Tallandier

  • La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire.
    De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien ! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français".
    Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.

  • En ce samedi 14 octobre 1066, Guillaume le Conquérant observe le déploiement impressionnant de ses hommes au pied de la colline de Senlac, près du port d'Hastings. Face à lui, le roi Harold prend position sur la crête et attend avec confiance l'assaut des Normands. Dans un bruit assourdissant, près de 20 000 hommes en armes s'élancent ; les acteurs d'une des plus grandes batailles de l'Occident médiéval entrent en scène.
    Si les conséquences de la bataille d'Hastings sont aujourd'hui bien connues, puisqu'elle signe l'acte de naissance de l'Angleterre, le vécu des combattants de cet affrontement épique est largement ignoré. C'est pourquoi Pierre Bouet nous entraîne au coeur de la mêlée, aux côtés des housecarls du roi saxon ou des chevaliers de Guillaume. La sanglante réalité d'une bataille médiévale nous apparaît alors, avec ses actes de bravoure et de lâcheté, ses violences et ses souffrances. Loin d'une histoire militaire froide où les conceptions stratégiques noient les réalités physiques et matérielles, ce sont toutes les passions humaines qui sont rapportées dans ce récit vivant. Alors laissons parler les armes : elles décidèrent en une journée du destin d'un royaume et de plusieurs milliers d'hommes.

  • Le personnage de Rollon appartient autant à la légende qu'à l'histoire. Grand chef Viking de Norvège et du Danemark, il lança de nombreux raids sur l'Europe occidentale. Il est connu pour avoir conclu un traité avec le roi de France en 911 dans lequel il accepte de cesser ses incursions en France en échange d'un territoire qui deviendra la Normandie.
    Rollon "le marcheur" se livra aux pillages en Angleterre puis en France à partir de 870. Il établit son camp à l'embouchure de la Seine avant de prendre Rouen où il installe ses quartiers. En 886, il remonte le cours de la Seine et participe au siège de Paris.
    Après avoir saccagé Évreux, Bayeux, Nantes, Angers, Le Mans, il échoue devant Chartres, en juilllet 911. C'est à ce moment que Charles le Simple, souverain de la Francia Occidentalis, incapable de s'opposer militairement aux invasions normandes, engage des négociations. Il propose à Rollon un accord garantissant la sécurité de son royaume en échange d'un territoire situé "entre l'Epte et la mer" et une terre à piller "pour tirer de quoi en vivre". C'est ainsi qu'il y a plus d'un millénaire, au cours de l'automne de l'année 911, La Normandie voyait le jour à Saint-Clair-Sur-Epte.
    Ce livre sur Rollon tente de montrer de quelle façon un chef viking a réussi à créer une principauté autonome, alors que toutes les fondations scandinaves contemporaines en France et dans les îles Britanniques connaissaient une fin tragique.

  • Les vikings fascinent et laissent dans la mémoire collective des images fortes et contradictoires : pirates redoutables semant la terreur, navigateurs intrépides explorant des terres lointaines ou guerriers et commerçants en quête de richesses. Mais que sait-on réellement du mouvement viking et de ses dynamiques ? Quel monde naît de la rencontre des vikings avec les autres sociétés ?
    Parfois présentés comme les précurseurs d'une globalisation, les vikings et leur histoire s'interprètent en termes de routes, de réseaux et de diaspora, et non plus seulement sous l'angle des invasions. Le temps des vikings fut une période de circulation des hommes, de migrations qui contribuèrent à façonner certaines régions de l'Europe, voire au-delà, des terres de l'Atlantique nord (Islande, Groenland) jusqu'en Russie ou aux mondes byzantin et islamique. Les objets, les idées, les influences artistiques et religieuses, les objets culturels au sens large circulent, s'échangent, s'adaptent. Les transferts culturels qui y sont associés et leurs manifestations forment le fil conducteur de ce livre.
    La guerre et la violence restent au coeur des représentations associées aux vikings. Cependant, la confrontation n'était pas une fin en soi et elle laissait ouverte les voies à des compromis politiques et culturels. Les vikings rencontrèrent en effet des sociétés différentes, s'établirent au contact d'autres populations ou sur des terres vides d'habitants. Suivre ces expériences revient à s'interroger sur des situations « d'entre-deux », de cohabitation ou de rejet qui colorent le phénomène viking de manière singulière. La lecture de cet ouvrage novateur aidera ainsi à penser l'unité et la diversité des vikings.

