Perrin

  • Une vision d'ensemble de la vie des hommes et des femmes du Moyen Age, des invasions barbares à la Renaissance.

    Entre " Naître " et " Mourir ", les vingt-deux chapitres de ce livre scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen Age, depuis les invasions barbares jusqu'à la Renaissance. Pour raconter, avec son talent coutumier, le quotidien du peuple comme des grands, Jean Verdon embrasse tous les thèmes.
    L'on découvre ainsi que l'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place significative au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent l'existence d'un art érotique. Les quantités de nourriture et de vin ingérées impressionneraient nos contemporains fervents de diététique, mais des conditions de vie plus dures que de nos jours entraînent une dépense énergétique plus importante. A ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent - les paysans, qui constituent l'essentiel de la population - s'ajoute, avec le développement des villes, le monde des artisans et des marchands. Sur eux tous la religion exerce une forte emprise, elle structure la société. Malgré les " malheurs du temps ", les hommes savent s'amuser, profiter des instants de loisir plus fréquents qu'on ne l'imagine. Ils se déplacent beaucoup, parfois longtemps, des mois, voire des années.
    Un panorama sans équivalent, riche et fascinant.

  • Jeanne d'Arc

    Valérie Toureille

    • Perrin
    • 10 Septembre 2020

    Un siècle a passé depuis la canonisation de Jeanne d'Arc par l'Église. Un siècle durant lequel fleurirent en France comme à l'étranger nombre d'ouvrages sur cette grande figure féminine, plus ou moins fantaisistes. Et pourtant il restait à offrir un nouvel éclairage historique de Jeanne d'Arc, tant de fois convoquée par des écrivains, des juristes ou des essayistes. Tour à tour catholiques, républicains, socialistes ou monarchistes. Aujourd'hui, c'est une véritable biographie qui, faisant fi des légendes, revient à l'histoire et replace Jeanne dans son contexte, en partant des sources. Un travail d'autant plus nécessaire que, contrairement à une idée reçue, nous ne savions pas tout d'elle. Car de sa famille, de ses proches et des hommes de guerre qui l'ont accompagnée, tout n'a pas été dit, loin de là. Médiéviste de grande renommée, Valérie Toureille convoque au tribunal de l'Histoire ceux qui l'ont connue, femmes et hommes, amis ou ennemis, plus de cent cinquante témoins. Elle leur donne la parole, détaille les faits, éclaire l'action comme l'extraordinaire parcours de la « bergère » de Domrémy par les circonstances du moment et laisse au lecteur le choix de son opinion sur la geste johannique. L'auteur livre ici un ouvrage de référence qui renouvellera l'historiographie de la « Pucelle ». Condamnée à être brûlée vive en 1431 - elle n'a alors que dix-neuf ans -, innocentée et réhabilitée en 1456, proclamée par le pape Pie XI patronne secondaire de la France en 1922 - et par André Malraux « patronne du temps où les hommes ont vécu selon leurs rêves et selon leur coeur » -, Jeanne n'en a assurément pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller.Il existe plusieurs façons d'aborder l'extraordinaire parcours de la "pauvre fille" de Domrémy, et autant de façons de l'interpréter. Valérie Toureille ne prétend pas trancher. Elle convoque au tribunal de l'Histoire ceux qui l'ont connue, femmes et hommes, amis ou ennemis, plus de 150 témoins. Elle leur laisse la parole, détaille les faits, éclaire son action par les circonstances du moment et laisse au lecteur le choix de son opinion, livrant là un ouvrage de référence qui renouvelera assurément l'historiographie de la "Pucelle", condamnée à être brûlée vive en 1431 - elle a alors dix-neuf ans -, innocentée et réhabilitée en 1456, béatifiée en 1909 et enfin élevée au rang des autels en 1920.
    Un "must" dont le plaisir de lecture se conjugue avec la rigueur historique.

