La Louve

  • Dès 2001, Gwendoline Hancke publiait un ouvrage remarqué, aujourd'hui épuisé, « Les belles hérétiques », dans lequel l'historienne allemande brossait un portrait des femmes de la noblesse languedocienne proches du catharisme. Aujourd'hui, elle reprend ce thème, enrichi de ses plus récentes recherches sur les sources, mais ce livre va nous emmener bien au-delà :
    C'est à une découverte, magnifiquement vivante et documentée, que nous sommes conviés. Ici s'ouvre à nous la vie quotidienne des femmes nobles du Midi, de la noblesse rurale en particulier, au XIIIe siècle... Elle s'ouvre dans tous ses détails, du vestimentaire au religieux, et l'auteur ne se contente pas de la relation des femmes avec l'hérésie cathare. Elle explore également la vie des femmes dans la religion catholique, «à la maison» ou au monastère.
    Enfin, cet ouvrage nous conduit pas à pas, avec un grand luxe de détails, au coeur même des foyers : tout ce qui pouvait faire le quotidien d'une femme à cette époque est passé au crible, depuis son attitude face à la mort ou à la maternité, jusqu'à sa manière de concevoir l'amour.
    Riche, précis, en même temps très agréable à lire, ce livre est une référence en la matière.

  • Cet ouvrage emmène à la rencontre de neuf voyageurs des XVe et XVIe siècles. Ces pèlerins ont en commun d'être allés à Compostelle et d'en avoir laissé un récit : ils sont religieux, nobles ou militaires, et chacun révèle des intérêts, des inquiétudes et des objectifs bien différents. Cependant, l'objet de cette publication ne sera pas d'établir à partir d'eux un portrait du pèlerin-type qui aurait une valeur plus ou moins générale, et il s'agit plutôt de faire partager leur expérience.
    Si ce livre est bien sûr destiné aux pèlerins d'aujourd'hui, qui souhaitent «mettre leurs pas» dans ceux de leurs lointains prédécesseurs sans toujours pouvoir vraiment les connaître, il s'adresse aussi, au-delà du monde pèlerin, à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et aux mentalités. Les narrations de ces voyageurs ont ainsi l'immense intérêt de présenter, outre le récit du pèlerinage accompli par son auteur, un remarquable fond historique montrant la situation politique de l'Europe au moment où ces pèlerinages ont été réalisés.

  • Visitant les sanctuaires et les cloîtres romans, qui ne s'est un jour interrogé sur la signification des nombreuses scènes historiées non bibliques où s'entremêlent dans des postures extravagantes hommes, animaux, monstres et végétaux ? Leur agencement complexe et leur présence répétitive peuvent difficilement les réduire à la seule fonction décorative.
    Des années durant, l'auteur est allé d'église romane en église romane et a collecté des centaines d'images. Enfin, s'appuyant sur les travaux d'illustres prédécesseurs historiens de l'art, il livre ici son interprétation de ces images de pierre, dans une réflexion éloignée de tout ésotérisme. Sans jamais asséner au lecteur de vérité définitive, avec une rigueur soutenue par une immense érudition et une belle écriture, il propose donc un surprenant voyage vers l'invisible, appelant à entrer dans ce monde souvent caché aux yeux d'aujourd'hui.
    Et, s'il ne le soulève sans doute pas totalement - mais comment serait-ce possible ? -, Pierre-Yves Le Prisé contribue toutefois largement, à travers cet ouvrage, à écarter le voile qui assourdit le langage lointain des sculpteurs romans.

  • Le mot "collège" ne doit pas tromper.
    Il s'agit de collèges universitaires médiévaux dont l'importance dans l'histoire de France a été considérable : ces établissements s'inséraient dans un mouvement européen qui souhaitait permettre à de "pauvres clercs" d'étudier, en leur offrant le gîte et le couvert. Grâce à l'impulsion décisive donnée par le pape d'Avignon Innocent VI et plusieurs dignitaires de la Curie, leur succès fut net dès le milieu du siècle.
    Le mouvement de création de collèges se poursuivit durant le XVe siècle et ils finirent par regrouper un nombre non négligeable d'étudiants. Dotés de statuts, d'une maison, de rentes et de bénéfices destinés à assurer des bourses, d'un encadrement spirituel avec bibliothèque et chapelle, ils eurent en commun d'évoluer vers une relative autonomie : la communauté recrutait ses condisciples et élisait en son sein un responsable de la discipline et de la gestion.
    Les boursiers devaient supporter un long séjour et une sévère discipline, mais ces sacrifices ne furent pas inutiles : l'examen de leurs carrières démontre que les collèges de juristes des universités de Cahors et Toulouse ont bien produit une élite au service de l'Eglise et de l'Etat. Cette étude très complète apporte donc un éclairage inédit sur un aspect essentiel de l'histoire de France et, parallèlement, sur un pan méconnu de l'histoire des idées.

