Pu De Rennes

  • À Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des refigions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.

  • Après sa fermeture en 1994, l'ancien hôpital militaire de Rennes fait l'objet d'un vaste projet immobilier qui nécessite l'engagement préalable d'une fouille archéologique préventive sur une partie du terrain où est prévue la construction d'une grande résidence de standing. La surface de 3000 m² qui est concernée par ces travaux dévoile les vestiges d'un îlot de la ville antique de Rennes/Condate sans toutefois révéler ses limites. Malgré ce manque, la disposition des aménagements successifs permet de définir les étapes et l'organisation précises d'une occupation remontant au tout début du Ier s. apr. J.-C., période de fondation de la ville et d'occupation des lieux par des potiers. La logique d'évolution urbaine constatée sur d'autres fouilles se retrouve sur le site de l'ancien hôpital militaire mais, pour la première fois, une période de rupture est plus clairement reconnue vers la fin du IIe s. Elle précède la construction d'une domus qui suggère une vocation plus résidentielle du quartier sous la dynastie des Sévères avant son déclin au début du IVe s. Les données qui sont apportées sur l'organisation de la trame urbaine de l'Antiquité et l'analyse architecturale de plusieurs ensembles spécifiques complètent nos connaissances sur l'urbanisme de Condate. La présentation exhaustive des objets retrouvés illustre également la richesse du site pour divers types de mobiliers d'époque romaine. Enfin, des découvertes plus anecdotiques apportent des informations inédites sur un aqueduc du XVIe s. et sur des aménagements de la défense passive à Rennes durant la seconde guerre mondiale.

  • Cet ouvrage met en lumière les rapports complexes qui existent entre musiques, rythmes et danses dans l'Antiquité. Si la découverte de papyrus musicaux, les reconstitutions d'instruments antiques ou l'exécution de chorégraphies ont déjà renouvelé les connaissances sur le sujet, il restait cependant à étudier des questions majeures telles que les mouvements des instrumentistes, l'utilisation de la métrique et du rythme, le rôle des accents grecs dans la mélodie et dans le rythme, ou encore l'utilisation de sources spécifiques telles que l'épigraphie.

  • Les premiers récits littéraires évoquant l'histoire de la Rome archaïque sont tardifs puisqu'il faut attendre la deuxième moitié du IIIe siècle av. J.-C. pour les voir apparaître. Ils prennent alors des formes diverses, poétiques ou prosaïques. Ces récits ne sortent pas du néant : ils résultent de plusieurs facteurs historiques que l'équipe de chercheurs réunis à l'occasion de ce colloque se sont attachés à définir.

    Avec le soutien de l'université de Nantes.

  • Vingt ans après la publication de La Fille d'Athènes, Mythes, cultes et société, ouvrage majeur de Pierre Brulé, il convient de suivre les traces de ces petites Athéniennes, sans doute devenues épouses et mères et, ce faisant, de revenir sur les travaux pionniers de cet helléniste hors norme. En effet, il importe de se mettre en quête de la place que le féminin tient dans les mythes et les rites grecs, de reconsidérer la vision que les hommes proposent des pratiques religieuses des femmes et de revisiter les divinités qui les concernent plus spécifiquement, autant de pistes abordées dans le présent ouvrage.

  • Les trente-quatre études réunies ici, dont une inédite en français, permettent de saisir l'ampleur et la profondeur de la pensée historique de P. Le Roux. Après un premier recueil d'articles (La Toge et les armes), ce second volume est consacré à l'Hispania romaine dont il est un spécialiste reconnu. Ce choix d'articles est complété par la traduction française révisée de quatre documents épigraphiques majeurs découverts dans la péninsule Ibérique, la lex Irnitana, la lex coloniae Genetiuae Iuliae, le sénatus-consulte de Cn. Pisone patre et la lex riui Hiberiensis.

    Avec le soutien de Pléiade, l'université Paris 13, l'IUF et Ausonius.

