Puf

  • Les barbares

    Bruno Dumézil

    • Puf
    • 4 Mars 2020

    Depuis trois décennies, le terme de " barbares " a fait l'objet d'un intérêt accru. Alors que la plupart des travaux universitaires portaient jusque-là sur les civilisations bien documentées par les sources écrites, une attention nouvelle a été accordée aux espaces jugés extérieurs, aux zones de contact, aux pratiques d'échanges et aux formes de la représentation mutuelle. Le barbare apparaît aujourd'hui moins comme l'ennemi irréductible du " civilisé " que comme un autre, que l'on doit construire par des dispositifs multiples et qui s'avère nécessaire pour se définir soi-même. Sous une forme proche d'un dictionnaire, deux cents spécialistes questionnent ici la création et l'exploitation de cette altéritéà travers des exemples précis pris dans l'histoire mondiale. Les domaines explorés sont multiples : linguistique, philosophie, sources textuelles, archéologie, histoire de l'art, lieux de mémoire, personnages historiques, droit, culture matérielle, ethnographie, sociologie, historiographie, muséographie, représentations médiatiques...

  • Quels sont les événements historiques qui inaugurent, jalonnent et clôturent le Moyen Âge français ?
    Comment un ensemble de régions dominées par les Francs devient-il progressivement le royaume de France ?
    Quelles sont les valeurs sur lesquelles s'est construite la société médiévale et quelle a été leur évolution ?
    Parcourant mille ans d'his toire française dans un style clair et précis, Claude Gauvard visite la France médiévale, de la fin de l'Empire romain d'Occident jusqu'au crépuscule du XVe siècle. Évoquant tour à tour les aspects économiques, politiques, mais aussi sociaux et culturels de la France médiévale, l'historienne démontre avec brio à quel point cette période, éloignée des stéréotypes négatifs issus de la Renaissance, a ses v aleurs propres fondées sur l'honneur, tout en préfigurant déjà l'État moderne.

  • L'Empire Plantagenêt, formé de territoires aussi divers qu'immenses, est allé de pair avec l'essor d'une cour brillante autour de ses souverains. Au Moyen Âge, des confins de l'Ecosse au royaume latin de Jérusalem, le nom des Plantagenêts résonne dans tout l'Occident. Avoir combattu les Sarrasins aux côtés du roi Richard Coeur de Lion est un motif de fierté. Henri II est soucieux de faire bonne justice. Quant à Aliénor d'Aquitaine, son activité pour défendre les possessions continentales de la famille et le trône d'Angleterre suscite l'admiration de ses contemporains.
    Comment les Plantagenêts, issus du modeste lignage des comtes d'Anjou, ont-ils atteint une telle puissance ? Pendant plus d'un demi-siècle, jusqu'en 1216, ils sont au coeur des affrontements politiques, militaires et religieux. Mais les alliances, les armes et l'argent ne suffisent pas à soutenir leur construction politique transmanche.
    Les relations ambivalentes avec l'Église, de même qu'une idéologie politique teintée de mythe arthurien font mal le lien avec l'image de rois protecteurs et justiciers qu'ils recherchaient. Au début du XIII siècle, de nombreuses possessions françaises se retournent contre eux et entraînent une crise de régime.
    Cependant, les Plantagenêts ont associé leur nom à un style de gouvernance et de vie de cour. Rois-chevaliers, ils ont su cultiver les arts et les lettres et leur saga a inspiré chroniqueurs et troubadours.

  • Trois siècles d'Histoire de France sont présentés dans la seconde édition en poche de ce manuel. Une double approche est proposée : le récit des événements et les préoccupations internationales de la France permettant à l'étudiant de se constituer une solide culture générale, non seulement sur l'histoire politique de la France mais aussi sur les créations intellectuelles et artistiques, les mouvements sociaux, la conjoncture économique, les données démographiques.

  • Le pays que l´on nomme la France n´existe pas avant le second millénaire de notre ère. Pourtant, les mondes anciens participent à la lente construction de l´identité nationale. On doit ainsi aux Gaulois l´élaboration des paysages, à l´Empire romain (Ier-IIIe siècle) le droit et la langue, à l´Antiquité tardive (IVe-Ve siècle) la religion et la forme des relations socio-économiques. Dans une telle perspective, les Temps mérovingiens (Ve-VIIIe siècle) et carolingiens (VIIIe et IXe siècles) apparaissent moins comme des moments de décadence ou de renaissance, que comme des inflexions ap-portées à la civilisation antique.
    Concevoir l´histoire de France sur la très longue durée amène en outre à réfléchir à ce qui unifie une société par-delà les ruptures de la trame historique. Sans viser à l´exhaustivité, l´ouvrage explore ces questions centrales pour la recherche des origines de notre pays.

