Picard

  • Pour éclairer les pratiques de la vie quotidienne au temps de saint Louis, ce livre croise les trois sources fondamentales de l'histoire médiévale : sources écrites - ici les fabliaux -, iconographie et archéologie, issues d'une même aire géographique et culturelle, la France du Nord, la Flandre, l'Angleterre du Sud, et de la même période (fin XIIe - 1re moitié XIVe siècle). La littérature de divertissement, qui procure mille détails inédits et concrets sur le mode de vie (habiter, manger, se vêtir), les métiers et les activités (paysans, serviteurs, artisans, marchands), livre aussi les façons de s'exprimer, de bouger, de penser. Les fabliaux prennent tout leur sens une fois confrontés avec le riche inventaire d'un mobilier archéologique trop peu connu et avec le corpus plus ample encore des enluminures médiévales. Ce travail, à la croisée des sources, s'imposait pour mettre en lumière un sujet plus important qu'il n'y paraît, la " culture matérielle ", dont l'histoire " n'a pas d'autre objet que la condition humaine " (Jean-Marie Pesez)

  • Analyse du passage du culte des dieux civiques aux saints patrons avec l'avènement de la chrétienté. Les auteurs examinent le monde tardo-antique dans son ensemble, et notamment la Gaule.

  • A côté de livres et de manuels, les médiévistes publient le fruit de leurs recherches dans des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. C'est à la nécessité de regrouper des travaux dispersés que répond la collection Les Médiévistes français fondée par Michel Parisse et poursuivie par Dominique Iogna-Prat. En offrant l'occasion de donner une cohérence d'ensemble à ces contributions - remaniées et solidement introduites d'un point de vue méthodologique -, il s'agit de rendre accessible à un public large une personnalité et une oeuvre.
    La médiévistique représentée parla collection entend croiser les disciplines et ouvrir la culture scientifique française à tous les ailleurs propres à la féconder et à la consacrer. histoire des rites est bien davantage qu'une " histoire de la liturgie " : c'est une histoire des rapports codifiés entre les hommes et le divin, tels qu'ils sont vécus dans les sociétés qu'ils contribuent à structurer.
    Les interactions entre des paroles et des gestes, les milieux qui les inventent et les mettent en pratique et les conceptions du monde sur lesquelles ils s'appuient sont au coeur de cette recherche de longue haleine, menée depuis plus de quinze ans et dont les étapes ont été ici rassemblées et retravaillées. Au commencement sont les réalités constitutives de l'action rituelle : des mots (ceux du Canon de la messe), des moments (le triduum pascal, coeur calendaire du système chrétien), des éléments matériels (le vin, le feu).
    Elles disent l'inscription de la ritualité dans les rythmes de la vie sociale. Sont ensuite analysés les enjeux des cérémonies, solennelles ou quotidiennes. Les approches convergent ici vers une phase très particulière de l'histoire de l'Eglise latine, la "réforme grégorienne" quelle a été alors la place des rites ? Que disent les débats dont ils ont fait l'objet sur des évolutions qui dépassent l'espace réservé du sanctuaire ? Comment ont-ils été utilisés dans le processus de construction de la domination cléricale ? Parce que l'auteur de ces études a toujours dialogué avec les historiens du bâti, un dernier volet porte sur les espaces cultuels médiévaux, et notamment leur coeur : l'autel, présenté ici comme un point de gravitation du système de chrétienté.
    Que le volume s'achève sur l'évocation d'un liturgiste des Lumières montre combien, plus que d'autres, les études rituelles sont le fruit d'un héritage séculaire, dont il importe de mener à bien l'inventaire critique ; ce recueil voudrait aussi y contribuer.

  • En se situant à la croisée des sources archéologiques, textuelles et iconographiques, l'auteur livre une archéologie de la santé à partir des vases de pharmacie largement ouverte sur les mentalités médiévales et du début de l'époque moderne : médecins, apothicaires, potiers, peintres, scribes livrent leurs secrets.

  • Choix d'articles qui mène le lecteur au plus près de la vie religieuse à la veille de la réforme grégorienne ; le parcours traverse une grande partie de l'Europe

  • L'ouvrage publié dans cette collection regroupe seize articles touchant aux femmes, à la société qui leur mesure leur place et à l'eglise qui impose progressivement ses modèles.
    Il met en lumière le système global d'échanges qui régule la société du haut moyen age, donne forme aux hiérarchies et aux stratégies de la différence, conforte le pouvoir des puissants, sous-tend la compétition, dans l'espace privé comme dans l'espace public, dans le champ du civil comme dans celui du religieux. l'étude, portant sur la longue durée, fait apparaître l'importance du moment carolingien et les inflexions majeures intervenues à la fin du ixe siècle.

