Littérature traduite

  • L'homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu'il s'est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau.

    Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d'hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
    Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ?
    Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l'homme ? À dépendre de l'argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

    Véritable phénomène d'édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur.
    Professeur d'Histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l'Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l'humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage. et notre futur.

    « Sapiens s'est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu'il aborde les plus grandes questions de l'histoire moderne dans une langue limpide et précise.» Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d'Effondrement.

  • Les mots « terre d'Israël » renferment une part de mystère. Par quelle alchimie la Terre sainte de la Bible a-t-elle pu devenir le territoire d'une patrie moderne, dotée d'institutions politiques, de citoyens, de frontières et d'une armée pour les défendre ?
    Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand a, à grand bruit, dénoncé le mythe de l'existence éternelle du peuple juif. Il poursuit ici son oeuvre de déconstruction des légendes qui étouffent l'État d'Israël et s'intéresse au territoire mystérieux et sacré que celui-ci prétend occuper : la « terre promise », sur laquelle le « peuple élu » aurait un droit de propriété inaliénable.
    Quel lien existe-t-il, depuis les origines du judaïsme, entre les juifs et la « terre d'Israël » ? Le concept de patrie se trouve-t-il déjà dans la Bible et le Talmud ? Les adeptes de la religion de Moïse ont-ils toujours aspiré à émigrer au Moyen-Orient ? Comment expliquer que leurs descendants, en majorité, ne souhaitent pas y vivre aujourd'hui ? Et qu'en est-il des habitants non juifs de cette terre : ont-ils - ou non - le droit d'y vivre ?

  • L'Europe barbare

    Keith Lowe

    La Seconde Guerre mondiale a beau s'être officiellement achevée en mai 1945, d'un bout à l'autre de l'Europe, l'écho de ce cataclysme perdura des années. Par le traitement inédit d'un sujet longtemps tabou, Keith Lowe décrit un continent secoué jusqu'en 1950 par la violence, où de vastes segments de la population répugnaient encore à accepter que la guerre soit finie. Il met l'accent sur la naissance de nouvelles fractures et le désir insatiable de vengeance qui furent l'héritage de ce conflit, avant d'expliquer l'instauration chaotique d'un nouvel ordre mondial.

  • Parue en 1974 aux États-Unis, l'Histoire de la Russie des tsars est d'abord une formidable introduction à l'histoire et à la civilisation russes, écrite de main de maître par un historien connu pour sa prose limpide et son sens du récit. Ses développements sur le poids de l'État, l'apathie de la bourgeoisie, la sujétion de la paysannerie et la radicalisation de l'intelligentsia au XIXe siècle, entre autres, sont de tout premier ordre.
    C'est ensuite un livre à thèse passionnant qui rappelle utilement que le coup d'État bolchevique de 1917 et le régime totalitaire qui en est issu n'ont jamais fait « table rase » du passé, mais au contraire, ont bénéficié d'un terreau idéal - celui de l'autocratie tsariste que Pipes raconte et dissèque dans la lignée de L'Empire des tsars et les Russes de Leroy-Beaulieu et de La Russie en 1839 de Custine. Cette première édition en français, enrichie d'une préface inédite de l'auteur, constitue donc un événement.

  • L'oeuvre maîtresse de l'historien du XIVe siècle, précurseur de la sociologie et de la philosophie de l'histoire.
    «Nous tenons avec ce génie le créateur de la philosophie de l'histoire en langue arabe.» Gaston Wiet.

  • La première traduction française du chef-d'oeuvre d'Aloïs Riegl, Le Culte moderne des monuments, fut publiée aux Éditions du Seuil il y a 29 ans. La distinction que l'historien avait, le premier, établie entre le monument, artefact à vocation d'universel culturel, et le concept de monument historique, dont la qualification est propre à la culture occidentale, anticipait d'un demisiècle le diagnostic de Claude Lévi-Strauss sur l'impossibilité d'une culture mondiale (« Il n'y a pas et il ne peut y avoir de culture mondiale », Race et Histoire).
    Du même coup, cette distinction venait invalider l'élimination des deux termes de monument et de monument historique, au profit du terme « patrimoine », cautionné et repris par l'Unesco (Convention du patrimoine mondial, 1972) à la suite d'André Malraux, pour aboutir à la muséification et à la marchandisation corrélative du dit patrimoine.
    Depuis lors, l'intensification du processus de mondialisation sous l'impact des techniques informatiques n'a fait que s'accélérer et donne au cri d'alarme de Riegl une profondeur et une actualité accrues.

