Payot

  • Les saveurs, les idées, les émotions et les images dans lesquelles s'exprime une société qui meurt, celle du Moyen Âge, pour donner naissance à une autre, la Renaissance. Un livre pionnier, majeur, salué par Marc Bloch et Lucien Febvre, où Johan Huizinga révèle les nouveaux domaines de l'histoire : le corps, les sens, les rêves et l'imaginaire.

  • Au début du XVIe siècle, dominicains et franciscains furent les premiers hommes d'Église à poser le pied au Nouveau Monde, dans le sillage des conquistadores, pour évangéliser les peuples conquis avec la bénédiction pontificale. Durant trois siècles, l'histoire des ordres religieux fut celle des espoirs, des controverses et des doutes que la place des Indiens dans le monde colonial américain suscita en Espagne. Sur le terrain, les problèmes qu'ils durent surmonter pour transmettre leur message les amenèrent à se familiariser avec le passé et la culture indigènes, à adapter leurs catéchismes et à apprendre les langues des autochtones, jusqu'à s'en faire les porte-parole. C'est en leur nom que, avec Bartolomé de Las Casas, ils plaidèrent leur cause auprès de la Couronne et combattirent les abus des colons.

    Arrivés plus tard, les jésuites jouèrent rapidement un rôle central dans cette société. Sous leur impulsion, les ordres renouèrent avec leur mission première et se lancèrent sur de nouveaux chemins d'évangélisation. La Compagnie de Jésus elle-même multiplia les missions aux marches reculées de l'empire, au Chili, en Amazonie et au Paraguay. Son expulsion brutale à la fin du XVIIIe siècle devait marquer pour les religieux le temps des ruptures et pour l'Amérique espagnole celui des guerres d'Indépendance (1810-1824).

  • Méconnu, souvent mal jugé par la postérité, Jacques de Molay ne manquait ni de caractère ni d'ambition. Alain Demurger revient, dans cet biographie exemplaire de limpidité et de précision, sur le parcours du dernier grand maître du Temple qui périt, il y a 700 ans, sur le bûcher après avoir refuser de renier son ordre.  Par le seul véritable spécialiste des templiers en France.

  • Par une plongée en abîme au coeur des nombreux procès-verbaux des interrogatoires et dépositions de 231 templiers qui, parfois, résistèrent et défendirent leur ordre mis en accusation par le roi de France Philippe le Bel à partir de 1307, Alain Demurger, spécialiste des ordres religieux militaires et auteur de nombreux ouvrages sur les templiers, donne de cette persécution au jour le jour qui ne laissa rien au hasard, jusqu'à l'exécution du dernier grand-maître, Jacques de Molay en 1314, une vision saisissante.

  • Plus de 300 lettres, pour la plupart inédites et écrites de sa main, exhumées des archives de Modène, composent cette exceptionnelle anthologie. Elles dévoilent un portrait de la mythique Lucrèce Borgia (1480-1519) à mille lieues de la sulfureuse et manipulatrice bâtarde du pape, maniant poison et séduction, à la légende noire façonnée par Michelet et Victor Hugo.
    Au fil de ses lettres élégantes, qui courent de son adolescence à sa mort dévote au couvent, se fait entendre une voix singulière qui signe la destinée d'une princesse accomplie de la Renaissance.
    La jeune fille des débuts, adulée par son père Alexandre VI et son frère César, mariée à trois reprises selon le hasard des alliances politiques familiales, se mue, en pleins bouleversements des guerres d'Italie, en une véritable femme d'État, qui gère avec habileté le duché de Ferrare durant les fréquentes absences de son mari, le duc Alphonse Ier, dialogue d'égal à égal avec les puissants de ce monde et entretient une brillante cour à l'imaginaire chevaleresque dont les humanistes L'Arioste et Pietro Bembo sont les joyaux.
    C'est également une sensibilité à fleur de peau qui transparait dans d'émouvantes lettres d'amour échangées avec son amant comme avec son époux.

  • Au petit matin du 24 février 1525, après quatre mois de siège devant Pavie, François Ier s'élançait sur le champ de bataille, persuadé de sa victoire imminente : « C'est maintenant que je suis duc de Milan ! » Midi n'avait pas sonné qu'il se rendait à Charles de Lannoy, vice-roi de Naples, représentant de l'empereur Charles Quint. Il en devenait le prisonnier en Espagne jusqu'en ce 17 mars 1526 où il remit pied sur le sol de France après avoir laissé ses deux jeunes fils en otage et abdiqué une partie de sa couronne.
    Cinglante défaite pour la France, qui signe la fin de ses prétentions sur l'Italie, Pavie a moins marqué la mémoire française que Marignan, victoire qui, dix ans plus tôt, coïncida avec l'avènement de François Ier et vengea les revers de la fin du règne de Louis XII. Pourtant, loin de n'être qu'une simple « journée » des guerres d'Italie qui construisit la France, c'est à Pavie, en cette année 1525, que se joua pour deux siècles, dans une Europe secouée par de violentes révoltes, l'hégémonie des deux grandes puissances. Une année inscrite aussi dans l'imaginaire politique qui mit à mal la stature de François Ier comme roi-chevalier et marqua la mort de la chevalerie héroïque.