  • "Ils passaient par là ", dit-on souvent...
    Mais qui ? Et où ? Ce livre présente la genèse et, parallèlement, une lecture critique des dossiers de l'inscription de monuments français sur la liste du Patrimoine mondial au titre des chemins de Compostelle en 1998. Il utilise également les résultats de recherches inexploités à l'époque. Cet ouvrage montre que les postulats sur lesquels reposaient ces dossiers sont faux : il n'y avait pas plus de foules pèlerines que de chemins spécifiques.
    Les monuments évoqués dans ce livre ont été vus seulement en fonction de Saint-Jacques de Compostelle. Or, il est possible d'en faire les témoins symboliques de la culture pèlerine caractéristique de l'Europe médiévale et de leur rendre leur propre valeur en les replaçant dans la lumière qui était la leur : certains de ces sites ont été des buts et non de simples étapes, des points d'arrivée et non de banals "dortoirs" sur les supposés chemins de Saint-Jacques, d'autres ont été des lieux de piété à l'usage des fidèles ou des moines, d'autres enfin des structures créées pour l'accueil de tous les voyageurs.

  • Vivre en ville... Consacrée à une période historique précise, celle de presque un siècle durant lequel la papauté quitta Rome pour s'installer en Avignon, cette étude de vie citadine va bien au-delà des caractéristiques plus ou moins particulières de telle ou telle ville au Moyen Age : la manière d'y vivre, ce qui s'y trame, les luttes d'influence et de pouvoir sont de toutes les grandes cités de l'époque. On assiste ici à la confrontation des puissances déjà existantes ou naissantes, et très souvent le rapport à notre époque contemporaine est évident et peut faire sourire : au XIVe siècle comme aujourd'hui, on doit vivre ensemble, et c'est loin d'être si évident : ce livre est émaillé de renseignements précis, parfois (souvent) savoureux, d'histoires plus ou moins croustillantes, et on y apprendra entre autres choses que ce que nous appelons "abus de bien social" ne date pas d'hier, pas plus que les pressions, les faux en écriture, les malversations de toutes sortes, y compris financières ! Autour de cela, le peuple de la ville naît, vit et meurt en profitant autant que possible des joies de l'existence, subissant les aléas de l'Histoire. Ce livre est la riche "vie quotidienne" d'une grande cité au temps des papes d'Avignon, et il possède sans aucun doute valeur d'exemple.

  • Cette édition réunit l'ensemble des lettres envoyées par L. Thurman à sa famille entre 1798 et 1801. Il évoque l'expédition militaire menée par Bonaparte pour conquérir l'Egypte

  • Cet ouvrage, largement illustré, présente les travaux d'une quinzaine de chercheurs de tous horizons, réunis pour partager et faire partager leurs recherches sur les châteaux pyrénéens des comtés de Foix, Couserans et Comminges au Moyen Âge. Historiens, archéologues, passionnés, ils étudient les fortifications médiévales dans ces comtés montagnards dont l'histoire est haute en couleur. Derrrière les monuments ruinés qui égrènent leurs murailles dans les vallées pyrénéennes, ces chercheurs dévoilent peu à
    peu un monde attachant, chargé d'émotions et d'Histoire. D'Aspet à la vallée de l'Ariège, ils s'intéressent à toutes les facettes de l'histoire de ces châteaux, leur histoire politique et celle de leurs seigneurs, et ils étudient les vestiges, font «parler» les sols, nous emmenant à la rencontre vivante d'un monde particulier qui n'a pas fini de livrer tous ses secrets. Un premier bilan de ces recherches a été présenté à Seix, en Ariège, en octobre 2007 : elles sont rassemblées ici afin que chacun, aisément, puisse à son tour partir à la découverte de ces ruines majestueuses et de leur histoire.

