Tallandier

  • Où sont allés les plus aventureux des Phéniciens, des Égyptiens, des Grecs, des Romains ? Certains ont-ils déjà fait le tour de l'Afrique ? Que connaissent-ils à la fin de l'Antiquité du reste de la Terre habitée ? Où sont arrivés Indiens et Chinois ? Ces questions sont essentielles pour connaître l'étendue et l'intensité des relations entre les grandes civilisations.
    Dès l'Antiquité, Europe, Afrique et Asie étaient en contact. Il n'a pas fallu attendre Marco Polo ou les Grandes Découvertes pour voir des hommes et des femmes se déplacer et échanger marchandises et savoirs à très longue distance. De l'Islande au Vietnam, des côtes d'Afrique aux steppes de Mongolie, poussés par le vent de mousson comme le bateau du Palmyrénien Honaînû en route pour l'Inde ou au rythme lent des caravanes contournant le bassin du Tarim, marins, marchands ou ambassadeurs parcourent et décrivent des pays lointains. Ce que les Grecs connaissent et reçoivent de l'Inde, ce que les Chinois savent de Rome, ce que l'Inde emprunte à l'art et à la pensée grecs, sans négliger les expéditions dirigées vers l'Europe du Nord ou l'Afrique subsaharienne, un monde méconnu se découvre, où l'on trouve aussi bien des Indiens égarés sur les côtes danoises que des Grecs emportés par les vents à Zanzibar ou à Ceylan, tandis qu'un ambassadeur chinois hésite à se lancer sur le golfe Persique.
    À partir de textes, vestiges archéologiques et inscriptions, Maurice Sartre raconte les premières rencontres de trois continents, révélant à nos yeux la naissance d'un monde unique.

  • Yann Le Bohec, grand historien militaire, nous livre ici une érudition vaste et authentique, une honnêteté intellectuelle scrupuleuse et un anti conformisme qui signe une pensée dynamique, et une passion pour l'histoire de Rome.
    Cet ouvrage part de l'histoire militaire pour proposer une nouvelle compréhension de l'histoire générale (histoire politique, économique, sociale, culturelle et religieuse). Il se présente comme un complément de La Guerre romaine parue en 2014.
    L'auteur a cherché à décrire puis à expliquer les succès de l'armée romaine sur dix siècles, et son échec final.
    Il a trouvé des guerres et des batailles oubliées par ses prédécesseurs.
    Il décrit les guerres et les batailles, menées par les Romains et aussi en tenant compte de leurs ennemis ; ces derniers ont été jadis négligés et pourtant il est indispensable de les connaître si l'on veut comprendre l'histoire.

    Le livre comprend 11 cartes et 57 planches, dont des inédits, qui permettront de comprendre le texte.

  • Les gaulois

    Jean-Louis Brunaux

    Des Gaulois, il faut retenir la brillante civilisation. Beaucoup de ce qu'on a attribué aux Romains leur revient. C'est tout un monde à redécouvrir.
    Les Gaulois ont exploité toute la Gaule, y installant de vastes exploitations agricoles ; ils y ont tracé de grandes voies rectilignes, facilitant déplacements et commerce. Curieux et ingénieux, ils sont à l'origine de nombreuses inventions dans la métallurgie, les métiers du bois, de l'habillement, etc. Par leur spiritualité, ils se distinguent de leurs voisins latins et grecs : des sages et savants (les druides) les ont initiés à l'immortalité de l'âme, à sa réincarnation ; mais, par leur vie politique et religieuse, ils en sont très proches : institutions de type « démocratique », magistratures annuelles, religion d'État se déroulant dans d'authentiques sanctuaires.
    Grâce aux sources littéraires antiques et aux résultats les plus récents de l'archéologie, c'est à une redécouverte des Gaulois que Jean-Louis Brunaux nous convie.