  • Cet ouvrage se propose d'étudier en diachronie l'émergence de la notion de théocratie dans l'Orient ancien et hellénistique, puis dans l'empire romain, avec des ouvertures dans la très longue durée pour en rechercher les origines dans les modèles mésopotamiens les plus anciens et en évaluer l'héritage dans la chrétienté médiévale.

    Avec le soutien du Crulh et de l'université de Lorraine.

  • Les notions grecques et romaines, telles que oikos, oikia, domus, que nous traduisons par « famille » ou « maisonnée », sont assurément polysémiques et désignent un groupe de personnes réunies sous une même autorité, liées entre elles essentiellement par des relations de parenté ou des rapports de dépendance, et partageant au quotidien la même résidence et des activités communes ; dès lors, ces mêmes notions peuvent également désigner la composante matérielle de ce groupe, son patrimoine et son habitat. Considérée par les Anciens eux-mêmes comme l'unité primordiale de toute société, cette « famille » est ainsi perçue comme la cellule sociale et économique de base, susceptible de répondre aux besoins élémentaires de ses membres, et assurant ainsi, d'un point de vue économique, les fonctions de production, d'échange et de consommation, d'un point de vue social, les fonctions de reproduction, de socialisation, d'assistance et de transmission. Ce sont ces multiples dimensions que cet ouvrage se donne pour objet de présenter, dans une démarche que nous avons souhaité interdisciplinaire, comparative et didactique.

  • Au cours de l'Antiquité gréco-romaine, nombreuses furent les crises qui scandèrent les relations entre les Juifs et le pouvoir politique. Les relations complexes que les Juifs entretinrent avec les maîtres successifs du Levant sud suscitent depuis longtemps un vif intérêt. Le présent ouvrage se propose d'élargir la réflexion à l'ensemble des pratiques liées à l'exercice du pouvoir dans la région. Les grands événements auxquels ils furent associés sont ainsi successivement réexaminés, notamment le massacre des Pharisiens et les révoltes juives.

    Cette histoire des Juifs dans l'Antiquité gréco-romaine repose sur une approche qui puise à differents types de sources, allant de l'épigraphie à la numismatique, en passant par la papyrologie. Surtout, elle fait largement appel aux sources archéologiques, dont l'apport a été jusqu'à présent trop négligé dans les études francophones menées sur la question.

    Préface de Maurice Sartre.

  • Cinq grandes trompettes courbes que les Romains nommaient cornua ont été mises au jour au XIXe siècle dans les ruines de Pompéi. Cet ouvrage reprend l'intégralité du dossier dans toute sa diversité : histoire des découvertes et des restaurations, muséographie, mise en série avec les autres vestiges connus, iconographie, lexicographie, usages sociaux. L'analyse métallurgique et l'étude acoustique permettent de mesurer l'apport des nouvelles technologies dans la restitution sonore. À travers les cornua, c'est tout un pan de la culture musicale des Romains qui est aujourd'hui restituée.

  • Si la présence du handicap dans l'histoire peut sembler un invariant, il n'en est pas de même de sa perception. En se penchant sur les sources qui permettent d'aborder une telle question, on remarque très vite qu'en dehors des restes osseux, que seul le regard d'un anthropologue peut faire parler, l'historien est confronté à une subjectivité qu'il ne peut ignorer. Saisir cette subjectivité permet de rendre la perception du handicap et la condition des êtres qui en sont atteints au sein d'une société donnée. Le regard de l'autre est l'élément qui conditionne l'existence d'un individu dans les sociétés anciennes, sa capacité à être pleinement un homme, notamment pour un citoyen romain, de sa naissance à sa mort. Dès lors, la répugnance prêtée à la société romaine pour les atteintes au corps semble être la condition de l'inclusion ou de l'exclusion des individus dans le corps social, ce qui n'est pas sans incidences, car "l'oeil du spectateur" n'est pas un simple vecteur de préjugés mais peut donner lieu à des définitions juridiques avec des répercussions politiques, sociales et religieuses. Le but de ce livre est d'étudier, en associant à la fois approche historique et démarche anthropologique, à partir d'un large dépouillement de la documentation littéraire et archéologique, les perceptions et représentations de l'atteinte corporelle du Ier s. av. n. è. au IVe s. n. è. et leurs évolutions. Il s'agit de dépeindre comment furent considérées et assistées les personnes concernées, à Rome et dans le monde romain, au travers de problématiques qui, pour certaines, sont toujours d'une saisissante actualité dans les sociétés contemporaines.