  • Au Moyen Âge, la foi est omniprésente. On aime Dieu mais on le craint, on vénère la Vierge, les saints, on croit au pouvoir des reliques... De ce point de vue, la maladie est punition du pécheur, la guérison est récompense ou miséricorde. Tout dépend de Dieu. Nul mieux que Gautier de Coinci n'a su le montrer : dans ses Miracles, il a évoqué cela avec un tel talent qu'il a marqué les esprits. Son style frappe, dérange. Son message passe par les images, par les mots crus, par ses propres interventions. De la sorte, ses Miracles de Nostre Dame ne sont pas seulement une oeuvre littéraire majeure du Moyen Âge.
    Ils constituent aussi une source étonnante sur la maladie aux XII° et XIII° siècles et sur le sens que la religion donnait alors à ces étranges dérèglements du corps : on verra ici que la maladie faisait l'objet d'une véritable appropriation par l'Église, laquelle, sciemment ou non, profitait de la peur engendrée pour transmettre ses messages moralisateurs.

  • Saint Jacques Matamore... « Tueur de Maures »... de l'espagnol matar (tuer) et Moro (Maure)... Cette étiquette pour le moins agressive, accolée au nom d'un saint chrétien, ne laisse pas de surprendre.
    Cet ouvrage a donc pour but de montrer comment on est passé progressivement d'un saint Jacques évangélisateur à un saint Jacques combattant : ainsi de son usage par Béranger de Landore, archevêque français à Compostelle entre 1318 et 1330, un dominicain qui a conquis son siège l'épée au poing, "aidé" par saint Jacques, et à propos duquel on trouvera ici la traduction intégrale en français de ses « faits et gestes » rapportés par un contemporain. Mais au-delà, ce livre met aussi en évidence les divers usages de ce puissant et étrange patronage au cours de l'Histoire, depuis le premier Matamore jusqu'aux événements les plus récents (guerre d'Irak), en passant par les années de la guerre civile qui virent s'affronter les armées du général Franco et celles de la République.
    Et justement, de quand datent exactement cette appellation et ses nombreuses représentations iconographiques ? C'est à cette question, entre autres, que cet ouvrage très largement illustré s'efforce de répondre.

  • En l'année 1522, l'annonce de la prise de Rhodes par l'armée de Soliman le Magnifique éclata comme un coup de tonnerre qui retentit de l'Europe du nord aux confins de l'empire ottoman. Ce fut à la suite de cette bataille perdue que l'Ordre des Hospitaliers, contraint de quitter Rhodes, reçut l'île de Malte et devint l'Ordre de Malte. Cet ouvrage rassemble des documents dont les premiers (textes français, espagnols et turcs) sont des témoignages directs de la prise de Rhodes elle-même. Les textes italiens et anglais, beaucoup plus littéraires et postérieurs d'un siècle environ à l'événement, montrent comment s'opère le passage de l'histoire au mythe. Chaque texte est introduit par une analyse historique qui lui est propre ; ainsi le lecteur pourra-t-il juger des causes de l'événement, des enjeux, mais également des conséquences de la défaite, dont il est à peu près certain qu'elles influencent encore de nos jours, dans certains pays, même de manière inconsciente, bien des prises de position relatives à la Turquie. Enfin, chaque auteur, spécialiste dans sa discipline de la période étudiée, a rejoint le souhait commun d'offrir au lecteur des textes indisponibles en français, voire tout à fait inédits pour certains d'entre eux. Et, afin que l'éclairage soit complet, il a été jugé essentiel d'inclure également dans cette publication plusieurs textes ottomans, pour donner aussi la parole à " l'autre ", à l'ennemi, à celui dont on parle ou que l'on fait parler sans jamais vraiment l'écouter.

  • Cet ouvrage, largement illustré, constitue une chance : celle d'avoir réuni dans un même volume, sous l'égide du Centre d'Art roman Marcel Durliat de Moissac, quelques uns des plus grands spécialistes internationaux de l'art roman. C'est donc à un voyage dans le temps et l'espace que nous sommes conviés : au XIe et XIIe siècle, dans le sud de l'Europe, en France, en Italie, en Espagne. Cela confère à ce livre un intérêt majeur : autour du cloître de Moissac, dont la sculpture date de 1100, des historiens de l'art interrogent d'importants monuments de l'époque romane et leurs recherches recoupent souvent la question des origines de cette éclosion artistique. Le sud de l'Europe est le champ privilégié d'une telle quête qui, tout en se limitant à quelques sites emblématiques, nous offre un remarquable point de vue sur l'art roman dans toute sa richesse et sa diversité.