  • Yann Le Bohec nous plonge dans la vie quotidienne des soldats romains à l'apogée de l'empire, de 31 av. J.-C. à 235 ap. J.-C. : qui étaient les hommes recrutés pour faire la guerre, comment se déroulait une journée au camp, comment les soldats conciliaient leur religion et leur métier, leur vie familiale et leurs loisirs, quelles étaient les punitions, corvées, récompenses...
    À partir des sources disponibles (les textes des grands auteurs, l'épigraphie, la papyrologie et la numismatique), et des nombreuses et récentes découvertes des archéologues, notamment les ostraka, les papyrus et les tablettes, l'auteur nous permet de comprendre pourquoi l'armée romaine du Principat a atteint un niveau d'excellence sans exemple dans l'histoire.
    Avec ce nouvel ouvrage, Yann Le Bohec, le grand spécialiste de l'armée romaine, apporte une contribution précieuse et originale à l'histoire militaire.

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais c'est une Laïs qu'il me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de l'érotisme féminin dans l'Antiquité romaine.
    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion.
    La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. C'était aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) qu'il incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de l'Empire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ?
    Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À l'aide d'une documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • Depuis deux siècles, le mystère archéologique de la civilisation maya fascine. La découverte des palais de pierre, des temples et autres monuments dissimulés sous la végétation dense de la jungle, mais aussi l'astrologie, la cosmologie et le calendrier des Mayas ne cessent de captiver savants et amateurs. Arthur Demarest ressuscite ici cette civilisation perdue. Grâce aux acquis récents de l'archéologie, de la paléoécologie et de l'épigraphie, il met en lumière l'extraordinaire adaptation des Mayas à la forêt subtropicale humide, qui explique l'épanouissement de leur brillante civilisation dans un milieu à la fois hostile et fragile. En explorant les sociétés complexes des cités-états des Mayas et leur histoireversatile, l'auteur nous livre les clefs du prétendu« effondrement» maya.

  • Les Romains étaient-ils vraiment les bons vivants éclairés, libres dans leurs moeurs et dans leurs pensées, comme le laissent imaginer leurs statues, leurs poèmes érotiques et leur réputation de décadents ?

    Paul Veyne présente plutôt une société puritaine, dans laquelle on ne fait l'amour que la nuit sans allumer les lampes de peur de souiller le soleil, et qui semble avoir inventé le mariage chrétien avant les chrétiens ! Il n'en reste pas moins que les tabous existent pour être transgressés et que toutes les formes de perversion (sexuelles ou sociales), ainsi que la corruption politique, font partie intégrante de la vie des Romains dans l'Antiquité. C'est tout cela que nous pouvons découvrir à travers ce recueil de textes qui traitent entre autres de l'éloge de la virilité, de l'avortement, de l'homosexualité, des gladiateurs ou encore de la corruption...

  • Le livre qui contient les ultimes réflexions de la célèbre helléniste sur le thème qui lui tient à coeur : la grandeur de l'homme, ce qui fait les héros.

    À travers la lecture des grands écrivains grecs, Jacqueline de Romilly tente de nous faire mieux comprendre cette théorie de la grandeur de l'homme qui apparaît, pour la première fois peut-être, au V e siècle avant Jésus-Christ à Athènes. Pour la première fois, les dieux n'ont plus de têtes d'oiseaux ou d'animaux, ne sont plus des faucons, des béliers, des chiens ou des vaches, ni des êtres impossibles aux attributs terrifiants, comme en Asie, ni des divinités, aux milles bras, comme en Inde. Pour la première fois, ce sont tout simplement des humains.
    Mais cet essai ne conduit pas à un optimisme naïf.
    Les Grecs ne croient pas que tout va bien pour l'homme. La tragédie et l'histoire nous montrent au contraire qu'ils sont parfaitementconscients des défaites, des malheurs, des souffrances auxquellesl'humanité est exposée.
    « Le lumineux mérite de la pensée de la Grèce d'alors est d'avoir eu le désir passionné de dominer cette situation, et de se vouer à un idéal supérieur qui serait quelque chose de durable et de beau. Le sens de la grandeur humaine est un but, une conquête, un effort toujours renouvelé auquel un homme digne de ce nom doit consacrer toutes ses forces : là résident les chances de succès, comme on l'a vu à Athènes, à ce moment-là... »

  • La vie d'Agrippine n'aura été qu'une longue quête du pouvoir, une absolue absence de scrupules, une instrumentation du sexe. Avec Cléopâtre, et même plus qu'elle, elle est sans nul doute la figure féminine la plus tragique de l'Antiquité romaine.