  • Dans une perspective d'anthropologie historique, ce livre présente une enquête sur les façons dont les Anciens ont pensé la division comme l'unité du corps humain. Il éclaire le sens des procédures de démembrements et de mutilations corporelles qui détruisent le corps comme unité, agissent sur l'intégrité du corps, effacent par un acte violent tout ou partie de l'identité de l'individu. Parallèlement, la question porte sur l'unité et la cohésion du corps à l'aune de ses (re)compositions, aussi bien dans les conceptions scientifiques (biologiques et médicales) et philosophiques que dans les solutions artistiques. Cela revient à comprendre comment les Anciens ont conçu un corps entier comme unité, tout ou somme de ses parties, issue parfois d'une hybridation, comment ils ont jugé ces assemblages, produits de la nature ou de l'art.
    Dix spécialistes des textes, des images et de l'archéologie classiques croisent ainsi leurs réflexions basées sur l'état de la recherche le plus récent.

  • Quel meilleur moyen qu'un dictionnaire pour approcher un objet aussi difficilement saisissable, omniprésent et d'évidence, qu'est le corps humain ? Quel meilleur moment que l'Antiquité gréco-romaine, période créatrice de modèles et de canons de représentations ? Qu'a donc de spécifique ce corps antique, en quoi est-il fondateur d'une certaine manière d'appréhender notre propre surface corporelle, notre rapport à nous-mêmes ?

    Des historiens, des archéologues, des historiens de l'art ou de la religion, des spécialistes de la médecine antique, des philosophes, des philologues et des anthropologues sont mobilisés pour éclairer des mots antiques et des mots modernes, des mots grecs et des mots latins, des mots familiers et des mots savants, des mots courants et des mots techniques, toujours replacés dans leur environnement documentaire et leur contexte historique. En quelque 320 entrées, il s'agit de proposer des lectures multiples, de varier les focales, de multiplier les approches pour circonscrire au mieux cet objet d'histoire.

    Prendre aux mots le corps antique, c'est d'abord et avant tout, savoir de quoi l'on parle. D'Abstinence à Yeux, c'est un monde corporel qui se décline, étrange et pourtant familier, lointain et pourtant si proche, révélateur au fond de notre façon de penser l'Antiquité aujourd'hui. Plus précisément, de nos façons de penser l'Antiquité.

  • À la croisée des études anthropologiques et politiques sur le Proche-Orient antique, cet ouvrage met en évidence la forme spécifique du monarque ethnique, à travers les cas des rois juifs et nabatéens. L'identité officiellement assumée par ces souverains, le contexte de bilinguisme culturel et la comparaison avec le modèle des monarchies hellénistiques sont autant de points soulevés. L'ouvrage met également en exergue des constructions politiques et identitaires originales, remettant en cause, la vision généralement défavorable qui caractérise les monarques hasmonéens ou encore Hérode le Grand dans l'historiographie traditionnelle.

  • Ce livre est une contribution à l'histoire de la culture équestre du monde grec. En adoptant l'angle du cheval de guerre, il vise à étudier les à-côtés de l'équitation militaire et des actions des cavaliers sur les champs de bataille. Grâce à l'Athénien Xénophon (v. 430-v. 355) mais aussi à d'autres sources disponibles (littéraires, épigraphiques et iconographiques), il est possible de s'intéresser aux spécificités de l'élevage équin, depuis les types de montures produites jusqu'à leur intégration dans les cavaleries.

    Avec le soutien de l'université Rennes 2.