  • Enseignants et chercheurs en histoire médiévale ont en France une activité considérable et reconnue au plan international.
    En dehors des livres et des manuels qu'ils produisent, ils donnent une part importante des fruits de leurs recherches à des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. Il est donc nécessaire de procéder à un regroupement de leurs articles dispersés pour permettre à un large public de prendre connaissance de leurs résultats ; de leurs hypothèses, et de leurs projets. La collection consacrée aux médiévistes français répond à cette préoccupation.
    Ici, la personnalité du médiéviste donne au livre toute sa cohérence. Les seize articles dans ce volume tentent de saisir la place qu'occupe la violence à la fin du Moyen Age dans une société ou s'impose l'Etat justicier. Louée, nécessaire à l'établissement de la réputation, impérative pour rétablir l'honneur blessé dans un processus de vengeance, la violence continue d'être largement pratiquée par toutes les couches sociales, nobles et non nobles.
    Mais le roi et les juges, qui partagent l'ensemble de ces valeurs tout en défendant l'ordre public, la codifient, définissent ses modes de condamnation et sa légitimité, tandis que les nobles tendent à l'exercer comme un privilège dû à leur rang.


  • la religion chrétienne s'est installée en gaule en utilisant la présence séculaire de rome, si bien que les plus anciennes paroisses vont se situer dans les villes et le long des routes.
    rapidement, les riches propriétaires construisirent des oratoires privés sur leurs domaines, en si grand nombre que l'on a pu affirmer que l'époque carolingienne a vu la conquête des campagnes par le christianisme. pendant les deux siècles suivants furent créées les paroisses d'origine castrale et surtout priorale. le clergé paroissial comprit pendant longtemps deux catégories de prêtres, ceux de bourgs relevant de l'évêque et ceux qui desservaient les chapelles privées, soumis plutôt aux puissants des domaines.
    la réforme grégorienne les émancipa pour les mettre le plus souvent sous la tutelle des monastères et des collégiales. au xiiie siècle, ces curés - c'est seulement alors que le mot apparaît - sont disciplinés et bien contrôlés par l'évêque. pour le fidèle, la paroisse est une institution à ce point providentielle qu'il ne peut guère en échapper. dans ce cadre territorial bien défini, le clergé, en effet, intercède pour lui, dispense le baptême, prie pour les morts et alourdit peu à peu son emprise, notamment au moment du mariage et de la confession.
    on a pu dire que la vie religieuse médiévale s'était cléricalisée à défaut de se christianiser. cette affirmation est-elle fondée ? ne sommes-nous pas victimes de préjugés nés des conciles de trente et de vatican ii curieusement réunis ? ce christianisme vécu dans la paroisse médiévale était au contraire remarquablement adapté aux gens de ce temps et leur a permis de réaliser une authentique communauté qui, même en partie laïcisée, demeure jusqu'à nous.
    c'est à cette découverte passionnante que l'auteur nous convie.

  • Cet ouvrage étudie la place occupée, au propre et au figuré, par les femmes et les hommes de l'aristocratie de la Renaissance et confronte à l'échelle de l'Europe les modes de vie des principaux protagonistes de la société de cour au début des Temps modernes, en comparant leurs logis.

  • Cet ouvrage se propose de publier en français un ensemble d'études novatrices de Joseph Morsel, universitaire français spécialiste du monde médiéval germanique, qui traitent de la question de la reproduction sociale au Moyen Âge à partir de l'exemple de la noblesse médiévale. Il est en effet essentiel de prendre en compte les rapports de parenté et de lignage pour comprendre la reproduction durable du pouvoir de cette noblesse. Les résultats auxquels est parvenu l'auteur sont le fruit d'une approche mêlant recherche historique, sociologique, ethnographique et sémiotique extrêment prometteuse.

  • Véritable histoire du gouvernement et de l'administration française à I'époque de la monarchie des Bourbons, entre l'avènement de Henri IV et l'effondrement du pouvoir personnel de Louis XVI.