    Soeur et amante de l'empereur Caligula, épouse, nièce et meurtrière de l'empereur Claude, mère de l'empereur Néron, elle a constamment comploté pour exercer le pouvoir réel. Pouvoir qu'elle a bel et bien exercé un temps en faisant assassiner tous ceux qui pouvaient se trouver sur sa route. Son fils devenu empereur, Agrippine cherche à conserver le pouvoir, notamment à travers de nombreux partisans dans l'armée ; se sentant menacé par son influence, cinq ans après être devenu empereur, Néron la fait assassiner.

  • L'armée romaine a été l'armée la plus efficace non seulement de l'Antiquité mais encore de toute l'histoire. En cinq siècles, elle a conquis un empire immense ; elle a su le garder pendant cinq autres siècles. Pourquoi et comment, les réponses se trouvent dans ce livre.

    Sait-on que Rome, qui a tant fait la guerre, ne rêvait que de paix ? Les Romains avaient mis en place de nombreux garde-fous religieux et juridiques pour éviter la confrontation armée. Mais, une fois engagée sur le chemin de la guerre, Rome ne concevait pas de s'arrêter sinon sur une victoire claire et nette.
    Sait-on aussi que les Romains ont inventé la logistique, le génie militaire, la médecine militaire et le « deuxième plus vieux métier du monde », le renseignement ?
    Ils ont pratiqué toutes les formes de combat, la bataille en rase campagne, le siège, et aussi la gesticulation, le combat en milieu urbain et en montagne, la bataille de nuit et la contre-guérilla (sur un modèle ressuscité vingt siècles plus tard par David Galula au cours de la guerre d'Algérie) ; et n'oublions pas le combat naval. Ils ont même inventé la guerre biologique et chimique. Et ils ont eu une stratégie ; une « petite stratégie », certes, mais une vraie stratégie.
    Et, fait étonnant, cette armée exemplaire a nourri en son sein des déserteurs et des traîtres !

  • Rose Mary Sheldon propose un retour dans la Rome antique où l'espionnage et le renseignement était déjà bien présents et démêle la réalité du fantasme.

    Les activités de renseignement font partie intégrante de l'art de gouverner et, sans elles, les Romains n'auraient pas pu édifier et protéger leur empire. Même s'il ne séparaient pas les différentes fonctions du renseignement entre activités civiles et militaires, il n'en demeure pas moins qu'une grande partie de leurs activités de renseignement ressemblaient aux nôtres et qu'il est possible d'utiliser le concept moderne de cycle du renseignement pour les décrire. L'éventail des activités concernées est assez large : collecte de renseignements, contre-espionnage, infiltration, opérations clandestines, utilisation de codes et de chiffres, et diverses techniques d'espionnage. Toutes ont laissé des traces littéraires, épigraphiques et archéologiques qu'il est possible de suivre en partie.
    Rose Mary Sheldon retrace le développement des méthodes de renseignement romaines des débuts de la République jusqu'au règne de Dioclétien (284-305 après J.-C.), d'une forme embryonnaire et souvent entachée d'amateurisme jusqu'au système très élaboré d'Auguste et de ses successeurs. L'ouvrage est rythmé tant par des chapitres consacrés à l'étude de certains des échecs romains que par l'examen des réseaux de communication, des signaux de transmission, des activités d'espionnage, des opérations militaires et de la politique frontalière.
    C'est pourquoi les questions plus larges soulevées dans ce livre sont d'une pertinence immédiate pour le présent :
    Bien que les méthodes de renseignement aient radicalement changé avec l'avènement de la technologie moderne, les principes restent étonnamment similaires. Les questions politiques essentielles portant sur la place des services de renseignement dans une démocratie et une république plongent leurs racines dans le monde gréco-romain.