  • C'est un étrange ensemble que cet « empire » constitué en quelques années par Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, et son fils Henri II. Il est le fruit de conquêtes, mais aussi d'une habile diplomatie, de mariages avantageux et d'une bonne part de chance. Trois siècles durant, la dynastie des Plantagenêts (XIe-XIVe siècle) est parvenue à constituer un véritable empire, réunissant sous son giron l'Angleterre, l'Irlande, l'Aquitaine, la Normandie, et un temps l'écosse. De hautes figures traversent cette histoire : Aliénor d'Aquitaine, Richard Coeur de Lion, le Prince Noir, Thomas Becket ou Simon de Montfort. Si cet ensemble prospère n'a de cesse de se consolider, il conserve certaines faiblesses : la diversité des hommes, des territoires et des cultures condamne l'unité du gouvernement. Un paradoxe, enfin, le menace : la dynastie, souveraine en Angleterre, demeure la vassale des rois de France. De cette situation politique résultent plusieurs siècles de discorde entre les Plantagenêts et les Capétiens : la guerre de Cent Ans en sera le plus violent aboutissement.

  • Le baptême de Clovis est-il celui de la France ? Les serfs sont-ils des esclaves ? Jeanne d'Arc a-t-elle fait sacrer Charles VII ? Et, finalement, à quelle réalité l'expression Moyen Âge renvoie-t-elle ?

    À travers quarante thèmes, Sylvain Gouguenheim nous invite à plonger dans dix siècles d'histoire de l'Occident. Il nous entraîne alors sur les chemins des défricheurs de Brocéliande, dans les pas des pèlerins en route vers Jérusalem ; il nous emporte dans le tourbillon des foires de Champagne et dans le tumulte des cavalcades des chevaliers... Répondre à ces questions, c'est redécouvrir une société qui a suscité trop d'images, de préjugés, d'opinions variées et contradictoires.

  • Murielle Gaude-Ferragu redonne ici une mémoire aux reines oubliées du Moyen Age et s'interroge sur la véritable nature de leur pouvoir. Quelles sont leur rôle et leurs fonctions au sein de la cour et du royaume de France ? Il ne s'agit pas de faire une galerie de portraits individuels, mais bien de comprendre la spécificité du triple statut de la reine : épouse du roi, femme politique, symbole monarchique.

    À la différence de son encombrante rivale, Agnès Sorel, l'épouse de Charles VII, Marie d'Anjou, « reine sans gloire », reste dans l'ombre de l'Histoire. Elle n'est pas la seule. La plupart des souveraines des XIV e et XV e siècles - Jeanne d'Évreux, Jeanne de Bourbon ou Charlotte de Savoie - sont tombées dans l'oubli. Seules deux reines de cette période se détachent : Isabeau de Bavière et Anne de Bretagne, ancrées dans la mémoire de la « nation France », l'une par le rôle politique qu'elle joua, l'autre par son statut mythifié de dernière duchesse de Bretagne, qui, jusqu'au bout, se serait battue pour maintenir l'indépendance de sa principauté.
    Or bien avant Catherine ou Marie de Médicis, ces femmes ont joué un rôle essentiel pour la Couronne, non seulement parce qu'elles portaient les destinées de la dynastie, mais encore parce qu'elles incarnaient, auprès de leurs époux, la majesté royale.

  • C'est au Moyen Âge, particulièrement du XIIIe au XVe siècle, que Paris est devenue un géant démographique (1re ville d'Europe) et la tête pensante et dirigeante du royaume. Cette percée est due à une classe nouvelle, la bourgeoisie. Que celle-ci s'adonne à des activités économiques et marchandes (artisanat et commerce), financières (en lien avec la montée en puissance de la monarchie) ou politiques (les fameux légistes bâtissent plusieurs corpus de droit), sa richesse et son mode de vie lui confèrent à la fois la puissance et le prestige social.
    De Saint Louis à Louis XI, le bourgeois de Paris est le véritable artisan du recul, considérable, de la féodalité. De la même façon, c'est lui qui supplante progressivement l'Église dans son rôle culturel : il s'empare d'une bonne partie de la création artistique en la portant et en la finançant. Fort d'une intime connaissance de son sujet et servi par une plume devenue légendaire, Jean Favier signe là l'un de ses livres majeurs sur une question jusque-là méconnue.
    Une réussite exemplaire, un succès commercial assuré !