  • Éternelle, sainte, impériale, maritime, capitale, provinciale, vieille, moderne, assiégée, ouverte, nouvelle, coloniale, industrielle, fortifiée, touristique... Le visage de la ville s'est décliné sous de multiples facettes depuis l'apparition de celle-ci en Mésopotamie et dans la vallée de l'Indus voici environ 10 000 ans.
    La moitié de l'humanité vit aujourd'hui dans des agglomérations urbaines, mais Rome ne s'est pas faite en un jour pour autant. L'appréhension du milieu citadin fut progressive et plurielle. Les quelque 200 cartes, les plus belles et significatives de la collection exceptionnelle de la Royal Geographical Society, nous montrent comment l'Homme a imaginé, puis représenté la ville, de mieux en mieux.

    Des tablettes en terre cuite des Babyloniens aux plans très précis du milieu du XXe siècle, en passant par les peintures et les enluminures médiévales, ces différentes représentations - cartes à l'échelle, panoramas, perspectives à vue d'oeil d'oiseau, etc. - répondent à toutes sortes d'objectifs.

    Si les plans et les cartes sont précis ou fantaisistes, pratiques ou divertissants, ce livre nous entraîne dans des cités, des bourgs et des métropoles du monde entier et de toutes les époques, avec des focus sur des villes aussi diverses que Jérusalem, Istanbul, Jakarta, Édimbourg ou New York. Autant de fenêtres sur la ville et sur le monde constituant des sources d'informations variées et des témoignages inestimables d'un point de vue historique et culturel.

  • L'heure qu'il est constitue le premier essai d'une histoire générale de la mesure du temps et de son influence décisive sur la formation de la civilisation moderne. Histoire culturelle tout d'abord : pourquoi l'horloge mécanique a-t-elle été inventée en Europe et pas en Chine ? Histoire des sciences et des techniques ensuite : comment est-on passé des garde-temps primitifs aux chronomètres de haute précision ? Puis histoire économique et sociale : qui a fait ces instruments ? Comment ? Qui s'en est servi et pourquoi ?
    Vaste enquête qui mobilise les domaines les plus variés : religion et folklore, mathématiques et mécanique, astronomie et navigation, agriculture et industrie. Vaste odyssée, qui entraîne le lecteur des cours du Grand Khan à celles du Saint Empire germanique, des observatoires prétélescopiques de la Renaissance aux sociétés savantes de l'Ancien Régime. Vaste aventure, qui passe des routes interminables et mortelles des galions de Manille aux combats chronométriques aussi farouches que silencieux des observatoires de Kew, de Genève ou de Neuchâtel. Quel chemin, de l'atelier encombré de l'artisan du Jura suisse aux usines aux mille fenêtres du Massachussetts ou de l'Illinois et aux sweatshops horlogers de l'Asie du Sud-Est !
    On comprend l'ivresse intellectuelle de l'auteur, David Landes : « Tomber sur un aspect majeur du développement de la société, de l'économie et de la civilisation modernes et constater que, pour l'essentiel, la carte du pays 'a pas été faite, c'est un coup de veine assez rare... »

  • EXTRÉMISME RELIGIEUX ET DICTATURE sont les deux faces d'un même malheur historique. Voici plus de trente ans que les Égyptiens - et avec eux tous les peuples arabes - sont acculés face à ce dilemme : impossible sans démocratie d'en finir avec le fascisme religieux, impossible de bâtir la démocratie sans mettre fin au fascisme religieux. Entre ces maux d'égale nocivité il n'y a pas à choisir : il faut les combattre tous deux avec une même ardeur. C'est sur cette difficile ligne de crête que les Arabes doivent se maintenir s'ils souhaitent redevenir pleinement sujets de leur propre histoire. Cette problématique qui sous-tend toute l'oeuvre littéraire d'Alaa El Aswany est également le thème central de la chronique hebdomadaire par laquelle, depuis cinq ans, il poursuit au grand jour son double combat pour la liberté.
    Tant que les femmes ne seront pas considérées comme des êtres humains à part entière, tant que les coptes et les bahaïs d'Égypte, tant que les chiites de Bahrein et d'Arabie Saoudite ne seront pas totalement égaux en droits avec les autres citoyens, les peuples arabes ne pourront pas secouer les chaînes de leur servitude. Liberté, égalité, justice, démocratie : pendant cinq ans - avant la révolution de 2011, puis tout au long des péripéties qui ont suivi -, l'auteur de L'Immeuble Yacoubian a martelé ces mots pour mieux les faire pénétrer dans la conscience de ses concitoyens.
    Ces valeurs sont-elles incompatibles avec l'islam ? Non, nous dit-il, mais elles le sont avec ce que l'islam est devenu, au terme de siècles de décadence et de tyrannie, dans sa version la plus caricaturale, celle d'un salafisme sclérosé aux références médiévales propagé grâce à l'argent du pétrole sur le terrain propice de sociétés en crise. Au coeur de la religion se trouvent des valeurs spirituelles - ou humaines - universelles. Tout le reste - les rites, la charia - est une construction opportuniste au service d'une volonté de pouvoir, un moyen d'asservir les hommes et de les aveugler.