  • Pourquoi cette nouvelle histoire du Moyen Age ? Premièrement, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue, et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d'un retour à la nature.
    Deuxièmement, parce que l'image actuelle du monde médiéval est trop souvent falsifiée : évacué des programmes scolaires, réduit en miettes anecdotiques pour les médias, transformé en légende noire ou dorée, le Moyen Âge a perdu toute cohérence dans la mémoire collective du « grand public ». Pour le comprendre - donc pour nous comprendre -, il faut restituer les faits, les noms, les dates, dans leur enchaînement logique et chronologique. C'est ce que ce livre tente de faire.
    Troisièmement, parce qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'élargir notre vue en replaçant « notre » Moyen Âge européen dans le contexte de ses relations avec ses voisins. L'histoire médiévale occidentale est indissociable de celle du Proche-Orient, à la fois ennemi et Terre promise. C'est un drame en trois actes, plein de bruit et de fureur, de splendeurs et de misères, rythmé à la fois par les avancées propres du génie européen et par son affrontement avec l'Orient : du Ve au Xe siècle, c'est l'âge des grandes illusions, pendant lequel l'Orient byzantin puis musulman domine un Occident encore barbare ; du XIe au XIIIe siècle, l'Occident chrétien manifeste son dynamisme et atteint son âge de raison, en accord avec une foi plus éclairée, avant de connaître des fléaux apocalyptiques aux XIVe et XVe siècles, dans un âge de transition vers un monde moderne.

  •   Selon Henri Pirenne, l'avancée de l'islam serait à l'origine de la rupture avec l'Antiquité. Séparant définitivement l'Orient et l'Occident, elle aurait mis fin à l'unité méditerranéenne et repoussé l'axe de la civilisation du Sud vers le Nord.
    L'État franc, confiné au Nord, aurait donné naissance à un monde nouveau : le royaume mérovingien, dans lequel la dynastie des Carolingiens s'imposait. Le Moyen Age commençait.
    Et Pirenne de conclure par cet aphorisme célèbre : « Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable. » Cette thèse, qui aujourd'hui encore suscite de nombreux débats, occupa Henri Pirenne durant les vingt dernières années de sa vie. Elle compte désormais parmi les classiques.

  • Les Vikings ne sont pas les brutes sanguinaires qu'une image d'Epinal a fixés. Ce livre restitue l'histoire et la civilisation d'un grand peuple méconnu.

  • Les vikings

    Jean Renaud

    Des romantiques scandinaves aux Américains célébrant le découvreur Erik le Rouge, des Russes invoquant des ancêtres varègues aux groupuscules néonazis ne jurant que par Thor et Odin, des mangas aux séries télévisées, les Vikings sont partout. Mais qui sont vraiment ces étranges Nordiques que la bande dessinée affuble de casques à cornes ? Des guerriers courageux qui ont soif d'aventure ? Des envahisseurs et des pillards naviguant sur des drakkars ? Possédaient-ils des esclaves ? Faisaient-ils des sacrifices humains ? Leur langue, le norrois, a-t-elle influencé le français ? Croyaient-ils en leur magie ?
    Puisant aux meilleures sources de l'archéologie et de l'histoire, ce livre fait litière des inévitables clichés sur ceux qui, de la fin du viiie siècle au milieu du xie siècle, ont rayonné depuis leur coeur originel scandinave jusqu'aux plus lointaines terres de leur incroyable expansion, entre Russie et Amérique.

  • De Crécy à Azincourt, du Prince Noir à Jeanne d'Arc, la première guerre européenne (1337-1453) fut aussi une guerre totale, qui a bouleversé les sociétés anglaise et française, favorisé l'émergence des deux nations et profondément marqué les mentalités.

  • La fin du Moyen Âge

    Joël Blanchard

    • Perrin
    • 23 Janvier 2020

    Délimitée par le règne des premiers Valois, de 1328 à 1515, la fin du Moyen Âge est une période haute en couleur, forte en contrastes, marquée par la guerre de Cent Ans, les rivalités fratricides entre princes du sang, les rébellions communales contre l'impôt, les pandémies comme la peste noire, la lutte inexpiable entre Armagnacs et Bourguignons. Elle est aussi marquée par des débats érudits, des discussions théologiques, une abondante production d'oeuvres littéraires, prophétiques, juridiques... Loin de l'image du déclin et du désenchantement popularisée par le romantisme, Joël Blanchard donne à voir une fin de Moyen Âge inspirée, savante, bouillonnante d'idées neuves et traversée d'une rare vitalité créative. Puisant dans ses connaissances du paysage culturel, politique et militaire du royaume de France en ce temps-là, l'auteur réhabilite avec pénétration et un incontestable brio presque deux siècles d'une histoire trop souvent négligée.