  • La société médievale

    Franco Cardini

    • Picard
    • 13 Octobre 2012

    Franco Cardini, historien italien de renommée internationale, embrasse un millénaire de vie sociale, religieuse et artistique en Europe. Des années 400 à 1400, il retrace l'évolution d'un monde éclaté à la chute de l'Empire romain vers la construction ecclésiale et monastique, l'invention de la cour féodale, l'émergence des villes, la naissance des sciences et des mouvements artistiques : un univers complexe aux strates sociales bien définies, mais permettant par moment de vastes espaces de liberté.
    Le paradoxe médiéval est celui d'une Europe qui, bien que partageant de nombreux aspects du point de vue culturel et économique, voit ses peuples se déchirer en des guerres sans fins.
    Bien que le Moyen Âge ait longtemps été associé aux périodes sombres et troublées de l'Europe, la continuité politique, artistique, sociale, idéologique et culturelle de la chrétienté est remarquable. L'utilisation commune du latin, les nombreux échanges commerciaux et intellectuels, la puissance de l'Église, en font un espace dans laquelle l'homme médiéval connaît et trouve sa place, à Paris, à Londres, à Aix-la-Chapelle ou à Florence.
    L'auteur suit un cheminement chronologique, tout en rassemblant des événements ou de genres permettant de comprendre les composantes de la société médiévale : montée du monde ecclésial et artistique, place des femmes, relation vassal-suzerain, thème de l'étranger, relation ville-campagne, transmission du savoir ou fascination pour l'Orient ou les sciences.
    Franco Cardini livre une synthèse renouvelée des spécificités de la société médiévale. Il cherche à saisir l'extraordinaire complexité de la période tout en la rendant intelligible au lecteur. À partir d'une très riche iconographie, il balaye toute l'Europe, de l'Irlande à la péninsule Ibérique, de la Scandinavie à l'Italie, pour aboutir à l'aube d'un nouveau monde, que les historiens appelleront du nom de Renaissance en référence au monde antique qui demeure la source d'inspiration privilégiée du monde médiéval.

  • Un prénom et un nom pour désigner une personne nous apparaît comme « naturel », d'autant plus que ce système s'est imposé à une grande partie de la planète. En Europe occidentale, l'usage de désigner toute personne par un prénom et un « nom de famille » s'est installé très tôt, entre l'an mil et le XIVe siècle. C'est à cette naissance, à ses rythmes, à ses nuances régionales que se sont consacrés les auteurs, dont ce volume rapporte la démarche et les principaux résultats. Ils décrivent les étapes qui ont permis d'analyser comment dans la période centrale du Moyen Âge, s'est construite une « nouvelle anthroponymie », pour désigner une partie de la population, les hommes laïcs. Car c'est pour eux que s'est créée l'anthroponymie à deux éléments, le nom et le surnom. Rapidement, cette enquête, partie de quelques régions françaises, s'est élargie à l'Europe. Ce livre montre les développements qui se sont imposés aux chercheurs, dont la question de la stigmatisation par le nom ainsi que la manière dont l'anthroponymie réagit aux migrations. Derrière ces questions, c'est tout le rôle, intégrateur ou discriminant, de l'anthroponymie qui est posé. La société médiévale n'est pas tendre, elle rit de l'aveugle et se moque du boiteux, elle se méfie de l'étranger qui passe, mais elle ne manque pas de solidarité et d'ouverture sur le monde. Les auteurs font par ailleurs le point sur les concepts, les méthodes et les instruments statistiques qui ont été mis au point et constituent maintenant un protocole applicable pour de nouveaux corpus. Ils en font un ouvrage de référence sur la question du nom au Moyen Âge.

  • Trois grandes civilisations se partagent la méditerranée médiévale : l'occident latin, l'orient byzantin, le proche-orient musulman.
    Chacune d'elles est le plus souvent étudiée de manière exclusive des deux autres. la méditerranée apparaît ainsi cloisonnée, partagée, compartimentée. or, à partir du ixe siècle pour venise, du xie siècle pour gênes, ces deux républiques maritimes établissent des liaisons commerciales avec les deux parties de l'orient. elles dilatent l'espace parcouru par les marchands occidentaux, créent des itinéraires au long cours, établissent des comptoirs accueillant leurs hommes d'affaires et un flux continu d'émigrés latins.
    Un véritable commonwealth économique se crée, non sans rivalités entre les puissances occidentales. a travers le prisme génois, cet ouvrage cherche à décrire espace, itinéraires comptoirs ouverts aux occidentaux.

