Champ Vallon

  • La Renaissance constitue un moment paradoxal d'apogée de l'imaginaire chevaleresque et de transformation de la culture de la guerre en raison du développement de l'usage des armes à feu. Cet ouvrage se penche sur cette culture chevaleresque et sur les pratiques militaires au temps des guerres d'Italie, des années 1490 aux années 1530 environ, une période charnière au cours de laquelle l'équilibre politique européen a été bouleversé. Combinant les approches culturelles, sociales et politiques, il propose une analyse du monde des gens de guerre à la Renaissance, qui renouvelle la connaissance de la culture militaire en confrontant les expériences des gentilshommes et des simples soldats, et en étudiant la construction mythique de l'image de l'homme de guerre.

  • Ce livre passionnant révèle un pan méconnu de la culture du premier XVIIe siècle :
    La part de Byzance dans l'univers mental et intellectuel des lettrés et des savants, et cela à partir du portrait d'un érudit : Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637) fut, en effet, tout à la fois historien, bibliophile, lettré, collectionneur, ou « amateur » déjà quasi encyclopédique, tel qu'au XVIIIe siècle on l'entendra. Bref, un homme qui veut « savoir tout sur tout » et surtout, un extraordinaire passeur de culture, qui transcende toutes les frontières, y compris les frontières religieuses. L'originalité a été de faire revivre ce lettré à partir de sa magnifique bibliothèque afin que soient reconstituées, au quotidien, la vie et la pratique d'un savant dans la première moitié du XVIIe siècle.

  • Le 14 mai 1610, à quelques centaines de mètres du Louvre, rue de la Ferronnerie, Henri IV est poignardé dans son carrosse, victime des coups de couteau portés par François Ravaillac.
    L'assassinat plonge aussitôt les habitants dans une grande peur, perceptible dans les décisions politiques et militaires des municipalités qui placent leurs villes en état de siège, palpable dans le huis clos des livres de raison où les auteurs laissent sourdre leur inquiétude extrême du temps présent. La Grande Peur dure quatre à cinq semaines. Elle suscite une poussière de troubles en province, avant de refluer et de s'évanouir, contenue grâce aux décisions du pouvoir royal, des magistrats urbains et royaux et des citoyens, qui tous manifestent leur attachement à la tolérance civile et aux édits de pacification.
    Car le pays a fait le choix de la paix civile. Un choix de raison qui suggère l'adhésion des Français au processus d'une pacification encore fragile, une dizaine d'années à peine après la fin officielle des troubles civils et religieux qui ensanglantèrent la seconde moitié du XVIe siècle. Aucune étude n'avait encore envisagé le retentissement de l'événement à l'échelle du royaume et auprès des Français.
    Fondé sur une documentation archivistique considérable et en partie inédite, ce livre propose pour la première fois une vision panoptique de la circulation de la nouvelle dans le pays ; il analyse les modalités de sa transformation en une information politique et l'impact de sa connaissance auprès de la population ; il dévoile le rôle fondamental des médiateurs locaux du politique, qui usent de leur position stratégique entre le pouvoir royal, curial, central, parisien, et les communautés citadines du royaume, pour retenir l'information, la manipuler, voire la travestir au moment de sa publication.
    De nombreuses cartes de la circulation de la nouvelle dans le royaume, des pièces d'archives éclairent le retentissement d'un assassinat devenu à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle un thème de la peinture romantique, et qui ne cesse encore, aujourd'hui, de susciter interrogations, controverses et débats.

  • Les gestes iconoclastes sont présents au cours de la plupart des processus révolutionnaires : statues déboulonnées, portraits brûlés, emblèmes e acés, souvent en public.
    Ces destructions ou profanations visent l'e acement d'une mémoire, la « régénération » culturelle, le simple défoulement de haine dans un contexte de surenchère émotionnelle, l'expression d'une opinion dans l'espace public (forme extrême du gra ti), ou encore une appropriation de souveraineté. Cet ouvrage pluridisciplinaire (historiens, historiens de l'art, anthropologues) étudie l'iconoclasme de la France en Révolution au Printemps des Peuples, de la Commune à la Révolution bolchevique, de la Révolution hongroise à la Révolution culturelle chinoise, de la chute du Mur de Berlin à la « révolution » talibane en Afghanistan.

  • L'histoire culturelle de l'Europe entre le XVIIIe siècle et le milieu du XXe siècle est marquée par l'émergence de nouveaux lieux centraux pour les échanges, le rayonnement et l'innovation en matière de culture.
    L'observation de ces capitales culturelles, d'État le plus souvent, permet de comprendre la dynamique du passage de la culture de cour ou d'élite à une culture de plus en plus largement partagée et pratiquée, ainsi que l'émulation entre les espaces nationaux et linguistiques. Les capitales culturelles anciennes ou dominantes (Londres, Rome, Paris) suscitent en effet des politiques de rattrapage dans les capitales culturelles plus récentes ou incertaines.
    Produit d'un travail collectif rassemblant des spécialistes de littérature, d'histoire, d'histoire des sciences, d'histoire des arts et de la musique, ce livre redresse bien des stéréotypes et images simplifiées d'une période qui voit l'apogée du rayonnement culturel européen, l'un de ses moments de créativité les plus féconds (de l'opéra aux avant-gardes picturales) et un moment d'interaction intense avec les combats politiques et sociaux les plus décisifs pour la transformation du continent.

  • Dans un parcours entre Rhône et Saône au temps où la ville de Lyon rayonnait par ses foires, ses livres et ses poètes, Jacques Rossiaud s'intéresse ici aux rapports qu'elle a entretenus au fi l des siècles avec ses fl euves, analyse le célèbre Plan scénographique de 1550, s'attarde sur les gens de métiers, décrit, à partir de précieuses séries fi scales, un groupe socio professionnel original, les aµ aneurs, souligne la spécifi cité des confréries lyoannaises à la fi n du Moyen Âge et s'attache aux manières de vivre des Lyonnais, entre le XIVe et XVIe siècle (alimentation, langues, éducation des jeunes et formes souvent violentes de leur sociabilité, relations amoureuses enfi n). L'ouvrage s'achève par une reconstitution des rituels et des représentations urbaines.

  • Qui mieux que Madame de Pompadour immortalisée par Boucher incarne l'élan conjoint du luxe et des Lumières au cours du XVIIIe siècle ? À la veille de la Révolution, les tenues somptueuses créées pour Marie-Antoinette ont cessé d'éblouir et le luxe de la monarchie devient même une arme politique redoutable sous la plume des pamphlétaires. De sa réhabilitation par Voltaire à son utilisation dans les pamphlets prérévolutionaires, le luxe est l'un des sujets les plus débattus du siècle des Lumières, contribuant au changement de culture politique qui mène à la Révolution. D'innombrables écrivains entreprennent d'établir à quelles conditions il peut, ou ne pas, être acceptable, légitimant la république des Lettres à fi xer les valeurs communes, en concurrence directe avec le pouvoir royal.

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