  • Michel roquebert a reconstitué avec une minutie inégalée la société cathare, son histoire et celle de sa répression, en se fondant uniquement sur les sources du temps : traités et rituels cathares, chroniques, interrogatoires et sentences de l'inquisition, correspondances des papes, des rois et des grands, canons conciliaires, actes publics et privés de tout ordre.
    Cette histoire des cathares, couvrant plus de trois siècles, raconte : 1) l'hérésie, sa nature exacte, son essor dans l'europe entière et les raisons de son développement particulier dans les etats du comte de toulouse et des vassaux, correspondant, en gros, aux régions midi-pyrénées et languedoc-roussillon ; 2) la croisade, lancée en 1209 par le pape innocent iii, jusqu'à la chute de montségur en 1244 ; 3) l'inquisition, fondée en 1233 à toulouse, pour éradiquer le christianisme dissident dont elle ne vient à bout que dans le premier quart du xive siècle.
    Une synthèse exhaustive de trois siècles dramatiques et flamboyants. la référence indispensable.

  • Au Moyen Âge, l'argent répugne, l'argent fascine, et la monnaie est rare.
    « Dans cet essai, je veux expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l'économie, la vie et la mentalité médiévales ; et dans cette société dominée par la religion, comment l'Église a considéré et enseigné l'attitude que le chrétien doit observer face à l'argent et à l'usage qu'il doit en faire. Si l'argent a joué un rôle important dans la constitution des États, si les techniques financières et bancaires ont progressé, si le commerce s'est largement développé, le Moyen Âge, faute d'un marché global, n'a pas connu ne fût-ce qu'un précapitalisme, même à la fin. C'est pourquoi son développement économique a été lent et limité, en dépit d'îlots de prospérité. Au Moyen Âge, donner de l'argent est aussi important que d'en recevoir, l'esprit de charité l'emporte sur le désir de profit, François d'Assise sur Jacques Coeur. Aussi une crise comme celle d'aujourd'hui y est-elle inconcevable. » Jacques Le Goff.

  • Enfin en poche une histoire du Japon médiéval par le meilleur spécialiste du Japon en France.

    A travers l'ascension des samouraïs et la naissance d'une société guerrière qu'on a pu qualifier de féodale, ce livre nous plonge dans les temps troubles du Moyen Age japonais (XIIe-XVIe siècle). Pierre-François Souyri montre l'importance des conflits sociaux qui déchirèrent le pays, la poussée des classes populaires, les diversités régionales, l'émergence, enfin, de nouvelles formes culturelles à l'origine du Japon « traditionnel ». Chemin faisant, il éclaire la dynamique d'une société fondamentalement instable que les chroniqueurs contemporains désignaient comme « un monde à l'envers ».

  • Les minutes du procès de Jeanne d'Arc qui dura cent jours en 1431, relues, commentées et éclairées par un avocat de renom. Jacques Trémolet de Villers, en voix off, nous révèle une jeune femme, prétendue analphabète, seule à la barre, capable en réalité de déjouer les pièges des hommes d'Église et de loi qui l'accusent. Il nous conduit de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d'annulation, jusqu'à sa plus profonde conviction : et si Jeanne était docteur de l'Église ?

  • Les empires médiévaux

    Collectif

    • Perrin
    • 18 Avril 2019

    Construction politique, diplomatique, militaire et culturelle au croisement de l'espace et du temps, l'empire constitue une notion particulièrement pertinente pour décrire et comprendre le monde du Moyen Âge. Est empire un ensemble qui ne peut s'intégrer à aucun autre ; est empereur celui qui proclame n'avoir au-dessus de lui aucune puissance humaine, et qui le prouve. Entre le Ve et le XVe siècle, de telles entités se firent et se défirent presque partout sur la planète - certaines furent éphémères, d'autres plus durables. Elles s'affrontèrent ou s'ignorèrent, laissèrent des traces remarquables ou disparurent presque corps et biens. Institutions, religions, héros, guerres et mythes animèrent durant la même période des sociétés qui, mises en parallèle, s'éclairent les unes les autres dans ce livre collectif ambitieux et sans équivalent, qui allie la clarté du propos à une précision sans faille.
    Ainsi se dessine, fascinant, un Moyen Âge mondial, à la fois carolingien, byzantin, serbe, bulgare, germanique, aztèque, mongol, vénitien, chinois, japonais, malais et normand, décrit et interprété par des spécialistes renommés.