  • C'est un étrange ensemble que cet « empire » constitué en quelques années par Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, et son fils Henri II. Il est le fruit de conquêtes, mais aussi d'une habile diplomatie, de mariages avantageux et d'une bonne part de chance. Trois siècles durant, la dynastie des Plantagenêts (XIe-XIVe siècle) est parvenue à constituer un véritable empire, réunissant sous son giron l'Angleterre, l'Irlande, l'Aquitaine, la Normandie, et un temps l'Écosse. De hautes figures traversent cette histoire : Aliénor d'Aquitaine, Richard Cour de Lion, le Prince Noir, Thomas Becket ou Simon de Montfort. Si cet ensemble prospère n'a de cesse de se consolider, il conserve certaines faiblesses : la diversité des hommes, des territoires et des cultures condamne l'unité du gouvernement. Un paradoxe, enfin, le menace : la dynastie, souveraine en Angleterre, demeure la vassale des rois de France. De cette situation politique résultent plusieurs siècles de discorde entre les Plantagenêts et les Capétiens : la guerre de Cent Ans en sera le plus violent aboutissement.

    Jean Favier (1932-2014) a été professeur à la Sorbonne, directeur général des Archives de France, président de la Bibliothèque nationale de France et membre de l'Institut. Il a publié plus d'une vingtaine de livres à succès sur le Moyen Âge. Citons Louis  XI («?Texto?», 2012), Charlemagne («?Texto?», 2013) et enfin Le Bourgeois de Paris au Moyen Âge («?Texto?», 2015).

  • Le 19 septembre 1356, la bataille de Poitiers est plus qu'une grande bataille de la guerre de Cent Ans, c'est une étape décisive dans l'histoire du Moyen Âge.
    D'abord par son caractère véritablement décisif. Elle marque un vrai tournant dans la guerre de Cent Ans par le fait que le roi de France, Jean le Bon est fait prisonnier, ce qui est un évènement rare et catastrophique. Cela n'était pas arrivé depuis saint Louis, plus d'un siècle auparavant. La capture de Jean le Bon a des conséquences d'une extrême gravité. Le royaume de France se retrouve dirigé par un Dauphin de dix-huit ans complètement dépassé par les évènements ; le pays, mis en coupe réglée par les compagnies de mercenaires, déchiré par les ambitions de Charles le Mauvais (concurrent au trône du royaume de France) et la démagogie d'Etienne Marcel (prévôt des marchands qui tient Paris), écrasé d'impôts pour acquitter le montant de la gigantesque rançon exigée par les Anglais, confronté à une terrible jacquerie sauvagement réprimée par les nobles, est contraint d'accepter en 1360 un traité de démembrement qui l'ampute du quart de son territoire, à Brétigny. C'est provisoirement la fin de la prépondérance française en Europe, et tout cela est la conséquence directe du désastre de Poitiers. Ensuite, dans son déroulement, elle est comme un cas d'école, une vitrine qui permet d'étudier tous les aspects de la guerre à la fin du Moyen Âge : stratégie, tactique, recrutement, armement, mentalités. C'est que Poitiers, ce n'est pas seulement une mêlée de cinq heures le 19 septembre 1356, c'est aussi une course poursuite haletante d'un mois entre le roi de France et le Prince Noir en août-septembre, qui permet d'observer bien des pratiques de l'art militaire du XIVe siècle. La bataille elle-même obéit à un plan réfléchi, avec des manoeuvres calculées.
    Le roi Jean le Bon finira sa vie prisonnier à la Tour de Londres comme Napoléon finira la sienne à Sainte-Hélène. De là à faire de Poitiers un Waterloo médiéval...

  • Voici, enfin réédité, le saint Louis de Gérard Sivéry, tableau magistral d'une époque cruciale, portrait exemplaire d'un des rois les plus célèbres de l'histoire de France.
    De l'empire chancelant que laissent Philippe Auguste et Louis VIII, Louis IX décide de faire un domaine royal consolidé sans procéder à tout prix à de nouveaux accroissements. L'installation du pouvoir monarchique provoque les sursauts d'une féodalité qui refuse d'être tenue en laisse.
    Au rythme de ses retours des croisades, Saint Louis réforme justice, monnaie et restructure une administration d'État qui était moribonde.
    Les mutations démographiques, les déséquilibres régionaux, les évolutions techniques et les réformes administratives voulues par le roi dessinent dans une époque trouble, crispée et divisée l'éclosion d'une France perçue comme un État émergent, se libérant lentement du carcan médiéval qui dominait jusqu'alors.