     

  • Entre le XIe et le XIIIe siècle, la chrétienté médiévale est le théâtre d'une véritable révolution commerciale dont les grands animateurs sont les marchands et les banquiers. C'est une époque de paix - certes relative - qui permet les voyages lointains, mais c'est aussi l'époque d'un essor démographique considérable. C'est enfin et surtout l'âge de naissance ou de renaissance des villes. Que l'on songe à Florence, Rouen, Bruges, Gênes ou Amiens, et bien sûr aux grandes foires médiévales, c'est bien dans ce cadre urbain en plein développement que le commerce, s'émancipant de la tutelle religieuse et favorisant les activités artistiques, s'épanouit et que le capitalisme voit le jour.

  • Rien ne semblait destiner la dynastie capétienne à une si grande longévité, qui la maintient à la tête du royaume de 987 à 1328. La royauté, d'abord élective, devient héréditaire et le roi est peu à peu reconnu dans tout le royaume.
    Les personnalités de ces monarques sont mal connues, mais ils se sont imposés par le succès de leurs conquêtes, par la gestion d'un domaine royal à la pointe du progrès économique et intellectuel, et par l'ancrage religieux de leurs actions. Rois sacrés et guérisseurs, soutenus par le réseau des évêchés et des monastères, ils se sentent responsables devant Dieu du salut de leur peuple. Gouverner leur royaume consiste donc à le purifier, qu'il s'agisse de saint Louis, canonisé en 1297, ou de Philippe le Bel et ses successeurs, grands constructeurs de l'État naissant.
    Loin des idées reçues, ce livre donne la parole aux sources et présente les dernières avancées de la recherche en histoire médiévale pour dessiner l'originalité du temps des Capétiens qui, de rois des Francs, sont devenus rois de France.

  • Ce dictionnaire reconstitue la mosaïque juridique, politique, morale, sociale et religieuse de l'Ancien Régime qui naquit le jour, ou plutôt la nuit du 4 août 1789, au moment même où il disparaissait. L'originalité principale de ce dictionnaire est de considérer l'Ancien Régime comme un monde en soi qu'il convient de connaître et de comprendre dans une perspective historique : il se dessine à la Renaissance, se consolide avec l'absolutisme et se transforme sous l'influence des Lumières. Ce dictionnaire de culture et d'érudition se veut ainsi un plan relief alphabétique élaboré dans la longue durée.

  • Le royaume de France au temps de la guerre de Cent Ans connaît-il les désordres, les violences gratuites et le chaos que suggère l´historiographie traditionnelle ? Loin de nier la profondeur des crises économiques, démographiques et sociales, ce livre montre que l´État s´est construit à travers elles.

    La dynastie des Valois a pourtant eu du mal à s´imposer et à faire face aux défaites et aux révoltes, sans compter les remises en question de sa légitimité. Mais les crises précipitent les transformations politiques : des impôts sont levés, la justice du roi est rendue et lui-même gouverne par la grâce en multipliant les lettres de pardon.

    Dans ces temps de profondes mutations, les acteurs de la vie politique ont toute leur place : les héros de la victoire, de Du Guesclin à Jeanne d´Arc, mais aussi des individus moins connus, rebelles ou soumis à la faveur du roi de France, souverain non plus seulement d´un territoire, mais bien d´un embryon de nation.

  • En partant des sources parisiennes datées du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle (Parlement de Paris, Châtelet, Chartes), Maud Ternon retrace l'appréhension et la prise en charge de la folie au Moyen Âge. L'étude de celle-ci a longtemps été abordée sous l'angle restreint des représentations, et l'ouvrage fondateur qu'est Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault tente avant tout de comprendre comment le geste de renfermement des fous dans les asiles a pu émerger au XVIIe siècle. La période médiévale n'est que peu concernée. Or, les registres des cours de justice médiévales présentent un grand intérêt pour écrire l'histoire sociale de la démence. Ils donnent à voir des représentations de la folie utilisées en contexte par des acteurs variés ; ils permettent d'observer les pratiques mises en oeuvre par la société autour du trouble mental.
    Quelles sont la ou les notions de folie mises en scène au tribunal, au moyen de quel vocabulaire et de quelles catégories juridiques ? Quels genres de comportements peuvent être présentés comme des signes de folie, et comment la preuve en est-elle établie ? Dans quels types de procédures la qualification de folie apparaît-elle le plus et sert-elle le mieux l'intention du plaideur ? Quel est le sort réservé au dément dans chacune de ces situations ?