  • Après avoir publié sa monumentale et prestigieuse Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, en trois volumes, que Perrin a rééditée en 1991, René Grousset avait écrit en 1936 cette Epopée des croisades, une synthèse destinée naturellement à un plus vaste public, qui devint, elle aussi, un classique dont chaque ligne est précieuse.

    René Grousset nous conduit de la prédication d'Urbain II à Clermont - en novembre 1095 - à ce 28 mai 1291 qui vit les 200 000 hommes du sultan El Achraf Khalil réduire les dernières défense de Saint Jean d'Acre, l'ultime bastion de ce qui avait été le royaume franc d'Orient. Il raconte avec une clarté, une concision et une qualité de style admirables les neuf croisades qui jalonnèrent ces deux siècles extraordinaires dans l'histoire de l'Occident chrétien et de l'Islam. Tout le monde est d'accord pour estimer que les ouvrages du grand orientaliste, qui avait été à toutes les sources possibles, tant du côté musulman que du côté chrétien, restent la référence.

  • Les troubadours sont, au XIIe siècle, les auteurs, immensément admirés, des plus anciennes chansons d'amour composées dans une des langues nouvelles de l'Europe, la langue d'oc. Le tremblement du désir et celui de la crainte, la ferveur et la frustration, la jalousie et la jouissance, tout cela ils l'ont dit de façon si nouvelle et si intense que leurs chansons résonnent encore dans les mots d'amour d'aujourd'hui.
    Le beau livre de Michel Zink rend sa fraîcheur à cette poésie vieille de neuf siècles en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des poèmes, qu'il cite en grand nombre, juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour qu'elle nous enchante et pour qu'elle vive en nous.

  • Les templiers

    Laurent Dailliez

    Parmi les multiples ouvrages consacrés aux Templiers, celui de Laurent Dailliez est devenu un classique. L'histoire de l'ordre des Templiers a souvent été déformée ou obscurcie, depuis bientôt sept siècles, par le tissu de secrets, de mystères et de légendes dont tant d'auteurs l'ont enrobée, et au premier chef par les prétextes (hérésie, idolâtrie, sodomie) dont usa Philippe le Bel, avec la complicité du pape Clément V et des inquisiteurs, pour obtenir, au terme de sept ans de procès (1307-1314), la dissolution de la congrégation et la mort de tous ceux qui avaient refusé d'avouer leur appartenance à cet l'ordre. Laurent Dailliez a examiné et confronté quelque 14 500 documents d'origine pour restituer avec précision, clarté, rectitude, sans aucun parti pris, la véritable histoire de deux siècles de vie de ce prestigieux ordre religieux de chevalerie.

  • La fortune des Médicis

    Jean-Yves Boriaud

    • Perrin
    • 19 Septembre 2019

    Le siècle dit « des Médicis » passe pour un moment d'exception, un modèle d'équilibre politique comme de perfection esthétique. Au xve siècle affluent effectivement à Florence, en ce brillant Quattrocento, artistes, architectes, érudits et philosophes qui en font le phare de la Renaissance italienne. Mais rien n'aurait été possible sans la toile économique patiemment tissée depuis des dizaines d'années par les fondateurs méconnus de la dynastie des Médicis, des banquiers qui, en dépit des graves soubresauts qui agitèrent l'histoire de la ville, montèrent un réseau de succursales qui firent la fortune de la famille. Fort de sa connaissance intime de la période, Jean-Yves Boriaud montre comment les Médicis, appuyés sur cette solide infrastructure, réussirent à s'emparer, sous Cosme (1434-1464) puis Laurent « le Magnifique » (1469-1492), de la réalité du pouvoir politique dans cette « république » aux rouages compliqués et à conforter cette puissance en se constituant une cour de haute culture, à même de célébrer les exceptionnels mérites du clan. Cela avant que le système montre ses limites et qu'en sollicitant à l'excès les ressources de la banque familiale, Laurent et ses successeurs ne le conduisent à l'échec final, la faillite de 1494.
    L'ascension, l'apogée et la chute d'une famille mythique, racontée avec brio par l'historien des Borgia.

