grand ordonnateur de ces recherches, qu'il décrypte en retraçant notamment le parcours de leurs auteurs : Champollion, Lepsius, Wilkinson, Mariette, Belzoni, Brugsch, Carter, Desroches Noblecourt, Ahmed Fakhry... et tant d'autres. Ce récit, dans lequel les rivalités nationales ne sont pas absentes, illustre l'une des plus grandes aventures contemporaines, qui se poursuit aujourd'hui avec des techniques de pointe.

  • « Je propose tout simplement d'évoquer ce qui me touche, m'étonne ou m'enchante dans l'Antiquité romaine. J'ai essayé, à partir des réalités pittoresques et des personnages hauts en couleur, de rendre intelligibles une culture, des splendeurs, des valeurs, des croyances, des comportements, une littérature... sans trop idéaliser, car la Rome antique fut raffinée mais violente et cruelle. Ces contrastes nous éclairent aussi sur nous-mêmes : certes nous sommes distincts de nos ancêtres latins, mais ils nous ont légué notre lexique, notre droit, nos canons esthétiques, nos figures légendaires, nos moeurs. On ressent toute la vigueur du génie de cette civilisation romaine qui a su transformer une bourgade rurale en capitale du monde. » Xavier Darcos.
    Un voyage érudit et jubilatoire unanimement salué par la critique.

  • Histoire de Sparte

    Nicolas Richer

    • Perrin
    • 15 Mars 2018

    "Sparte brille comme un éclair dans des ténèbres immenses". Ainsi Robespierre caractérisa-t-il la cité des Spartiates en 1794. Une telle formule manifestait un grand enthousiasme à l'égard d'une cité dont la législation, prêtée à Lycurgue, était censée pouvoir rendre les hommes égaux. Mais des hommes qui ont vécu il y a plus de deux millénaires peuvent difficilement être assimilés à ceux qui disent s'inspirer d'eux. C'est donc en pratiquant l'examen d'événements anciens que l'on peut, selon le conseil de Plutarque, s'essayer à "obliger la fable, épurée par la raison, à se soumettre à elle et à prendre l'aspect de l'histoire".
    Car Sparte doit bien d'abord être considérée comme une cité grecque de Grecs en Grèce. En d'autres termes, la culture des hommes de Sparte dans l'Antiquité était très semblable à celle des autres Grecs, bien que leurs organisations et leurs priorités différaient. Seront ainsi présentés les traits majeurs de l'évolution de la cité, du VIIIe au IVe siècle av. J.-C., non seulement d'un point de vue politique mais aussi artistique ou social. La richesse de la documentation portant sur les usages éducatifs, politiques, religieux et militaires permet ainsi d'examiner le fonctionnement d'une collectivité fascinante et originale, dont l'un des traits originaux consiste dans l'importance qu'elle accorde à la guerre.

  • L'homme de Cro Magnon, découvert en 1868, est grand (1,80 m) et fort, une taille impressionnante si l'on compare à son voisin et contemporain Neanderthal. Il a le front haut et plat du penseur, un menton saillant et volontaire : en somme, il nous ressemble dans nos meilleurs jours ! Rien d'étonnant à cela : il est notre ancêtre le plus direct... Venu d'Asie il y a plus de 40 000 ans, il en a conservé l'âme voyageuse et fut, avant tous, le premier conquérant des Amériques. Son étude actualisée des dernières découvertes révèle un être sensible, au quotidien plus familier qu'on ne l'imagine et déjà organisé en société pyramidale. Son rapport à la mort gouverne sa vie et toutes ses peurs : on lui doit les fresques gigantesques qui forcent encore notre admiration, arts premiers s'il en est et, plus tard, les dolmens et menhirs dressés vers le cosmos. Mais Cro Magnon est aussi l'homme qui se fixe, le premier sédentaire. Une étape cruciale de l'histoire humaine qui le montre coupant ses liens avec la nature, pour mieux l'inféoder à son désir. Le cousin Neanderthal n'a pas résisté à une telle emprise et la planète s'en trouve durablement changée. Une métamorphose propre à l'Europe et à l'origine des civilisations historiques de notre continent...