  • Si le nom de Spartacus nous est familier peu de monde peut se vanter de connaitre la véritable histoire du gladiateur. Cette biographie retracele Spartacus historique.

    Spartacus est né d'une famille libre, au I er siècle avant J.-C. (vers 93), dans la province de Thrace, province de culture grecque conquise par Rome. Très jeune, victime d'une razzia, il fut vendu comme esclave. N'ayant pu faire valoir son statut d'homme libre auprès d'un tribunal romain, il devint gladiateur. Entre 73 et 71, l'esclave prit la tête d'une grande insurrection contre Rome. Comment ces hommes de toutes origines, souvent des esclaves fugitifs, sans moyens, sans formation militaire, sans armes, purent-ils défier l'armée romaine et vaincre des légionnaires rompus à tous les combats ?
    Rome mobilisa contre eux plusieurs armées, les meilleurs soldats de l'époque, et pourtant, au moins cinq légions, soit 25 000 hommes, furent anéanties... Rome prit peur et fit appel à l'illustre Crassus pour vaincre Spartacus. À l'aide des rares sources écrites, Yann Le Bohec tente de répondre à ces questions. Il reprend la chronologie des faits, reconstitue le parcours des insurgés, analyse la situationmilitaire de Rome, et nous donne une lecture inédite de l'« énigme » Spartacus.
    L'histoire d'un homme qui, d'une condition subalterne, s'est hissé à l'égal d'un authentique chef de guerre.

  • Le grand historien Guglielmo Ferrero livre la somme de toute une vie de réflexions et de recherches sur l'un des plus illustres sujets qui soit : l'Antiquité romaine, considérée de ses débuts jusqu'à la fin de l'empire d'Occident.
    Sur des questions majeures, comme les conséquences à long terme de la conquête de la Gaule, les facteurs de fragilité du pouvoir impérial, ou encore les causes profondes, autres que la seule force militaire, de la longue durée atteinte par l'Empire romain, les analyses de Ferrero gardent toute leur portée. Parce qu'il raconte, avec une sobre efficacité, la formation, l'épanouissement et le déclin de l'empire-monde qui fut celui de la Rome antique, ce livre donne l'accès à une histoire globale, bonne à penser en ce début du XXIe siècle où se déploie une autre mondialisation. Et c'est en cela que Guglielmo Ferrero reste notre contemporain. Un classique enfin réédité.

  • 18 juillet 64. Une chaleur de plomb écrase Rome. Au milieu de la nuit, un incendie se déclare dans le quartier du Grand Cirque. Poussé par un fort vent du Sud, le feu s'étend à la colline de l'Aventin jusqu'à atteindre les rues populaires du centre, dévorant tout sur son passage. Après six jours et sept nuits, l'incendie est enfin maîtrisé, mais le bilan est considérable : des milliers de morts, plus de 250 000 personnes sans logement, et une Rome en ruine ! Rapidement, les rumeurs enflent : certains accusent l'empereur Néron d'avoir lui-même provoqué la catastrophe, d'autres dénoncent les chrétiens, cette nouvelle secte religieuse qui conquiert chaque jour de nouveaux adeptes. La colère gronde dans la toute-puissante capitale de l'Empire romain.

    Catherine Salles est maître de conférences de civilisation et de littérature latines à l'université de Paris-10 (Nanterre). Elle est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'Antiquité et à la mythologie, dont La Rome des Flaviens(2008).