  • La guerre au moyen-âge

    Philippe Contamine

    • Puf
    • 5 Novembre 1999

    Quatrième de couverture Aux yeux du public, la dimension guerrière du Moyen Âge occidental est d'une évidence massive. Dans cette perspective largement partagée, l'espace médiéval, la société médiévale apparaissent dominés l'un par le château-fort, l'autre par le chevalier. La présente synthèse, visant à évoquer la guerre en tant que phénomène social et fait de mentalité à travers tout un millénaire, ne prétend pas remettre en cause cette vision mais la nuancer, la compléter. Elle s'interroge sur la profondeur de la rupture que les différentes vagues de o grandes invasions » ont entraînée dans le domaine militaire, soupèse les forces et les faiblesses des armées carolingiennes, rappelle le contexte guerrier qui a entouré et en grande partie conditionné la féodalité, examine les changements dans la conduite de la guerre qui ont accompagné et suscité la croissance de l'État. De ce survol ressort l'image d'un Moyen Âge inventif, complexe et mobile, où s'exerça un art militaire moins fruste qu'on ne l'a parfois pensé. Les rapports entre guerre et christianisme font l'objet d'une attention particulière. Même si la conception chrétienne cautionna non seulement l'idée de guerre juste parce que nécessaire mais aussi l'idée de guerre sainte forgée dans l'exaltation de la lutte contre les forces du Mal, elle eut aussi le sens et le souci de la paix, ce qui devait aboutir chez plusieurs courants hétérodoxes aux notions clairement exprimées de pacifisme et de non-violence.

  • « Digne de mourir, comme inutile au monde » : c'est en ces termes que les archives ont conservé la trace de la condamnation à mort d'un valet déclaré coupable de vol, à Paris, en 1391. Est-ce là une simple tournure de phrase destinée à la postérité, ou cette expression traduit-elle la réalité d'un jugement considérant l'« utilité au monde » comme un prérequis au droit de vivre ? Et ce « monde », est-il celui du roi, qui affirme ainsi son pouvoir sur ses sujets, ou celui d'une chrétienté qui ne considère plus que le criminel peut être racheté ?
    Condamner à mort au Moyen Âge n'est pas un acte plus anodin qu'aujourd'hui. Il n'est pas non plus, semble-t-il, plus fréquent. Et si la condamnation est un outil d'affirmation du pouvoir royal, ce n'est pas par sa nature coercitive ou arbitraire, mais par l'encadrement des juges et la pratique de la grâce. C'est là l'autre pan d'un Moyen Âge rénové depuis plusieurs décennies que Claude Gauvard révèle, avec cette volonté d'approcher au plus près, par un examen minutieux et clairvoyant des sources, la cohérence d'une société médiévale qui nous est à la fois étrangère et pourtant fondatrice.

  • Ce premier volume est consacré à la période fondatrice, de l'inauguration de la capitale de Constantin sur le site de l'antique Byzance en 330 aux débuts de la conquête arabe au milieu du VIIe siècle qui détermine les limites territoriales réduites de l'empire mésobyzantin.
    Depuis 30 ans les perspectives et données ont été bouleversées par les nombreuses découvertes archéologiques et épigraphiques. Ce volume leur accorde la place nécessaire en particulier pour ce qui concerne l'économie et la vie des provinces.

  • La Renaissance est accusée de nourrir le roman de la supériorité européenne, technique, culturelle et économique. Elle est également à l'origine des figures contestées de l'État et d'une première mondialisation, forcément brutale et malheureuse.
    Quant à l'humanisme, il a légué l'élitisme scolaire et un spécisme en faveur de l'homme au détriment de l'animal. Bref, la période illustre toutes les dérives de l'esprit moderne, individualiste et narcissique, dont le transhumanisme serait le dernier avatar.
    Ce livre expose le bien fondé de certaines critiques, mais aussi les fantasmes qu'elles mobilisent. Il revient notamment sur la genèse du terme, la Renaissance s'opposant au « Moyen Âge » inventé au XVIe siècle par des hommes qui voulaient faire renaître l'Antiquité, ainsi que sur le Quattrocento italien, son véritable modèle, et sur les Réformes religieuses qui ont marqué la naissance de la modernité. Tenant compte des critiques, de l'historiographie ancienne et la plus récente, l'ouvrage propose de fixer les principaux traits de la Renaissance que l'on peut retenir aujourd'hui. Non, la Renaissance n'est pas morte.