    GILLES GAUTHIER

  • Au cours des cent soixante-trois années qui suivirent la publication du Capital de Karl Marx, la doctrine qui porte son nom fut adoptée par des millions de personnes, partout dans le monde, et ce au nom de l'égalité, pour finir, tout aussi spectaculairement, par tomber en disgrâce auprès du monde occidental avec le retrait du communisme à la fin du siècle dernier. Mais alors que le libre marché dérégulé, sans frein, atteint aujourd'hui ses limites extrêmes, alors que se font pleinement ressentir les répercussions catastrophiques, notamment pour l'environnement, d'un abandon de toute régulation, un réexamen de l'ennemi le plus vigoureux et le plus éloquent du capitalisme n'a jamais été plus opportun.
    Eric Hobsbawm propose dans ce recueil de textes (écrits tout au long de sa longue carrière d'historien) un portrait intellectuel de Marx, ainsi qu'un panorama fascinant, subtil et perspicace du marxisme et de sa réception. Il se penche ici sur ses influences si diverses, de Machiavel au mouvement Quaker, sur ses origines, de la Révolution française à la philosophie allemande. Il examine avec probité et présente à son lecteur avec pédagogie les textes-clé, les "classiques" de Marx et Engels, du Manifeste communiste aux Grundrisse. Ce faisant, il nous fait prendre conscience du rôle crucial qui fut celui de Friedrich Engels, mais aussi, concernant le siècle suivant, de l'importance de l'oeuvre d'un autre grand intellectuel, Antonio Gramsci, nous faisant notamment (re-)découvrir ainsi les extraordinaires Cahiers de prison. Les textes ici regroupés constituent une excellente analyse de la réception sur cent soixante-dix ans de ce corpus de pensée qui, nous rappelle l'auteur, relève bien plus du work in progress que du bloc monolithique. Eric Hobsbawm analyse enfin le spectaculaire revers de fortune subi par le marxisme au cours des trente dernières années.
    Brillant, incisif, énergique, ambitieux par l'étendue des sujets qu'il embrasse, mais toujours nuancé, d'une grande perspicacité, Et le monde changea convainc sans peine son lecteur que Karl Marx est un penseur aussi précieux pour le XXIe siècle qu'il put l'être pour les deux siècles précédents.

  • En 1798, le Directoire envoie en Égypte une armée d'Orient, placée sous le commandement de l'encombrant général Bonaparte. Il s'agit de fermer aux Anglais la route des Indes.
    L'opération militaire se veut aussi scientifique. Alternant brutalité, cynisme et politique des Lumières, Napoléon quitte l'Orient à temps pour éviter l'échec. Il laisse derrière lui ceux qui l'assistèrent dans le projet d'une Égypte nouvelle : fonctionnaires, soldats, commerçants... Plusieurs centaines d'entre eux le rejoindront en 1801 avec femmes et enfants. On les installe à Marseille. Ils y intègrent une petite communauté arabophone venue de Syrie ou d'Afrique du Nord.
    Mamelouks, marchands, intellectuels, domestiques- les réfugiés d'Égypte sont de toutes nationalités et confessions, souvent issus des minorités de l'Empire Ottoman mais tous familiers de l'islam politique même s'ils ne sont pas musulmans. Non sans drames et violences se constitue une « France arabe » - c'est-à-dire marquée par la culture arabe - dont l'élite intellectuelle se mêle à celle de l'Empire et de la Restauration, jusqu'à ce que la conquête de l'Algérie redistribue les cartes.
    Fondé sur un remarquable travail riche de documents inédits, Ian Coller fait revivre ce choc des cultures, où les incompréhensions et la fascination s'entremêlent. Entre Marseille et Paris voici l'étonnante aventure de personnages hauts en couleurs qui, par-delà l'orientalisme, font vivre à la France une première expérience de la diversité.