  • Arthur Demarest ramène à la vie cette civilisation perdue.
    Il en décrypte l'histoire complexe, la société brillante, la spiritualité omniprésente, et surtout la chute énigmatique. Et s'il n'y avait pas d'énigme, si la société maya fournissait elle-même la clé de son déclin, ou plutôt de sa transformation ? Les Etats mayas combinaient deux couches sociales : dans la forêt tropicale, une masse de paysans très productifs, remarquablement adapté à leur milieu ; dans les cités, une élite turbulente et dissipée, dominée par un roi sacré, chef religieux et militaire.
    Les élites mayas fondaient leur pouvoir sur l'éclat de leurs victoires, sur la richesse de leurs rituels, sur la beauté de leurs temples et de leurs palais. Ils réclamaient de leur peuple toujours plus de main d'oeuvre, toujours plus de grains. D'où des charges croissantes, et une surpopulation qui a fini par dégrader un milieu écologique fragile. De 750 à 1050, craignant l'insécurité, courbés sur un sol devenu infertile, les paysans ont émigré, tandis que les élites, incapables de répondre à la crise ou de se soutenir elles-mêmes, ont fini par abandonner les grandes cités.
    Les Mayas, sans disparaître, ont changé, adoptant un modèle social moins spectaculaire, mais plus efficace.

  • Décisive dans l'histoire de l'Empire romain, la bataille d'Actium scelle l'affrontement devenu inévitable entre Octavien, d'un côté, et Marc Antoine et Cléopâtre, de l'autre. Décisive parce que, lorsque la nuit tombe sur le golfe d'Ambracie, au nord-ouest de la Grèce, au soir du 2 septembre 31 avant Jésus-Christ, Octavien, vainqueur, demeure seul maître du monde romain. Devenu Auguste et premier empereur romain, il inaugure une nouvelle ère qui ne s'achèvera qu'à la chute de Rome au Ve siècle. Défait et lâché par ses alliés, Marc Antoine se donne la mort en août 30. Ce suicide est suivi quinze jours plus tard par celui, célèbre, de Cléopâtre.

    L'assassinat de Jules César en 44 avant J.-C. aboutit au partage de l'Empire : Marc Antoine règne sur l'Orient, en compagnie de Cléopâtre, tandis qu'Octavien gouverne l'Occident. Cela fait donc plus de dix ans que les deux protagonistes s'affrontent par partisans, campagnes de dénigrement et propagande interposés. La guerre est finalement déclarée, à la fin de l'été 32. Jusqu'au printemps 31, une « drôle de guerre » met aux prises les deux adversaires. Au matin du 2 septembre, au large d'Actium sur la mer Ionienne, après quatre jours de tempête, la bataille a bien lieu. Près de 800 navires et 80 000 hommes se font face. L'issue de cette bataille meurtrière était-elle inéluctable ? À quel moment la bataille fut-elle perdue pour Marc Antoine ? Quel aurait été l'Empire romain s'il l'avait emportée ? Quel fut le rôle de Cléopâtre ? C'est à ces questions, et à bien d'autres, que Pierre Cosme répond ici, brossant en creux l'histoire de cette décennie cruciale.

  • Le " bel Alcibiade " avait du charme et l'art de séduire. Issu d'une riche famille noble, il reçut une
    brillante éducation et se distingua par sa supériorité intellectuelle. Son tuteur, Périclès, était l'ami
    des grands sophistes et des hommes les plus illustres d'Athènes. Alcibiade a donc été très tôt
    imprégné de discussions politiques et de rhétorique. Ce nouveau Périclès en puissance reçut aussi
    l'influence de Socrate qui lui montra un grand attachement et essaya de modérer, sans succès, son
    insolence et son ambition.
    Jacqueline de Romilly retrace la jeunesse d'Alcibiade, marquée par une inquiétante désinvolture,
    des indélicatesses et des scandales. La carrière tumultueuse d'Alcibiade est ensuite
    minutieusement décrite par l'historienne, documents à l'appui, en particulier ceux de Thucydide.
    Alcibiade avait l'ambition et les capacités de prendre en charge le destin d'Athènes. Nommé
    stratège, il choisit la guerre contre Sparte pour s'imposer davantage, avec le grand dessein de
    conquérir la Sicile. Mais l'expédition à Syracuse tourne court, car, rattrapé par deux scandales, il
    est condamné à l'exil et à la mort par la démocratie athénienne. Alcibiade passe alors à l'ennemi et
    devient le grand homme de Sparte, il n'hésite pas à faire l'apologie de la trahison. Athènes est
    écrasée...
    La suite est une invraisemblable série de manipulations, d'intrigues et de retournements : Alcibiade
    devient l'ami du roi de Perse, puis est rappelé à Athènes où il veut imposer l'oligarchie, pour
    finalement accepter la démocratie. Mais son rôle de " sauveur de la patrie " ne dura que quelques
    mois et, vaincu par le spartiate Lysandre, il est définitivement exilé d'Athènes. Alcibiade, vaincu, se
    retira loin des siens en Phrygie où il fut assassiné par des hommes d'un satrape perse qu'il avait
    trahi. Mais il demeura longtemps dans la mémoire d'Athènes qui avait pour lui la passion d'un coeur
    partagé entre l'amour et la haine.
    Jacqueline de Romilly, dans un style élégant et limpide, et avec un souci constant d'objectivité,
    relate les péripéties de son héros ambitieux, séduisant et opportuniste et dénoue les intrigues et
    contre-intrigues stupéfiantes qui ont émaillé son bref parcours politique qui a causé la ruine
    d'Athènes. Elle met l'accent également à maintes reprises sur la fragilité de la démocratie : en
    Grèce comme de nos jours, les rivalités politiques, les scandales et les intrigues sont toujours
    menaçants; et il suffit d'un politicien ambitieux, démagogue et dénué de scrupule pour faire
    basculer le destin d'une nation dans le chaos.