  • Cet ouvrage articule la présentation de la recherche des trente dernières années autour de l'interrogation actuelle sur les origines de la nouvelle religion et sur les rapports qu'entretient le monde musulman avec les mondes non musulmans. L'effervescence de l'Arabie, le dur conflit perso-byzantin et les multiples remises en cause des doctrines religieuses témoignent de l'éclatement du Moyen-Orient au VIIe siècle. Le succès de l'Islam, unifiant en un siècle un espace immense de l'Atlantique au centre de l'Asie, noyant la variété des cultures et des ethnies sous un projet musulman, n'en fut que plus étonnant. La culture matérielle s'enrichit de nouvelles techniques agraires, d'un artisanat varié au goût sûr, de villes nombreuses au service de marchands voyageurs, également hommes de lettres, juristes et théologiens. Dans un second temps, et alors que la domination islamique était généralement acceptée, la diversité provinciale réapparut ; les héritages anciens et les contacts lointains, assimilés dans un esprit nouveau, donnèrent naissance à une culture intellectuelle riche et diverse. Au-delà de cette réussite, dès le IVe-Xe siècle, des fragilités et des dangers de faille se profilaient. L'ouvrage met donc également en relief les contradictions et les limites de cette civilisation.

  • La collection "Nouvelle Clio", fondée par Robert Boutruche et Paul Lemerle, est aujourd'hui dirigée par Jean Delumeau, membre de l'Institut, professeur honoraire au Collège de France, et Claude Lepelley, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre. Les livres de cette collection sont non seulement des manuels d'histoire destinés aux étudiants mais aussi des ouvrages de références pour les universitaires, historiens ou littéraires


  • Cité de Dieu, cité des hommes propose de reprendre l'examen de l'émergence en Occident de la question de la « cité » en accordant toute sa place au « Moyen Âge » des années 1200-1500, le plus souvent absent des ouvrages de philosophie politique en quête des origines de la modernité. La société peut-elle être conçue comme une « architecture » après 1200, quand semble s'épuiser la force métonymique du rapport église/Église qui a longtemps permis de concevoir la communauté humaine comme une architecture d'Église ? Si oui, par quels canaux ?
    La notion aristotélicienne de « science de l'architecture » et l'étude du « laboratoire urbain », spécialement le « laboratoire italien » de l'époque communale et de l'humanisme, révèlent une véritable révolution des discours sur le social. Le passage d'une configuration métonymique à l'autre, de l'église/Église à la ville/cité, est ainsi porteur d'un renouvellement des conceptions de la société, d'une Église qui « fait » la communauté des hommes, à une ville qui « fait » la cité « moderne ».

  • Cet ouvrage suit le fil chronologique des mille ans d'histoire qui virent la France se détacher de l'Empire romain et acquérir la spécificité d'un Etat. Il s'agit ici pour l'auteur, grande spécialiste du Moyen Age, de transmettre non seulement l'histoire politique mais aussi l'histoire économique, sociale et culturelle du pays. Son but est de retranscrire fidèlement une période dont l'étude est difficile, en tenant compte des derniers travaux sur le sujet.

  • Les « relations internationales » à l'époque médiévale ont constitué un champ de recherches privilégié au XIXe siècle et jusqu'aux premières décennies du siècle suivant. Inspirés par la conception positiviste de l'époque d'une histoire fondamentalement événementielle et institutionnelle, ces travaux ont néanmoins connu, tout particulièrement en France, un discrédit de plus en plus profond au cours du XXe siècle. Ces dernières années cependant, à l'étranger comme en France, l'histoire des « relations internationales » et de la diplomatie a été l'objet de nouvelles études majeures, qui rompent radicalement avec les conceptions qui présidaient à la rédaction des ouvrages anciens.
    Ils adoptent une perspective d'anthropologie politique, écrivent à nouveaux frais l'histoire des relations entre rois, princes et puissants à la lumière des acquis de l'historiographie de la résolution des conflits, éclairent le fonctionnement concret du travail des ambassadeurs et montrent le caractère décisif qu'il a eu pour la pratique des « relations internationales ». Le nombre et l'importance de ces publications nécessitaient qu'un ouvrage d'ensemble fasse une synthèse des études déjà publiées, afin d'éclairer les nouvelles pistes ouvertes Pagination : 1200 pages par ce champ de recherches.