  • Ce fut la bataille la plus longue de la Grande Guerre et l'une des plus meurtrières. À Verdun, à la faveur d'un déluge d'obus et de gaz, l'armée allemande investit le nord et l'est de la ville. Dix mois plus tard, le carnage durait toujours. Verdun sera célébré comme le symbole même de la ténacité de toute une nation. Mais la place emblématique qu'elle occupera dans la mémoire nationale recouvre des interrogations et des incertitudes longtemps occultées. Pourquoi ce lieu d'une importance stratégique douteuse et cette bataille à l'issue moins décisive que d'autres ont-ils acquis un statut mémoriel sans pareil? Comment Verdun a-t-elle «fait la France»? Pour répondre à des questions primordiales, Paul Jankowski reconstitue l'événement dans la longue durée jusqu'à nos jours. Il éclaircit le mystère, toujours débattu, des motifs qui avaient poussé les Allemands à attaquer Verdun. Il analyse la logique infernale qui allait conduire les deux belligérants à perpétuer une bataille aussi meurtrière qu'elle restait indécidable. Il sonde, auprès des poilus comme des feldgrauen, les conduites héroïques, les souffrances indicibles, les opinions, les haines, les révoltes... Il explore, enfin, les inscriptions culturelles de Verdun des deux côtés du Rhin.

  • Les femmes ont eu un rôle fondamental dans la Commune de Paris : en retraçant l'histoire de trois cheffes de file du Paris révolutionnaire, Carolyn J. Eichner démontre l'influence des féminismes sur les événements sociaux et politiques de cette époque. Elle met en évidence l'ampleur, la profondeur et les effets des socialismes féministes communards bien au-delà de l'insurrection de 1871.

    Du début des années 1860 à la fin du XIXe siècle, ces femmes radicales développèrent une critique du genre, de la classe sociale et des hiérarchies religieuses. Ces idéologies ont émergé en une pluralité de socialismes féministes au sein de la révolution, qui ont influencé les relations de genre et de classe à la fin du XIXe siècle. L'auteure se concentre sur trois femmes, qui ont mené les insurgés sur les barricades et qui illustrent la multiplicité des socialismes féministes, à la fois concurrents et complémentaires : André Léo, Élisabeth Dmitrieff et Paule Mink. Léo théorisait et enseignait par le biais du journalisme et de la fiction, Dmitrieff oeuvrait à l'organisation du pouvoir institutionnel pour les femmes de la classe ouvrière, et Mink haranguait les foules pour fonder un monde socialiste égalitaire. Chacune de ces femmes a tracé son propre chemin vers l'égalité des sexes et la justice sociale, chemins qu'emprunte cet ouvrage pour éclairer la vie et les stratégies plurielles de ces trois cheffes révolutionnaires et leur le rôle dans la Commune de Paris.

  • Des années 1930 à sa mort en 1953, Joseph Staline a fait exécuter plus d'un million de Soviétiques. Des millions d'autres ont été victimes de travail forcé, de déportation, de famine, de détention et d'interrogatoires. Dans cet ouvrage, Norman M. Naimark relate cette tragique histoire et enquête sur la nature exacte de ces crimes : il conteste la notion largement répandue selon laquelle les crimes de Staline ne constitueraient pas un génocide - notion que les Nations Unies définissent comme le meurtre prémédité et organisé d'un groupe de personnes en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité ou de leur ethnie.
    Norman M. Naimark explique comment Staline est devenu un tueur en série, au regard des épisodes de destruction systématique de son peuple : la répression des koulaks, la famine ukrainienne, la purge des nationalités et la Grande Terreur - tout en les comparant aux autres génocides de l'histoire. Le livre met en avant l'argument important selon lequel les massacres perpétrés dès les années 1930 seraient en effet des actes de génocide, le dictateur en étant lui-même à l'origine. En outre, Naimark rapproche les crimes de Staline de ceux du plus célèbre génocidaire de l'histoire, Adolf Hitler.