  • Les mythes grecs et romains nourrissent notre imaginaire depuis trois millénaires.
    Après avoir constitué un passage obligé des humanités, ils parent toute bonne bibliothèque. Pourquoi aborder de nouveau les amours et les rivalités des Olympiens, l'enlèvement de Coré, les travaux d'Héraclès, le périple d'Énée ? D'abord parce que ces récits méritaient d'être inscrits clans leurs multiples contextes : la religion, l'art, le passage de témoin de la Grèce à Rome. Ensuite, parce que ces mythes révèlent le coeur même des civilisations antiques, un mode de croyance et de pensée qui nous influence encore.
    L'univers des dieux et des hommes, et les complexes rapports qui les liaient, resurgissent au fil de la lecture - la genèse de l'univers, l'apparition de l'humanité, le monde des dieux ouraniens ou d'En-Haut, celui des dieux chthoniens ou d'En-Bas, enfin la Terre, terrain d'action des héros, où l'on retrouve les grands thèmes qui toujours ont préoccupé les hommes : la médiation avec les dieux, la terreur de la nature, les déchirements de la famille, les affres de la guerre, l'appel de la nature, la loi de la cité, les métamorphoses de l'amour...
    Héraclès, Oedipe, Ulysse, Thésée, ces êtres exceptionnels, dotés de dons prodigieux et de protections divines, touchent à l'universel. Ils sont tout l'homme, et l'attrayant - ou effrayant - mensonge de leurs péripéties est une invitation à la pensée.

  • Agrippine la Jeune appartient à la lignée des femmes dangereuses, des empoisonneuses, des séductrices, entre Médée et Lady Macbeth. Son plus grand crime ? Avoir porté un monstre à la tête de Rome ! Car Agrippine la Jeune est la mère de Néron, le tyran qu'on accusa de tous les vices, le premier persécuteur des chrétiens. Pour déposer la couronne de lauriers sur la tête de son fils et gouverner Rome à ses côtés, Agrippine souilla ses mains du sang d'innocents, s'offrit à des hommes de toutes conditions pour mieux les manipuler. Hélas, Néron, une fois son pouvoir bien établi, assassina sa démiurge de mère. Mais l'historiographie est trompeuse. Derrière la criminelle sensuelle, derrière la mère indigne, se cache une femme résiliente et intelligente, une femme politique redoutable, déterminée et machiavélique. Le destin d'Agrippine est incroyable. D'illustre naissance, descendante à la fois d'Auguste, de Marc Antoine et de Jules César, elle révolutionna la fonction d'impératrice et prit part au gouvernement de Rome envers et contre tous en dépit de sa condition de femme. Et si c'était là sa plus grande transgression ?

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