Payot

  • En 1892, le Pera Palace à Istanbul fut le premier hôtel de luxe destiné aux voyageurs occidentaux montés à bord du mythique Orient-Express. Agatha Christie, John Dos Passos, Ernest Hemingway, Léon Trotski et Joseph Goebbels foulèrent ses sols rutilant de marbre. En plein quartier des ambassades, son hall grouillait de tant d'espions qu'un écriteau leur enjoignait de laisser les places assises aux véritables clients de l'hôtel... Ce dernier survécut même à l'explosion d'une bombe placée par les services secrets bulgares dans les bagages d'un diplomate britannique. C'est là, entre Orient et Occident, que s'écrivit l'Histoire. Plébiscité par la critique, ce livre a reçu le prix 2016 du livre de voyage urbain Le Figaro Magazine / The Peninsula.

  • Pour administrer les camps, les nazis employaient le moins de personnel allemand possible, pour compromettre les prisonniers qui accomplissaient ces fonctions en en retirant quelques menus privilèges. La "zone grise" de Primo Levi renvoie aux conditions de vie concrètes des détenus et à la domination totalitaire telle qu'elle se réalisait dans les camps, et est devenue un concept général pour décrire les logiques de pouvoir parmi les dominés.

  • Ce livre explique pourquoi les « Arabes » sont une obsession française. À la fois histoire coloniale et histoire de la sexualité, il montre que la révolution sexuelle des années 1960 et 1970 fut intimement liée à la guerre d'Algérie, à la décolonisation et à l'immigration. Après l'indépendance, loin d'être un tabou, la figure de l'« Arabe » irrigue tous les débats publics : discours de l'extrême droite, du mouvement homosexuel, du catholicisme social, débats sur la prostitution, « vogue » de la sodomie dans les années 1970, fantasme de la traite des Blanches, ou question du viol, centrale pour l'extrême gauche et chez les féministes.
    Revisitant ces vingt années si cruciales pour l'histoire de la France d'aujourd'hui, «Mâle décolonisation» est appelé à faire date.

  • En pleine Première Guerre mondiale, entre avril 1915 et juillet 1916, se déroula le premier génocide du XXe siècle : sur ordre du gouvernement nationaliste jeune-turc, près de 1,5 million d'Arméniens de l'Empire ottoman furent exterminés.
    Dès novembre 1915, dans cet ouvrage pionnier, l'historien anglais Arnold J. Toynbee, l'une des grandes figures intellectuelles et humanistes du siècle passé, décryptait de façon synthétique les causes et les mécanismes du "meurtre d'une nation". "Les déportations furent délibérément conduites avec une brutalité calculée pour provoquer un maximum de victimes en route, écrira-t-il en 1967 dans ses Mémoires. Là est le crime. Et l'étude que j'y consacrai laissa dans mon esprit une impression qui ne fut pas effacée par le génocide commis avec encore plus de sang-froid, et sur une plus grande échelle, pendant la Seconde Guerre mondiale par les Nazis."

  • 1940 : tétanisés par la défaite et l'Occupation, les Français commencent à manquer de tout. Des marchandises aussi usuelles que le fil disparaissent, et acheter un vêtement devient vite illusoire. Les femmes rivalisent d'ingéniosité et tirent parti de tout ce qui est récupérable. La haute couture, quant à elle, se maintient et se montre brillante, tandis que de nouvelles venues fréquentent ses collections : épouses de dignitaires allemands, femmes de collaborateurs et de profiteurs du marché noir. Coninuant d'éclairer certaines attitudes compromettantes, Dominique Veillon tire parti pour cette édition de poche des archives récemment ouvertes (par exemple celles de la préfecture de police) concernant les maisons de couture et s'appuie sur les travaux les plus neufs sur le sort des Juifs, qui étaient nombreux dans les petits ateliers de confection ou dans le secteur du cuir ou de la fourrure.

  • Une semaine qui changera le monde. Février 1917 : Lénine vit en Suisse, exilé ; Pétrograd s'enflamme. Persuadé de passer à côté de son destin, il cherche par tous les moyens à regagner la Russie. Les Allemands, qui veulent soulager le front de l'Est, ont l'idée de faciliter son retour. Le trajet de Lénine, sa femme Nadia et une trentaine de fidèles, 3 200 kilomètres à travers l'Allemagne, la Suède et la Finlande, durera huit jours. Huit jours intenses, sans se laver, presque sans manger ni dormir, dans un wagon décrété zone extraterritoriale. Le 9 avril 1917, lundi de Pâques, à minuit, juché sur une voiture, Lénine prononce fiévreusement ses premiers discours : le monde ne sera plus jamais le même... Refaisant le trajet de Lénine, Catherine Merridale nous fait revivre ce voyage fascinant où s'entremêlent espionage, intrigues diplomatiques, histoire militaire et idéologique en ce moment charnière de l'Histoire.

