Publications De L'universite De Provence

  • Une sphère « dont le centre est partout, la circonférence nulle part » :
    La description résonne aux oreilles du lecteur français depuis les Pensées de Pascal. Cependant, dès le xiii e siècle en France, on identifie Dieu à cette sphère, on traduit la métaphore en français et on la répète de livre en livre. Cet ouvrage suit les méandres de cette histoire dans toute la diversité écrite que lui réservait le Moyen Âge : de la théologie (le Sermon sur la sphère et les Règles théologiques d'Alain de Lille) en passant par la littérature (le Roman de la Rose de Jean de Meun) jusqu'à la synthèse scientifique (l'encyclopédie de Vincent de Beauvais, ses traductions et abrégés) ; du latin jusqu'au vernaculaire.

  • Comment la Provence devient-elle française, à l'instigation du redoutable Louis XI ? Quelles sont les convoitises et ambitions royales face aux diverses principautés du Midi provençal, relevant alors de l'empire germanique ? Quels moyens se donne le roi et quelles répercussions sur le Dauphiné frontalier ? Ces questions jusqu'alors peu fréquentées par les historiens et qui trouvent ici de larges éclairages, fondés sur des sources parfois inédites, couvrant une période de plus de quatre décennies (1440-1483), une zone géographique associant l'ensemble des petits Etats du Midi provençal avec une approche des enjeux géopolitiques à diverses échelles, locale, française, européenne.
    Une attention particulière est portée aux rapports houleux et aux intrigues nouées entre Louis XI et le roi René, avant-dernier comte de Provence, que l'on découvre bien peu conforme à sa légende dorée, mais aussi aux intermédiaires entre deux Etats sur le point de "s'unir" et aux vecteurs humains de l'influence française dans le Midi. Voici donc le récit d'une étape majeure de l'histoire d'une principauté méridionale qui aurait pu ne jamais devenir française.

  • L'essor actuel des recherches sur les récits de voyage médiévaux se nourrit d'un renouveau des perspectives et des approches. Les dix contributions présentes dans ce volume explorent deux pistes : d'une part les liens entre récits de voyage et géographie, d'autre part la place de ces récits dans le développement d'une quête du "moi" au cours du Moyen Age. La frontière entre récit viatique et traité de géographie est floue et les définitions de ces deux domaines demeurent poreuses tout au long du Moyen Age.
    De la même façon, la place que tient l'écriture du voyage dans la naissance de l'autobiographie est significative et les histoires de ces deux genres littéraires se croisent fréquemment. Ces deux aspects, souvent opposés, rarement rassemblés, ne sont cependant pas antinomiques, mais méritent d'être examinés de façon conjointe. En effet, le voyageur, confronté à des lieux et des expériences nouveaux, qui viennent enrichir les connaissances géographiques, est aussi amené à un retour sur soi et à un questionnement sur son identité.

  • Entre les années 970, oú elle se constitue marquisat, et 1482, date de l'annexion à la france, la provence s'affirme comme une principauté territoriale à part entière, à l'identité fortement marquée.
    Des hommes et des femmes, traversent cette histoire : l'abbé isarn de saint-victor, porte-parole de la paix dieu, le brigand raimond de turenne, chef des grandes compagnies, le roi rené, généreux mécène, mais aussi teucinda, fondatrice de montmajour, la comtesse béatrice, héritière convoitée par de nombreux prétendants, ou la reine jeanne soumise à une double légende dorée et noire. ces personnages apparaissent comme les types de groupes sociaux en pleine transformation : comtes chaque jour plus puissants, guerriers à leur service féodal ou en révolte ouverte contre eux, seigneurs affirmant l'indépendance de leurs châtellenies, marchands citadins traitant avec l'orient, paysans asservis luttant pour leurs libertés ou ordres monastiques nombreux et divers.
    Connaître en profondeur et expliquer cette société est le but du présent ouvrage, qui intègre les progrès remarquables accomplis récemment par la recherche historique sur la provence médiévale.

  • Argent d'un côté, or de l'autre ? La Méditerranée médiévale est un espace de production et de circulation pour les métaux précieux tissé entre trois mondes connectés : la chrétienté romaine à l'ouest, la chrétienté orthodoxe à l'est et l'Islam au sud. À l'origine de nombreux objets de la culture matérielle et des monnaies, les métaux précieux (or, argent, cuivre, plomb, zinc) emplissent les sociétés, structurent les économies et suscitent de puissants enjeux de pouvoirs. Cet ouvrage collectif, rassemblant les actes d'un colloque international où près de cinquante chercheurs - archéologues, historiens, géochimistes - sont venus débattre, propose d'ouvrir une large enquête sur ces métaux précieux, autant par des approches techniques qu'économiques, sociales ou politiques.

  • La Méditerranée des villes est déclinée dans une perspective braudélienne et une approche sociologique. Villes comme noeuds de communication de routes maritimes, depuis les villes portuaires du Nil et l'île-cité de Patmos jusqu'aux brillantes capitales, Constantinople ou Damas, ou de moins illustres comme Savone ou Smyrne qui eurent pourtant leur heure de gloire. D'autres villes, comme Tlemcen et Bône, se caractérisent par une sédimentation mémorielle, depuis l'Antiquité en passant par la medina médiévale jusqu'à l'époque coloniale qui bouleversa leur configuration.
    Avec les villes de la Méditerranée sont appréhendés leur histoire spécifique, l'ancrage du pouvoir et l'extension de leur territoire.Telle la ville-port de Gênes marquée par des emprises successives sur l'espace, mais aussi Grasse avec ses tours ou encore les villes d'Italie centrale avec le palais des seigneurs et les domus familiales. Marseille se situe dans la confrontation entre la commune et l'autorité royale : elle se veut autonome, parfois indépendante et insoumise.
    Rome passe d'une capitale à éclipse à une grande capitale où la centralisation, la renovatio urbis et les migrations transforment la société et le visage des quartiers périphériques. Apparaissent alors les communautés urbaines, leur vivre ensemble et leur identité. C'est l'histoire en devenir des communautés religieuses de Ciutat de Majorque. C'est le regard des nomades du Maghreb sur les villes. Ce sont les espaces de sociabilité dans les villes chypriotes.
    Enfin, la communauté politique peut s'écrire et perdurer, comme la Chronique de Montpellier, jusqu'à ce que guerres de religion et guerre civile brisent ce qui en faisait le ciment et la mémoire.

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