  • D'apparence modeste ou luxueuse, les nombreuses maisons fortifiées qui occupent encore la campagne, invitent l'archéologue, spécialiste des châteaux médiévaux, à se pencher sur leur histoire. Celle de leurs vestiges matériels nous éclaire d'abord sur la mise en oeuvre de matériaux de construction variés, de techniques architecturales originales, notamment pour les installations de confort, le chauffage, l'hygiène ; de plus, le décor n'échappe pas aux occupants, trop souvent assimilés à une population de militaires un peu rustres. La chronologie de ces habitats ruraux est désormais assez bien établie ; l'exploitation des textes et les datations par dendrochronologie pratiquées dans de nombreuses régions, permettent de situer leur phénomène d'apparition, à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, la mise en place du plus grand nombre s'effectuant entre 1250 et 1350. Au fur et à mesure que la connaissance de la maison se précise, l'histoire de ses habitants se dévoile. Dans un premier temps, des petits seigneurs chevaliers - parfois à l'origine des premières mottes au XIe siècle -, portent le nom de leur terre, puis, avec l'avènement d'une noblesse de service, ce sont des juristes, des magistrats ou autres officiers des comtes et des ducs qui cherchent à se distinguer du reste de la population, en occupant un lieu de résidence semblable à celui des authentiques lignages. Tous appartiennent à une aristocratie laïque, au sens d'élite sociale, ils bénéficient de nombreux privilèges et d'une certaine aisance financière. Cette aristocratie inscrit dans sa résidence - un logis fortifié - les codes qui marquent son identité culturelle. Résider à la campagne, dans une maison "noble et forte" est considéré au XIVe siècle, comme un indicateur de réussite sociale. Compte tenu de la variété et de la richesse des informations que nous lègue ce "petit château", il est temps de donner un cadre scientifique à des recherches régionales trop souvent limitées à des inventaires, conduits sans autre perspective qu'un intérêt patrimonial. Cet ouvrage, qui n'offre qu'un aperçu des multiples directions de recherche proposées par les habitats fortifiés mineurs au Moyen Age, aura, nous l'espérons, rendu à la maison forte ses lettres de noblesse...

  • Le colloque international Artistes, artisans et production artistique au Moyen Age qui s'est tenu à l'Université de Rennes II du 2 au 6 mai 1983, a réuni plus d'une centaine de spécialistes français et étrangers. Les Actes de cette rencontre présentent, en trois volumes, les contributions des participants et la synthèse des discussions. Dans le cadre des études médiévales se développe depuis quelques années une Histoire de l'Art plus proche des préoccupations des spécialistes d'autres disciplines. Une Histoire de l'Art s'intéressant aux conditions de la production des oeuvres, aux hommes qui les ont exécutées, aux moyens techniques mis à leur disposition, au rôle des aoristes et des artisans dans la société médiévale, au commerce des objets, et à la réception des oeuvres d'art par le public auquel elles sont destinées. La diversité des travaux exposés dans ces trois volumes témoigne de l'intérêt porté à ce sujet par les historiens, historiens de l'art, sociologues, archéologues ou littéraires. De l'Antiquité tardive à la fin du Moyen Age, cette approche pluridisciplinaire garantit des ouvertures nouvelles parmi les nombreux chemins de recherche qu'éveillent ces Actes. Réunis autour de Xavier Barral i Altet les participants au colloque de Rennes se sont engagés dans des débats auxquels l'Histoire de l'Art du Moyen Age sera largement redevable dans l'avenir. En prolongeant un événement scientifique de première importance, les Actes de ce colloque deviennent un instrument de travail indispensable pour tous les spécialistes des sciences historiques. Ce troisième volume des Actes regroupe dans la première partie des contributions qui étudient la fabrication de l'oeuvre d'art, notamment les questions relatives aux productions en série, à la préfabrication et à l'industrialisation de certaines techniques. Une attention particulière est portée au travail des sculpteurs et à la confection et illustration des manuscrits. La deuxième partie du volume aborde la consommation de l'oeuvre d'art : sa diffusion, son utilisation et sa réception. Comment fonctionnaient au Moyen Age les circuits de vente, les exportations ou le commerce de la production artistique? Comment était perçu par le public le message des artistes et des commanditaires? Le présent ouvrage fournit de nombreux modèles de méthodes d'approche de l'art médiéval. Ce troisième et dernier volume des Actes contient l'index général pour l'ensemble du colloque.

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