  • Sur le conflit qui oppose les Gaulois aux Romains, on ne connaît généralement que l'épisode de la conquête des Gaules racontée par César et qui se déroula au milieu du Ier siècle avant Jésus-Christ.
    Or, c'est dès 390 avant Jésus-Christ que le Gaulois Brennus et ses troupes occupent durablement Rome et prononcent l'humiliant vae victis, " malheur aux vaincus ". A partir de cet événement majeur, se succèdent pendant dix siècles les péripéties d'une lutte inexpiable, au cours de laquelle les Gaulois s'allient par les armes et la diplomatie à tous les adversaires des Romains. Toujours vaincus parce qu'ils opposent leur masse aux tactiques éprouvées des légionnaires, ils ne renoncent jamais à harceler par tous les moyens possibles l'occupant romain, jusqu'à la chute de Rome au Ve siècle de notre ère.

  • Référence majeure de la culture occidentale, étudiée depuis la Renaissance par des générations d'érudits, la ville de Rome antique reste pourtant à découvrir : alors que, depuis quelques décennies, s'y multiplient les fouilles archéologiques, le grand public n'a guère accès aux résultats, souvent spectaculaires, apportés par les travaux les plus récents. Comment un site, d'abord parsemé de simples cabanes, a-t-il pu devenir une ville-monde ? Des plus lointains commencements d'une extraordinaire aventure humaine jusqu'au règne d'Auguste qui en marqua la maturité, c'est toute la vie de cette ville appelée Urbs par les Romains qui est ici restituée de façon aussi précise que vivante. Dans un récit conçu comme la biographie d'une cité qui fut au centre de la première mondialisation de l'histoire, Alexandre Grandazzi nous offre une somme destinée à faire date, faisant dialoguer, sur près d'un millénaire, les habitants de la Ville et leurs dirigeants. Car, siècle après siècle, victoire après victoire, les Romains ont inscrit le déroulement de leurs conquêtes dans l'espace de leur cité, devenue ainsi comme le mémorial de pierre où ils pouvaient lire leur histoire et célébrer une identité collective à la fois conquérante et assimilatrice. C'est ce message que cet ouvrage s'attache à déchiffrer avec toutes les ressources offertes aujourd'hui par la science. Voici donc « une histoire où les événements se traduisent en monuments, et où les monuments sont autant d'événements ».

  • La chute de l'Empire romain

    Bertrand Lançon

    • Perrin
    • 14 Septembre 2017

    La « chute » de l'Empire romain ne cesse de faire couler beaucoup d'encre. Plus encore, elle a suscité un nombre de publications sans précédent ces dernières années. On la traite à tort comme une énigme historique qu'il s'agirait de résoudre en identifiant les causes, alors que c'est bien la longévité de l'Empire romain qui relève de l'énigmatique. Si elle fascine autant, c'est parce qu'elle agit tel un miroir reflétant les peurs contemporaines du déclin et de l'effondrement, qui connaissent aujourd'hui un nouvel essor au sein de l'« Empire américain » comme de l'Union européenne.
    Si ce livre raconte et interroge naturellement le dernier siècle de l'empire d'Occident, il entend montrer que sa « chute » est largement un fantasme. Non seulement il est impossible d'en épuiser la réalité, mais encore la culture occidentale semble n'avoir aucun désir d'y renoncer. La raison en est peut-être que cet abandon mettrait en cause le pessimisme foncier qui la sous-tend. Cette « chute » est devenue une histoire sans fin, car on s'efforce en vain d'accumuler les facteurs incertains d'un événement sans contours définissables, tandis qu'elle sert en réalité de miroir et d'exutoire à nos angoisses.