  • Le sang est une substance à laquelle on prête de nombreux pouvoirs. Fluide biologique, réalité concrète de la vie qui palpite ou s'enfuit, plus ou moins épais, visqueux ou translucide, il est porteur de tout un imaginaire que les Anciens ont interrogé durant l'Antiquité gréco-romaine. Du sang du crime à celui du combat, du sacrifice à la mort du martyr, de la magie à la cuisine un univers rouge semble ressortir de cette Antiquité fantasmée. Marqué du sceau de l'ambivalence, il a quelque chose de magique : porteur de vie et de mort, le sang signe les saisons du corps féminin et annonce la mort quand il sourd de la blessure du guerrier : il est le baromètre de la vie qui dit aussi la parenté.
    C'est une histoire du sensible qui est menée ici par le liquide biologique vital, par la couleur, celle du sang rouge ou noir, de la pourpre. C'est aussi une histoire sociale car, par le sang c'est la transmission, la descendance et la filiation, la souillure, la pureté, les rites que l'on observe ; c'est encore une histoire de la guerre, du crime et de la justice.

  • Cet ouvrage propose une approche historique et transversale de plusieurs problèmes économiques complexes dans diverses régions du monde antique, de l'Égypte à la péninsule Ibérique en passant par la mer Noire, l'Italie, le sud de la Gaule ou encore l'Afrique. En accordant la part belle aux sources, qu'elles soient de nature littéraire, juridique, épigraphique ou papyrologique, il aborde des questions telles que la langue et l'armature juridique des transactions ou celle de ses acteurs.

    Avec le concours du laboratoire ANHIMA de l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne, du TRAME, de l'université de Picardie Jules-Verne et de l'université de Poitiers.

  • Pour approcher la réalité quotidienne et spirituelle de ce que fut la vie des Étrusques, loin des stéréotypes qui en font une société figée dans des croyances morbides et des pratiques rituelles contraignantes, il est vital de changer de regard. Il faut observer, embrasser avec curiosité l'immense patrimoine culturel qu'ils nous ont légué, avec la volonté de les comprendre au-delà des simplifications, des exagérations et des condamnations morales laissées par les Grecs et les Latins.

    Avec le soutien de l'université de La Rochelle.

  • Cet ouvrage montre le rôle historique des Cyclades au sein de l'Empire romain et restitue aux îles et aux communautés insulaires leur place, leur rôle, leurs évolutions et leurs spécificités, leurs forces et leurs faiblesses, ainsi que leurs dynamismes propres. À travers un examen minutieux des transformations politiques, économiques, sociales et culturelles des cités insulaires, il s'agit non seulement de relativiser le déclin traditionnellement attribué aux îles à l'époque romaine, mais aussi de nuancer la renaissance présumée du IIe siècle apr. J.-C., qui est loin d'avoir concerné toutes les îles de la même manière.

    Avec le soutien du GRHis (EA 3831) de l'université de Rouen et d'ArScAn (UMR 7041).

  • Cet ouvrage montre comment la cour impériale dans l'Antiquité se constitue progressivement en un nouveau lieu de pouvoir, l'entourage proche de l'empereur s'érigeant en centre politique de l'Empire. En se focalisant sur une étude approfondie du principat de Claude, il aborde toutes les facettes du phénomène aulique dans ses dimensions spatiale, sociale, politique et culturelle.

  • Les articles de Bertrand Goffaux réunis dans ce livre forment une contribution majeure à l'histoire de la vie des cités de l'Occident romain. Fruits d'un travail de recherche patient et méthodique, ils sont fondés sur des lectures critiques, renouvelées et toujours croisées de la documentation littéraire, épigraphique ou archéologique. Si la péninsule Ibérique constitue un lieu d'étude privilégié, l'ensemble des études s'ouvre aux autres provinces d'Occident et à l'Italie.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • La sacralisation de l'espace, privé ou public, à l'échelle d'une collectivité, d'une cité ou d'une région, n'est pas seulement fondée sur des critères physiques, mais aussi symboliques : c'est en explorant ce double ancrage des dispositifs spatiaux du culte et des pratiques rituelles que les auteurs de ce livre ont cherché à croiser, dans le temps long, des approches issues d'aires géographiques variées.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

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