  • « Cette nuit-là, nous avons reconnu la terre de France à son odeur ».

    Été 1944 : Pierre Bourdan débarque en Normandie comme correspondant de guerre auprès de la 2e DB du général Leclerc. Avec justesse et force, il dit l'émotion du retour d'exil combattant, raconte Leclerc et ses hommes au milieu des armées alliées, évoque l'« absolue magie » de Paris libérée, puis l'accomplissement, à Strasbourg, du célèbre serment de Koufra. Son récit, publié en 1945, est un document exceptionnel et un magnifique hymne à la liberté.

  • Entre 1942 et 1945, environ 17000 femmes et enfants auraient été victimes de viols commis par des soldats américains en Angleterre, en France et en Allemagne... Ces agressions furent plus violentes et féroces en France qu'en Angleterre, et plus encore en Allemagne. A partir d'archives inédites des tribunaux militaires américains, de témoignages, d'expertises, d'interrogatoires, ce livre accablant éclaire d'un jour nouveau la violence sexuelle en temps de guerre. Sans voyeurisme, mais avec des mots crus et précis, il dit la guerre, la peur, la souffrance et l'humiliation, et rompt définitivement avec l'imaginaire du repos du guerrier.

  • Août 1940 : l'original du Traité de Versailles est saisi par les Allemands et envoyé à Berlin ; on ne le reverra plus. Comme cette source clé de l'histoire européenne, des millions de documents publics ou privés, archives ministérielles, d'institutions juives ou de la franc-maçonnerie, correspondances, livres, photographies, appartenant à des hommes célèbres ou à des anonymes, vont connaître, dès la défaite, une étrange odyssée, parcourant des milliers de kilomètres de Paris à Berlin, puis, les Soviétiques ayant pris la capitale du Reich, de Berlin à Moscou, et enfin, quand ils ne furent pas perdus, volés ou brûlés, mais restitués, de Moscou à Paris. Quel est le sens de ce " mémoricide ", tant pour les spoliateurs que pour les spoliés ? Et pourquoi, malgré les enquêtes menées à la Libération, le silence est-il retombé sur ces disparitions pendant plus de cinquante ans ?

  • Tous les Français connaissent Winston Churchill (1874-1965) comme Premier ministre de Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale, mais bien peu savent qu'il le redevint dans leannées 1950 et qu'il eutune carrière politique aussi longue qu'agitée. Tout le monde sait qu'il avait un humour à toute épreuve, mais on a oublié qu'il reçut le prix Nobel de littérature en 1953 et qu'il adorait peindre.
    Pour découvrir ou redécouvrir un personnage aussi colossal, rien de tel que ce petit recueil de réflexions et confidences humoristiques, avec pour thèmes principaux sa passion pour la politique, bien sûr, mais encore son amour des mots et des animaux, son sacré caractère et ses relations avec les femmes, ses verdicts sur les nations étrangères et les soi-disant amis, et puis aussi l'alcool, sans lequel Winston ne serait pas

  • Juillet 1944. Alors que la libération de l'Europe est en route, la dernière grande communauté juive, celle de Hongrie, encore intacte, s'apprête à être exterminée depuis que, quatre mois plus tôt, Eichmann et ses hommes se sont installés à Budapest. Raoul Wallenberg arrive alors de Suède pour tenter de sauver les Juifs. Pendant six mois, à force de négocier avec Eichmann, il permet à près de 100 000 d'entre eux d'échapper à la mort. Mais en janvier 1945, l'Armée rouge entre à Budapest ; Wallenberg est arrêté comme espion, puis il disparaît.
    Juste parmi les nations depuis 1963, deuxième (après Churchill) des sept citoyens d'honneur des États-Unis, Wallenberg est célèbre dans le monde entier, mais reste méconnu en France. Ce livre collectif éclaire sa personnalité, son action et son destin. Qui était-il ? Comme expliquer son arrestation et sa disparition dans l'Union soviétique de Staline ? Que sait-on aujourd'hui de son sort ?

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