  • Commode

    Eric Teyssier

    • Perrin
    • 13 Septembre 2018

    Qui ne connait pas Commode, dernier empereur de la dynastie des Antonins, immortalisé par le film "Gladiator" ? On le dit sanguinaire, auteur de la mort de son père et responsable de l'exil de sa soeur. Est-ce seulement vrai ? Pour lever le voile sur cet empereur à la sombre notoriété, Eric Teyssier se réfère aux sources et démêle la légende de l'histoire.
    Etudier Commode, c'est scruter le destin d'un homme dans une période troublée. Lorsque le jeune prince voit le jour, en 161 ; le règne pacifique d'Antonin le Pieux, généralement considéré comme l'apogée de Rome, s'achève. À sa mort, en 192 soit trente-et-un ans plus tard, l'Empire est affaibli. Commode laisse un Empire fragilisé : chute démographique dû à la peste, aux guerres et aux famines ; faiblesse militaire (pour la première fois, les légions peinent à contenir des barbares) ; et, enfin, récession économique.
    Au centre de la crise, Commode semble être à la mesure des malheurs de son temps. Parvenu trop jeune sur le trône, il cède rapidement à toutes les tentations. Parmi celles-ci, sa passion pour les gladiateurs l'incite à souiller la pourpre des Césars dans le sang de l'arène. Tels les symptômes d'un monde romain fébrile, le règne et la vie de Commode reflètent les forces et les faiblesses d'un régime en mutation, à l'aube de son déclin.

  • Carthage

    Khaled Melliti

    • Perrin
    • 14 Avril 2016

    « Quel champ de bataille nous laissons là aux Carthaginois et aux Romains », s'exclame Pyrrhus au moment de quitter l'Italie en 275 av. J.-C. Effectivement, la Méditerranée occidentale va être le centre de l'affrontement, décliné en trois actes, entre Carthage et Rome. Mais les guerres puniques apparaissent surtout comme l'aboutissement logique des deux siècles qui voient s'affirmer la prééminence des deux grandes puissances, au détriment des forces grecques déclinantes.
    Carthage est très tôt menacée par des prétentions d'ordre impérialiste, qu'elles émanent d'Athènes ou d'Alexandre le Grand. Dès la fin du IVe s. av. J.-C., la cité africaine accélère sa politique de profondes réformes pour y faire face. Au siècle suivant, la coexistence qui prévaut jusqu'alors entre Carthage et Rome ne résiste pas au glissement des conquêtes romaines vers le sud de l'Italie et à l'enjeu sicilien. Le danger ouvre la voie à une alliance politique et militaire avec la sphère grecque. Et c'est aux Barcides, Amilcar puis Hannibal, qu'échoit la tentative de convertir l'aide logistique grecque en une véritable alliance politique et militaire contre l'Urbs. De par ses engagements spectaculaires, notamment les batailles de Cannes et Zama, l'étendue de ses théâtres d'opération, les innovations militaires, l'envergure personnelle de ses principaux protagonistes et ses conséquences durables, les guerres puniques marquent un tournant majeur dans l'histoire antique du pourtour méditerranéen. En les réinsérant dans l'histoire de la cité du Ve au IIe siècle av. J.-C., Khaled Melliti donne à comprendre la vitalité comme les errements d'une puissance unique et fascinante.

  • Village préhistorique, bourg celtique, cité romaine, capitale régionale des Gaules, ville impériale de garnison, telle fut Lutèce, toujours exemplaire et singulière, qui nous est contée dans cet ouvrage. Sans les 10 000 ans de l'histoire de Lutèce, Paris n'eût jamais existé. Comprendre Paris, c'est d'abord connaître Lutèce : la voici.