  • C'est le premier livre consacré à la bataille de Courtrai qui a opposé les chevaliers de Philippe le Bel aux Flamands.
    Elle est pourtant décisive : Philippe le Bel y a perdu une grande partie de sa chevalerie et surtout de son prestige. Avant Azincourt et Crécy, c'est la première grande défaite de la chevalerie française. Elle signe également la naissance du sentiment national flamand. Pourquoi la guerre a-t-elle éclaté entre Philippe le Bel et ses sujets flamands ? Comment une armée de chevaliers, de professionnels de la guerre, a-t-elle pu être vaincue ? Pour la postérité, la bataille de Courtrai sera la " bataille des Éperons d'or ", la première défaite infligée à une armée de chevaliers par une armée d'artisans.
    Le 11 juillet 1302, devant les murailles du château de Courtrai, l'armée royale et les milices flamandes sont de nouveau face à face, comme elles l'ont souvent été depuis le début du siècle. Les forces en présence sont déséquilibrées : les troupes flamandes sont composées de 20 000 combattants à pied, alors que les troupes françaises atteignent les 50 000 archers, fantassins et chevaliers. Les Français jugent la victoire facile.
    Ils s'élancent et dans la précipitation s'embourbent dans les marécages. Les chevaliers, trop lourdement armés, ne peuvent s'extirper du bourbier. Les combattants flamands vont massacrer ces chevaliers à terre. Ce jour-là, la victoire sera flamande. Périssent ainsi Robert d'Artois, chef de l'armée et cousin du roi de France, le connétable de France, les deux maréchaux de France, le garde du sceau et des barons en grand nombre.
    Sur les cadavres qui parsèment le champ de bataille, les Flamands vainqueurs ramassent par centaines les éperons dorés qui sont l'attribut des chevaliers. En Belgique, on commémore encore chaque année le jour de la bataille, devenu jour de fête nationale. Pour les Flamands, cette victoire sonne le début de leur indépendance et acquiert une valeur symbolique.

  • Fantastique destinée que celle de Justinien (483-565), né Petrus Sabbatius dans une famille de paysans illyriens et qui a épousé une actrice, Théodora, fille d'un montreur d'ours. Il fut l'une des principales figures de l'Antiquité tardive.
    Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l'expansion des frontières de l'Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une oeuvre considérable. Son rêve fut de fonder un empire chrétien universel.
    Le règne de Justinien fut marqué par l'ambitieux projet de « restauration de l'empire », partiellement accompli. Il réussit à reconquérir l'Italie, la Corse, la Sardaigne, la province d'Afrique, une partie de l'Espagne et de la Yougoslavie. Son héritage eut encore plus de résonance sous l'aspect de l'uniformisation du droit romain, le Corpus Iuris Civilis, qui est encore la base du droit civil dans de nombreux États modernes.
    Son règne fut aussi marqué par l'épanouissement de l'art byzantin : son programme de construction nous a laissé plusieurs chefs-d'oeuvre architecturaux, en particulier la basilique Sainte-Sophie.
    Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe.

  • Au Ve siècle, l'effondrement de l'Empire romain s'accompagne d'une transformation fondamentale du système éducatif en Europe. La décadence de la vie urbaine, la ruralisation des élites sociales, l'appauvrissement de l'Occident, la dislocation des institutions publiques, l'étiolement de la
    circulation des hommes, des marchandises et des idées, apparaissent comme les principaux facteurs de cette transformation. Dans un premier temps, les modèles de la paideia grecque, puis romaine, disparaissent au profit
    d'un système géré par des clercs et réservé à une part restreinte de la société. Le haut Moyen Âge devient le temps par excellence des écoles monastiques et cathédrales. Dans ce cadre, le latin, langue de l'Église, devient celle d'une élite cultivée mais coupée du reste de la société. Il faut attendre le XIIe siècle, pour que s'amorce une nouvelle révolution éducative. On assiste alors
    à la multiplication des écoles, puis à la création des universités qui s'ouvrent à des disciplines jusqu'alors ignorées : la philosophie grecque, le droit romain ou la science, etc. En même temps que se fixe ce nouveau modèle institutionnel, le public ayant accès au système éducatif s'élargit et se diversifie, avec l'émergence des petites écoles et de l'enseignement professionnel. Ce sont ces deux étapes fondamentales que les auteurs de ce livre, Pierre Riché et Jacques Verger ont choisi de raconter, s'appuyant sur un grand nombre de textes originaux : qui étaient les maîtres et leurs élèves, qu'apprenaient-ils (quand ils préféraient les cours à la taverne), où vivaient-ils (et de quoi oe), quelles carrières leur étaient permises ? Ils montrent que malgré le lourd
    héritage laissé par les Anciens, l'éducation au Moyen Âge ne s'est pas faite sans progrès, ni innovations. Mieux encore, elle a opéré des mutations encore présentes aujourd'hui dans nos systèmes éducatifs et participe en grande partie du fondement de toute la culture européenne.