  • Avec la naissance des universités, à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, apparaît dans le paysage social de l'Occident une nouvelle catégorie d'individus faisant profession d'étudier, de penser et d'enseigner. À la croisée de l'histoire, de l'anthropologie et de la sociologie, cette étude révèle les stratégies mobilisées par cette communauté intellectuelle nouvelle pour s'affirmer en tant que catégorie autonome dans le paysage social et politique de la fin du Moyen Âge. En observant les nombreuses manifestations rhétoriques et gestuelles de l'idée médiévale d'honneur, l'auteur s'attache à décrire la formation d'une identité professionnelle propre aux maîtres, écoliers et officiers de l'Université de Paris jusqu'à la fin du XVe siècle. Cet examen de conscience de l'Université médiévale permet ainsi de mettre en évidence quelques-uns des principes fondateurs de cette institution pluriséculaire.

  • Ce livre retrace l'histoire de la conversion des musulmans, de la fin de la Reconquête jusqu'à l'expulsion de quelque 300 000 morisques, descendants des convertis, un siècle plus tard. Pour la première fois, l'intégration forcée d'une population de non-chrétiens, réalisée selon des règles juridiques forgées dans la persécution des juifs au Moyen Âge, fut un échec. Alors que les morisques s'efforçaient d'échapper aux expulsions et à l'Inquisition en gardant leur foi et leurs moeurs, la société chrétienne voulut éliminer les traces de l'islam sans donner aux convertis l'égalité des droits. La politique de conversion hésita entre répression et pédagogie, volontarisme et découragement. Son échec, constaté à l'époque par les historiens et les théologiens, favorisa l'émergence d'une réflexion sur l'usage de la contrainte en matière de foi qui conserve encore aujourd'hui toute son actualité.

  • L'histoire du Moyen ge n'est pas seulement celle de la domination : on change, on dbat, on critique, on proteste. Mais s'agit-il pour autant d'un espace public au sens que le philosophe allemand Jrgen Habermas a donn ce terme ? Telle est la question que posent les diffrentes contributions rassembles dans ce livre, proposant d'abord une rflexion sur les intentions et les implications de la thorie habermassienne, explorant notamment les usages qu'en firent historiens et spcialistes des sciences sociales. Mais c'est l'enqute empirique qu'il appartient de dfinir les lieux et les moments, les formes et les acteurs de cet change politique au Moyen ge, de la place publique la cour du roi en passant par l'universit et les conseils de ville. travers diffrentes tudes de cas, on tente ainsi de saisir la manire dont se dploie une sphre o les hommes du Moyen ge ont pu prouver un usage politique de la raison.
    Ouvrage publi sous la direction de Patrick Boucheron et Nicolas Offenstadt, qui sont historiens et enseignent l'Universit Paris I Panthon-Sorbonne. Ils s'intressent tous les deux, chacun leur manire, aux usages contemporains du pass mdival.

  • Entre le xe et le xve siècles, le monde musulman connaît de profonds changements.
    Dans un ensemble gouverné par des régimes politiques différents les uns des autres, on peut tenter de reconstituer ce que fut la réalité de ce monde : communautés rurales, tribus et villes, production artisanale, monnaies et commerce, présence nouvelle des européens, sciences religieuses traditionnelles et connaissances profanes, spiritualité, arts, créations littéraires. dans ce bilan, le xie siècle apparaît souvent comme une époque de changement, et autour de la méditerranée, les pays de l'occident musulman, maghreb et espagne, semblent se distinguer du moyen-orient.

  • Les conflits de justice au Moyen Âge sont devenus un objet d'études depuis une dizaine d'années, les matériaux documentaires provenant essentiellement des établissements religieux, souvent monastiques, parfois des actes royaux. Ils dressent un tableau assez sombre de la justice féodale durant cette période, qui résulte de l'effondrement carolingien et de l'avènement d'un régime seigneurial. Cette justice apparaît comme une justice dégradée où le seigneur a un rôle d'arbitre et non de juge, où interviennent des preuves irrationnelles, ordalies et combats judiciaires, sans respect ultérieur des décisions prises. Cette étude éclaire les comportements judiciaires de cette période en Anjou et montre l'influence grandissante du droit savant tout comme l'intervention du droit canonique dans les pratiques coutumières.

empty