  • Trajan

    Christophe BURGEON

    • Perrin
    • 31 Janvier 2019

    Deuxième empereur de la dynastie des Antonins, Trajan fut maintes fois qualifié d'optimus princeps tant par le Sénat que par le peuple de Rome. Mais ce fils de soldat, né en 53 et qui régna de 98 à 117, fut-il vraiment pour autant le « meilleur empereur » que les Romains aient connu ? Indéniablement, il fut le restaurateur de l'idéal augustéen construit autour d'une autocratie éclairée, respectant le Sénat et accordant de l'importance à la libertas individuelle. Conduisant de surcroît une politique d'aide sociale destinée en premier lieu aux enfants pauvres et aux agriculteurs peu aisés d'Italie, il améliora les conditions de vie des plus démunis. Administrateur efficace, dévoué au bien public, il entreprit en outre de grands travaux, fit rénover et agrandir le système d'approvisionnement en eau et bâtir le plus monumental des forums, qui porte encore son nom.
    Cet homme d'État admiré par Machiavel fut enfin un redoutable chef de guerre, qui eut non seulement à coeur de renforcer le limes le long du Rhin, mais encore de mener une politique de conquêtes volontariste : la Dacie - et ses riches mines d'or -, l'Arabie Pétrée, l'Arménie, l'Assyrie et la Mésopotamie tombèrent ainsi dans les rets romains, portant l'Empire à son apogée.
    Il fallait à cet empereur d'exception, divinisé par le Sénat et dont les cendres sont inhumées sous la colonne trajane, un historien de la qualité de Christophe Burgeon pour en restituer la pleine dimension.

  • Les femmes ont-elles eu une influence essentielle sur les moeurs et la politique de la Rome antique ?
    Oui, quand on découvre Messaline et Agrippine jouer à la fois du poignard, du poison et de l'exil pour asseoir leur puissance.
    Oui, quand on voit la seconde pratiquer l'inceste avec son fils Néron afin d'assurer son emprise sur lui, et la première collectionner les amants pour détruire la réputation de son époux, l'empereur Claude.
    Oui, quand tant de femmes, dans la Rome royale ou républicaine, par une volonté de fer, parviennent àélever leurs enfants au sommet de l'Etat.
    D'autres, certes, montreront aux hommes l'exemple de la vertu, comme l'impératrice Hélène, mère de Constantin. Mais plus généralement, les femmes, lorsqu'elles s'emparent du pouvoir à Rome, transforment les palais impériaux en antichambres de meurtres innombrables, en lupanars où coule le sang, règnent le stupre et une débauche sans frein. Une forme de féminisme, tantôt exemplaire ? incarnée par Cornélie ou Octavie ?, tantôt intransigeante, à l'image de Livie, est née à Rome : beaucoup s'en inspireront par la suite.

  • Les secrets de la Rome antique

    Eric Teyssier

    • Perrin
    • 24 Septembre 2015

    Largement traitée, la chute de Rome éclipse trop souvent sa réussite. L'Empire romain est pourtant une vaste construction politique qui a rassemblé, cinq siècles durant, une multitude d'ethnies parlant des dizaines de langues et priant des dieux plus nombreux encore. Quels secrets ont permis aux Romains de conquérir cet immense empire ? Et si cette conquête est exceptionnelle, que dire de leur capacité à conserver l'unité d'un tel espace ?
    Pour comprendre ces maintes prouesses, Eric Teyssier analyse les mythes fondateurs de Rome, les moteurs de son impérialisme, les raisons de ses victoires militaires, la force morale de sa Res publica, sa capacité à intégrer les étrangers. Peu étudiés, les secrets du succès de l'Empire romain et de sa pérennité offrent un sujet captivant.

