Points

  • Les procès intentés aux animaux, la mythologie du bois et des arbres, le bestiaire des fables, l'arrivée du jeu d'échecs en Europe, l'histoire et l'archéologie des couleurs, l'origine des armoiries et des drapeaux, l'iconographie de Judas, la légende du roi Arthur et celle d'Ivanhoé : tels sont quelques-uns des sujets traités par Michel Pastoureau dans cette Histoire symbolique du Moyen Âge occidental.
    L'auteur, qui construit cette histoire depuis trois décennies, nous conduit ainsi sur des terrains documentaires variés : le lexique et les faits de langue, les textes littéraires et didactiques, les armoiries et les noms propres, les images et les oeuvres d'art. Partout, Michel Pastoureau souligne avec force combien cette histoire symbolique des animaux et des végétaux, des couleurs et des images, des signes et des songes, loin de s'opposer à la réalité sociale, économique ou politique, en est une des composantes essentielles.
    Pour l'historien, l'imaginaire fait toujours partie de la réalité.

  • L'ordre du temple est le premier exemple d'une création originale de la chrétienté médiévale occidentale : l'ordre religieux-militaire.
    Au me siècle, dans le vaste mouvement de la réforme grégorienne et de la croisade, le nouveau chevalier du christ, tel que saint bernard l'a magnifié, prononce les voeux du moine, vit selon une règle, mais agit dans le siècle. et de quelle manière ! puisque, pour sa foi, il combat, il tue et il meurt. créé pour protéger les pèlerins de jérusalem reconquise par les croisés, il étend sa mission à la défense des etats latins d'orient, puis à l'espagne de la reconquista.
    Sa mise en accusation brutale, en 1307, par le roi de france philippe le bel, fut suivie d'un procès inique et de sa suppression en 1312. l'ordre du temple est devenu le bouc émissaire d'un conflit qui le dépasse et qui fut exacerbé en france par la personnalité du roi et de ses conseillers : le conflit entre un pouvoir spirituel sur la défensive et l'etat moderne qui s'affirme en occident depuis le milieu du xiiie siècle.

  • Jeune lecteur de Walter Scott, Jacques Le Goff est parti très tôt à la recherche du Moyen Age, un monde à la fois proche et lointain. Refusant la légende "noire" du Moyen Age comme les rêveries idéalisées, il fait revivre ici l'intense richesse d'une civilisation, marquée par l'Eglise chrétienne. Insistant sur la capacité d'innovation d'une culture qui se disait hostile à toute nouveauté, il n'hésite pas à évoquer de multiples "renaissances". Dans cette synthèse originale et passionnée, il montre que l'humanisme n'a pas attendu la Renaissance pour apparaître. Et que l'Europe à venir ne s'aurait s'inventer en oubliant son passé.

  • Méprisés pendant des siècles, encensés par les romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. « Godiche » ne vient-il pas de « gothique » ? « Féodal » ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? « Moyenâgeux » les vieilleries poussiéreuses ?
    Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire émergent enfin. Le Moyen Âge est mort. Vive le Moyen Âge !

  • D'Hugues Capet à Philippe Auguste, les premiers monarques capétiens jetèrent les bases d'un gouvernement monarchique absolu qui allait durer jusqu'à la Révolution française. Si, après l'élection d'Hugues Capet, en 987, la dynastie s'enlise au milieu des châteaux et des guerres de voisinage, au tournant de l'an 1100, les monarques capétiens entreprennent d'exploiter, accélérer ou simplement accompagner les profonds bouleversements qui agitent la société féodale pour donner naissance à un mode de gouvernement inédit jusque-là.
    En s'appuyant sur les chroniques de l'époque et sur les récentes découvertes de l'anthropologie sociale, Dominique Barthélemy met au jour le fonctionnement d'un système de canalisation des conflits et dévoile le caractère structurel et dynamique du système féodal pour donner un nouveau sens à la fameuse « mutation » de l'an 1100, si décisive dans l'établissement de la monarchie française et la transformation de la France en nation.

    Ancien élève de Georges Duby, aujourd'hui professeur à l'université de Paris-IV et directeur d'études à l'École pratique des hautes études, Dominique Barthélemy a publié une série d'études sur l'an mil et la France capétienne qui font référence depuis les années 1980, notamment Chevaliers et miracles (Armand Colin, 2004) et La Chevalerie (Fayard, 2007).

  • Quand commence la révolution industrielle ? L'expression de « révolution industrielle » est-elle propre à décrire son objet : faut-il lui préférer le terme anglais de take off ? - ou celui, plus général et plus synthétique, de « croissance » ? Quelles conditions président à son démarrage et à son expansion ? Quelles en sont les conséquences - sociales, culturelles, psychologiques, humaines en un mot ? Ouvre-t-elle le fossé entre les nations dominantes et les nations « prolétaires » ? Où en est aujourd'hui la réflexion des historiens sur cette formidable mutation du travail de l'homme ?
    Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles répond ce livre devenu un classique.