  • Les chevaliers

    Contamine P

    Arthur, Lancelot, Perceval, Godefroy de Bouillon, Du Guesclin. Les chevaliers continuent de faire rêver plusieurs siècles après leur disparition. Cette fascination repose peut-être sur un malentendu. Les chevaliers sont-ils vraiment courtois, preux, héroïques, protecteurs de la veuve et de l'orphelin ? Ou bien des brutes guerrières, des pillards sans scrupules ? Tout commence vers l'An Mil, avec l'apparition de ces guerriers à cheval, regroupés autour de leur seigneur. Dans tout l'Occident s'imposent alors un modèle militaire et social, mais aussi un système de valeurs qui n'a pas épuisé sa séduction. Peu à peu, à partir du XIIe siècle, un idéal chevaleresque s'est fixé : honneur, largesse, courtoisie, loyauté, éloge de la prouesse. Des épopées, des romans le diffusent, le transforment, l'exaltent. Alors même que la puissance sociale des chevaliers s'efface et que leur raison d'être le service armé des châtelains, leurs guerres privées disparaît. Demeure un modèle de « perfection virile ». Celui du chevalier errant qui, tel Lancelot, court d'aventure en exploit. Celui du « bon chevalier sans peur et sans reproche » qui, tel Bayard, a fait rêver des générations d'enfants. Un modèle revisité par Hollywood : les héros de La Guerre des étoiles de Georges Lucas ne sont-ils pas encore des chevaliers ? Pour ouvrir cette traversée des siècles, c'est à Georges Duby, grand historien et merveilleux conteur, que nous avons d'abord donné la parole, en publiant l'entretien qu'il nous avait accordé quelques mois avant sa disparition en 1996. Une magnifique leçon d'histoire.

  • Versailles et ses jardins symbolisent le faste et la puissance royale.
    Dans Derrière la façade : vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle (Perrin, 2008), William Ritchey Newton, grand spécialiste du Versailles du XVIIIe siècle, avait fait découvrir aux lecteurs ce qui se cachait derrière l'or, les miroirs et le marbre : ce labyrinthe de 226 appartements où un bon millier de personnes devaient trouver un lit, se nourrir, se laver et se chauffer. Il s'attaque aujourd'hui aux dessous et aux anecdotes des jardins du Château.
    Il livre une chronique étonnante et vivante, évoquant tour à tour les jardiniers, les fontainiers, les gardes suisses et autres corps de métiers, les amusements que proposaient à ses visiteurs les jardins, leur évolution, etc. On apprend ainsi que les jardins n'étaient pas réservés à la famille royale et aux courtisans, ils étaient publics ; que l'accès aux bosquets fut limité car devenus de véritables lieux de débauche ; qu'il n'y avait d'ailleurs que deux garde-bosquets pour cet immense territoire.
    Au fil des pages et de courts chapitres où les petites histoires abondent, Newton nous livre de façon très rigoureuse et très amusante le côté « jardin » de Versailles.

  • Charnière entre l'Antiquité et le Moyen Âge classique, le haut Moyen Âge naît de l'effondrement et du morcellement de l'Empire romain. C'est cette passionnante réorganisation sociale, financière, économique, politique, culturelle et religieuse de la société que l'auteur dépeint ici.
    Temps barbares, âges sombres. Que n'a-t-on dit du haut Moyen Âge, période la plus méconnue de notre histoire. L'approche lumineuse, proposée ici consiste à suivre l'évolution de l'État et des hommes qui le font fonctionner entre le bas-Empire romain et la féodalité du Moyen Âge " classique ", que nous connaissons bien.
    Quand l'empire romain se disloque, la monnaie se raréfie et la terre prend la place de l'or comme valeur de référence. Comment percevoir l'impôt, comment régir les territoires ? Les fonctionnaires ne disparaissent pas totalement, mais ils se trouvent concurrencés par les nobles, d'une origine toute différente. Au VIII? siècle, Pépin le Bref, Charlemagne et leurs successeurs rétablissent une véritable " fonction publique ", mais aux IX et X? siècles, celle-ci s'étiole en même temps que l'Etat s'effiloche (IXe et Xe siècle) par le recul de l'autorité royale.
    À travers les relations changeantes du pouvoir et de l'administration, c'est une histoire de la société et de la civilisation qui s'esquisse sous la plume de l'auteur. De nombreux faits anecdotiques, des tranches de vie animent une réflexion d'historien sur pas moins de cinq siècles d'histoire de la Gaule franque.

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