  • Il y a vingt-cinq ans, la frontière interallemande, longue de 1 400 km, s'est ouverte : le rideau de fer côté allemand disparaissait. Dans un reportage saisissant, Marie-Luise Scherer (auteur de L'Accordéoniste, Actes Sud, 2010), raconte les chiens qui l'ont gardé pendant quatre décennies : les trafics en tout genre pour les acquérir et les former ; leur souffrance extrême qui reflétait la brutalité avec laquelle ils ont été traités ; leurs maîtres et ce qu'ils sont devenus après 1989... Grand classique du genre en Allemagne, ce reportage brillant rend palpable la folie dans laquelle l'État est-allemand s'était enfermé. Présenté par Paul Nizon.

  • Anatomie de la bataille

    John Keegan

    • Perrin
    • 19 Septembre 2013

    Loin, comme ses prédécesseurs, de décrire la bataille telle qu'elle est jugée d'en haut, à la manière de l'étatmajor, John Keegan la restitue par le bas, telle qu'elle est vécue par les soldats. Cette nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà des récits factuels, révèle toute la dimension humaine du combat. Pour illustrer son propos, Keegan raconte et décortique trois batailles charnières : Azincourt (1415), Waterloo (1815) et La Somme (1916).
    Un livre fondateur devenu un classique servi par une nouvelle traduction.

    Sir John Keegan (1934-2012) est certainement l'historien militaire contemporain le plus célèbre. Il a enseigné pendant vingt-six ans à l'Académie royale militaire de Sandhurst, ainsi qu'a Cambridge et Princeton. Parmi ses ouvrages majeurs, citons Histoire de la guerre, L'Art du commandement, La Guerre de Sécession, La Première Guerre mondiale et La Seconde Guerre mondiale.

  • Revealing insight to a little-known chapter of Jewish life in Provence from the 6th century B.C. to over five centuries' protection by popes.

  • Entre 1450 et 1750, à travers toute l'Europe, plus de 100 000 personnes, pour la plupart des femmes, furent persécutées par des tribunaux séculiers et ecclésiastiques pour crime de sorcellerie et culte rendu au diable.
    Pourquoi ces procès ? Pourquoi se multiplient-ils soudain à cette période de l'histoire européenne, pour atteindre leur apogée au début du XVIIeme siècle ?
    Pourquoi la chasse aux sorcières a-t-elle été plus virulente dans certains pays que dans d'autres ? Qui furent les accusés et qui furent leurs juges ? Et pourquoi ces procès disparaissent-ils au terme de deux siècles de persécutions ? T elles sont les questions explorées par Brian P. Levack dans cet essai synthétique et pédagogique qui permet de dépasser les explications univoques au phénomène.

  • Dans ce livre virtuose et lumineux, Jan Assmann explore le concept de religio duplex, « religion double », dont il fait un concept opératoire fondamental dans l'histoire des religions. Le concept de religio duplex est élaboré à l'époque des Lumières. Au départ, il sert à désigner la coexistence dans l'Égypte ancienne d'une religion exotérique, polythéiste, pratiquée par tous, et d'une religion ésotérique, monothéiste, réservée aux seuls initiés.
    Les sociétés secrètes de l'Europe des Lumières, notamment la franc-maçonnerie, s'inspirent de cette religion ésotérique égyptienne. Dans les dernières décennies du XVIIIe siècle, la religio duplex reçoit une interprétation radicalement nouvelle : la distinction n'est plus entre religion exotérique et religion ésotérique, mais entre religion particulière et religion universelle. Tout être humain possède deux religions ; comme juif, musulman ou chrétien, une religion particulière, révélée dans une Écriture Sainte, et comme être humain, une religion universelle, révélée dans la nature et la simple raison.
    En ce sens, la religio duplex permet de penser notre époque où les cultures, et donc les religions de la terre se sont rapprochées d'une façon qui ne permet à aucune d'entre elles de se comprendre comme la seule en possession de vérités absolues et universelles. Dans notre monde globalisé, la religion n'a de place que comme une religion à deux niveaux, où chaque religion particulière s'articule à un universel ; pour Assmann, la version moderne de cette religion universelle chère aux philosophes des Lumières s'incarne dans les « droits de l'homme ».