  • La domination musulmane en Espagne commença en 711 avec le débarquement du berbère Tarik, s'étendit rapidement grâce au prince omeyyade Abdar Rahman, qui fonda l'émirat de Cordoue (756) et culmina à la fin du Xe siècle. L'auteur dépeint les hauts faits et la civilisation des grands émirs qui consolidèrent, agrandirent le royaume et combattirent les royaumes chrétiens du nord de la péninsule. Il fait une large place au rôle de l'Espagne musulmane, toutes religions confondues, dans la transmission de la pensée et des oeuvres des écrivains, des philosophes et des mathématiciens de la Grèce antique, aux " intellectuels " d'Occident. Il dépeint l'essor de l'architecture dont l'influence se répandit dans toute la France centrale et la société hispano-musulmane. C'est la reprise de Tolède en 1085 qui fut la première grande étape de la " Reconquista ". En 1270, l'Espagne musulmane se réduisit au petit royaume de Grenade qui subsista encore 222 ans, et dont la conquête par les Rois catholiques acheva l'unité de la péninsule.

  • Entre 1947 et 1956, dans le désert de judée près de la mer morte, furent découvertes des jarres contenant des rouleaux rédigés en hébreu et en araméen par les esséniens, du iie siècle avant j.-c.
    Au ier siècle de notre ère. réunis ici pour la première fois intégralement, ils constituent les plus anciens écrits bibliques connus, témoignage de la culture qui donna naissance aux textes fondamentaux du judaïsme et du christianisme. psaumes attribués au roi david, prophéties d'ezéchiel, jérémie et daniel, révélations prononcées par les anges, dernières paroles de juda, joseph, lévi ou amram : ces textes, fulgurantes poétiques, écho des combats épiques entre le maître de justice et le prêtre impie, entre les fils des ténèbres et les fils de la lumière, sont d'une importance capitale pour éclairer les sources mêmes de notre civilisation, la relation cruciale entre l'homme et le sacré.

  • En épousant Aliénor d'Aquitaine en 1152, le jeune héritier du trône d'Angleterre Henri II étend son influence sur le continent : de l'Ecosse aux Pyrénées, de l'Irlande au Limousin, l'empire Plantagenêt vient de naître. En trois générations, de 1154 à 1224, il va s'imposer sur l'échiquier européen comme un partenaire aussi inévitable que menaçant. Mais durer ne sera pas la moindre de ses difficultés : cet assemblage de comtés, marches et autres duchés sera sans cesse en rébellion, d'autant que, par serment, le Plantagenêt est à jamais le vassal du roi de France. En s'entourant d'une cour brillante composée de clercs savants qu'il a fait venir à prix d'or en Angleterre, Henri II met en place un Etat fort et centralisé pour cimenter cet espace politique disparate : quoi de commun en effet entre les Bretons et les Aquitains ? Mais ce n'est pas là tout le génie politique d'Henri II. En s'offrant les plus belles plumes de l'époque, il fabrique la légende Plantagenêt, réécrit l'histoire familiale, s'invente des ancêtres aussi improbables qu'Arthur, le célèbre roi celte. Bientôt, dans toutes les cours de ses principautés, on chantera les louanges du maître et la fierté de le servir aiguisera l'affrontement contre le Capétien.Et pourtant, les Plantagenêt sont aussi l'exemple d'une humanité impossible : les coulisses du pouvoir of-frent le spectacle d'une famille déchirée, soudée par la haine et dont les fils - Richard Coeur de Lion ou Jean sans Terre - sont prêts à tuer le père pour sauver leur mère Aliénor répudiée. Ce combat des Atrides qui inspirera trois siècles plus tard les plus belles pages à Shakespeare est féroce. L'impopularité du meurtre de l'archevêque Thomas Becket, assassiné à Canterbury par quatre chevaliers zélés jette défini-tivement l'opprobre sur la famille. En 1224, la veuve de Jean sans Terre livre à Philippe Auguste le Poitou sonnant le retrait de l'Anglais sur le sol continental : le dernier Plantagenêt, Henri III, y conserve la Gas-cogne, autant dire une peau de chagrin.