  • L'image du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde évoque un univers héroïque peuplé de fées, harcelé par des sortilèges de toutes sortes et rythmé par des combats où l'honneur le dispute à la prouesse.

    On y voit également de vastes châteaux entourés de murailles monumentales, des forêts impénétrables, des vergers merveilleux où se retrouvent les amoureux. Cette image semble surgie d'une miniature du Moyen Age, elle est ancrée dans nos esprits, mais ne faut-il pas remonter plus loin ?

    En effet, qui est le roi Arthur ?
    Qui sont les chevaliers de la Table Ronde ?
    Un mythe ou une réalité historique transposée dans la légende ?

    Ce livre s'efforce de présenter d'abord le roi Arthur tel qu'il a été vu par les romanciers du Moyen Age, dans le cadre médiéval et dans son contexte politique, c'est-à-dire le règne d'Henry II Plantagenêt et de ses fils.

    Puis, en remontant le temps, il tente de retrouver la véritable image d'un roi Arthur, chef guerrier du VIe siècle dans l'île de Bretagne, au moment de la disparition de l'Empire romain et des premières invasions saxonnes. Cette image est double, historique et mythique, l'histoire et l'épopée se confondant sans cesse.

    Enfin, à travers les aventures arthuriennes reconstituées dans leur contexte authentique, l'ouvrage se termine par une analyse de la société celtique des Ages Sombres de l'île de Bretagne et par une conclusion qui suppose la permanence des tendances profondes de cette société celtique jusque dans la crise actuelle de l'Occident et la montée des revendications régionalistes.

  • « Je tiens ce livre pour un chef d'oeuvre, que je place parmi les plus importants de l'historiographie médiévale » (Jacques Le Goff).À l'issue de l'époque gothique, on comptait une église pour 200 habitants en France, et, dans l'ensemble de ces édifices, il y avait de quoi abriter plus que la population tout entière.
    On a calculé qu'en trois siècles la France seule avait extrait, charrié et mis en oeuvre plus de pierres que l'ancienne Égypte dans toute son histoire !Qu'est-ce donc qui a poussé toute une société à lancer vers le ciel ses monuments ? Quelles sont les racines qui ont permis aux cathédrales et à l'art gothique d'orner avec tant de splendeur les villes médiévales ? Ce livre montre qu'aux origines étaient la forêt, puis la ville, le besoin de fournir un lieu de culte à une population plus dense, celui de mettre en oeuvre des chantiers pour une main d'oeuvre urbaine croissante.
    Il décrit comment, édifice religieux, la cathédrale était aussi un objet de fierté pour la commune. Il explique enfin combien cette société était fébrilement tournée vers la créativité et les idées.Roland Bechmann est aussi le premier à avoir découvert l'existence d'une pensée écologique au Moyen Âge, tant les chrétiens de l'époque eurent conscience de la nécessité, à côté des réalisations artistiques, de mesures de protection de la nature et de limitation de son exploitation.

  • Le sujet peut prêter à sourire. Est-ce bien sérieux pour un historien que de traiter de barbes et de moustaches ? De nos jours, où la barbe est un indice de fondamentalisme ou d'archaïsme, l'avenir est au glabre. Et pourtant, entre les poilus de la Première Guerre mondiale, les barbudos cubains des années 1960 et les barbus islamistes d'aujourd'hui, notre histoire contemporaine a montré que la barbe était un identificateur social chargé de sens, ce dont Jean-Marie Le Gall est intimement convaincu. C'est aussi vrai, bien entendu, pour l'époque moderne.
    Si le glabre domine en Europe dans la seconde moitié du XVe siècle, la pilosité faciale devient au début du XVIe un véritable phénomène de mode, né dans les cours princières d'Italie. Les défaites subies par la péninsule ont en effet mis à mal la virilité des Italiens, qui redéfinissent un nouvel idéal masculin et chevaleresque. Un idéal qu'incarnent à la perfection trois jeunes souverains arborant fièrement barbes et moustaches : François Ier, Henri VIII et Charles Quint. Vite adoptée par la noblesse puis par la bourgeoisie, cette prolifération du poil domine sur tous les visages d'Europe pendant plus d'un siècle avant que le lisse ne l'emporte à nouveau à la fin du XVIIe. Symbole des gens de pouvoir et de savoir, elle est à la fois un élément de hiérarchisation sociale, au même titre que les vêtements, et un marqueur religieux qui sépare nettement pasteurs protestants et prêtres catholiques. L'avènement d'un univers plus policé et plus civilisé sonne toutefois le glas de la pilosité faciale. Dès lors, la barbe semble l'expression désuète d'une masculinité arrogante et doit céder la place à la perruque, qui assure aux élites la distinction nécessaire.
    À la confluence de l'histoire des mentalités, des représentations et du sensible, l'auteur nous convie à un impertinent voyage au pays de cette virilité que les hommes n'ont jamais cessé d'interroger.

  • Une histoire coquine du château de Versailles vue sous l'angle des amours qu'il abrita, tant royaux, de Louis XIV à Louis XVI (1683-1789), que domestiques, par l'auteur de Ninon de Lenclos et de Colbert.

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