  • Chilpéric Ier est l'un des rois de France les plus mal connus,
    et le peu que l'on sait de lui n'est certes pas à son avantage.
    Né aux environs de 527, mort assassiné en 584, il est pourtant
    le petit-fils de Clovis et le grand-père de Dagobert. Mais
    il s'est vu rejeter très tôt dans les ombres les plus épaisses de
    l'Histoire, notamment par le portrait au vitriol qu'a fait de lui
    un contemporain célèbre : celui d'un roi cruel et violent, une
    sorte de Barbe Bleue des temps obscurs. Chilpéric Ier est donc
    mort deux fois : assassiné d'abord, puis exécuté "médiatiquement"
    par Grégoire de Tours, puisque c'est le portrait brossé
    par celui-ci qui nous reste aujourd'hui encore, jusqu'à passer
    pour vérité indiscutable. Certes, comme tous les puissants de
    ces époques reculées, Chilpéric fut au coeur d'une tourmente de
    guerres, parfois fratricides, de meurtres et d'intrigues. Fut-il
    pour autant un monstre oe
    Frédéric Armand s'attache ici, non pas à entreprendre une
    réhabilitation en règle de Chilpéric Ier, mais bien à le présenter
    sous un jour enfin débarrassé des a priori et des images
    toutes faites. Qui était donc ce roi, grand oublié de l'Histoire oe
    Fut-il le criminel sanguinaire décrit par Grégoire de Tours, ou
    bien simplement un homme de son temps, avec ses défauts et
    ses qualités ? C'est à ces questions, entre autres, que s'efforce de répondre cet ouvrage passionnant.

  • Un marchand au Moyen âge

    Emmanuel Moureau

    • La louve
    • 20 Septembre 2012

    Barthélemy Bonis, marchand. Et surtout, Barthélemy Bonis, témoin de son temps.
    Ses livres de comptes, conservés, s'avèrent aujourd'hui constituer une source précieuse pour l'étude des mentalités et de la vie quotidienne au XIVe siècle. En effet, si Barthélemy Bonis tenait ses affaires et ses chiffres à jour, il commentait également, expliquait, racontait. On peut ainsi, grâce à lui, savoir quels étaient les médicaments en usage à son époque, découvrir l'armement ou l'art de la fortification, connaître ce que l'on mangeait - jusqu'aux sucreries ou aux épices -, ou encore découvrir la mode du temps, etc.
    L'ouvrage d'Emmanuel Moureau fourmille de renseignements historiques précis et uniques, mais aussi d'anecdotes, dont certaines ne manqueront pas de faire sourire tant elles sont parfois savoureuses et drôles.
    Cette publication d'une source exceptionnelle convie donc le lecteur à entrer par la petite porte du quotidien dans ce lointain et passionnant XIVe siècle, en donnant la parole à celui qui savait tout du détail, puisqu'il avait pour métier d'acheter et de vendre à peu près tout ce qui pouvait alors faire l'objet d'un commerce !

  • Jean de Tournai est connu par le récit qu'il a rédigé de son triple voyage à Rome, Jérusalem et Compostelle, ainsi que par son testament.
    Riche marchand de Valenciennes, il est au coeur d'un large réseau de relations, notamment des marchands allemands ou anversois. Ce réseau a des prolongements jusqu'en Italie, où il rencontre des connaissances liées au monde des affaires.
    Son testament témoigne aussi d'une certaine richesse et d'un entourage professionnel et familial assez étoffé. Comme tout bon marchand de son époque il sait compter, parle un peu latin, un peu italien.
    Toutefois, la grande parenthèse de la vie de Jean de Tournai est le pèlerinage à Rome, Jérusalem et Compostelle, pèlerinage qu'il accomplit du 25 février 1488 au 7 mars 1489.
    Riche d'une multitude de renseignements sur les lieux traversés et leurs coutumes, sur les monnaies, les personnages croisés aux hasards du parcours, son livre est une source historique précieuse en même temps qu'un beau récit de voyage en ce monde de la fin du Moyen Âge.

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