  • Le professeur, la femme et le moine : les destins croisés de ces trois personnages emblématiques illustrent les conflits socioculturels qui, au xiie siècle, secouent les bases de la civilisation médiévale.
    Le professeur, Abélard, arrogant et séducteur avant d'être castré, est le premier véritable intellectuel à la mode. Admiré par ses étudiants, il entreprend de rationaliser la foi et d'en dissiper les mystères par la dialectique, dans le but de comprendre pour mieux croire.
    La femme, Héloïse, ardente et cultivée, vouant un véritable culte spirituel et charnel à son professeur et amant, revendique le droit à un amour libéré des chaînes du mariage. Reléguée de force au couvent, elle y rumine ses rêves érotiques et son sentiment de culpabilité tout en se comportant en pieuse abbesse.
    Le moine, futur saint Bernard, un ascète devenu la plus haute autorité morale et doctrinale de son époque, défend une foi rigoureuse, fondée exclusivement sur l'Écriture, hostile à toute intrusion de la raison et des passions humaines, et au nom de laquelle il fait condamner Abélard et surveiller Héloïse.
    La liaison du couple est trop souvent réduite à une simple histoire d'amour, et on oublie l'intrusion du moine, dont l'ombre plane sur cette époque tandis qu'il veille à étouffer l'émergence, au sein de la religion médiévale, des exigences subversives de la raison et de la passion charnelle. Georges Minois restitue ici toute sa force dramatique à l'histoire de ce trio devenu mythique.

  • De la germanie antique à la France du XIIe siècle, le livre de Dominique Barthélemy. La chevalerie s'épanouit dans une grande compétition entre jeunes nobles : ils tiennent à donner le spectacle de prouesses réitérées plutôt que l'exemple d'une mort héroïque. Elle n'est donc nulle part plus présente que dans les tournois et à la cour du prince, où l'on en fait le récit. C'est en France aux XIe et XIIe siècles qu'apparaît cette chevalerie classique. Bientôt toute l'Europe en adopte les codes, et les Arabes eux-mêmes l'admirent à l'occasion. Mais d'où vient pareille civilisation des moeurs guerrières ? Est-elle vraiment à l'opposé des habitudes de vengeance qui caractérisaient les Francs et d'autres peuples "barbares" du haut Moyen Age ? Cet ouvrage novateur et incontournable part en quête des origines de la chevalerie et donne ainsi les clés de lecture de l'univers chevaleresque.

  • Le confl it entre Armagnacs et Bourguignons, qui revêt d'abord la forme d'une querelle entre les deux princes les plus puissants de la cour de France et dégénère ensuite en une guerre civile, paraît diffi cilement compréhensible. Ses motifs semblent obscurs. Son déroulement est souvent masqué par les péripéties de la guerre de Cent Ans. En fait, ces événements constituent les signes extérieurs d'une des crises les plus profondes que l'Etat monarchique ait eu à surmonter au Moyen Age. Ce sont deux conceptions de l'Etat qui s'affrontent. Le royaume de France tout entier se partage en deux camps. Le personnage même de Jeanne d'Arc ne peut être évoqué en dehors de ce contexte de guerre civile dans lequel notre " héroïne nationale " a grandi et s'est forgé ses propres convictions.
    Bertrand Schnerb montre de manière saisissante ce qu'est une guerre à la fin du Moyen Age. L'ensemble constitue un tableau très éloquent de la France au début du XVe siècle.

  • Versailles, 1er septembre 1715. Louis XIV s'éteint. Ainsi finissent le « Grand Siècle » et la « prépondérance française », ainsi commence le « siècle des Lumières ».

    Que signifient ces notions pour le reste du monde ? Les esclaves emmenés vers l'Amérique savent-ils qui est Louis XIV ? Que valent les « Lumières » pour la Perse séfévide, l'Inde moghole ou le Japon d'Edo ? Kangxi, l'empereur de Chine qui fut l'exact contemporain du Roi-Soleil, vit-il jamais en lui autre chose que le roitelet d'un lointain pays tributaire ?

    Autour de l'année 1715, en observant les relations que la France et l'Europe tissent avec les autres continents, Thierry Sarmant nous entraîne dans un fascinant voyage, de Versailles à Saint-Pétersbourg, d'Ispahan à Constantinople, de Delhi à Mexico. Un voyage qui éclaire l'essor de l'Occident vers une hégémonie mondiale.

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