Brepols

  • Pour faciliter l'accès aux textes du moyen âge latin, ce manuel propose plus de cent textes, choisis dans les domaines les plus divers de la production écrite, de l'administration à la littérature, de la cuisine à la philosophie, de l'histoire à la fiction, illustrant ainsi les différents styles et les aspects mutiples de la culture médiévale, conçue largement, du IVe au XVe siècle.
    Appuyé sur une introduction historique et linguistique, ce vaste éventail de textes permet de présenter la plupart des particularités de grammaire et de vocabulaire qui distinguent le latin médiéval du latin classique qu'il prolonge.

  • La chronique de l'auteur connu sous le nom de Frédégaire est une source essentielle pour la connaissance des règnes mérovingiens.
    Le chroniqueur a pourtant été longtemps méprisé : sa langue était considérée comme barbare, et ses qualités d'historien étaient niées. Les recherches récentes ayant renouvelé l'étude de cette période, on a voulu tirer de l'oubli un auteur trop longtemps mal compris. Le lecteur trouvera donc ici, accompagnée du texte latin (selon l'édition de J.-M. Wallace-Hadrill) et d'une abondante annotation, la traduction de la partie originale de la chronique et de ses continuations carolingiennes, qui poursuivent le récit jusqu'en 768.
    Une introduction substantielle défend l'hypothèse d'un chroniqueur unique écrivant vers 660, situe la chronique dans son contexte historique et l'appréhende à la fois comme une oeuvre d'histoire et de littérature. Une étude spéciale est consacrée à la langue de l'auteur, témoin des mutations que connaît le latin au milieu du VIIe siècle.

  • En 1145, les états latins d'Orient fondés par la croisade viennent d'être éprouvés par la perte d'Edesse quand ils apprennent, de source vraisemblablement chrétienne la victoire remportée par un roi chrétien, le Prêtre Jean, sur un sultan musulman d'Asie centrale.
    Moins de quatre-vingts ans plus tard, c'est également un texte émanant des chrétiens orientaux qui leur annonce l'arrivée des Mongols, présentés à nouveau comme les sujets d'un roi chrétien, David, animé du désir de leur porter secours. Lorsque la présence mongole se précise aux confins de la Perse et de l'Arménie, s'ouvre une période où l'on recherche informations et contacts; les ambassadeurs envoyés par le pape Innocent IV rapportent des données sur les envahisseurs et le monde où ils se situent: orales chez André de Longjumeau, elles prennent chez Simon de Saint-Quentin la forme d'une "Histoire des Tartares" beaucoup plus complète, qui a trouvé place dans l'encyclopédie de Vincent de Beauvais à côté d'une lettre écrite de Samarkand par le connétable arménien Smbat.
    Les Mongols écrivent à Saint Louis au moment de sa croisade: ce sont leur conseiller, le moine Siméon, le gouverneur de Perse Eljigideï, puis le khan Hülegü lui-même qui, en 1262, offre son alliance militaire au roi de France, alliance qui se maintiendra pendant un demi-siècle. Tout ceci se situe au moment où va s'ouvrir ce monde oriental resté longtemps inconnu. Les missionnaires, dont l'un, David d'Ashby, avait décrit les moeurs des Tartares, et les marchands vont désormais s'aventurer sur ces routes nouvelles, ouvrant ainsi l'ère des grandes découvertes.

  • Des diplômes des rois mérovingiens aux brèves notariales, des privilèges pontificaux aux actes d'officialité, des notices aux chartes scellées, les actes écrits constituent une source de premier ordre pour les médiévistes. Leur nombre, on les compte par centaines de milliers, la précision de leurs informations, la diversité de leur objet justifient cette place. Dans leur interprétation, pourtant, les difficultés abondent.
    Les falsifications s'y sont de tous temps glissées, qu'il faut dépister. Les documents sincères, de loin les plus nombreux, ménagent des pièges plus sournois. La rigidité des formulaires est garante d'authenticité ; il faut y jauger la part des traditions et des routines, des sous-entendus et des mensonges, des lieux communs et des codes. Pour ce faire, depuis plus de trois siècles, la diplomatique a accumulé les observations permettant de séparer le faux du vrai.
    Mais elle a aussi suivi l'évolution de la discipline historique, portant ses regards sur le langage stéréotypé dont les actes usent e. abusent, sur la place de l'écrit dans les sociétés médiévales, sur la circulation des modèles entre chancelleries, sur la formation e le contrôle des écrivains professionnels. Reflet d'une culture, symbole d'un pouvoir, les sources diplomatiques ont encore beaucoup à révéler.
    Le présent ouvrage invite à la découverte de ces chantiers multiples et introduit au maniement des sources et de la bibliographie. Il explique comment examiner les actes, en expose l'élaboration, en retrace la tradition, du brouillon aux copies. Il indique les grandes pistes pour retrouver les actes, inédits et publiés, le critiquer, les éditer. Un choix de quarante-trois documents, reproduits, transcrits, analysés et commentés, illustre la richesse du matériau et la diversité des questions.

  • Comment le Moyen Âge a-t-il appréhendé l'espace géographique? Un très grand nombre de témoignages textuels et figurés subsistent. Mais ils sont difficiles à interpréter; ils donnent souvent lieu à anachronisme ou sont négligés parce qu'ils n'exprimeraient qu'une culture livresque et des préoccupations symboliques.

    Le but de ce manuel est de montrer la richesse, la variété et le caractère opératoire des réflexions médiévales sur l'espace géographique. Une première partie développe une histoire des représentations en lien avec les transformations des conditions culturelles générales, depuis le haut Moyen Âge qui recueille l'héritage de la science antique jusqu'à l'humanisme géographique et aux premières manifestations de l'expansion européenne. Suit une anthologie de documents souvent inédits ou peu connus, commentés et classés selon un parcours allant de la place de la Terre dans le cosmos à la technique de la mesure des parcelles, en passant par les réflexions des savants médiévaux sur l'espace habité et la fonction des cartes, la cartographie des espaces maritimes, le voyage comme moyen de connaissance, la cartographie locale et régionale.

    Les analyses s'efforcent de ne plaquer sur les documents aucun a priori épistémologique ou interprétatif. Les liens entre ces différents champs ainsi qu'entre théorie et pratique sont constamment soulignés, permettant une approche globale des réflexions médiévales sur l'espace terrestre.

  • Les images ont, depuis quelques décennies, acquis droit de cité parmi les documents qui apportent leur contribution à la compréhension des sociétés de l'Occident médiéval. Cependant, la tâche n'a rien d'aisée, car l'analyse des oeuvres visuelles confronte à des difficultés particulières et les historiens, surtout familiers des textes et des matériaux archéologiques, ne sont pas forcément bien armés pour les étudier, dans le respect de leurs modes d'expression et de fonctionnement propres.

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