  • Théodose

    Bertrand Lançon

    • Perrin
    • 9 Octobre 2014

    Théodose, qui régna de 379 à 395, présente la particularité d'être le premier empereur romain baptisé dans le catholicisme. La postérité a surtout retenu de lui qu'il prohiba le paganisme et les hérésies, instaura le christianisme catholique comme seule religion autorisée (avec le judaïsme), et fit pénitence en 390 devant Ambroise, l'évêque de Milan, à cause d'un massacre qu'il avait laissé se perpétrer à Thessalonique.
    La réalité est plus nuancée : ses édits ne mirent fin ni au paganisme ni aux courants hétérodoxes du christianisme ; il ne soumit pas l'autorité impériale à l'autorité ecclésiastique, mais là où ses prédécesseurs régnaient sans partage, il donna son accord à une dévolution des pouvoirs politiques et religieux entre l'empereur et les évêques. Pragmatique, il a ouvert une double voie qui ne fut guère suivie : celle d'un renforcement du pouvoir par l'humilité et d'un retrait des pouvoirs religieux préfigurant une forme archétypale de concordat. Cela lors d'un âge d'or culturel et avec une puissance militaire qui façonnèrent une « Renaissance théodosienne », à mille lieues d'un supposé déclin de l'Empire romain.

  • Apparue au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, la civilisation étrusque domina presque toute l'Italie avant de se fondre dans le moule imposé par Rome.
    Les Etrusques avaient été oubliés pendant des siècles lorsque, à la Renaissance, furent découvertes leurs tombes en Toscane. Sépulcres majestueux creusés dans le sol, ces demeures funéraires étaient parfaitement conservées. Elles offraient le spectacle d'une vie raffinée. Scènes de banquets, parties de chasse ou de pêche, danses, jeux ornaient les murs à fresques et racontaient un peuple jusqu'alors ignoré.
    Les Etrusques n'avaient pas fini d'intriguer les chercheurs.
    Qui étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Les hypothèses les plus variées coururent sur leur origine, mystérieuse disait-on, dans la mesure où leur langue - ni latine ni grecque - restait incompréhensible. Leurs écrits s'étaient volatilisés. On savait d'eux ce que les Grecs ou les Romains nous en avaient dit. Ceux-ci ne les aimaient pas, les trouvant trop oisifs.
    Ils condamnaient leurs moeurs, l'émancipation de leurs femmes. Ce peuple singulier fut pourtant, à son apogée, puissant et craint par ses voisins.
    Jean-Marc Irollo ressuscite cette civilisation en lui redonnant sa juste place dans la formation de notre culture occidentale et dans les arts. Ses chefs-d'oeuvre, comme les tombes peintes de Tarquinia ou la nécropole de Cerveteri, figurent depuis 2004 parmi les sites du Patrimoine mondial protégé par l'Unesco.

  • En passeur et conteur passionné, Jean-Claude Simoën nous entraîne sur les traces de ces archéologues et aventuriers intrépides qui, depuis deux siècles, révèlent au monde des civilisations disparues.

    Des montagnes du Pamir à l'enfer du Taklamakan, Paul Pelliot et Aurel Stein ont découvert en 1907 les origines du bouddhisme dans des grottes murées depuis des siècles. Au pied de la cordillère des Andes, des chercheurs continuent d'étudier l'énigmatique civilisation maya. Au Cambodge, les scientifiques ont percé le secret d'Angkor : ce qui apparut durant des décennies comme un ensemble de temples épars forme en fait une seule et immense ville qui compta jusqu'à 700 000 habitants !
    À Cnossos, en Crête, un grand labyrinthe de bâtiments nous mène tout simplement au palais du roi Minos et donc à la civilisation minoenne. Dans les montagnes du Pakistan, nous découvrons une civilisation agraire fondatrice installée sur les bords de l'Indus huit mille ans avant le passage d'Alexandre le Grand. À Qumrân, philologues et linguistes nous révèlent les origines de textes bibliques vieux de deux mille ans.
    Autant d'histoires de fouilles, de mythes et d'aventures, dans une discipline mêlant travail de terrain, intuitions érudites et aussi, entre la brosse à dents et la truelle, ce qu'il faut bien appeler « coups de chance » ; autant de récits qui font de cet ouvrage un voyage fascinant à travers le temps.

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