    Jean-Pierre Rioux :
    Spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la France contemporaine, ancien directeur de recherche au CNRS et inspecteur général honoraire de l'Éducation nationale, directeur de Vingtième Siècle. Revue d'histoire, il a notamment dirigé au Seuil une Histoire culturelle de la France (avec Jean-François Sirinelli, « Points Histoire »).

  • Comment la guerre de Cent Ans a-t-elle été vécue en France et en Angleterre ? Derrière les événements militaires et politiques, comment les populations ont-elles réagi au conflit ? En retard dans le domaine des finances et de l'organisation militaire, la France commença par essuyer de nombreux revers avant de retourner la situation à son profit. Mais, loin du champ de bataille, c'est dans les sociétés elles-mêmes que les changements et les évolutions furent les plus profonds. À travers une étude comparative des deux nations, Christopher Allmand s'attelle ainsi à déchiffrer ce que la guerre signifia pour les hommes des XIVe et XVe siècles, tandis que, peu à peu, on voit émerger de part et d'autre de la Manche les prémices d'un sentiment national. Préface inédite de Jean-Philippe Genet.

  • Pendant près de trois siècles, les Carolingiens ont aboli les frontières entre royaumes nationaux pour renouer avec l'ambition d'un empire dont les limites coïncideraient avec celles du monde chrétien. Et pourtant, les connaissances de nos contemporains sur les VIIIe, IXe et Xe siècles se bornent souvent à des symboles : la bataille de Poitiers (732), l'invention de l'école par Charlemagne (789), le traité de Verdun (843). Cette histoire des temps carolingiens permet de remettre en perspective ces jalons communs.
    L'originalité de l'ouvrage tient à l'ampleur de la chronologie envisagée et à l'espace étudié. Pour comprendre les mécanismes sociaux et idéologiques qui ont porté, puis maintenu, les Carolingiens au pouvoir, il faut écrire leur histoire depuis les débuts du principat de Charles Martel (714) et jusqu'au moment où le dernier héritier est définitivement écarté du trône (991), ce qu'aucun livre récent n'a fait. Le point de vue choisi est celui de la France occidentale, non pour y rechercher les racines d'une France qui n'existe pas, mais parce que cet espace est un point d'observation excellent pour comprendre le fonctionnement du gouvernement carolingien. Le cadre de la chronologie politique sert ainsi à rythmer une histoire plus globale, celle des sociétés carolingiennes.

  • Au-delà de la peur de manquer, il y a la crainte de manger du corrompu et du malsain. En même temps qu'il a cherché à réduire la pénurie, l'Occident a ainsi progressivement mis sous surveillance l'ensemble de la chaîne alimentaire. Notre comportement alimentaire a une longue histoire que Madeleine Ferrières s'attache ici à reconstituer.

    Madeleine Ferrières :
    Professeur d'histoire moderne, elle est spécialiste de la culture matérielle. Elle a publié Le Bien des pauvres. La consommation populaire en Avignon (1600-1800) (Champ Vallon, 2004), et Nourritures canailles (« Points Histoire », 2010).

  • Pour nos contemporains, la révolution industrielle est située en Angleterre au XVIIIe siècle. Jean Gimpel nous démontre qu'elle plonge ses racines au Moyen Âge, qui avait déjà révolutionné le monde du travail par le renouvellement des sources d'énergie et par l'invention technologique.

    C'est un autre Moyen Âge qui nous est ici conté ? ni celui des croisades ni celui des troubadours ? un Moyen Âge inattendu et longtemps inconnu.

    Une époque que Jean Gimpel n'hésite pas à comparer à la nôtre. Audacieux parallèle ou surprenante actualité ?

  • Moines et chevaliers, serfs et seigneurs, guerriers et nobles dames... La société médiévale met en scène des figures qui, aujourd'hui encore, frappent l'imaginaire.
    François Icher s'emploie ici à décrypter cette civilisation, en faisant revivre les codes qui la régissent et les hommes qui l'animent, qu'ils prient, qu'ils combattent ou qu'ils travaillent, les lieux emblématiques qui la constituent - cathédrales, châteaux et forêts - et les peurs qui hantent les peuples, pour restituer, le Moyen Âge français dans toutes ses dimensions et sa complexité.

  • « En l'an mil, les mots demeuraient les mêmes que deux cents ans auparavant : Dieu, la justice, la guerre et la paix, la loi ; le roi, l'évêque, l'abbé, le comte ; le palais, la cité, la muraille, le domaine ; l'Église et les églises ; les grands, les humbles, le peuple chrétien ; et le royaume des Francs.

    Mais la réalité, imperceptiblement, a commencé d'en décoller. Au sein même d'un monde qui continue, un autre a déjà commencé de vivre, ici déjà visible, là encore embryonnaire. Au sein de la chrétienté occidentale, un royaume morcelé, tronçonné, a pris corps. »

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