  • Comment l'Occident est-il parvenu à dominer un jour le monde ? Pourquoi n'en a-t-il pas été autrement ? Ian Morris, professeur d'histoire ancienne à l'université de Stanford, fait ici se croiser la géographie, la sociologie et la biologie pour jeter un regard transversal sur l'histoire. En remontant la piste de l'homme de Neandertal, puis en démêlant les événements qui ont lié l'Occident et l'Orient, il émet l'hypothèse que notre supposée grandeur serait moins le fait d'une puissance occidentale que d'un déclin de l'Orient. Il met aussi en lumière tout un pan de l'histoire des civilisations orientales que nous connaissons mal pour nous apporter des éclairages nouveaux : " Je fus étonné de découvrir combien les parallèles étaient frappants entre l'expérience occidentale prétendue unique et l'histoire d'autres régions du monde, en particulier des grandes civilisations de la Chine, de l'Inde et de l'Iran. " Ian Morris nous offre ici une réflexion incontournable sur le passé de notre civilisation et lance des pistes sur ce qui arrivera sans doute demain.

  • Auréolée de légende, la bibliothèque d'Alexandrie a réussi à incarner le mythe surréel qui voulait rassembler en un lieu clos les livres du monde entier.
    Ce fragile monument de la pensée humaine prétendait en symboliser l'immortalité, pourtant ses livres furent consumés par les flammes.
    Avec brio, Luciano Canfora retrace l'histoire de cette célèbre bibliothèque : l'incroyable cachette des textes d'Aristote, la traduction en grec des textes hébreux, la rivalité avec la bibliothèque de Pergame, le papyrus et le parchemin, Cléopâtre, qui pourrait bien être à l'origine du premier incendie... jusqu'au moment où nous finissons par découvrir qui l'a vraiment brûlée et pourquoi.
    Une lumière inattendue émane de ce passé lointain: Il était une fois à Alexandrie une bibliothèque pharaonienne célèbre dans le monde entier...

  • Ce livre raconte, dans un style extrêmement vivant, la formidable histoire - haute en couleurs et encore mal connue - de ces Juifs séfarades partis au XVIe siècle à la conquête du Nouveau Monde après l'expulsion d'Espagne.
    Un récit qui se lit comme un roman d'aventures, qui nous mène d'Espagne à New York et d'Amsterdam au Brésil et à Mexico.
    L'aventure débute avec Christophe Colomb au XVe siècle, à l'âge des Grandes découvertes. De nombreux Juifs de la péninsule ibérique - massacrés, expulsés ou contraints d'abjurer leur foi -, ont l'idée de s'embarquer clandestinement avec les explorateurs et de se mêler aux conquistadors. L'accès au Nouveau Monde leur étant globalement interdit du fait de leur religion, ces marranes se feront passés pour des «nouveaux-chrétiens» du Portugal (par opposition aux «vieux-chrétiens» ou chrétiens de souche).
    Leurs fabuleuses aventures sont relatées avec leur lot d'intrigues, de drames, de rebondissements, de défaites et de victoires sur les Inquisiteurs encapuchonnés de la Sainte Terreur.
    La narration est également traversée par la rocambolesque entreprise de trois Juifs hollandais et de leurs enfants - tous des pirates notoires ! - partis à la recherche du trésor de Christophe Colomb dans les montagnes de Jamaïque. On prétend que leur quête aurait échoué. Mais pour avoir découvert aux archives l'existence de documents inédits, l'auteur, Edward Kritzler, a cependant de bonnes raisons de croire le contraire.

  • Si la Ville lumière accueille chaque année des millions de touristes, l'histoire de la création des monuments, des musées est souvent méconnue des visiteurs, voire des Parisiens eux-mêmes.
    Se laissant inspirer par sa curiosité naturelle et à son goût de l'insolite, Corrado Augias nous livre des récits érudits et passionnants sur l'art et l'histoire de cette ville qu'il considère comme sa deuxième patrie. Il nous emmène hors des sentiers battus et nous raconte les histoires oubliées des quartiers, des artistes, des monuments, des hommes d'influence qui ont fait de Paris un lieu fascinant aux yeux de tous.
    Qui a eu l'idée grandiose de rassembler des collections d'art du monde entier et de créer le musée du Louvre ? Quel est le parcours incroyable du célèbre tableau de Gustave Courbet L'Origine du monde ? Savez-vous que l'Arc de triomphe est inachevé ? Quel assassinat mystérieux a eu lieu au château de Vincennes ? Comment Modigliani et Kiki de Montparnasse ont-ils laissé leur empreinte sur un quartier de la ville ? Qui connaît le cimetière révolutionnaire de la rue de Picpus ?

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